
Quelques minutes d'embrassades, calins, et chaleureuses retrouvailles plus tard, Et après avoir pénétré dans la demeure de sa génitrice, salué le nouveau conjoint de celle-ci avec les égards qui lui sont dus, Eva se retrouve assise sur le grand canapé du salon aux côtés de celle qui l'a mise au monde, dans l'intimité désormais, puisque l'homme de la maison a eu la gentillesse de laisser les deux femmes se retrouver seules à seules. De toute manière, il se préparait à retourner à son bureau chercher quelques dossiers pour finir de boucler une affaire importante avec un client.

L'environnement actuel est donc propice à de merveilleuses et animées discussions mère/fille, pourtant, et ce, depuis quelques minutes, la conversation entre les deux Beckers a bien du mal à se lancer.. Ce qui est plutôt compréhensible après une telle séparation, en un sens. Cela dit, les regards des deux femmes parlent d'eux-mêmes lorsqu'ils se croisent, « J'ai l'impression que cela fait une éternité » « Que s'est-il passé dans ta vie, depuis tout ce temps? » « Comment en est ton arrivée là? » « Tu m'as manqué, tu sais » « J'ai tant de choses à te dire.. Par quoi commencer. » « Me pardonnes-tu, au fond? »

- Et alors, il, il est pour quand ? Lance enfin et avec timidité, Eva pour briser la glace, le regard fuyant cependant, tout en désignant d'un petit mouvement de tête le ventre de sa mère.
- Je.. Je.. Octobre! Lui répond avec une anxiété compréhensible Vanessa, l'air honteux ; se retrouver aujourd'hui à devoir parler à sa fille de son enfant caché est une grande humiliation pour cette mère qui espérait voir arriver ce moment le plus tard possible, - et toi, ton frère, ta vie, et tout ça.... Vous, vous allez bien? Qu'elle se hâte alors de changer de sujet, avec une nervosité palpable et en se triturant les doigts.
- Ça va, oui, la routine, rien n'a changé, lui sourit affectueusement sa fille avant de reprendre son premier sujet de conversation,

- Dis maman.. Ça fait sept mois, non...? Et.. Enfin, je veux dire que..
La gêne de la jeune femme l'empêche de continuer sur sa lancée ; bien évidemment, elle se préparait à demander à sa mère si celle-ci pouvait lui avouer avec honnêteté que ce petit bébé qui s'apprête à naitre n'est que celui de son beau-père, Erwan Muller. Mathématiquement parlant, il ne peut après tout être d'un autre homme et la jeune chanteuse en a bien conscience. Elle n'attend alors que de la franchise de la part de sa mère, que celle-ci le lui dise en face. Sachant qu'elle ne le prendrait pas mal, en plus. Elle saurait rester compréhensive face à cette annonce, elle en est certaine.
- Eva, je... tente Vanessa, prise au piège, scrutant son plancher, l'air anxieux, - que veux-tu que je te dise...?
Que pourrait-elle lui répondre, de toute manière. Que saurait-elle lui mentir, à son enfant qui l'a déjà percé à jour, réalisant l'un de ses plus gros mensonges en deux temps trois mouvements... ; même s'il faut avouer que vu la taille de son ventre, il aurait fallu que sa fille soit attardée pour ne pas se poser des questions.
- Est-ce que.. Est-ce que tu vas le lui dire..? reprends tranquillement Eva, avec timidité cependant.
- À qui ?! S'en fige aussitôt d'effroi Vanessa, ravalant sa salive, - il est au courant, tu sais.
- Je parlais d'Erwan, maman...
- Je, je...
- Maman, il.. Il en a rêvé si souvent, tu le sais bien... Et si en plus il s'agissait d'un garçon, il..
- S'en est un, sourit légèrement Vanessa, l'air doux Et attendrit, - il s'appellera Zack.

- Et ensuite...?

