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Au même moment, Kurt Cobain semble étrangement entreprenant dans les douches de son établissement carcéral et le jeune Jonas Dietz à l'air, lui, aux anges... Surtout lorsque les doigts habiles de son fantasme vivant lui agrippent soudain et avec fermeté les hanches pour le plaquer contre le mur le plus proche, face contre ciment.

Le jeune homme ne comprend évidemment pas le comportement de celui d'âge mûr qui semblait pourtant tout ce qu'il y a de plus hétérosexuel, mais pour être honnête, l'adolescent ne va pas se plaindre de ce soudain revirement de situation... Il déglutit très vite avec désir et envie et serre déjà les dents, se préparant déjà à une sorte de sévices, voire plutôt régal si l'agression vient de cet homme qu'il aime tant.
La pénétration est brutale et rapide. Son "mentor devait vraiment en avoir envie". Le jeune homosexuel en est presque flatté.
— Bouge de là! Lui beugle brusquement Kurt avec un soudain et étonnant mépris, quelques secondes à peine plus tard et en se retirant vivement de lui, avant de le pousser fortement pour le faire tomber au sol avec fracas,
— Je.. Je..? Ne comprends évidemment pas l'adolescent honteux, atrocement humilié, — pourqu... qu'il tente, s'interrompant très vite pour se mettre à sangloter avec désespoir. « Si même cet homme qu'il aime plus que tout et considère comme une sorte de mentor, de fantasme, se met à se servir de lui et ne plus le respecter, alors c'est à se demander ce qu'il peut bien lui rester, aujourd'hui... ».

Complètement indifférent à la détresse de son jeune jouet, Kurt commence à s'éloigner en titubant vers le banc où sont posés ses vêtements. Il a l'intention de se rhabiller avec hâte, avant de retourner dans sa cellule au plus vite. Il a besoin de s'allonger et il ne faut pas qu'il traine. Cette fichue migraine semble revenir au galop pour jouer de la timbale au creux de ses tempes...

Seulement, Et alors que le pauvre homme allait attraper son uniforme de détenu, voilà qu'il se retrouve de nouveau assailli par de soudaines et ridicules hallucinations...

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Peu après avoir reçu un appel des plus enjoué de son ex-beau-père, Erwan Muller, Eva Beckers se précipite évidemment chez le concerné afin de le féliciter pour la naissance de sa fille, Ashelia Muller. Un grand événement que la jeune chanteuse, se préoccupant si peu de l'évolution de la grossesse de la nouvelle compagne de son Wawane, n'avait même plus calculé depuis des mois.
Une réalité qui est bien honteuse à reconnaître par la concernée Et c'est pour cette raison qu'elle se presse aujourd'hui de s'en aller faire acte de présence à ses côtés pour le féliciter.

Et ce même si le large sourire épanoui de celui qu'elle a toujours considéré comme un père, lui procure un désagréable et douloureux pincement au coeur. Il a l'air si heureux... sous ses nouvelles rides et cernes, que la jeune femme constate très vite. Des marques de fatigue, de stress, voir sans aucun doute de dépression. Plus étonnant qu'il s'épanouisse aujourd'hui de sa nouvelle renaissance, songe avec douleur la chanteuse, puisqu'il semblerait que sa famille a elle n'ait finalement été qu'un gouffre sans fond pour son beau-père bien-aimé.

Elle se doit donc d'être heureuse pour son bonheur. Après tout, ne le mérite-t-il pas? Lui qui a toujours tout fait pour elle et les siens... un souvenir cruel qui rend encore plus jalouse la brunette. Sans cet homme, que lui resterait-il, aujourd'hui? Sa mère ayant pris la poudre d'escampette, ses grands parents n'étant pas une famille si proche que cela. Orphelins. Oui, il faut le dire. Les jeunes Gutters sont aujourd'hui orphelins. Sans cet homme qui est en train de refaire sa vie à une vitesse qu'ils n'avaient même pas encore réalisée, ils sont désormais bel et bien orphelins. Lui qui représentait à lui seul cette fameuse notion de « famille », cette figure paternelle dont tout être humain a besoin, ne le niez pas. Lui qui.. Lui qui séchait les larmes de deux jumeaux qui n'étaient même les siens, lorsque ceux-ci revenaient de l'école avec une mauvaise note, ou après une cascade involontaire du haut d'une balançoire dans l'unique but d'impressionner des amis -oui, nous parlons bien là de Jeffrey-.

Mais cette réaction est des plus égoïstes, et Eva en a bien conscience. Qu'elle ne devrait pas jalouser ce petit bout de viande aux yeux à peine ouverts qui gazouille en tentant de l'observer, l'air curieux. Après tout... n'est-elle pas sa demie soeur? Une jeune soeur qu'elle devrait plutôt chérir que bouder. Une jeune soeur qui deviendra surement quelqu'un de bien, plus tard. Une petite fille qui sera comblée et heureuse, choyée et entourée par deux parents aimants. Une gamine qui occupera toutes les pensées et l'attention de son père. Logique. Une gamine qui pourra, elle, l'appeler papa. Une gamine qui se rendra fière de cela. Il est son père, à elle. La chair et sa chair, le sang de son sang. Elle, elle ne sera jamais « l'enfant élevé à cause du mariage ».

