— P.. Pardon ? Suffoque presque Élodie, en essayant de comprendre le baratin presque incompréhensible de sa cousine, — qu’est-ce que tu insinues là, Tif ?!
— Tu voulais un enfant Elo, n’est-ce pas ?
— Oui, bien sûr !
— Alors pourquoi n’as tu pas arrêté ta pilule ?!?
— Mais je l’ai arrêté ! Je te le jure ! Et pourquoi est-ce que tu me sors ça toi d’abord ??
— Parce que la semaine dernière, Hanz a trouvé une plaquette entamée dans ta table de nuit !
— Tu plaisantes ?!
— Non, hélas... et je ne pense pas me tromper en affirmant que tu me caches des trucs... sur toi, ta vie... et peut-être tes amours, projets !
— Mais c’était une vieille plaquette abandonnée !! se met à balbutier honteusement Élodie en cherchant ses mots, — je te promets que c’était une plaquette abandonnée ! La preuve, je l’ai laissée à la maison en allant chez mes parents !
— En effet, tu l’as apparemment oubliée à deux reprises en descendant sur Mannheim...
— Pas oubliée ! Je l’ai abandonnée exprès dans mon tiroir !
— Et pourquoi est-ce qu’il y’a encore deux semaines tu la prenais encore ? Alors que...
— Parce que j’étais un peu paumée sur mes choix et ma vie amoureuse, oui, je l’avoues ! Voilà ! T’es contente ?!
— Non.. Parce que tu me l’avais caché...
— C’était délicat de t’en parler. Hanz est ton ami !
— Tu le trompes ?
— Plus maintenant !
Le cœur de Tiphanie fait un bond violent dans sa poitrine,
— Pardon ?? Tu.. Tu veux dire que tu l’as trompé ?!?
— Pas vraiment ! Enfin... Un peu, disons ! Mais pas méchamment !
— Que.. Que, quoi ?? Mais.. Mais avec qui ?? Quand ?? Et où ??
— Ca ne sortira pas d’ici Tif, jure-le-moi !
— Je te le jures !
— C’est un type au boulot, tu ne le connais pas, commence calmement Élodie, après avoir pris une longue inspiration — il est mignon, gentil, serviable, charmant, etc., blablabla, et blablabla... La totale quoi ! Alors forcément, j’ai été un petit peu sous son charme pendant un moment... enfin, pendant plusieurs semaines même...
— Et ???
— Et un jour, à la pause de dix heures, devant la machine à café... le pire est arrivé : il a approché doucement son visage du mien et il m’a embrassé.
— Elo !!!!
— Oui ? Elo elle rougissait comme une idiote parce qu’elle avait un pur canon accroché a ses lèvres ! Elo ne pensait plus à son fiancé, oui ! Elo a été très conne sur ce coup-là, Elo ne réfléchissait plus ! Elo avait brusquement perdu dix ans de maturité ! Débite honteusement Elodie d'une seule traite.
— J’ai du mal à y croire.. Déglutit difficilement Tiphanie, en essayant de comprendre ce qui a bien plus passer par la tête de cette jeune femme dont la droiture l’avait toujours impressionnée par le passé.
— Je n’ai pas couché avec tu sais !! Juste quelques petits bisous par-ci, par-là...
— Combien de temps ?
— À partir de l’épisode « machine à café » ? Oh à peine une semaine, pas plus... après il y’a eu la prise de conscience, puis la panique...
— Et ?
— Et la décision d’arrêter immédiatement ces conneries...
— Et la plaquette, Elo.. ?
— Je doutais, j’avais peur de tout... d’Hanz, de l’avenir, de tomber enceinte d’un homme qui pourrait ne pas être « le bon »...
— Et ? Je veux dire que... qu’aujourd’hui ? Qu’est-ce que tu penses de tout ça aujourd’hui ?
— Que je veux Hanz pardi ! Et dès que je l’ai réalisé, j’ai complètement arrêté ma pilule ! Parce que c’était lui, parce que ça a toujours été lui... et parce que ça sera toujours lui !
— Et pile quand tu décides tout ça, le voilà qui trouve ta plaquette abandonnée dans ton tiroir... Putain quelle ironie !
— Je comprends son comportement des derniers jours maintenant... se retient de sangloter Élodie, — qu’est-ce que je peux faire pour sauver la face Tif ? Pour lui prouver que je tiens à lui plus que tout au monde ? Qu’est-ce que tu me conseilles...?
— Faute avouée est à demi-pardonnée... Tu vas donc lui dire que tu as douté de ta capacité à être mère.
— Et qu’est-ce que je fais pour mon « faux pas » ?
— Ça, ça ne sortira pas de cette pièce... On emportera ce petit secret dans nos tombes.
— Tu as raison, totalement raison. Je vais faire ça !