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— Putain d’enfoiré ! J’vais t’arracher les tripes !! menace avec violence Kylian a son agresseur qui l’a attaqué par surprise, dans le dos, tel le gros lâche qu’il a toujours été. Iwan. Son pire ennemi dans le squat » où il se rend régulièrement pour retrouver Franz lorsque celui-ci n’est pas chez lui.
— Ah ouais ? Ah ouais ? Se moque ensuite et ouvertement cet interlocuteur qu’il méprise plus que tout — alors, viens mon mignon ! Viens ! On est seuls ce soir, alors n’hésite pas ! Je t’en prie ! Viens donc prendre ta branlée !
— T’es vraiment qu’un malade Iwan, tu le sais ça au moins ? Un malade fou de jalousie ! C’est moche ! C’est pitoyable !
— Relève-toi espèce de loque, et viens te battre ! Et quand j’en aurai fini avec toi, plus jamais tu n’oseras remettre un pied ici ! Parce que c’est pas ton squat » cette baraque ! T’as rien à foutre parmi nous !
— Je t’emmerde Iwan, et je vais tellement te détruire que même ta mère ne sauras plus te reconnaître !
— Je suis orphelin, espèce d’enculé !

— J’en ai rien à branler de ta vie de merde ! cingle Kylian en envoyant un vif coup de poings à son interlocuteur qui s'écrase au sol sous l'impact.

— Je.. J’vais t’tuer Kylian... J’vais t’tuer... Vraiment!!!
Une dernière menace, qu’Iwan prononce dans un souffle glacial et emplit de haine, avant de fondre sur son ennemi pour la mettre à exécution. Il va lui briser les os. Tous. Un a un.. Puis, il le regardera agoniser sous ses yeux, en l’implorant de lui laisser la vie sauve. Là, il l’achèvera. Pour ne plus jamais voir sa petite « gueule » qui est de trop ici.
— Éloigne-toi de lui immédiatement Iwan. Et je me répéterai pas, cingle soudain une voix que les deux combattants reconnaissent sans difficulté : Franz.
— C’est lui qui a commencé !! hurle alors le jeune Iwan en fusillant Kylian du regard. Il est furieux de s’être fait interrompre de la sorte : quelques minutes de plus auraient suffi à mettre à genoux son plus grand rival...
— C’est ça, c’est ça... se contente d’ironiser Kylian avec mépris, — genre il va te croire...
— Dégage Iwan, grogne méchamment Franz en direction du concerné, — je veux plus te voir pour ce soir. T’es vraiment trop con décidément !
— Mais.. Mais... déglutit avec douleur l’accusé, — Franz !! je te jure que...
— Que ? Trouve-toi une excuse pour être aussi con ? Vas-y ? Je t’attends !
— Je.. Je...
— Tu, tu ? Tu vas bégayer comme une pucelle encore longtemps ? PARLE !
— Je... Je...
Parce que je.. je..
...Je crois que je... je... suis jaloux de lui !
Oui... Je.. Je suis jaloux de cet enfoiré !!
Parce que... parce que... Parce que tu es mon ami...
À moi !! À moi !!. Et rien qu’à moi !!
Et puis.. Et puis... Et puis on s’était promis...
Oui !!! On s’était promis !
....
Tu te souviens dis ?

« Salut ! Qu’est-ce que tu fais ici tout seul ? »

« Hmmm... T’es qui toi ? Dégage de là.. Tu pollues l’air. »
« Tu pleures ? Pourquoi tu pleures dis ? Ton papa a été méchant avec toi ? »
« Mais va te faire foutre ! »
« Je peux rester un peu avec toi ? »
« Non »
« Merci. Comme ça, tu pourras tout me raconter ! »
« Mais j’vais t’buter toi ! Et puis j’irai bruler ton tee-shirt de merde ! »
« Pourquoi ? Tu n’aimes pas Mickey ? »
« ...... »
« Hihi, je plaisantais. Tu n’es pas vraiment drôle dis donc. Il va falloir changer ça ! »
« ...... »
Alors... Est-ce que tu te souviens...?
« Je comprends. Et maintenant, tu préfères fuir parce que tu as peur. »