Elle, lorsqu'elle fera honte à son père, elle le lui fera réellement. Il ne pourra jamais se dire « Je n'y suis pour rien, ce n'est pas ma fille... ». Comment ça? Le pianiste Muller n'a jamais songé une telle chose? Cela étonnerait fort la jeune chanteuse. Lorsqu'elle sait ce qu'elle et son frère ont pu commettre comme choses plus que répréhensibles dans leurs vies respectives... Des erreurs que cet homme-là en face, n'était pas obligé d'assumer, des faux pas qu'il pouvait ignorer, s'il le désirait, parce qu'après tout, il n'avait rien qui le reliait à... « ces enfants-là » …

Oui, au cours de sa nouvelle vie, cet homme pourra désormais mourir de honte ou être le plus heureux des pères. Des sensations qu'il n'a jamais pu encore connaître, étant marié à cette femme qui lui avait presque imposé deux gosses qui n'étaient pas les siens. À ce moment-là, la jeune Beckers a une pensée pour son père. Lentement, elle lève les yeux au plafond, et tente de se visualiser un au-delà. L'air perdu, elle s'imagine lui grogner quelque chose, « t'aurais dû être là. Sérieux, tu fais chier. »
— Quelque chose ne va pas ?! La fait brusquement sursauter Erwan, l'air sceptique, — tu veux la prendre un peu dans tes bras ?
Bien entendu que le chanteur a compris ce qui tord en ce moment les boyaux de son ex-belle-fille, et il se sent pour cette raison un peu coupable de son actuel bonheur...

— Non, non, je me posais des questions sur maman, c'est tout, ment la chanteuse, enfonçant ses mains dans les poches de son pantalon large, baissant les yeux, la mine boudeuse, fuyant le regard de ce bébé agaçant qui n'arrête pas de l'observer. « Lâche moi sale rat, je te déteste! »qu'elle se surprend à avoir envie de balancer au nourrisson-espion.

— Pourquoi ne l'appelles-tu pas, si tu veux des nouvelles ? Réponds Erwan d'un air enjoué, avec toujours cet insupportable et large sourire scotché aux lèvres. « Ne peut-il pas s'arrêter de niaiser deux minutes avec sa gosse, oui?! » Aurait envie de grogner Eva avec dégoût et désespoir.
— En effet.... qu'elle lui soupire à la place en serrant les dents, blasée par la réponse affreusement dénuée d'intérêt qu'il vient d'offrir à sa question.

Car, vu comme cela, cela semble si simple, il suffisait simplement qu'elle appelle sa mère pour avoir de ses nouvelles ! Non, mais quelle idiote décidément, elle avait besoin de venir ici pour que l'on lui rappelle ? Elle qui avait déjà dépensé les 4heures de forfait de son téléphone personnel pour tenter d'avoir à l'autre bout du fil une éventuelle personne qui pourrait apprendre quoi que ce soit sur sa génitrice...
Mais cela, elle est trop lassée pour l'apprendre à un homme qui de toute manière semble aujourd'hui avoir rayé de sa vie tous ses souvenirs et son ancienne existence... Non, mais regardez-le! Regardez-le gazouiller ainsi, avec son insupportable truc rose et fripé dans les bras ! Il n'a même pas la décence de se souvenir de cette femme, cette blonde qu'il semblait pourtant aimer plus que tout et de façon souvent incomprise par leurs entourages. La jeune chanteuse n'en peut plus, devant le spectacle de la nouvelle vie que son ex-beau-père, elle pousse un long soupir et tourne soudain les talons, levant simplement la main en l'air, saluant brièvement cet homme qui a tant compté à ses yeux et qui n'est aujourd'hui plus qu'un insignifiant étranger, plus préoccupé par son propre futur que par celui de ceux qui ont tant partagé a ses côtés jusqu'à aujourd'hui.
La jeune fille détale donc, lassée. Pour prendre ainsi congé, elle n'a marmonné qu'une obligation de devoir s'en aller retrouver son frère qui l'attendait chez elle. Ce qui n'était pas faux, en un sens, puisqu'en effet la jeune femme s'inquiète assez de l'état physique et moral de son jumeau qu'elle a couché dans son lit pour qu'il se repose. Elle reprendra les recherches sur sa mère, plus tard... parce que quoi qu'elle et son frère puissent lui reprocher, ils ne devront jamais oublier ce qu'elle est et ce qu'elle sera toujours. Le dernier pilier familial qu'il leur reste.