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West across the ocean sea ~ Vangelis ♪

Le voilà arrivé. Ce terrifiant moment si redouté depuis des jours... Celui des au revoir. Celui que Paula et Wilfrid auraient bien aimé repousser encore et encore... Jusqu'à l'infini, pourquoi pas? Mais évidemment, toutes les bonnes choses ont une fin, et ni eux, ni personne, ne l'ignore.
Alors, Wilfrid Mulher reste figé là, bêtement, sur le pas de la porte de sa petite amie. Il s'apprête à prendre dans quelques instants le taxi qui l'emmènera à l'aéroport pour qu'ensuite il puisse attraper l'avion qui le ramènera à Wilmington. Il préfère cela, vivre des au revoir rapides sur le pas d'une porte, plutôt que d'en subir des biens plus douloureux peu avant son embarquement.

Alors, ces deux amants sont plantés là, comme des idiots, immobiles, Et face à face, figés, tels des statues de sel. Les yeux pleins de tendresse et d'amour, ils s'observent et se détaillent lentement... Paula se surprend à rêvasser, espérer... Elle aimerait soudain tellement, l'attraper vivement par la chemise et le tirer avec énergie à l'intérieur de son appartement : si seulement, cela pouvait le faire rester...

Et lui. Dieu sait à quel point il aimerait la prendre dans ses bras pour ne plus jamais la lâcher. Pour ensuite ne plus jamais la quitter... mais il se retient de se laisser aller à ce dernier désir. Parce qu'il a bien conscience que s'il ose seulement se blottir une nouvelle fois contre elle, il se retrouvera alors dans l'impossibilité totale de le prendre, ce fichu taxi. Alors qu'il le doit. Il en est carrément obligé, même! Il ne peut plus, se permettre de repousser son retour ; il l'a déjà fait une fois... ; car dès le lendemain, ses amis monteront sur Jacksonville, et le jeune musicien est obligé d'être à leurs côtés, il n'a plus d'autres alternatives... Alors, il se contente de plonger son regard empli d'amour et de tendresse dans celui de la femme de sa vie. Les bras ballants le long du corps, il préfère cela. Rester figé ainsi pour l'observer longuement afin d'apprendre un peu plus, limite par coeur, les courbes de ses formes, les traits de son visage, les expressions qui l'animent... l'air qu'elle adopte, lors de cet au revoir. Un air si triste, mais à la fois soulagé, qu'elle est en train d'esquisser... Il en est rassuré, du coup. Parce que tous les deux le savent bien. Que cette nouvelle séparation ne signe en rien la fin de leur histoire qu'ils ont consolidée plus que jamais au cours de cette semaine. Oui, aujourd'hui tous les deux sont plus forts qu'ils ne l'ont jamais été. Oui, ils en sont certains, aujourd'hui, tout est différent, désormais, ils s'aiment plus fort qu'ils ne se sont jamais aimés...
Alors, un timide sourire finit par naitre discrètement sur leurs lèvres respectives. Leurs regards s'humidifient cependant, trahissant leurs émois respectifs.. Wilfrid craque le premier. Attrapant brusquement sa petite amie par le bras pour la ramener très vite contre-lui.

Adieu les bonnes résolutions! Il l'enlacera une dernière fois. Et trouvera ensuite la force de s'en aller. Il se le jure.

Paula le serre elle aussi, de toutes ses forces, tout en laissant échapper quelques larmes silencieuses qui franchissent soudain et fourbement le barrage de ses yeux.

Elle s'était pourtant promis, de ne pas pleurer ici et devant lui, lors de leur dernier au revoir... Mais elle s'est décidément trahie. Ne pouvant décidément pas respecter une telle promesse aussi idiote. Cela est trop difficile! De rester impassible alors que dans quelques instants, il sera parti. Envolé! Elle lui renifle dessus et enfouit sa tête dans le creux de son cou. D'un geste doux et tendre, il lui essuie alors les yeux et lui murmure un affectueux "- Je t'aime, Paula Lehnard. N'en doute jamais..."

