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Peu après que la nuit soit tombée, Vanessa ne manque pas d’exprimer sa surprise à son petit ami du moment, qui vient de lui rendre une visite imprévue a son domicile personnel.
Cela fait maintenant deux jours qu’ils sont revenus de leurs petites vacances, en décidant dans un accord commun, de s’afficher ensemble, aux yeux de tous, pour assumer leur relation.
— Tu ne m’avais pas dit que tu passais ! sourit affectueusement Vanessa à son homme qui la serre tendrement dans ses bras.
— Eh oui ! Je suis un homme plein de surprises !
— Un peu plus et tu me manquais, car j’allais sortir là.
— Ah ? Et tu allais où ?
— Chez une amie, lui sourit-elle à nouveau, avant de lui proposer affectueusement, — je fais du café, tu en veux ?
— C’est pas de refus, mais d’abord... Je veux...
— Hmmm... Laisse-moi deviner...
Un baiser. Évidemment... La jeune femme sait lire dans ces yeux passionnés.
C’est donc sans attendre qu’elle se jette sur ces lèvres qu’elle aime tant, tandis que les doigts de ce même propriétaire se promènent déjà dans son dos, jusqu’à se profiler sensuellement jusqu’à ses fesses. Erwan est du genre coquin et elle est habituellement friande de ses caresses érotiques...
Seulement, ce soir, elle avait l’intention de sortir, alors elle doit se dépêcher de calmer les ardeurs de son homme pour qu’il arrête de lui déboutonner son pantalon. Affectueusement, elle lui murmure alors de l’attendre à table, pendant qu’elle leur prépare un bon café. Il ne rechigne pas et lui obéit, en grommelant cependant. Il aurait bien apprécié la prendre immédiatement, sur cette table même, avant de la porter jusqu’au lit derrière eux pour lui faire l’amour toute la nuit.
Elle s’agite maintenant sous ses yeux, cherchant les filtres à café pour doser attentivement la poudre brune, tout en lui faisant la conversation. Il la regarde, souriant, tendre, fou amoureux.
Puis, peu à peu, son esprit se met à vagabonder. Ailleurs. Bercé par ce flot de paroles affectueuses.
Discrètement, il s’évade dans ses souvenirs. Dans un passé qu’il a vécu et adoré. Ce passé qu’il s’imaginait futur et indestructible. Ses yeux s’embuent déjà de larmes. Il ne s’en rend même pas compte. Quand soudain, Vanessa le fait sursauter, se plantant devant lui, un air suspicieux et inquièt affiché sur le visage,
— Erwan ? Ça va ?
— Eeeuh, oui, se reprend-il alors vivement en esquissant un sourire gêné — je suis un peu fatigué et j’étais presque en train de m’endormir ! Je m’excuse.. Tu disais quelque chose d’important ?
— Non. Mais, toi tu devais être en train de penser à quelque chose qui te fait mal.
Il a les larmes aux yeux et ce détail ne lui a pas échappé, même s’il a rapidement fait semblant de se les gratter pour se les essuyer l’air de rien.
— Du tout, tente-t-il de la convaincre, tout en se relevant pour la prendre a nouveau dans ses bras, — je te le promets.
— Ne promets pas lorsque tu mens Erwan, lui fronce-t-elle les sourcils, — je ne supporte pas que l’on me mente et suis très douée pour reconnaître les menteurs, alors...
— OK, il s’est passé quelque chose aujourd’hui.
— Et ce quelque chose est ?
— Ils m’ont jeté.
Lorsqu’il prononce cette phrase, une larme humiliante se met à rouler le long de sa joue. Rapidement vexé, il l’essuie avec hâte. Vanessa sent son cœur se serrer et lui enlace affectueusement le visage — de quoi.. ? Mais de qui ?
— À ton avis..
— Ce n’est pas possible. Ils n’ont pas pu !
— Mais je ne regrette rien. Si tout était à refaire, je le referais. Parce que tu vaux tous les groupes du monde Vanessa...
Quelle phrase magnifique.. Et pourtant, la jeune femme ne peut s’empêcher de fondre en larmes, dans les bras d’un homme qui se retient de l’imiter. Fierté masculine.
— Je... Je suis désolée Erwan.. Tellement désolée.. Sanglote Vanessa.
— Ce n’est pas grave. De toute manière, je m’y attendais et je m’étais préparé à cette éventualité.
En effet, il se doutait bien qu’il serait mal accueillit par ses amis lorsqu’il rentrerait de vacances. Par contre, ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que tous le rejetteraient ainsi avec autant de mépris. Tous. Oui tous. Et pas uniquement Kylian. À croire qu’il y’a eu une sorte d’effet de groupe. De masse. Un complot commun.
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Peu après avoir dit au revoir à son petit ami, Vanessa se rend donc chez cette fameuse amie qu’elle tenait absolument à voir ce soir.
Tiphanie Gutter, la jeune veuve qui vient tout juste de rentrer chez elle, après avoir passé un bon moment chez sa famille pour se remettre doucement du décès de son époux bien-aimé.
— C’est gentil d’être passée, je ne m’y attendais vraiment pas ! fait-elle rapidement à son invité surpris.
— Et bien en fait, j’aurai aimé te parler après l’enterrement, mais vu que tu étais entourée et tous et toutes... lui répond aussitôt son interlocutrice, un peu gênée d’être restée complètement à l’écart tout le long de la cérémonie.
— Ce n’est pas grave. C’est déjà gentil d’être venue aux funérailles...
— Je t’en prie, c’est normal... Et donc tu reviens chez toi sinon ? Tu vas revivre ici donc ?