« Parce que je n’ai pas le choix Mickey ! J’ai tué quelqu’un, tu le réalises ? »
« Oui, j’ai entendu, mais.. »
« C’était un ami. Un grand ami, et... »
« ‘Comment s’appelait-il ? »
« ‘Hugo. Il rêvait de devenir un peintre célèbre.. Il avait énormément de talent...»
« ‘Les rêves entretiennent l’espoir. Nous en avons tous. Et toi ? De quoi rêves-tu ? »
« ‘Je... Je ne sais pas. »
« ‘Tu mens. Tu es obligé d’avoir un rêve. »
« ‘Tu m’énerves maintenant Mickey. Alors tu vas me faire le plaisir de dégager. »
« ‘Je m’appelle Iwan. »
« ‘Je m’en fous. »
« ‘Moi aussi, j’ai tué de sang-froid. »
« ‘À d’autres... »
« ‘Mes parents. »
« Qu... Quoi ?’ »
« ‘Mais je ne regrette rien. Parce qu’ils étaient méchants.’ »
‘Tu... Tu...?’
« ‘Mon père buvait beaucoup et la frappait. Et elle, elle attendait qu’il ne soit plus là pour ramener des hommes à la maison. Alors ce soir j’ai attendu sagement qu’ils soient couchés, tous les deux, pour attraper la grosse lampe du salon...’ »
« ‘Ça suffit, n’en dit pas plus...’ »
« ‘... Et je leur ai fracassé le crâne.’ »
« ‘OK, t’es un psycho et tu as buté tes parents. Ravi de l’apprendre.’ »
« ‘Peut-être. Mais tu penses que ce que j’ai fait est pire que de frapper son meilleur ami dans le dos avec un sabre ?’ »
« ‘Ta gueule !’ »
« ‘Et moi, je ne vais pas fuir.’ »
« ‘Parce que tu t’imagines peut-être que les flics ne vont pas te soupçonner ?’ »
« ‘J’avais laissé un petit mot qui laissait supposer que je partais en fugue. Alors les policiers vont simplement penser que mes parents se sont entretués après une violente dispute.’ »
« ‘Ouais, OK. En conclusion, t’es un gros malade. Alors si tu veux bien m’excuser, il faut qu...’ »
« ‘Et toi ? Est-ce que tu as de la famille ?’ »
« ‘Ouais... Mon père.’ »
« ‘Et est-ce qu’il est gentil ?’ »
« ‘J’en sais rien. Je vivais chez ma tante et je ne lui ai presque jamais parlé’ »
« ‘Pourquoi ?’ »
« ‘Parce qu’il fait des choses pas claires’ »
« ‘Et toi, tu penses que ce que tu as fait c’est ‘clair’ ?’ »
« ‘Ça suffit maintenant. Je m’en vais.’ »
« ‘Ce n’est pas la fuite qui te fera oublier’ »
« ‘Ouais c’est sûr, mais elle me permettra au moins de ne plus te voir ! T’es un malade Mickey ! Et je me demande ce que tu es en train de t’imaginer là, tout de suite ! Peut-être m’égorger et me jeter ensuite dans une benne à ordures ?’ »
« ‘Je ne te ferai jamais rien, à toi.’ »
« ‘Waah, ravi de l’entendre !’ »
« ‘Alors, reste avec moi. S’il... S’il te plaît.’ »
« ‘Hein ? Ouais.. Ouais.. Ouais, mais non. Parce que moi je ne suis pas assez fou pour rester dans cette ville !’ »
« ‘S’il... S’il... S’il te plaît...’ »
« ‘Hey, tu vas pas te mettre à chialer quand même ! Y’a encore vingt minutes, tu connaissais même pas mon existence ! Alors, fais un saut dans le passé, et oublie-moi ! Merci !’ »
« ‘Est-ce que tu crois au destin ?’ »
« ‘Non’ »
« ‘Pourquoi ?’ »
« ‘Parce que rien n’est jamais écrit à l’avance.’ »
« ‘Moi, j’y crois.’
« ‘Ravi de l’apprendre’
« ‘Et c’est pour ça que tu étais assis ici cette nuit.’
« ‘Ouais, c’est ça, ça devait être mon destin de croiser le chemin d’un psycho....’
« ‘Tu as autant peur que moi, Franz. Voir plus.. »
« ‘Je n’ai pas...’ »
« ‘... Alors, restons ensemble.’ »
* *
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« ‘Oui papa ? Tu voulais me parler ?’ »
« ‘Bonjour Franz. Oui, je voulais te parler de quelque chose. Ou plutôt, de quelqu’un...’ »
« ‘Vas-y. Je t’écoute.’ »
« ‘Éloigne-toi d’Iwan. Il n’est pas sain.’ »
« ‘C’est une blague ? Parce que si oui, et bien c’est la meilleure de l’année !’ »
« ‘Tu fais allusion à mon travail ?’ »
« ‘Ouais. Parce qu’excuse moi, mais parrain de la mafia, et bien c’est pas ce qu’il y’a de plus sain !’ »
« ‘Mais cela ne t’a pas empêché de me retrouver pour reprendre contact avec moi.’ »
« ‘Je sais.’ »
« ‘Ne lui accorde pas une confiance trop aveugle Franz. C’est tout ce que je te demande.’ »
« ‘Il a déjà toute ma confiance papa. Iwan est mon ami le plus sincère.’ »
« ‘Mais certainement pas le plus loyal.’ »
« ‘Ça, excuse-moi, mais ce n’est pas à toi d’en juger.’ »