- Et ensuite quoi, Eva? Non, je ne lui dirais rien, si c'est là où tu veux en venir à tout prix. Je n'existe plus pour ces gens, ma puce, Et Erwan a refait sa vie, il est heureux, remarié, et père. Alors, il n'a pas besoin de se souvenir de moi, ni d'être mis au courant pour Zack, cela le briserait. Alors, je te fais confiance, Eva... Ne me trahis pas. Je suis heureuse de te retrouver, j'en rêvais, mais j'ai ma vie aujourd'hui, et Erwan n'en fait plus partie. Et on n'est pas vraiment malheureux de cela. Il faut que tu comprennes ça, qu'il y a des choses qu'il faut savoir laisser au passé pour aller de l'avant. Je sai que tu vas trouver mes paroles sont profondément injustes et égoïstes, mais au final, je ne fais de mal à personne.
- Maman.. Se sent terriblement honteuse Eva devant le monologue de sa mère qu'elle comprend totalement, - je.. Je lui ai dit que tu étais au Canada... Je suis désolée... qu'elle avoue, en baissant les yeux.
- M.. Mais pourquoi as-tu fait ça, diantre?! Se fige de nouveau Vanessa, reprenant ensuite avec sagesse et plus calmement, dans un long soupir,

- Oh et puis je m'en fous, c'est pas comme si je risquais de le voir débarquer ici un beau jour ! Ah ah...ah!
Riant ironiquement cela, Vanessa se réalise soudain peut-être attristée de la probabilité de ne jamais le voir, en effet, débarquer ici, chez elle, cet homme qu'elle a tant aimé par le passé.
- Il ne connait pas mon adresse, de toute manière? Qu'elle demande alors discrètement, mais avec hâte cependant, l'air innocent, souhaitant au fond d'elle-même que sa progéniture lui annonce que si, son beau-père la connait, son adresse exacte.
- Non, lui confirme Eva, la tête toujours baissée, car profondément gênée d'en avoir peut-être déjà trop dit à son beau-père ; elle pense avoir fait une grosse bêtise en se mêlant, une fois de plus, de ce qui ne la regardait pas, - pardon, je ne voulais pas lui dire, c'était sous le coup de la surprise! Mais d'ailleurs, rassure-toi, je ne lui ai presque rien dit, en fait, il ne pourrait pas te retrouver, s'il le voulait... Le seul à tout savoir, comme moi, ce n'est que Jeff.
- Jeff! Alors, parle-moi un peu de ton idiot de frère! En profite pour changer de sujet Vanessa avant que son coeur ne parte en lambeaux à force de repenser à son idiot de pianiste ; un souvenir qu'elle déteste avoir, préférant largement se murer dans ses convictions actuelles sur les bienfaits de sa disparition.
- Eh beh.. Jeff.. Il va... plutôt bien! Apprend Eva en retrouvant un petit sourire, gêné cependant, - enfin, disons que.. Voilà quoi..!! Il a pas changé, il a toujours son sale caractère de cochon, et on s'est accrochés récemment, mais rien de grave, je te rassure! Bref, je l'appellerais tout à l'heure et te le passerais si tu veux!
- Euh... Me le passer? Marmonne Vanessa, pas vraiment convaincue par l'intérêt réel de l'idée de sa fille, - je ne pense pas que cela l'enchante, tu sais.
- Mais si, mais si, et puis je ne vais pas lui demander son avis!
- Et sinon, et ton copain ?! Le synthé Des .. des... Rah, j'ai encore oublié le nom de son groupe! Change une nouvelle fois de sujet Vanessa.
- Maelstrom!
- Voilà! Et lui alors, comment est-ce qu'il s'appelle? Il est mignon comme tout je trouve, même si la retouche photo des magazines rend tout le monde sublime!

