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Here's to you ~ Ennio Morricone ♪

[ Kurt ]
Même au jour d'aujourd'hui, je ne comprends toujours pas ce qui anime et motive ainsi ma Tiphanie. Mais d'où tire-t-elle décidément cette force intérieure qu'elle a toujours possédée, dans les pires moments de nos existences? Je ne comprends pas. Je ne LA comprends pas. Elle ne devait pas, chercher à passer mes derniers moments en ma compagnie. Je ne suis plus celui qu'elle a aimé par le passé....
Oui, Kurt Cobain est déjà mort depuis bien longtemps et au fond de moi, ce n'est qu'un reste, qu'une bribe du passé, qui tente de perdurer. Je le sais. Je ne suis plus moi-même. Je le ressens bien. Je ne suis plus cet homme aimé et parfois idolâtré. Je suis, je suis... je suis différent. Je suis un autre. Qui suis-je, finalement?
Oh bien sûr, je sais bien que tout ce que je ressens aujourd'hui est dû à ma maladie. Je le sais, que mon changement de personnalité et l'altération de mes sentiments pour ma femme ne sont dus qu'à cette merde qui grandit en moi et me détruit le cerveau. Je le sais...
Mais du coup, je me sens coupable. Car je l'aime, et je le sais. Elle est ma Tiphanie, bordel. Et je suis certain de l'aimer... Alors pourquoi est-ce que je ne me sens qu'étrange Et de trop, à ses côtés? Parce qu'autrefois, ce n'était pas ce sentiment-là qui m'animait, bien au contraire... Et je veux retrouver cette plénitude que je ressentais autrefois en la prenant simplement dans mes bras. Je ne veux pas de ce corps-là que l'on m'a infligé. Cet amas de chair qui se désintègre lentement et qui ressent des choses que je ne cautionne pas. N'accepte pas. Je ne veux pas.... devenir différent. Je le refuse. Je préfèrerais m'enfermer entre quatre murs jusqu'à ma mort pour éviter de me voir me transformer en un autre. Je veux, la rendre heureuse. J'aimerais, lui murmurer à quel point je peux l'aimer. À quel point... je l'aimais. Elle n'est pas simplement belle, elle est aussi, exceptionnelle.

[ Tiphanie ]
Cela fait maintenant près d'une semaine que nous profitons de la vie, ici, sur une petite plage de Schönberg, dans le nord du Pays. À quelques mètres, plus haut, se trouve notre hôtel. Il est simple et tout ce qu'il y a de plus banal, mais parfait pour nous accueillir... nous n'avons jamais été aussi heureux, finalement. Vivre d'amour et d'eau fraîche, un cliché qui fait rêver, n'est-ce pas? Un cliché qui nous rappelle cet été-là, lors de notre adolescence. Quelques semaines que nous avions passées avec notre bande d'amis de l'époque. Nous nous étions bien amusés! Même si notre séjour, je me souviens, ne s'était pas spécialement bien terminé.... Mais aujourd'hui, cette récidive de fuir le monde pour s'enfuir à la plage avec les gens que l'on aime le plus, ne se qualifie que par le mot « bonheur ». J'ai eu de la chance, de réussir à lui faire bénéficier de cette liberté surveillée. Tellement, de chance... il faut dire que son inculpation pour meurtre est encore floue, ils manquent de preuves. Et Kurt a été exemplaire en prison. Cela joue en sa faveur! Je suis heureuse. Tellement, heureuse. J'en oublie même très souvent ses mois d'absence à cause de son incarcération. À force de nous voir, ainsi, en famille, aux côtés de notre Andréas, j'ai l'impression que nous ne sommes qu'une famille heureuse parmi tant d'autres. Je ne veux penser qu'à cela. Et surtout pas à ce petit élément perturbateur qui aimerait obscurcir notre bonheur présent...
Sa maladie, il la vit à mes côtés, et je l'atténue du mieux que je le peux. Je l'aide. Je tente. Je suis toujours terrifiée dès qu'il se met à convulser, mais heureusement pour moi, cela ne dure jamais. La liste de médicaments qu'il doit ingurgiter par jour me fend le coeur. Je n'ai jamais eu l'habitude de le voir, lui, en version « frêle » et « fragile ». je ne suis pas habituée. Mais j'apprends! Jour après jour, je 'l'apprivoise, mon nouveau Kurt. Et je l'aime autant que son prédécesseur... rien ne pourra jamais nous séparer et je continuerai de me montrer forte face à ses symptômes parfois douloureux à accepter. Cela a été dur, pour moi, sur le coup, de réaliser qu'il ne se souvient plus du plus beau jour de notre vie. Notre mariage. Le pauvre, sa mémoire a été sacrément altérée et il a oublié bon nombre d'heureux évènements de son existence. De notre, existence...