Puis, et quelques minutes de tendres enlacements plus tard, elle finit par se hisser de façon svelte sur la pointe des pieds pour atteindre les lèvres de son amant afin d'entamer avec lui un long et langoureux baiser. Le dernier...
Wilfrid se décollera le premier quelques instants plus tard, pour très vite tourner les talons et commencer à s'éloigner d'un pas rapide de la femme de sa vie,
- Je t'aime, je t'appelle dès que je suis arrivé ! Sois sage ! qu'il lui lancera dans une seule tirade en disparaissant dans le couloir d'à côté.
- T'as intérêt !!! va alors se dépêcher de faire Paula en retour, le visage soudainement illuminé d'un immense sourire et d'un air rieur, même. Parce que ce n'est pas une séparation qu'elle et son petit ami sont en train de vivre, là... Mais juste un éloignement provisoire auquel leur magnifique histoire survivra. Et cette désormais certitude vient de la remettre sur le nuage qu'elle avait dû quitter suite à son triste coup de Blues.
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Conscient de son état on ne peut plus anormal et qui est très loin d'aller en s'améliorant, en plus, Kurt finit par demander l'autorisation de voir le médecin carcéral de son établissement. N'étant pas une petite nature, il a préféré attendre le plus longtemps possible afin d'être bien certain de ne pas crier « au loup » pour des futilités.

Sa requête est très vite acceptée par les autorités compétentes et il peut donc se rendre le jour même, sous escorte, dans la petite infirmerie destinée à apporter un minimum de soins aux détenus de cette prison berlinoise.
Sitôt arrivé dans la petite pièce des plus sobres, Kurt est laissé avec un jeune médecin qui exerce ici depuis maintenant quelques années. Il se presse alors de lui exposer ses symptômes. Ces hallucinations dont la fréquence semble s'intensifier avec le temps. Sans parler de cette fatigue généralisée qu'il ressent depuis quelques semaines,de ces vomissements, de ces migraines, bien trop régulières au goût du prisonnier...

- Des étourdissements ?
- Euh, non, pas vraiment.
- Des troubles de la vision? En dehors de vos hallucinations?
- Je ne pense pas. Ou peut-être un peu, mais rien de bien alarmant.
- Dépression?
- Pardon?
- Vous sentez-vous dépressif. Mal dans votre peau, différent. Avez-vous l'impression d'être quelqu'un d'autre, parfois.

- Je... Peut-être.
- D'accord, conclut très vite le jeune médecin, ajoutant sans attendre, - je vais vous faire faire quelques analyses, et puis ensuite, nous aviserons.
Des examens qui ne tarderont pas à révéler à l'homme incarcéré pour probable meurtre et vol d'identité, une tumeur au cerveau qui semble croître à grande vitesse.
Recevant ce verdict, l'époux Cobain se retrouve aussitôt terrassé par cette cruelle fatalité et l'injustice de son funeste destin « mais pourquoi lui? » il ne trouve pas de mots à aligner derrière cette phrase, se contentant de fuir le regard de son jeune médecin, qui est pourtant tout ce qu'il y a de plus compatissant.
- Gardez espoir. Nous vous l'avons décelée suffisamment tôt pour espérer pouvoir agir.
« Gardons espoir. » quelle amusante et pathétique petite formulation, songe évidemment Kurt, complètement anéanti et bien conscient du fait que ses jours sont désormais comptés.
- Combien de temps me reste-t-il ? Qu'il se hâte alors, non désireux de se bercer d'illusions. S'il doit mourir très prochainement, il veut y être préparé. Il veut s'y préparer. Il veut l'attendre de pied ferme, cette satanée faucheuse... La voir arriver et lui faire face. Fièrement.
- Je... est soudainement pris au piège le jeune médecin, ne sachant quoi répondre, balbutiant en conséquence, - eh bien si votre tumeur continue de croître à cette vitesse, nous envisagerons très vite une opération.
- Combien de temps, j'ai dit? DONNEZ-MOI UN NOMBRE ! craque brusquement Kurt, laissant échapper dans cette phrase une soudaine et incontrôlée terreur.
- À ce rythme-là, quelques semaines seulement. Mais c'est pour ça que je vous ai, dis, que nous envisagerions une opéra..
- Merci, ce sera tout! Se relève d'un bond Kurt du lit de l'infirmerie sur lequel il était assis, pour se diriger d'un pas rapide vers la sortie de la pièce. Sans dire un mot de plus, il retournera dans sa cellule suivi de son escorte de gardiens afin de pouvoir méditer, une fois seul, sur la très courte période qui lui reste à vivre... Sur la façon dont il souhaite passer les derniers moments de son existence.
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Pendant ce temps, Paula Lehnard se décide à secouer les puces de sa meilleure amie pour la faire enfin réagir face à quelque chose de très déplaisant qu'elle est en train de vivre depuis quelques jours. En effet, leur ex-amie Silvia ayant révélé des choses assez désagréables sur la chanteuse à succès, bon nombre de magazines People se régalent désormais de sa vie parfois aux antipodes de ce que la majorité de ses « fans » imaginaient.

