
— Bref, rejoins Hanz, ajoute-t-il enfin en reprenant son air froid et sévère ; la carapace d’acier s’est reconstituée. — Avec mon frère, tu seras heureuse, c’est un type bien, tout le monde le dit.
— Oui c’est un type bien, j’ai pu le découvrir un peu ! lui fait-elle en se retournant.
— Alors, fonce, lui ordonne-t-il presque, vas-y ! Tu seras bien avec.

— Arrête-moi si je me trompe Kurt mais... Est-ce que tu fais un complexe d’infériorité vis-avis de ton frère ?
Et voilà. En une phrase elle vient de le retourner complètement.
En une phrase elle vient de le réduire au silence total.
En une phrase, elle vient de lui résumer sa personne, sa vie, son être.
— J’hallucine, reprend-elle alors, t’es le gars le plus populaire du bahut, t’as toutes les nanas à tes pieds, tout le monde t’aime, mais tu trouves le moyen de t’enfoncer continuellement en te persuadant que ton frère jumeau est mieux que toi ! Tu sais que ça s’appelle du masochisme ça ?

Il porte une main à son cœur, qui se met à battre maintenant comme un fou, tant il est chamboulé.
— Mais je... Enfin Hanz il réussit tout et..
— Et toi qu’est-ce que tu as échoué ? lui demande-t-elle en l’interrompant.
Une nouvelle fois réduit au silence... Ça devient décidément une habitude avec cette fille, songe-t-il presque avec terreur.

— Tu m’énerves ! se décide-t-il a lui marmonner, avant d’ajouter, — Allez, viens ici, tout de suite !

— Alors là, tu rêves ! lui lance-t-elle les bras croisés, c’est pas parce que tu as enfin réalisé que tu vaux 1000 fois mieux que ton frère qu’il faut penser que je vais te sauter dans les bras !
— Tout de suite, j’ai dit ! reprend-il en s’avançant vers elle, poussé par une force extérieure.

— Non, vade retro, Kurtinas ! Même pas en rêves que tu t’approches de moi !
— Ah bon, tu crois ça ? laisse-t-il échapper avec un petit rire provocateur, en continuant son chemin.

— Vade retro j’ai dit ! tente-t-elle a nouveau, en essayant de se donner, en vain, un air sévère.
— Décroise tes bras, tout de suite ! lui ordonne-t-il maintenant, en plongeant tendrement son regard dans le sien.

— Non ! Ils sont ma barrière anti-Kurtinas... laisse-t-elle tomber tristement en détournant le regard.
— Plus jamais ça ne se reproduira.. Lui promet-il soudain en lui déposant quelques baisers sur le visage, afin de l’attendrir. — Ne me laisse pas Tiphanie, avec toi, je vais apprendre la stabilité... Je te le promets...
Cette promesse est tellement magnifique, venant de ses lèvres, qu’elle en reste bouche bée, avec un sourire des plus niais dessiné sur le visage.

— Décroise-moi ces bras... s’il te plaît... lui murmure-t-il tendrement, en glissant une main à l’intérieur de ceux-ci pour l’inciter à les ouvrir.
En réponse, elle resserre encore plus fort les bras, pour plaquer contre elle et sa poitrine, la main audacieuse de son interlocuteur.
— Ma main.. Lui souffle-t-il sensuellement, avec un clin d’œil — je peux plus rien faire moi si tu me la kidnappes comme ça..

— C’est pas elle que je veux... murmure tout bas Tiphanie en lui lançant des regards qui en disent long sur ce qu’elle attend là, maintenant, tout de suite, et vite..

— Mais est-ce que tu as été assez gentille pour mériter un baiser ? la taquine-t-il en détournant la tête.
— Ohhh, comment tu oses !!! fait-elle semblant de se vexer, en se jetant sur lui : on est jamais mieux servi que par soi-même après tout.
Mais Kurt n’est pas homme à se laisser dominer ; d’un coup, il la bascule en arrière pour reprendre le contrôle des baisers fougueux.

Elle passe rapidement les mains dans son dos pour l’agripper et se maintenir, afin de ne pas tituber sous la pression qu’il exerce sur elle.
Sans attendre plus longtemps, et toujours en l’embrassant avec avidité, il glisse ses mains sous ce pull désagréable qui en cache trop pour le remonter d’un coup, jusqu’à ce visage qui commence a rougir en réalisant la situation,

— Hey, mon pull... réussit à gémir Tiphanie entre deux baisers, en constatant sa nudité partielle qui laisse apparaître ses seins totalement nus et vulnérables.