[ Kurt ]
Ce petit bout d'homme, qui joue à nos côtés, c'est le mien! Et de toute manière, personne ne pourrait en douter, rien qu'une seule seconde, tant sa ressemblance avec moi est flagrante ! Il a tout hérité de ma personne et fait ma grande fierté. Si je dois m'en aller, je sais que je pourrais toujours compter sur lui. Il prendra soin de sa mère... plus tard, il deviendra quelqu'un de bien! Il fera un métier qui a la classe, et sera entouré de filles sublimes qui ne rêveront que d'une nuit à ses côtés, alors que lui restera fidèle à une seule et unique femme. Oui, je lis d'ici son avenir! Je le trace et le grave dans la pierre, mon fils sera quelqu'un de génial et tout le monde l'aimera! Oh bien sûr, il aura lui aussi ses ratés et à l'adolescence il commettra des bévues, comme tous les ados boutonneux de son âge, mais pour finir, il deviendra un adulte plus que génial ! « Génial ». Je n'utiliserai pas d'autre mot pour le définir et c'est celui-là qui le caractérise aujourd'hui et continuera de le qualifier plus tard. « Génial! » Mon fils sera toujours « Génial! ».
Papa gâteau? Gaga? Qui ne le serait pas face à une telle bouille... Mon fils est trop beau!
Et Génial !!!

[ Tiphanie ]
Andréas est en avance sur son âge. Il gazouille déjà de nombreux mots maladroits, mais totalement compréhensibles. Je suis plus que fière de lui, surtout que lorsqu'il le veut, il marche presque parfaitement sur ses deux petites jambes! « Lorsqu'il le veut », parce que comme le fils de son père qu'il est, il est aussi doté d'un bon petit caractère hérité tout droit de la lignée Cobain! Ne lui demandez jamais de faire quelque chose, il vous ignorerait gentiment et avec un grand sourire attendrissant, une façon de vous dire « Ouiiii? Tu veuuux quelque chose? Dommage... !!! ».
- Andréas, arrête!
Je me dépêche de lui grogner en lui tapotant sur ses petites mains fluettes. Cet idiot est en train d'avaler du sable! Il est incorrigible... mais que puis-je dire devant ses deux yeux attendrissants qui me regardent désormais, une façon de demander pardon à laquelle l'on ne peut pas résister. Il a tout hérité de son père... Incorrigible et adorable.
- Papaaaa ! Mamaaaa ! 'Riiiel !!
Là, il se souvient de « La petite sirène de Walt Disney » et tente, à sa manière, de nous faire un argumentaire pour nous expliquer qu'Ariel la petite sirène est enfouie dans le sable et qu'en tant qu'héros sauveur de demoiselles en péril, il se doit de la sauver!
- Sous l'océan, doudou est heureux tout tout c'est bien mieux, souuus l'océaaan!!
Commence à chantonner Kurt en riant à moitié, ce qui me force à le suivre..
- Là-hauuut ils bossent toute la journée, esclavagééé, prisonnierrr!!!
- Pendannnt qu'on plonge, comme les éponges, souuus l'océéannn!!
- Ouuuuu 'Oéééaaannn !!! se joint joyeusement à nous Andréas en tapant dans ses petites mains, fou de joie de nous voir chantonner son dessin animé préféré. Je le soupçonne d'ailleurs d'être amoureux d'Ariel, mais chut.

