~ Tränen Lügen Nicht (Tears don't Lie) - Michael Holm ~
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Si Vick avait l'air si gêné en présence du désespoir de Shirley, il y a quelques minutes, ce n'était qu'à cause de sa soirée de la veille qu'il a passée avec Wilfrid dans un night-club du coin. Les jeunes hommes s'y étaient croisés par hasard. Vick s'y rendait pour aller à « la chasse aux femmes », et Wilfrid ne cherchait qu'à se calmer les nerfs après que sa petite amie l'ait bien agacé à fouiller son téléphone portable...

Vick ne mit pas longtemps à faire parler son comparse pour ensuite analyser ce que le concerné ressentait vraiment, au fond de lui. Une détresse infinie. Oui, le Wilfrid qui aimait jouer le fier devant l'ensemble de ses amis n'était pas si solide que ça, finalement... Mais cela, aucun de ses comparse ne l'ignorait. Ils le connaissaient bien, ce loustic. Que sous ses airs d'abruti fini qui se fichait de tout se trouvait en réalité un coeur qui saigne en silence. Alors ce soir-là, Vick avait souhaité passer un moment rien qu'avec lui afin de lui permettre de s'épancher.
When you say to yourself, all is over.
When you don't believe, that she's always faithful
Turn around once, look into her face and you'll see : Tears don't lie.

Il fallait que quelqu'un se décide à aider ce branquignole au caractère porcin aveuglé par sa fierté... Il le fallait.
By day and by night, all was nice together with her
The door stands open. Are you really leaving?
Like an open book, her heart is (known) to you.
And you understand : Tears don't lie.

Et c'est sans vraiment rechigner que le concerné acceptait très vite de se livrer, d'écouter son ami le conseiller. Une première! Wilfrid écoutait quelqu'un... Wilfrid acceptait d'avoir besoin de soutien. Et il en était reconnaissant, en plus.. Oui, pour une fois, le brun péteux ouvrait son coeur et écoutait un ami plus sage lui parler de sa vie et de ses erreurs. Un événement rare à souligner. Un évènement exceptionnel, même! Une poule devait être en train d'avoir des dents qui poussent, quelque part....
Spilled wine, no one will drink it anymore.
A lost heart, will stay empty forever.
It's never too late, come on and make a decision: hold out your hand to her
Tears don't lie.
Alors, Vick le lui disait. Qu'il était temps qu'il se prenne en main.. Qu'il aille la retrouver, cette Paula restée en Allemagne. Parce qu'ils avaient des choses à mettre au clair, tous les deux. Parce qu'il l'aimait encore comme un fou et que cela, il ne pouvait plus le cacher à personne. Et puis elle aussi, l'aimait plus que tout. Vick le savait. Tous les TroubleMaker le savaient. Paula était et serait toujours dingue de son Wilfrid : les larmes ne mentaient jamais... Et la jeune fille n'a toujours fait que pleurer derrière lui. Il était temps qu'elle soit pardonnée. Il était temps que cette deuxième chance lui soit accordée. Il était temps... Que le TroubleMaker le plus fier et orgueilleux se décide enfin à baisser les armes ; parce que lui aussi en crevait de douleur, de cette séparation avec elle...
Say yourself though:What are you going to do with your freedom that seems to be so precious to you now?
Wander about the bars and pubs together with friends like in the past, hm?
And then, when you're sick of it all, do you believe that luck is out there on the street and you only have to pick it up, when you feel like it , hm?
No, no, no, my friend
Et que son ami ne lui dise pas qu'une de perdue, plus de soirées avec les potes retrouvés... Car Vick lui mettrait immédiatement un coup de poing dans le nez, s'il entendait ce cliché-là. Ce si mensonger et odieux cliché que les nouveaux célibataires se répètent toujours pour tenter de croire au bienfondé d'une éventuelle rupture avec leur moitié.
The big city is tempting with its glamor, with pretty women, with music, and dance.
But the appearances will never keep what they promise.
Will you turn back? Tears don't lie.
Turn back once though, come on and make a decision : hold out your hand to her.
Tears don't lie....
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21h00 s'affiche sur l'horloge du co-chef de gang Shining, Shawn Ziirmann, alors qu'il se reposait sur son lit comme le lui ont ordonné les médecins ; en effet, l'homme fier qui refusait toujours de se faire hospitaliser, malgré son état de santé alarmant, avait fini par trouver un terrain d'entente avec son médecin personnel : être hospitalisé à domicile et recevoir des soins journaliers. Cette décision convenait à Shawn. Ainsi, il garderait un semblant d'indépendance, quelque chose de très important et presque vital aux yeux de ce chef de gang berlinois, pour qui être alité est déjà un supplice quasi insoutenable.

