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C'est à première vue une soirée tout ce qu'il y a de plus banal qui se déroule cette nuit au Nightmare's VIP Club pour le jeune Raphaël et son ami Tobias. Pourtant, le guitariste TroubleMaker semble profiter beaucoup moins de la soirée que d'habitude puisqu'il préfère même, au bout d'un moment, filer se dissimuler dans un recoin du bar, sur un confortable fauteuil de velours.

Oui, à force de s'amuser à repousser ses limites, tôt ou tard, on finit toujours par les voir arriver.
« Non, cela n'arrive pas qu'aux autres. »

Redoutable peut être la descente.
« Non, cela n'arrive pas qu'aux autres. »
Bad trip.

« La chaleur devient étouffante dans la salle principale, je tente de m'enfuir vers les toilettes. Des gens parlent autour de moi, j'ai l'impression qu'ils hurlent, ma tête va exploser, j'ai envie de tous les tuer. J'ai besoin de silence. Cette cacophonie me rend fou, désagréable mélange disgracieux de la musique trop forte et de ce flot affreux de paroles humaines. J'ai envie de me taper la tête contre les murs. J'ai mal, mes tempes tambourinent.

Je traverse en titubant un interminable corridor avec pour but de rejoindre les sanitaires. Le couloir se transforme soudain en tunnel de flammes, j'écarquille les yeux, une foule de personnes passe à côté de moi sans me calculer, je vois des silhouettes, elles semblent si réelles, humaines, j'ai envie d'en attraper une pour lui demander de l'aide. Je lève la main, mais elle s'évapore. La silhouette. Je n'entends tout d'un coup plus rien. Ni musique ni gloussements, ni rires humains.

Je me retrouve complètement seul dans mon tunnel qui s'illumine désormais d'un arc-en-ciel. L'air qui m'entoure est pur et je ferme les yeux pour profiter pleinement de cette nouvelle sérénité. J'inspire profondément cette douce atmosphère. Je me sens bien. J'ai l'impression de pénétrer dans un havre de paix. Soudain, je perçois un son de cloche affreux qui me fait sursauter. Je plaque alors vivement mes deux mains contre mes oreilles.

Mais la ferme ! D'où ce bruit immonde peut-il bien venir ? Je dirige soudain mon regard vers le sol, il est en train de se craqueler sous mes pieds ! De nouveau, des personnes me dépassent en faisant un écart pour ne pas gêner mon passage, certains s'agenouillent même devant moi, j'ai l'impression d'être une divinité honorée.

Je pousse un éclat de rire, trouvant leur comportement plus que déplacé, et titube pour constater que dans mon dos, de belles ailes blanches ont poussé. J'adore ! Je suis euphorique. Je sens une brise me caresser le bras, à son contact je visualise mon membre se fissurer sous mes yeux. Il a l'air de tomber en lambeaux sous mon regard ébahi. Je réalise alors que quelque chose ne tourne pas rond.

Une silhouette isolée m'observe et mes ailes blanches disparaissent pour laisser place à une paire d'un noir ébène. Je reprends ma route. J'ai désormais l'impression de marcher contre un vent puissant qui s'apparente plus à une bourrasque qu'à autre chose. Je continue de lutter contre lui, comme si ma vie en dépendait. Je suis un chevalier ! Du zodiaque. Mon armure d'or se constitue à quelques mètres devant moi. Je me sens étrangement social. J'offre un large sourire à une jeune fille qui me dépasse. L'expression de son visage a l'air inquiète. Elle semble pressée de s'éloigner de moi.

Je ne comprends pas pourquoi et pénètre enfin dans les toilettes où je me laisse le long d'un mur jusqu'à me retrouver à moitié allongé sur le sol.

La maudite cloche se remet à me tambouriner les oreilles. Agacé, je donne un violent coup de tête en arrière et me cogne contre le mur derrière, ce qui me procure aussitôt une vive douleur dans le crâne. Ma tête entière me lance et j'ai l'impression de voguer.

Je suis sur un navire volant. Un dragon me survole au-dessus de la tête.
Je constate soudain que ma jambe droite est prise de frénésie ; serais-je possédé ?
Non, ce n'est que mon portable qui vibre dans ma poche. Tout en hurlant ses sons de cloche.
Enfoiré. C'était donc lui.
Je décroche alors. »

— Allô, Raphaël ?
— Ouais !

— Ça va ? T'as pas l'air bien. J'entends de la musique, t'es où ?
— Ouaaaahhhh !
- Raph?!?
— Hein… quoi ?!

— Raph ?! Qu'est-ce que tu as ?!
— I want a normal life. Just like a newborn child… Ouhhh ouhhhhh throw my life away…

— Qu'est-ce qu'il y a ? Tu l'as eu ? arrive Ana, l'air inquiet.

— Oui, mais il a l'air d'être défoncé et ça m'étonne de Raph', il ne m'a pas reconnu, chantait au téléphone, et m'a raccroché au nez !
— Rappelle-le !
— Qu'est-ce que tu crois que j'essaie de faire ?! Mais MESSAGERIE !
— Calme-toi, il est surement… Occupé.
— On n'a rien à foutre à Berlin, Ana ! Avec ces milliers de kilomètres de merde qui nous séparent de tout ! J'en ai marre, on va aller en Caroline du Nord.