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Quelques minutes plus tard et à l'extérieur de la prison où est emprisonné son époux qui vient de rompre avec elle en la traitant telle une moins que rien, Tiphanie termine de faire le trajet des cent pas autour d'un arbre, afin d'essayer de comprendre la soudaine folie de l'amour de sa vie.

Parce qu'évidemment, jamais elle n'y croira. À son charabia ridicule. À ses propos incohérents et totalement décousus.

Comme s'il pouvait réellement rompre avec elle... ?
Inepties. Idioties.

La femme d'âge mûr se reprend très vite, et moins de deux minutes plus tard, elle tourne les talons pour revenir presque au pas de course à l'intérieur de l'établissement carcéral.

Arrivée sur place, elle demande rapidement une autorisation de ravoir son homme au parloir, même brièvement. Sur le coup, les fonctionnaires qui gardent les lieux hésitent bien entendu à lui donner une réponse positive à sa requête. En effet, elle vient tout de même d'avoir sa visite il y a peu, et ici, elle n'est pas un centre de vacances à pouvoir obtenir ce qu'elle veut, quand elle veut, et autant de fois qu'elle le veut... Ils se préparent donc à la jeter telle une moins que rien, avant qu'elle ne se mette à les supplier avec un air implorant, désespéré, et sincère... Comme si sa vie même dépendait de cet entretien qu'elle tente d'obtenir.

Les deux gardiens finissent donc par céder, émus par la tristesse et la dévotion de cette femme on ne peut plus attachante, dans ses cris de détresse. Il font alors très vite rappeler son époux au parloir. Forçant même deux militaires à l'y ramener de force, vu que celui-ci semblait refuser de s'y rendre de lui-même...

- Qu'est-ce que tu veux, encore ? Cingle froidement Kurt en revenant dans cette pièce gelée -le chauffage, ce n'est pas pour les chiens, et dans cet établissement public, les détenus et leurs proches sont considérés comme tels, c'est clair... - Il crie d'une voix forte sans prendre la peine se décrocher le combiné qui est censé lui servir à communiquer avec sa moitié. Il n'a pas l'intention d'entamer avec elle une longue conversation, il ne souhaite que lui hurler publiquement une ou deux ignominies pour enfin finir par lui faire comprendre certaines choses. « Qu'elle doit commencer à imaginer son avenir sans lui... »

- Qu'est-ce qu'il se passe ?! Se dépêche de demander Tiphanie dans un cri, en commençant à cogner de ses petits poings la vitre de séparation, - parle ! Il y a forcément un souci! Qu'elle demande, rageuse, colérique, anxieuse, désespérée, impuissante, cherchant à comprendre, - qu'est-ce qu'il se passe pour que tu veuilles m'éloigner ?!

- Je ne t'aime plus, j'en ai marre de jouer, de croire à un avenir avec toi, j'en ai marre de te voir ici, ça me gonfle. Je ne te supporte plus! Je voulais te le dire gentiment, mais si tu tiens tant que ça a ce que je sois cruel, je peux faire un effort!

- Menteur, rétorque sans hésiter Tiphanie dans un soupir, sûre d'elle-même, haussant les épaules, - pas à moi Kurt ! Ne t'imagine pas pouvoir me manipuler, me cacher quelque chose ! N'oublie jamais qui je suis !

- Je... en perd brusquement ses arguments l'incarcéré, baissant très vite les yeux, l'air perdu. Comment doit-il réagir, désormais? Face à cette femme qui est en train de le déstabiliser complètement. Il en perd sa fougue et sa hargne, et la méprise pour ça... Ce qu'elle est en train de faire. Le sonder, l'analyser. Elle le connait trop bien et ne croit pas un mot de ses abjects mensonges. Il se sent complètement pris au piège et se doit de trouver très vite de nouveaux arguments pour la blesser encore plus, pour l'anéantir, peut-être. Il doit absolument réussir. Elle doit à tout pris quitter cette prison en le haïssant du plus profond de son âme!

- KURT!!!!!!! PARLE-MOI!!! se met à crier Tiphanie en revenant cogner la vitre de plus en plus fort, - ALLEZ PARLE MOI, ALLEZ !!!!

- Madame, je vais devoir vous demander de vous calmer ou je devrais vous demander de sortir, intervient l'un des gardiens en arrivant derrière l'épouse anéantie et en larmes.

- KURT!! KURT!! KURT!! qu'elle continue, le regard implorant, les mains collées à la vivre paumes ouvertes, - Kurt.. KURT!!