[ Kurt ]
- On va manger une glace?
Je propose à ma petite famille, riant de voir mon fils s'accrocher à ma jambe comme une moule se scotcherait à son rocher. Lorsque je le regarde, je me sens tellement honteux, parfois. À cause de mon incarcération, j'ai loupé de grandes étapes de sa vie et cela me rend triste. J'aurais tellement aimé l'entendre prononcer son premier « papa »! d'après Tiphanie, il le lui a gazouillé un jour en lui montrant du doigt une photo de moi. Une photo de l'époque lycéenne d'ailleurs. Le plus étrange et amusant est qu'à ce moment-là, moi, je ne ressemblais plus vraiment à cet ancien Kurt, mais mon fils, mon petit Andréas, semblait m'avoir reconnu.
C'est pour cette raison que le lendemain de ma libération je me suis rendu si vite chez le coiffeur. Je voulais que l'on me recoiffe comme à l'époque. Je voulais que mon fils grave dans son esprit, au feutre indélébile, cette image qu'il a toujours eue de moi. Cela lui servira, plus tard... lorsque je ne serais plus là, il se souviendra de mon visage. Oh bien sûr, le temps estompera ses souvenirs et j'en ai bien conscience, mais je me dis que lorsque des albums photo croiseront son chemin, il saura s'arrêter sur mon image. Je veux qu'il se souvienne de moi. Je ne veux pas qu'il m'oublie. Je souhaite que dans les meilleurs et les pires moments de sa vie future, il se souvienne toujours que je lui là, auprès de lui. C'est important, ces choses-là. Un enfant a besoin de cela. Savoir que ses figures paternelles l'entourent et le protègent.

[ Tiphanie ]
Nous voyant ainsi, l'on ne pourrait jamais s'imaginer que nous sommes une famille qui n'a presque jamais vécu ensemble. Et c'est ce qui fait notre force et le fera toujours. Je me suis toujours sentie fière et différente de la majorité des femmes comblées, parce qu'à la différence de beaucoup d'entre elles, lorsque je plonge dans le regard de mon époux, je peux y lire un amour intemporel. Parce que rien ne nous séparera jamais. Pas même la mort... Et je le sais, qu'un jour, et sans doute dans très peu de temps, mon Kurt finira par me quitter. Je m'y attends, je ne suis pas naïve. Seulement, je pense qu'à ce moment-là, je saurais me montrer forte et indestructible. Je ne suis aujourd'hui plus la même qu'à l'époque et je le sais, je saurais l'affronter dignement, son départ. J'accuserai durement le coup, c'est certain, mais la souffrance que je ressentirais à ce moment-là sera très certainement à cent lieues de celle à laquelle j'avais dû faire face. Cette fois, ce sera différent. Tout, sera différent. Je saurais au fond de moi qu'il n'est pas vraiment parti. Je saurais cette fois me persuader de cela. Je sais, mon discours semble étrange et moi-même je ne le comprends sans doute pas encore. Mais je sais que bientôt...
Et cela ne me fait plus peur.

[ Kurt ]
Incroyable!!! Je lui fais le chiffre deux à l'aide de mon index et de mon majeur, et Andréas me piaille un « eeeeeuuuuu!! » Mon fils est génial! Mon fils est un génie!!!
Et moi non, je ne suis pas complètement gaga, non!
- Il a dit « deux », Tiph '!!!
Oui, je demande un avis extérieur, mais elle a intérêt à aller dans mon sens! Sinon je me fâche tout rouge et je craque mes vêtements...

[ Tiphanie ]
C'est en effet une façon d'interpréter la chose! Je ris, émue par le regard pétillant de Kurt lorsque celui-ci contemple son fils. Il en est fier et cela se voit. En presque une semaine, il a été plus père avec Andréas que certains hommes ne le sont jamais avec leurs enfants. Kurt a ça dans le sang, la paternité. Et Andréas le sent bien. Il est fou de son papa, qu'il n'a d'ailleurs plus lâché depuis son retour parmi nous! Où que Kurt aille, il a toujours un bambin accroché aux cuisses, ou aux épaules, parfois,... Lorsqu'il se sent suffisamment bien pour porter le petit.

[ Kurt ]
Des fois, je me demande si mon fils n'est pas un aviateur réincarné, tant il aime être en l'air! Il n'arrête pas, et si je lui répondais toujours positivement, je passerais tout mon temps avec lui sur mes épaules. J'adore vraiment lorsqu'il s'y loge et me gazouille dans les oreilles, mais des fois, je dois mettre le « hola » à ses envies et désirs, lorsque je sens que je n'ai pas la force de me prêter au jeu. Il ne faut pas le cacher, Andréas est un sacré petit bout d'homme et il pèse son poids, et moi... j'ai l'impression de perdre de plus en plus en masse musculaire au fil des jours. Réalité qui freine un peu mes délires avec mon fils. En effet, je ne peux pas toujours être le père « foufou » qu'il aime tant. Parfois, je dois rester allongé pendant de longues heures, et cela l'agace que je me repose ainsi, couché telle une larve sur le sable. Il ne comprend pas, je pense, et viens aussitôt me grimper dessus, me tirer les cheveux et oreilles. Il est si vif et plein d'énergie que des fois la honte m'envahit, de ne pas pouvoir le suivre... Et encore, j'ai pourtant bien de la chance que mon Andréas ne soit qu'un bambin et non un enfant qui aurait surement souhaité me voir jouer au football avec lui. J'aurais alors été décevant, et n'aurait sans aucun doute pas partagé grand-chose avec mon fils unique....