- Je te rassure il est aussi très beau en vrai, et il s'appelle Gabriel, s'amuse Eva, avant de marmonner avec anxiété, - bon, je sais plus trop ce qu'il en est de nous vu qu'il a très mal pris mon départ, mais bon... Je l'appellerai lui aussi! Et on verra ce qu'il se passera.
- Oh, tu t'es brouillée avec lui pour venir me voir? Culpabilise Vanessa en se mordant la lèvre intérieure, - je suis désolée... mais en fait, tu l'as dit à d'autres personnes que tu partais?! Qu'as-tu dit? Ils savent où tu es, tous ?!
- Relax maman! Je t'ai déjà dit que personne à part moi et Jeff ne connait ton adresse ! Pas même Gabriel. Il sait juste que je suis venue te voir, c'est tout. Et personne d'autre ne sait que je suis venue ici, je l'ai décidé il y a deux jours et suis partie en ninja! NINJA-EVA, YATAA!
- Que ?! Oh, tu es partie sur un coup de tête alors ? commence à réfléchir Vanessa, reprenant ensuite avec le sérieux d'un grand manager, - Ok, donc, dès demain, nous verrons des caméramans partout devant ma porte! Très bien, il faudra que je dise à David d'astiquer son mousquet pour se préparer à tirer à vue sur ces vautours !
- Vu le bled dans lequel on est perdues, je ne pense pas que l'on me retrouve si vite, ne peux s'empêcher de taquiner Eva en riant, pour faire aussitôt suivre le mouvement à sa mère,
- Hey je ne te permets pas de critiquer ma campagne, saleté de citadine, va!! Car je te parie que dans moins de deux semaines tu seras déjà folle de l'endroit!!

- Je, je.. Heey, Pari tenu!! rit Eva avec émotion en réalisant que les mots de sa mère possèdent la demande qu'elle attendait désespérément depuis son arrivée ici, « Reste avec moi, ne repart pas. »
- Bon allez tu vas appeler ton chéri ?! Souris Vanessa avec entrain, - tu peux le faire du fixe hein ! On paie pas le téléphone, nous, c'est la société de David qui raque alors ne te gêne pas !
- Il doit y avoir des traces tout de même, je vais pas lui créer de problèmes non plus,mais t'inquiètes j'ai mon portable et un assez bon forfait !
- QUE NENNI! Tu appelles du fixe, un point c'est tout! Tu ne vas pas cramer tes petits soussous de jeune star montante pour quelque chose que tu peux avoir gratuitement quand même !
- Maaiiiis!!

- Et tu ne discutes pas! Non, mais j'vous jure, ces jeunes... Le téléphone est derrière nous, sur la petite table! Alors hop! Va appeler ton chéri qui doit être en train de grimper sur le tabouret à l'heure qu'il est!! ordonne affectueusement Vanessa en tirant sa fille du canapé pour la pousser vers le meuble concerné, - je monte au premier si tu veux discuter avec lui !

- Pas la peine, je vais aller dehors! Regarde, ton téléphone est mobile, la classe !!!

- Bonne idée, ça m'arrange ! Alors oust, file, vilaine fille !
- Gniii, j'y vais, obéis Eva en disparaissant dans le jardin de la maisonnée, attendant derrière la tonalité du téléphone, attendant que son petit ami ne daigne enfin décrocher...

Au fil des tonalités, l'angoisse de la jeune chanteuse monte crescendo.

Son euphorie des dernières minutes est en train de retomber à vitesse grand V car ce n'est que maintenant qu'elle commence à vraiment le réaliser ; que peut-être, tout pourrait être déjà fini entre elle et son petit ami.. Après tout, cela ne pourrait qu'être légitime, vu la façon odieuse dont elle s'est comportée avec lui. Seulement, cette boule qui se forme désormais au creux de son estomac lui en apprend beaucoup sur ses sentiments pour le jeune homme concerné et elle se rend bien compte qu'aujourd'hui, la dernière chose qu'elle désire, c'est le perdre, son ange colérique...
- Oui, allo ?

- Allo.. Gab' ? Qu'elle balbutie aussitôt, hésitante, en reconnaissant la voix du concerné lorsque celui décroche enfin,
- Oh.... Salut.
- Ça va? Tu as mis du temps à répondre, j'ai eu peur, j'ai cru que je ne t'aurais pas ce soir, enchaine Eva en essayant de garder le sourire pour tenter d'éclaircir l'ambiance orageuse qu'elle perçoit bien à l'autre bout du fil,
- Ben voyons, tu aurais eu « peur » de ne pas m'avoir ... ne peut s'empêcher de laisser échapper Gabriel sur une pointe d'ironie et d'aigreur.

