Sa phrase est soutenue par un ton tellement prétentieux que Tania préfère le faire taire en se jetant sur ses lèvres.
Il ne la repousse et se met même à participer à ses yeux de langues.
C’est parfait. Tout semble parfait. Il faut qu’il continue d’être à fond pour que son plan soit une réussite totale.
Au bout de quelques minutes de baisers langoureux et affamés, la jeune fille se décolle enfin de ces lèvres, pourtant délicieuses, pour murmurer doucement à leur propriétaire, avec un regard des plus assassins,
— C’était pour que tu te souviennes bien du goût de mes lèvres... pour que tu puisses, toi aussi, crever de jalousie quand je dévorerai Romu sous tes yeux dépités.
Sa phrase achevée, elle se détache vivement de sa proie, pour se diriger vers la sortie du local.
Mission accomplie.
— Qu..Quoi ? Arrive à peine à grogner un Yann complètement abasourdi, — mais que.. Quoi ???
La porte s’est refermée.
Son interlocutrice n’est déjà plus dans la pièce.
— Putain.. La garce... finit enfin par souffler Yann, en se passant la langue sur les lèvres pour se souvenir, en effet, de ce goût délicieux.
Garce. Salope... Dieu qu’il la hait.
Garce. Salope... Dieu qu’elle lui plaît.
*
Ce soir, Élodie rend une petite visite à sa cousine, après une dure journée de travail.
Cela fait un moment maintenant que les deux jeunes femmes ne se sont plus retrouvées seules à seules pour discuter de la pluie et du beau temps, et elle a bien l’intention de remédier à ce petit changement dans leurs habitudes.
— Alors si je comprends bien, tout baigne maintenant, sourit Elodie, pour conclure une longue conversation où celle-ci lui a raconté les derniers évènements qui ont perturbé sa petite vie.
— Oui, ça va là, je pense que la tempête est passée, lui confirme sagement son interlocutrice, avant de reprendre plus sérieusement, — et toi ? Ça va avec Hanzounet ?
— Hummm... Oui. Enfin... maintenant que tu m’en parles...
— Allez, dis-moi tout !
— Non, mais je sais pas trop comment le dire, mais... mais il est bizarre.
— Comment ça ?
— J’ai l’impression qu’il me trompe, se décide alors à soupirer Élodie en haussant les épaules, — je sais pas, mais... mais... enfin je veux dire que... qu’il ne me touche plus. Alors je sais pas trop comment l’interpréter...
— Il a peut-être été blessé par quelque chose, tu ne penses pas ?
— Hein ? Mais par quoi ? s’étonne Élodie, d’un air trop sincère pour que Tiphanie puisse douter de sa bonne foi.
— J’sais pas ! Mais peut-être qu’il a été vexé que tu lui annonces le désir de faire un enfant, alors qu’en fait tu n’en veux pas réellement ? Non ? Qu’en penses-tu ?!