- Je viens d'apprendre que j'ai une tumeur au cerveau. Je suis condamné. Balance soudain Kurt en relevant la tête d'un coup pour fixer son épouse d'un air aigri, - maintenant, va-t'en, putain.... s'il te plait. Fais-moi plaisir, va t-en vite, et ne reviens jamais, qu'il ajoute, l'air abattu, désemparé, dans l'espoir de conclure ainsi cette conversation.

- De, de quoi...?

La femme d'âge mûr n'en revient évidemment pas, cherchant à prendre la réplique de son interlocuteur comme une mauvaise plaisanterie. Que vient-il de lui dire à l'instant précis ? Que lui, son Kurt, son grand amour, serait atteint d'une tumeur au cerveau et qu'il serait comdamné ?

Elle n'arrive pas à en croire un mot, tant l'affirmation lui semble loufoque.

Bêtement, elle reste donc figée sur place. Se contentant d'observer son époux d'un air sceptique et perdu, tandis que celui-ci tourne soudain les talons pour se diriger vers la sortie du parloir. Il n'a qu'une envie désormais : retourner tranquillement dans sa cellule et attendre d'y décéder.

- Reviens ici !! le rappelle sans attendre Tiphanie, sortant enfin de sa léthargie, - qu'est-ce que tu me chantes là ?! Tu crois que tu peux t'en tirer comme ça, après m'avoir balancé une telle chose ?! Je ne te laisserais pas faire !!! Faudra trouver mieux pour tenter de te débarrasser de moi !!!

Et Tiphanie termine sa phrase en parlant dans le vide. Son époux a déjà détalé, escorté par ses deux militaires. Elle finira par se lasser, qu'il songe. S'il refuse désormais tout contact avec sa personne, elle n'aura alors plus d'autre alternative que de tenter de l'oublier en essayant de refaire sa vie... Là-dessus, il lui fait confiance. Il la sait forte et endurante. Elle s'en relèvera... Il l'a déjà abandonnée une fois, après tout. À ce souvenir, il se met soudain à se détester : c'est son propre égoïsme de l'époque qui le met dans cette situation aujourd'hui. Il n'aurait jamais du, revenir vers elle et briser sa famille qu'elle s'était reconstruite pour tenter d'en façonner une nouvelle et bancale, à ses côtés. 

 

 

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Tiphanie Cobain luttera corps et âme tous les jours qui suivront pour obtenir plus d'informations sur l'état de santé de son mari et le verdict finira par lui être une nouvelle fois révélé, de la bouche du médecin de l'établissement carcéral de son époux, cette fois. « En effet, il a bien une tumeur au cerveau, qui se développe à une vitesse plutôt effrayante... »

Plus forte que jamais aujourd'hui, contre les embûches de la vie, cette annonce n'effraiera en rien Tiphanie qui partira aussitôt en croisade contre la justice pour tenter de faire obtenir une liberté provisoire et surveillée, à son époux. Celui-ci étant mourant et ayant eu, pour l'instant, une conduite irréprochable au sein de l'établissement où il est emprisonné, son avocat, rappelé par Tiphanie, n'aura pas grande difficulté à lui obtenir cette faveur.

 

 

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En parallèle, et au fil des jours qui s'enchainent, les magazines people allemands, eux, continuent de se régaler de la bombe lancée par la jeune Silvia Luther. Désormais, ils ont un sujet de conversation des plus riche et intéressant : l'innocence de September serait définitivement perdue! La chanteuse aurait joué un jeu depuis le début, auprès de ses adeptes. Le charme de ses premières chansons n'aurait finalement jamais été naturel, mais complètement manipulé Et ficelé de toutes pièces. L'amour pur et insouciant qu'elle chantait n'était bel et bien qu'une façade, un moyen hypocrite d'émouvoir les plus jeunes, les plus naïfs, et les plus fleur bleue.

La carrière de la jeune chanteuse prend donc une nouvelle et violente gifle, alors que celle-ci venait tout juste de se relever avec difficulté des critiques qu'elle avait reçues à l'époque où la concernée s'affichait avec un look de blonde platine pulpeuse...

L'agent de la jeune femme décide alors de secouer son artiste bafoué qui ne semble pas désirer se défendre face au scandale qu'il est en train de vivre. Énergiquement, il lui demande une séance photo en compagnie de son frère jumeau qui vit avec elle depuis peu ; détail qui n'a échappé à personne, dans l'entourage de la chanteuse à succès... Et diffuser aux curieux l'image d'une jeune fille entourée d'une famille aimante et épanouie lui rendrait lentement son image perdue. Ou du moins, atténuerait déjà grandement celle de l'adolescente dépravée banale et sans éducation qu'elle se traine désormais.