Le téléphone téléphone portable de l'homme, posé sur son oreiller et quasi contre lui, vibre soudain. C'est donc sans attendre qu'il l'attrape pour l'observer, presque fou de joie d'avoir enfin de l'animation dans sa petite vie de malade devenue bien vide, calme, et fade, depuis quelques semaines.
C'est un message instantané vidéo d'un numéro inconnu qui lui est envoyé et le sang du chef Shining ne fait qu'un tour lorsqu'il découvre un mini film affreusement pixélisé qui lui dévoile son comparse Jeffrey, agonisant dans un endroit sombre. Cet ami qui est aussi son co-chef de gang semble respirer avec difficulté et l'on pourrait se demander s'il sera en vie encore longtemps. Pour cette raison, Shawn s'inquiète donc très vite, mais n'a cependant pas le temps de se poser plus de questions que son téléphone sonne désormais.
Il décroche alors et d'un geste vif, dès la première tonalité. Son stress et son angoisse sont palpables.
C'est de nouveau le numéro inconnu du message vidéo...
— Oui, allo? Grogne alors Shawn en se redressant sur son lit pour s'y asseoir en tailleur.
— Tu as aimé le MMS que je viens de t'envoyer?

— Qui êtes-vous?! Attention à ce que vous faites. Vous savez qui nous sommes...
— Là je suis mort de rire, Ziirmann ! Ton pote est en très mauvaise posture et toi tu trouves encore le moyen de faire le péteux ! Sacré Shining, décidément.. Vous n'avez vraiment peur de rien !
— En effet... Et on sait pourquoi.
— Sans rire, tu as jusque demain soir pour dissoudre ton gang, sinon il se prend une balle dans la tête. Je me suis bien fait comprendre?

— Et cent balles et un mars, oui? Libérez-le sur le champ, ou ça va très mal aller...
— Ziirmann.. Tu n'es pas en position d'ordonner quoi que ce soit. Je ne plaisante pas. Demain soir, dernier délai, les Shining sont dissouts et l'info est diffusée dans le milieu, c'est bien compris? Demain soir, vous n'existez plus. Votre Cartel explose! Sinon ton pote de 8 ans et demi quittera ce monde dans d'affreuses souffrances, c'est moi qui te le dis...
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Il est désormais 19h00 à Wilmington et c'est tranquillement que Raphaël se dirige vers sa salle d'embarquement pour patienter sagement en attendant son avion. En effet, il a enfin pris sa décision... sans prévenir le moindre de ses amis, bien entendu.

En fait, depuis quelques jours, pour être honnête, il n'est de toute manière plus que l'ombre de lui-même et ne communique presque plus avec ses comparses. « C'est à peine s'il leur adresse la parole lorsqu'il les croise, en studio, ou chez eux, en fait... ».

Mais malgré cela, personne ne semble avoir remarqué que quelque chose clochait, en lui. Ce qui n'est pas plus mal, en un sens, puisqu'ainsi, le jeune Bauer peut décider de faire ce que bon lui semble, sans intriguer d'éventuels curieux. Les TroubleMakers sont de grands garçons, et chacun a toujours dirigé sa vie comme bon lui semblait.

— Raph'? fait soudain sursauter le concerné un homme qui s'assoit tranquillement près de lui ; un type que Raphael reconnaît sur-le-champ malgré son béret, ses lunettes, et sa grosse mèche de cheveux placée sur la moitié de son visage.

— Oh putain, toi !
En effet, il s'agit bien là de son comparse Wilfrid Mulher. Raphaël écarquille grand les yeux.
— Mon petit doigt me dit qu'on prend le même avion, le prend avec le sourire Wilfrid, amusé, surpris, et ému, par l'étrange coïncidence qui le réuni aujourd'hui avec son ami en ce lieu, — par contre, tu aurais pu faire plus d'efforts pour la discrétion, Raph', reprend Wilfrid d'un air taquin –, car rappelle-toi que chez nous, ta gueule n'est pas inconnue!

— Tu rigoles? Hausse les épaules Raphaël en baissant le regard, — regarde ma face d'un peu plus près, stp...

Et en effet, Wilfrid qui obtempère sur le champ réalise soudain, et seulement maintenant, que oui, son ami Raphaël au début de barbe négligée, aux cernes apparentes, et à l'air fatigué, est aux antipodes de celui qu'il a toujours été par le passé... La détresse, la fatalité, et la perdition animant désormais ses traits. Constater son ami au plus bas brise évidemment le coeur du jeune Mulher. Il n'avait encore jamais pris le temps d'observer ainsi le concerné... Il n'avait sans doute jusqu'à aujourd'hui jamais voulu le prendre réellement, ce temps : lire le désespoir à travers le regard, autrefois si bon et serein, de son comparse... Réaliser à quel point lui et les autres Troublemaker ont pu laisser leur ami sombrer, seul. Alors qu'ils étaient tout de même aux premières loges pour assister à son début de déchéance...
— Pardonne-moi, Raph', s'excuse sans attendre Wilfrid avec une sincérité palpable et le coeur gros, — mais ça va aller, maintenant.. Crois-moi. Et puis, on embarque bientôt... Qu'il termine avec un sourire chaleureux pour tenter de le communiquer à son ami.
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Il est six heures du matin lorsque les deux TroubleMaker transis d'amour reposent le pied sur le sol allemand, leur sol natal. Leur avion vient de se poser dans leur pays à eux, et rien qu'à eux. À ce souvenir, les deux esquissent un sourire discret, ravis d'être de retour dans cette ville qu'ils chérissent tant.
Et pendant ce temps, dans une ancienne station de métro désaffectée de la capitale, Jeffrey sort victorieux de son affrontement en laissant derrière lui de nombreux cadavres, mais aussi une part de son humanité...