- Il faut que tu accordes une interview pour démentir toutes ses conneries, Eva, et vite !! conseille Paula dans un grognement, une grimace de dépit, - pense à ta réputation. Tu as une image à tenir.

- Bof... répond la chanteuse avec désintérêt et nonchalance en extirpant du réfrigérateur des restes de biscuits fourrés au chocolat.
- Arrête de faire la « jemenfoutiste » quand je sais que toute cette histoire te ronge. Et pour ridiculiser Silvia, il n'y a qu'une seule chose à faire : parler à la presse !

- Je préfère me consacrer à Jeff et Gab', très sincèrement... Et puis après tout, il n'y avait pas de mensonges dans ses révélations alors autant que l'on me voit comme la dépravée que je suis !
- Tu n'es pas une dépravée et tu le sais !
- Lors de certaines soirées, on l'était toutes, hein ! Et je l'assume parfaitement. Je suis jeune, et je m'éclate !
- Eva, ne me force pas à aller voir la presse, moi !

- La bonne blague, et que dirais-tu ? Tu serais ridicule...

- Je redorerais ton nom. Il est hors de question que Silvia te ruine ta carrière en te faisant passer pour je ne sais quoi, parce que les gens n'apprécieront pas. Ce qu'on aime dans ton style c'est l'innocence que tu dégages, alors tu dois te battre pour garder ça et persuader tes fans que tu es toujours la même !
- Justement, je ne le suis plus, Paula. Et puis il est peut-être temps de me renouveler, qui sait.

- Ça ne te va pas de changer de style, Eva, je veux pas être méchante, mais l'époque « Cry for you » n'était pas ta meilleure..
- Et sinon, à part ça, et si on parlait un peu de toi ? Ça va, tu es sûre ? Vu que Wil' est parti ce matin, je crois... Je suis d'ailleurs un peu dégoutée de pas avoir pu le croiser une dernière fois avant son départ, mais bon...
- Il est parti comme une fusée, il ne voulait pas s'attarder, tu connais Wil'! Les adieux, c'est pas son truc...
- Et ça va, toi ?
- Mais oui ! On n'est pas séparés, hein. Et dès son arrivée, il se pointe sur msn, alors...
- Et puis tu as rien à craindre, Wil c'est le genre petit roquet fidèle à sa mémère ! T'inquiètes, là dans l'avion, il ne pense surement qu'à toi !!
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Dès le lendemain, l'époux Cobain incarcéré demandera à voir son épouse au parloir de sa prison. Sa douce et tendre Tiphanie.

Jeune femme qui se pressera à son établissement carcéral, les larmes aux yeux de bonheur d'être enfin et ainsi rappelée par l'homme de sa vie. Elle le savait, qu'elle s'inquiétait pour rien. Elle le savait, qu'il finirait par la rappeler, penaud ! Culpabilisant de s'être mal comporté avec elle ! Elle le savait ! Cet homme, elle le connait mieux qui quiconque. Il est sa vie, son monde, sa raison d'exister et de vouloir avancer.
Mais ses larmes de joie suite au rappel de son époux seront très vite remplacées par des palpitations de terreur au creux des côtes lorsque son amour de toujours rompra brutalement et brusquement avec elle, à l'aide d'une simple et ignoble réplique,

- Bon, je ne vais pas tourner autour du pot, Tiphanie et je me devais de te le dire en face. Alors, voilà, je souhaite demander le divorce. Nous deux, c'est terminé.

- Gné, t'es malade ?!

- J'ai pris ma décision Tiphanie. Et je suis sincèrement désolé. Mais je ne veux plus continuer avec toi, ni te revoir. Arrêtons de nous voiler la face, tous les deux, nous n'avons plus aucun avenir...

- Tu te fiches de moi, c'est ça ? Ton poisson d'avril est en avance !
- Putain, mais ferme-la, et dégage d'ici, je ne veux réellement plus te revoir, tu comprends?! Alors, prends-toi en main, et va refaire ta vie, conclut brutalement Kurt en se relevant d'un bond de sa chaise pour commencer à s'éloigner vers la sortie du parloir.

Il vient de la briser, et il en a pleinement conscience. Seulement... Il se persuade qu'il vaut mieux qu'elle se retrouve aujourd'hui anéantie et haineuse, plutôt qu'effondrée et désespérée dans quelques semaines, lorsque lui succombera de sa maladie.

La haine aide à se relever, c'est bien connu. Alors, il fera le nécessaire pour qu'elle le haïsse de tout son être.