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*

 

 

C’est donc avec la ferme intention de confesser ses doutes à son fiancé qu’Élodie va enfin rentrer chez elle, une demi-heure plus tard, pour ne trouver sur place qu’un appartement complètement vide.

  

Hanz est restaurateur.

Logiquement, il travaille donc encore àcette heure-ci. Elodie n'est donc pas surprise.

 

— Oui Tif, c’est encore moi, s’annonce-t-elle timidement dans le combiné de son téléphone portable, — Kurt est rentré ? Je te dérange pas trop ?

— Oui, il vient de rentrer, il est à la douche là, l’informe alors Tiphanie, avant de se dépêcher de la rassurer — qu'est-ce que tu veux, ma poule ?

— Hanz est encore au restau... Je sais pas du tout à quelle heure il va pouvoir rentrer... Ça me stresse. C’est horrible comme ça me stresse !!!

— C’est normal ! Mais y’a pas de quoi. Dès qu’il rentre, tu lui sautes dessus amoureusement et tu vas voir, son visage va s’illuminer de mille feux.

— Ça me stresse, je saurai pas attendre. Je veux le voir, maintenant ! Seulement... je sais qu’il déteste que j’aille le voir au restau, parce qu’« ambiance boulot » gnagnagna...

— Appèle le voir ? Ou envoie-lui un texto. Ça lui fera plaisir de voir que tu penses à lui.

— J’ai déjà essayé de l’appeler, mais son portable est éteint.

— Logique s'il bosse, remarque. 

— Je vais aller sur place Tif ! Je vais courir au restau et je vais lui dire en face que je l’aime. Voilà. C’est décidé ! Je cours au restau, tout de suite ! Et je lui dis que je l’aime plus que tout au monde !

— OK. Ça roule, je trouve que c’est une excellente idée. Ça lui fera vraiment plaisir !

— Je te laisse. Je trace ! Bisous !!

 

 

 

*

 

 

 

 

Moins de trente minutes plus tard, la jeune femme est arrivée au premier étage du Cotton Factory, qui se trouve être l’un des plus grands nightclubs de la ville. 

C’est parce que son fiancé tient le restaurant au premier étage qu'une jeune femme brune se dépêche de la saluer avec un grand sourire.

 

— Bonsoir Élodie ! Tu passes juste faire coucou, ou je te réserve une table ?

— Bonsoir. Non merci pour la table.. Je passe juste voir Hanz quelques minutes. Il est là ?

— Non. Il a pas encore montré le bout de son nez ce soir. Tu veux que je lui laisse un message ?

— Comment ça... « pas encore montré le bout de son nez, ce soir » ? Répète avec douleur Élodie à cause d’une gorge qui se noue de plus en plus au fil des secondes.

— Il a débauché ce midi et il n’est pas encore revenu. Tu veux que j’aille dire à Tomas que tu es là ? Il doit en savoir plus que moi.

— Oui... Si cela ne te dérange pas, bien sûr...

— Bouge pas alors, j’en ai pour une minute.

— Merci beaucoup.

— Tu me surveilles la salle en mon absence ?

— Oui, oui, pas de problèmes, tente de lui sourire Élodie malgré cet horrible pressentiment qui commence à apparaître.

 

D’ordinaire, Hanz ne se permet jamais de louper un service, même lorsqu’il est fiévreux.

Se pourrait-il que tout soit déjà terminé entre eux ?

Se pourrait-il que cet homme qu’elle aime tant l’ait finalement considérée comme une menteuse, voir une manipulatrice ?

Son cœur se serre à cette idée.

Elle l’a sans doute déjà perdu et elle, à la différence de sa cousine, elle ne pourra pas sauver son couple en regardant une bague de mariage

Il arrive.

Elle peut enfin l’apercevoir.

 Tomas.

L’ami et associé de son fiancé.

 

— Coucou, Élodie, ça va ? La salue-t-elle poliment, une fois arrivée devant elle.

— Bonsoir, Tomas, lui déglutit-elle alors, avant de se jeter à l’eau — dis-moi, est-ce que tu saurais par hasard où se trouve Hanz ?

— Là, maintenant ? Je n’en sais rien, non. Par contre, il m’a appelé pour me prévenir qu’il serait absent quelques jours.

Cette phrase, qu’il prononce le plus naturellement possible, a l'effet d'une bombe dans le coeur de la jeune Elodie.

 

Il est parti quelques jours, en ne prévenant que ses amis de travail... 

 

— Je ne sais pas ce qui se trame entre vous, reprend ensuite Tomas en essayant d’éviter le regard désespéré de son interlocutrice — et je ne veux pas le savoir. Hanz est mon ami et mon collègue et ça s’arrête là pour moi. Si tu vois ce que je veux dire...

 — Il va bien ? Lui demande simplement Élodie en essayant de rester calme — tu as pu lui parler un peu ?

— Non, la conversation a été très brève. Il m’a juste dit qu’il avait besoin de faire un break, de s’éloigner, de souffler, et qu’il ne fallait pas qu’on s’inquiète.

— Bien, alors s’il ne veut pas qu’on s’inquiète, on ne s’inquiètera donc pas ! lui sourit alors Élodie en affichant un faux air apaisé 

— Sur ce, je vais vous laisser travailler, reprend Elodie pour conclure, — et si Hanz vous appèle... Est-ce que vous pourrez lui dire de me faire signe ?

 — Bien sûr, évidemment, lui sourit immédiatement Tomas, avant de la raccompagner jusqu'à sa voiture.

 

  

 

 

*

 

 

 

 

051

Ce vingt-quatre décembre à une allure des plus banales, dans cette rue de Berlin désormais illuminée de mille lumières, toutes plus festives les unes que les autres. 

Des sourires qui s’esquissent, des rires qui fusent, des cadeaux qui s’offrent... Tout dans cette maison est aujourd’hui une preuve de bonheur infini. 

051

 

À l’extérieur, dans ce jardin enneigé et sous ces flocons qui dégringolent en grand nombre, Vanessa façonne un bonhomme de neige, tandis que Kylian et sa petite sœur sont occupés à jouer comme des enfants, en se tirant la langue pour se provoquer amicalement.

 Ces deux familles se sont mises d’accord pour décider d’un choix judicieux : celui de passer cette soirée ensemble afin d’apprendre a se découvrir dans l’euphorie de la plus culte des fêtes.

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Tag(s) : #Apologize
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