- Mais oui, bien sur, lui assure vivement sa petite amie pour le contredire, l'air honteux, - écoute Gab, je.. qu'elle reprend ensuite, avec angoisse et appréhension, quand tout d'un coup il l'interrompt d'une voix plutôt glaciale,
- Écoute Eva, va droit au but, qu'est-ce que tu me veux?
- Je, je... bah juste te dire que je suis bien arrivée, en bégaie Eva sous l'impact de cet ouragan glaçé qui vient de lui fondre dessus, - alors, voilà quoi, je, j'ai retrouvé ma mère, tout s'est bien passé... Et là je suis devant chez elle, voilà...
- Ok.
- Et je voulais aussi m'excuser... C'est vraiment impossible que tu puisses me pardonner...?
- Si j'étais certain de représenter quelque chose pour toi Eva, non...
- Mais bien sûr que tu représentes quelque chose!
- Mouais... n'est absolument pas convaincu Gabriel en zappant nerveusement sur sa télécommande pour chercher une émission potable à regarder à la télévision ; sa rupture? Il s'y est préparé psychologiquement. Il l'attend simplement, ce soir.
- Gab'... en déglutit tristement Eva en réalisant bien le désintérêt de son interlocuteur pour leur conversation ; il est blasé, n'espérait clairement pas lui parler ce soir.
- Je t'aime vraiment, moi, Eva, mais toi...? Peut-être faudrait-il mieux qu'on rompe, comme ça tu aurais le champ libre pour.. Soupire Gabriel dans un long soupir qui en dit long.
- Mais je ne veux pas! Refuse catégoriquement Eva en, secouant vivement la tête de droit à gauche, - écoute, je sais que j'ai pas été sympa, mais je voulais vraiment retrouver ma mère et toi tu voulais presque m'en empêcher, ça m'a énervée, et je le regrette... Mais je ne veux pas te perdre, Gab'.. Alors, s.t.p., si tu m'aimes, pardonne-moi, parce que je suis vraiment désolée.... Pardon..
- Mouais... Pas trop fatiguée sinon ? Tu as dormi dans l'avion, au moins ? Change subitement de sujet Gabriel, acceptant par ce comportement les excuses de sa moitié. Une chance de lui prouver sa bonne foi? D'accord. Il est prêt à la lui accorder.. Mais elle sera la première, et la dernière. Il en serre les dents de se réaliser peut-être trop gentil, mais ne regrette cependant pas de sauver son couple. En espérant que son interlocutrice tienne à leur histoire autant que lui...
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- Non, pas vraiment ! Réponds immédiatement Eva avec de nouveau un sourire radieux sur les lèvres ; l'orage semble passé... - et en effet je suis morte, qu'elle reprend joyeusement, - mais en fait je le réalise même plus, je marche au radar ! Mais je pense que quand, enfin, je vais me poser sur un lit en position horizontale, je vais dormir 72 heures!
- Ça m'étonnerait pas de toi, sachant que tu n'as pas besoin de nuit blanche pour battre ce record d'ordinaire!.
- Je perçois comme une once de moquerie dans vos paroles jeune homme, méfiez-vous!! gronde Eva en riant à moitié.
- Eva, est-ce que tu as fixé une date retour, ou...? revient questionner Gabriel avec sérieux.
- Je... Non, pas pour l'instant, laisse-moi quelque temps avec ma mère, Gab, stp...
- Mais est-ce que tu as au moins l'intention de rentrer? Sois franche, Eva, stp... Demande Gabriel d'un air désespéré Et sans la moindre conviction,
And I miss you
Yeah, I miss you
- Mais oui, bien sûr! Tu me manques hein...
- Toi aussi tu me manques, c'est ma première soirée vraiment sans toi, et je me fais chier comme un rat mort! Je pense que je vais aller me pieuter dès que j'aurais raccroché.
And I wish you were here
- Mais elle est pas réellement sans moi! Regarde, je suis là, on se parle! fait fièrement Eva pour tenter de remonter le moral de son petit ami dont l'air devient de plus en plus triste.
- C'est vrai, mais je vais te laisser, car là c'est toi qui paies la communication et j'ai pas envie de te mettre sur la paille. Demain c'est moi qui t'appelle, si tu veux.
- Non ça sera encore moi! Ma mère ne paie pas le téléphone et elle m'a dit de me servir de son fixe à ma guise, alors je ne vais pas me priver! Car comme dirait mon frère, « quand y a d'la gêne, y a pas d'plaisir ! »
- Hmmm, ok, ça me va, sourit enfin Gabriel, du coup, le coeur battant et de nouveau plein d'espoir.
Yeah, I miss you
And I wish you were here...
- Donc je te dis bonne nuit et à demain, beau gosse de mon coeur!
- La même, fais de beaux rêves, ma puce, je t'aime.
- Je t'aime aussi, bisous!!
C'est désormais le coeur léger qu'Eva compose un nouveau numéro de téléphone après raccroché sa conversation téléphonique avec son petit ami.
- Ouais, allo? Lui grommelle très vite la voix d'un interlocuteur apparemment fatigué et aigri ; voix qu'elle a immédiatement reconnue, bien entendu.

