Das Rad Des Schicksals ~ E.Nomine ♪

— Mais... balbutie Jun, complètement noyé dans les méandres de l’incompréhension : une immense salle plutôt vide, décorée de bougies, de statues diverses et d’une fontaine, voilà l’intégralité de ce que ses yeux lui dévoilent.

— Viens, avance, lui ordonne amicalement Keichi en se mettant en chemin le long de la pièce. — Suis-moi...

Jun obéit et franchit, sur ses pas, un petit portail grillagé qui relie une clôture en fer forgé noir.
L'ambiance de la salle est terrifiante et Jun sent un frisson lui parcourir l'échine lorsque son regard se pose sur la statue droit devant lui.

Elle dégage une aura oppressante, mystique, vraiment terrifiante...
Si Jun n’écoutait que les battements de son cœur et son esprit tourmenté, Jun prendrait immédiatement ses jambes à son cou pour décamper d’ici le plus vite possible.
D’ailleurs c’est ce qu’il se prépare à faire, quand Keichi le fait soudain sursauter,
— Je te présente Octavia, Jun. Ce sont les huit branches de l’infini. Elles sont tout. Elles sont la vie, notre pouvoir, notre puissance.
Évidemment, Jun ne comprend rien à ce que lui raconte son ami, mais il essaie tout de même, en se remémorant les dires des uns et des autres :
Octavia est faible.
Les octaviens ne tirent leur puissance que d’étranges sortilèges et manipulations diverses.
— Approche-toi Jun, lui fait maintenant Keichi en désignant du doigt la petite statue de pierre, devant eux — touche-la... pose tes mains dessus pour ressentir sa puissance, pour la ressentir en toi... Pour ne faire qu’un avec.
Bien sûr, Jun sent le coup fourré et immédiatement, il se méfie.
Pourtant, malgré ses doutes et craintes, il hésite.
Beaucoup.
Trop...
Il meurt d’envie de s’approcher, mais aussi de décamper aussi vite que le vent.
Pourquoi ?
Pourquoi ressent-il une telle sensation, divinement agréable, dans cette pièce ?
Pourquoi meurt-il d’envie de toucher cette étrange statue ?
— Mais approche toi voyons ! Reprends Keichi dans un soupir — elle ne va pas te manger... Approche-toi et pose tes mains dessus... Vas-y !

Vexé d’être presque traité de peureux, il s’approche timidement de la sculpture.
Au diable ce qu’il ressent, au diable sa gorge nouée et ses sueurs froides, il n’est pas n’importe qui tout de même : il est Jun Daemon ! Alors ce n’est pas une vulgaire statue de pierre qui va lui faire peur...
De toute façon il veut en découvrir plus. Sur cette planète. Sur ce peuple. Sur cette statue mystique qui semble être leur

Quelle est cette étrange sensation de bien-être lorsqu’il pose, enfin, ses mains tremblantes sur l’objet de pierre, qui semble s’illuminer, peu à peu, d’une aura dorée et brillante.. ?
Il a l’impression de ne faire qu’un avec cette statue. Non, mieux. Il a l’impression qu’elle est vivante auprès de lui...

Oui.. C’est ça.
Vivante.
Il la sent vivante.
Il la ressent.
Cette présence douce et chaleureuse...
Une amie ?
Une alliée ?
Non, elle n’est pas qu’une vulgaire sculpture de pierre...
Maintenant, il en est sûr et certain.
C’est un être surnaturel qui ne veut que du bien...
Peu à peu et sans s’en rendre compte, il se laisse transporter par cette douce vague de chaleur qui se diffuse en lui, en oubliant tout ce qui l’entoure...

— Alors ? Reprends Keichi — tu la ressens ?
— Oui, lui répond immédiatement Jun, les yeux fermés pour mieux profiter de ce moment magique.
— Octavia est tout pour toi, commence Keichi d’une voix calme et posée — aime là et elle te t'abandonneras jamais.

Vénère là et elle te donnera.
Offre toi et elle t’épaulera.
Oublie tout ce que tu as connu auparavant, car désormais tout est brisé.
Tout... Et ce pour toujours.
Il ne reste qu’Octavia. Nous sommes tous ses enfants.
Offrons-lui tout...
Pour ne pas que les huit branches de l’infini se meurent.
— Se meurent... ? Réussis à marmonner Jun dans un murmure, à peine audible, comme s’il était déconnecté de la réalité.
— Oui, reprend Keichi — elles ont besoin de toi comme tu as besoin d’elles.
Un coup de barre. C’est ce que Jun ressent soudain, comme s’il venait de courir pendant un long moment. Comme s’il avait troqué ce bref moment de bien-être contre son énergie.
Keichi se rend compte que le jeune homme cligne des yeux en bâillant ; sans perdre une minute, il propose ;
— On remonte ?
— D’accord, lui répond Jun, presque à contrecœur : il serait bien resté un peu plus ici finalement, car désormais, l'endroit n'a plus rien de terrifiant pour lui, il s'y sent limite bien et mieux qu'ailleurs !
Les deux hommes se remettent en chemin, le long de l’allée aux bougies, pour retourner d’où ils viennent ; l’extérieur, le monde.
Keichi discute pour entretenir la conversation et faire en sorte que son camarade, et nouvel allié se sente bien ici : c’est important, et même essentiel au bon déroulement du plan.