— Hey, reprend Kurt en l’imitant, j’adore ! T’as pas mis de soutif !
Gênée par la situation, elle se plaque contre lui pour lui cacher sa poitrine, en vain ; il semble la décoller légèrement de force en lui caressant délicatement le dos, avant de murmurer tout bas
— C’est moche de cacher un corps aussi magnifique...
— N’importe quoi, flatteur va... réussit-elle à balbutier, — et puis je... je...
— Oui, je sais, l’interrompt Kurt avec un sourire, mais je ne t’ai jamais dit qu’on allait coucher ensemble...
Et sans rien ajouter de plus, il revient délicatement s’emparer de ces lèvres dont il est toujours si friand...

Puis, il la guide et la fait tomber sur son lit, derrière eux.

Ce jogging horrible.. Qu’est-ce que c’est que ce jogging horrible qui lui cache tout ce qu’il veut tant découvrir ? Discrètement, il commence à défaire le petit lacet qui le maintient en place.
Tiphanie sent bien son pantalon prendre la poudre d’escampette et elle le fait vite remarquer, en rougissant
— Heeeey....
Mais il ne lui répond rien et se laisse glisser vers le bas, jusqu’à son intimité, qu’il dévoile en arrachant un petit string en dentelle, avec les dents.
— Kurt, non, arrête, panique Tiphanie en voulant resserrer ses cuisses, qu’il commence déjà à vouloir écarter.
— Calme-toi.. Je veux juste te faire découvrir ton futur préliminaire préféré..
Sur ce, il approche ses lèvres de cette intimité déjà humidifiée par l’excitation de ses baisers.
— Qu’est-ce que.... gémit Tiphanie en réalisant que quelque chose de mouillé et frais semble jouer avec son clitoris, qui se gonfle d’excitation au contact de sensuels coups de langue.
La bouche entrouverte, pour laisser échapper quelques gémissements discrèts, elle se délecte de ces nouvelles sensations délicieuses.
Elle va même jusqu’à agrandir l’écart de ses cuisses pour qu’il soit plus à l’aise pour continuer encore, encore, et toujours plus...
C’est donc ça le sexe ? songe-t-elle en laissant échapper un nouveau gémissement, et bien... Y’a pas a dire mais.. C’est tout simplement divin...
Habilement, Kurt la mène jusqu’à l’orgasme puis remonte vers son visage pour une nouvelle séance de baisers passionnés.
Aussi amoureuse qu’au premier jour, elle lui sourit puis cherche furtivement du regard son string tombé on ne sait où, — tu n’as pas vu mon...
Kurt est légèrement déçu ; après cette petite séance de préliminaires, il serait bien passé aux choses sérieuses lui..
— Tu peux rester comme ça aussi, la taquine-t-il en admirant ses courbes artistiquement parfaites.
Elle n’est pas convaincue par la proposition de nudisme et continue de chercher son string, et tant qu’à faire, son pantalon.
Sa gêne est palpable et il l’a bien senti, il soupire en lui faisant passer ce qu’elle recherche ; ses habits étaient tout simplement rangés de son côté du lit.
— M.. Merci, lui sourit-elle a nouveau en se rhabillant sous ses yeux dépités, avant de revenir lui sauter dessus pour un tendre baiser.
Il faut qu’elle le console, trop émue par sa patience et son petit air blasé.
*
Pendant ce temps, dans une petite maison perdue derrière les derniers gratte-ciel de Berlin, Kylian s’exclame en tombant des nues ;

— Waouh, 80 euros... Ça fait beaucoup !

— C’est le prix pour ce que t’as demandé, lui assure Kain, et encore, c’est un prix d'ami pour pour les membres de notre groupe..
— Ça va être chaud.
— Je fais pas crédit, désolé.
— T’inquiètes, je vais pas te demander un crédit ! reprend Kylian, je vais me démerder pour trouver ça.
— Demain ?
— OK demain, je pense que ça devrait le faire.
— Mais oui, ça le fera, lui sourit Kain d’un air glacial, en commençant à s’éloigner, quand on en veut plus, on est toujours prêt à tout pour trouver la thune nécessaire, je me fais pas de soucis pour toi.