- Coucou Jeff, c'est moi, qu'elle réagit alors aussitôt avec joie.
- Ha... renvoie Jeffrey d'une petite voix, l'air clairement abattu.
Yeah, I miss you
And I wish you were here
- Ça va? Reprends très vite Eva en essayant de démarrer un semblant de conversation entre elle et son frère,
- Ouais...déglutit Jeffrey d'une petite voix faiblarde ; il semble épuisé, à bout nerveusement.
- Oui j'ai fait bon voyage, mais en effet, je suis crevée, et toi aussi tu me manques, et moi aussi je t'aime, mon chou !
- ..... Cool ta vie, ronchonne cette fois Jeffrey et tout bas, avec une rancune palpable.
And I miss you
Yeah, I miss you
And I wish you were here
- Arrête de faire la gueule, Jeff, ordonne Eva dans un soupir, prenant tout ceci pour un caprice de son jumeau, - je t'ai appellé parce que tu me manques et pas pour me prendre la tête avec ton sale caractère! Et tu veux que je te passe maman ? Elle est qu'à quelques mètres ! Tu attends deux minutes et je te la passe!
- Quoi ?! Mais non ! Laisse là où elle est, je m'en fous ! Et puis d'abord, lâche-moi, tu m'as abandonné ! Sérieux, t'es trop dégueulasse, tu t'es même barrée sans venir me voir ce matin quoi...termine de pester Jeffrey tout seul, le coeur de nouveau en miettes ; alors que sa soeur n'a déjà plus le combiné sur l'oreille puisqu'elle est en train de courir vers sa génitrice pour lui passer l'objet en question,

- Oui allo ? Jeffrey ... ? fais d'une toute petite voix Vanessa, presque sous la contrainte de sa brunette de fille qui est postée devant elle,
- Je, je... en déglutit de surprise, de gêne, de honte, et même de colère, Jeffrey, avant de raccrocher brusquement le combiné. Elle avait osé! Sa crétine de soeur! Elle avait osé! Le mettre lui, lui, en communication avec cette femme qu'il souhaite continuer de détester plus que tout au monde! Ou pas... qu'il songe soudain et de nouveau, avec cet arrière-goût plutôt amer de sombres regrets.
- C'était pas vraiment une très bonne idée que tu as eue là! Le prend tout de même avec le sourire Vanessa en reposant le combiné du téléphone sur son socle, haussant les épaules.
- Je le harcèlerais jusqu'à ce que mort s'ensuive, il finira par craquer, tu connais Jeff! Ne se décourage pas Eva, lorgnant très vite sur le pc portable posé sur le bureau de la pièce, - diiiiiis, mamannnn...? Qu'elle minaude, avec une idée derrière la tête.
- Oui, nous avons internet!
- Gné, comment t'as su, rougit aussitôt Eva, honteuse de s'être fait si vite démasquer dans sa future demande.

- Je vais faire décongeler une pizza pour ce soir et on mangera au retour de David, tu peux aller sur le PC en attendant, mais après le repas tu vas au lit. Je vais aller te faire le lit de la chambre d'amis en attendant!
- Non c'est bon, je vais t'aider! Sourit Eva, l'air timide,

- Je voulais juste faire coucou à Pao sur Msn mais ça attendra, y a pas le feu !! Je préfère rester avec toi, qu'elle termine en suivant sa mère dans les escaliers pour filer avec elle vers les chambres, l'air heureux, planant sur un petit nuage de bonheur. Cela faisait si longtemps, qu'elle n'avait plus eu cette sensation merveilleuse... : celle d'avoir une maman.