Mais l'idée de se servir ainsi de l'image de son frère jumeau déplait à la chanteuse ; elle refuse donc. Et puis le concerné refuserait. Son Jeffrey n'est pas le genre à venir faire le singe devant des appareils photo, entre divers décors colorés. L'imaginant ainsi, elle en aurait presque envie de rire, tellement elle sait le concerné aux antipodes de ces idioties-là...

Mais son agent insiste de plus belle, avec de plus persuasifs arguments.
Alors la jeune Gutter se décide enfin, finalement effrayée par l'idée de voir sa carrière se freiner, voir s'arrêter brutalement. Car même s'il lui est souvent arrivé de le nier, elle y est profondément attachée et ne s'imagine pas faire autre chose que chanter et monter sur scène, dans un avenir proche ou lointain.

Et Jeffrey, de son côté, se montrera étrangement compréhensif face à la demande timide de sa jumelle. Il acceptera sans broncher les séances photo demandées et se prêtera même volontiers à quelques interviews de paparazzis curieux, à la grande surprise de sa soeur qui à un moment, finira par lui demander, l'air rieur : « - mais qui êtes-vous, diantre? Qu'avez-vous fait de mon frère jumeau?! »

 

« - Monsieur Gutter... Pourquoi apparaissez-vous seulement maintenant auprès de votre soeur? »
« - Ce n'est pas parce que vous ne m'avez jamais vu à ses côtés que je n'y ai jamais été ! »

« - Êtes-vous très proches, tous les deux? »
« - Terriblement. Elle est ma mère, mon binôme, et ma soeur, à la fois! »

« - Monsieur Gutter, monsieur Gutter, que pensez-vous de Raphaël? »
« - C'est un type bien. »

« - Oui mais encore? Que pensez-vous de son histoire avec votre soeur? »
« - Ils ne se connaissaient pas lorsqu'ils se sont connus, je les considérais comme des amants, tous ce qu'il y a de plus banal. »

« - Monsieur Gutter, monsieur Gutter, vous sentez-vous proche de votre père? »
« - Je...»

« - Monsieur Gutter, monsieur Gutter, Raphaël vous manque-t-il? Suivez-vous son parcours musical et que pensez-vous des TroubleMaker? Considérez-vous Raphael comme un frère? Ou un beau-frère? »
« - Je... »

« - Monsieur, monsieur, avez-vous des nouvelles de votre mère? »
« -Euh, non. »

« - Cautionnez-vous l'album sorti récemment par les Memories et titré « Apologize » ? »
« - Je m'en fous. »

« - Pensez-vous que cela plaît à votre père? »
« - J'en sais rien. »

« - Que faites-vous dans la vie? Avez-vous déjà eu envie de suivre le chemin déjà si bien tracé par votre famille, c'est-à-dire, la musique? »
« - Non. »

« - Et pour cette raison, ne vous sentez-vous parfois pas mal, exclu, vis-à-vis d'eux? »
« - Du tout. »

« - Que faites-vous dans la vie, monsieur? »
« - Je... Je cherche du travail. »

« - Dans quel domaine désiriez-vous exercer? »
« - On verra. »

« - Monsieur, êtes-vous fier d'être un Gutter? »
« - Qui ne le serait pas? »

« - Votre mère vous manque-t-elle? »
« - Non. »

« - Pourtant, il a été prouvé qu'elle manque à votre soeur. »
« - Normal, elle est plus gentille que moi. »

« - Que reprochez-vous à votre mère et croyez-vous en son retour dans le milieu musical? »
« - Elle n'a jamais été là pour nous, et je n'en sais rien. »

« - Pouvez-vous nous en dire plus?
« - Non. »

« - Êtes-vous encore proche de monsieur Muller malgré sa séparation officielle avec votre mère? »
« - Je n'ai jamais été très proche de lui. »

« - Êtes-vous au courant de ses tentatives de réconciliation avec votre mère et qu'en pensez-vous? »
« - Oui, et je m'en fiche. »

« - Avez-vous une opinion sur la naissance de la fille de votre ex-beau père et de son futur mariage avec mademoiselle Dawan? »
« - Non. »

« - Il vous a élevé, tout de même. Vous devez forcément être peiné de le voir refaire sa vie! »
« - Non, je m'en fiche. »

« - Est-il vrai que vous êtes un père, vous aussi? »
« - Oui. Mais c'est compliqué... »

« - Aimez-vous autant vos deux enfants, même si l'un n'est pas réellement le vôtre? »
« - Je.. Comment savez-vous cela ?!»

« - Pouvez-vous nous parler du départ de votre petite amie? Pouvez-vous confirmez la rumeur concernant son métier de fille de joie? »
« - Je, je.. De quoi?! »

« - Avez-vous déjà consommé de la drogue? »
« - Hein?! Mais non!! »


Ecétéra écétéra...

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