— Le temps de trouver un nouvel appart et d’emménager, oui.
— Parce que je venais justement te proposer de venir habiter avec moi si ça te dit. Vu que maintenant je suis célibataire ! Par exemple le temps que tu sois complètement réinstallée !
— C’est gentil, mais c’est trop Vanessa, je ne peux pas accepter, s’émeut rapidement Tiphanie devant tant de sollicitude, — mais ça va aller maintenant, je te le promets. Merci quand même pour tout !
— Allez, fais pas de chichis et accepte ! Ça te changera les idées et ça ne peut nous faire que du bien de rester entre filles !
— Mais tu as quelqu’un dans ta vie toi maintenant, non ? Il m’a semblé entendre dire quelque part que...
— Déjà ? Les rumeurs vont vite !
— Oui... Et c’est grand à couettes, Erwan, n’est-ce pas ?
— Exact. Mais ce n’est qu’une aventure pour l’instant et je ne veux pas accélérer le mouvement. Et c’est aussi pour cela que ça me ferait très plaisir de t’héberger.
— C’est vrai ? Hummm, bah alors si ça te fait plaisir... accepte enfin Tiphanie avec un sourire amical, bien consciente qu’elle doit vite fuir son appartement qui ne peut que lui révéler de magnifiques et douloureux souvenirs.
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Ainsi, quelques heures plus tard, les deux jeunes femmes se retrouvent à discuter de la pluie et du beau temps, assises en tailleur sur le lit de Vanessa.
De la pluie et du beau temps. Des hommes et du prix de la vie. Des émissions intéressantes ou pitoyables qui ont pour habitudes de passer à la télévision...
De tout et de rien en quelque sorte.
Puis, après de nombreux échanges d’anecdotes diverses, et après un court silence pendant lequel les interlocutrices ont semblé à court de sujets de conversation, Tiphanie se décide enfin à laisser tomber, dans un soupir
— J’ai jamais cautionné ses conneries.
— Hein ? commence par s’étonner Vanessa, avant de comprendre, en haussant les épaules — oui, j’en doute pas... Ne t’inquiète pas. Je ne vous ai jamais mis dans le même panier.
— Tu regardais souvent Kylian au cimetière, je me trompe ?
— Je... Mais non !! Je... Je..
— Vanessa.. Pas à moi.
— OK, OK. Je l’admets.
— Et c’est humain. Et puis lui aussi, il te regardait.
— Hummm... Il devait surtout se demander ce que je fichais là, oui.
— Peut-être, mais il te regardait. Et ça, c’est bon signe.
— Je pense pas Tiph'... Ma meilleure amie m’a raconté comment il est au local et tout, et... enfin... Il a pas du tout l’air déprimé. Il vit très bien avec l’autre maintenant.
— Chez nous il était très malheureux en tout cas. Il en a même écrit une chanson.
— Ah oui ? Écarquille grand les yeux Vanessa, — dis-moi en plus, dis-moi en plus !!
— Rien de bien particulier, il s’est juste vidé sur des notes de musiques. Et je crois même qu’il va la sortir celle-là. Le titre devrait être « Lemon tree », s’il reste sur sa première idée.
— Il te l’a chantée ? Et qu’est-ce qu’il disait dedans ?
— Tu le découvriras par toi même dès qu’il l’aura sortie ! Le spoil, c’est mal !
— Mouais... Enfin de toute manière je ne pense pas que ça pourrait recoller entre nous.
— Et avec Erwan, ça colle bien ?
— Avec Erwan ? Oh oui. Il est adorable. Tu le connais un peu ?
— Non.
— Et bien je te le présenterai. Tu verras, il est vraiment gentil. Et en ce moment, il traverse une sale passe. Kyle et les autres l’ont jeté du groupe à cause de notre histoire, alors...
— Non ? Tu plaisantes ?
— Malheureusement, non. Mais ça m’étonne pas. Kyle c’est le petit chef de leur bande, alors forcément...
— Attend, mais les torts ne viennent pas de vous, mais de Kylian justement !
— Je sais, mais ils sont sévères en amitié. Je sais pas si tu as suivi l’histoire Romuald..
— Un peu, oui. En fait, ils ont trouvé le bouc émissaire à tout ça. C’est le « Erwan » qui va porter le chapeau pour toute cette merde. Et comme ça, mon frère garde l’image du bébé à protéger.
— Le bébé a protégé ! C’est excellent. C’est exactement Kylian ça, en effet !
— Ben oui. Kyle c’est le bébé aux yeux de tous.
— Et c’est pour ça qu’on l’aime, ne peut s’empêcher de s’attendre Vanessa, dans un moment de nostalgie flagrant.
— Ouaip, mais il en profite ce petit saligaud. Trop. Avec sa petite bouille d’ange machiavélique ! Tssss. Il peut tout obtenir de tout le monde ce vilain. Il suffit qu’il te fasse les yeux du chat de Schrek et ça y’est, tu pars lui décrocher la lune. C’est de l’abus !
L’image d’un Kylian mi-ange/mi-démon, mais terriblement attachant, fait rapidement éclater de rire les jeunes femmes, jusqu’à ce qu’elles se calment pour décider d’éteindre les lumières et d’aller se coucher. Tiphanie, en essayant de ne penser à rien, pour tenter de s’endormir sans le souvenir de son défunt époux, et Vanessa, en réfléchissant attentivement a ce que pourraient être les paroles de cette fameuse chanson. Et s’il pensait encore à elle ?.. Et s’il l’aimait encore ? Est-ce que tout serait encore possible ?