[ Tiphanie ]
La nuit est en train de tomber et avec Kurt, on est en train de songer que l'on vient de passer la journée tout entière sur la petite plage de notre hôtel! Nous n'avons pas vu le temps passer. Andréas est encore plein d'énergie et une nouvelle fois en train d'embêter son père. Il lui grimpe décidément tout le temps dessus! Mon pauvre chéri, traité ainsi de baudet. Andréas a bien de la chance que son papa soit un papa gâteau comme l'on en fait plus.
- Ça va, mon coeur? Je demande à Kurt, toujours un peu inquiète à son sujet. Je pose là une question stupide, car connaissant la bestiole, il ne me répondra qu'évasivement, en me rassurant qu'il se porte à merveille.

[ Kurt ]
- Toujours, Et toi, beauté? Je réponds affectueusement à cette femme sublime qui est mon épouse. Une fois de plus, je lis une inquiétude croissante au fond de son regard et je n'aime pas ça. Je ne veux la voir que sourire et s'épanouir à mes côtés... je ne veux plus la sentir malheureuse et résignée. Je donnerai tout, pour faire d'elle la femme la plus heureuse du monde. Elle le mérite tellement.. Mon petit bout de femme. Mon ange à moi et rien qu'à moi, qui tient à tout prix à prendre soin de moi, jusqu'à la fin. Parfois, je me mets à espérer que le temps s'écoule plus vite pour que je succombe enfin à ma maladie. J'aimerai la libérer... d'un poids. Car je fais l'impossible, pour elle, mais j'ai peur, de ne pas la rendre heureuse. Et si j'étais aux antipodes de ce « Kurt » dont elle est tombée amoureuse, jadis? Je le crains sincèrement. Je me sens lâche, parfois. Faible et peureux. Et cela ne me ressemblait pas. Je possède pas mal de souvenirs de mon ancienne personne. Et je n'étais pas comme cela... où sont donc passés ce courage et cette témérité dont je me souviens? Je donnerai tout, pour les récupérer.
Je soupire. Regarde ma Tiphanie me sourire, avant qu'elle ne se lance dans un débat sur la société de consommation. Je l'écoute d'une oreille inattentive, plus subjugué par ses formes généreuses que par le contenu de son débat. Elle est trop belle, ma moitié !

[ Tiphanie ]
Il m'observe les yeux pétillants d'affection, comme à son habitude. Lorsqu'il est ainsi, j'ai l'impression de le retrouver. Il est Kurt, lorsqu'il possède ce regard-là. Et cela me fait un bien fou... De le retrouver, lui, mon amour à moi. De ne plus avoir l'impression qu'il a été changé par une saloperie de maladie qui lui ronge le cerveau et la personnalité. Je ne peux pas le nier, tout n'est pas rose, depuis qu'il est revenu parmi nous. Même si la majorité du temps, notre monde est plus que coloré. Parce qu'il lutte, et je le sais. Il ne se laisse pas aller et s'accroche désespérément à ce qu'il a été pour tenter de le rester. Il fait des efforts surhumains. Même lorsqu'il a de gros troubles de mémoire... Dans ces moments-là, il me demande de lui raconter. De lui rappeler... alors, je m'exécute joyeusement, Et prend plaisir à lui raviver ses souvenirs. À lui rappeler celui qu'il doit s'efforcer de rester. Il m'écoute alors sagement, et aime mes récits. Je retrouve même son humour parfois vaseux de l'époque ! Il n'a pas vraiment changé. En lui, sommeille encore mon Kurt bienaimé...
- On se lève pour essayer de remonter un peu ? Je lui demande affectueusement, en le contemplant alors qu'il joue encore avec Andréas qui l'escalade encore.
- Je... je vais avoir du mal, là. Qu'il me répond, une légère grimace esquissée sur le visage. Je m'inquiète alors aussitôt. J'ai l'habitude de cet état léthargique là et lorsqu'il commence à avoir du mal à se lever, ce n'est jamais bon signe. Je déglutis péniblement, mais me force cependant à lui sourire, le rassurer,
- Je remonte dans la chambre te chercher la boite à pharmacie, puis je reviens avec une bouteille d'eau. Restez ici tous les deux, j'en ai pour deux minutes.

[ Kurt ]
Elle s'éloigne et moi je continue de gagater avec Andréas, un sourire forcé dessiné sur les lèvres. Je me déteste, lorsque je suis ainsi. Aussi faible et... inutile. Mais je fais cependant bonne figure. Je m'efforce de rire avec mon fils, je tente de lui faire croire que tout va bien.
Je méprise mon corps, qui me lâche un peu plus chaque jour. Je maudis ces problèmes de coordination, qui me font souvent avoir des mouvements honteux. Je déteste être ainsi.. le pantin de mon destin. Je voudrais le contrôler, cet enfoiré de corps! Lui dire qu'entre lui et moi, c'est moi le maître absolu! Mais je dois généralement me résigner, car je ne gagne que rarement face à lui...

Mais ce soir, la tendance a pourtant l'air de s'inverser lentement. Je me remets à respirer calmement, et commence à me sentir un peu mieux. Andréas est toujours allongé sur moi, et je le réalise en train de somnoler. Enfin, il rit en s'endormant. Mon fils est si étrange... mais tout de même génial!
Je le serre un peu plus contre moi, l'enserre affectueusement dans mon bras gauche. Mon fils à moi, que j'aime plus que tout au monde...

Il se met à me gazouiller de nouveau dans les oreilles. Seigneur Dieu! Je n'aurais donc eu que trente secondes de répit, de silence absolu?! Ses piles ne sont décidément jamais épuisées?! Duracell, abandonne le lapin rose, tu as ici ta nouvelle icône !
- 'Ouuuuh oyéannnn !!!
- Y a pas d'courbouillon, pas d'soupe de poisson, souuus l'océaaan !!!
- 'Ouuuh oyéannn !
- Sous l'océan, y a pas d'hameçon !!
Et je vais devoir m'arrêter là, car je ne me souviens plus de la suite des paroles. Et puis de toute manière, un début de migraine recommence soudain à pointer le bout de son nez pour me donner l'impression d'avoir une corrida qui se déroule entre mes tempes. Vivement que ma Tiph' revienne avec mes cachets, car j'ai mal, et je n'ai vraiment pas envie de perdre connaissance avec Andréas dans les bras. Je dois, rester éveillé... Tiph', reviens vite, s'il te plaît...

- Andréas ?
- Wiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ? 'Ouuuuhhh oyéééannnn !!!
- Je t'aime, Andréas. Tu t'en souviendras toujours, d'accord? Ton papa est fou de toi. Et sera toujours fier de toi, quoique tu fasses.
- 'Ouuuh oyééaann !! 'raaaabe !! ayiiiel !

- Tiph'?! J'essaie d'appeler, d'une voix que je juge très vite bien trop faible pour que la concernée puisse m'entendre,
- Tiph'!!! je répète alors, un petit peu plus fort, je crois, j'espère, même si je n'en suis pas certain,
- Andréas ! Tiph' ! Hanz ! ? Tiph' !!
...
- Tiph' ? !
...
- Hanz...
...
- Tiph'...
...
- Tipha.. aanie.... H.. Hanz.... André...as...

- Ouuuh 'Oyééannn ! Papaaa ! 'Yante auzi ! Avé yé 'raaabe yan le yable !

- Mamaaa ! Mamaaa ! Papa il dodo ! Mamaaa !!!

- Papa ? Tu dodo cor' ?

- 'éveille toi ! Mama ? Yé ou mama ? Papa ? 'éveille toi ! Pipi ! Veut pipi ! Papa ? 'éveille toi ! Veut pipi, veut mama... papa ?

- 'Keuplé, papa, pas dodo ici. Papa.. papa...

-'Papa yanté 'vec 'dréas... Papa yanté cor'! Papa keuplé, pas dodo... 'veut pas papa dodo...

- Kuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuurt !!!!

Im comin home - Skylar Grey ♪
I'm coming home, I'm coming home
Tell the World, I'm coming home
Let the rain wash away, All the pain of yesterday

I know my kingdom awaits ,and they've forgiven my mistakes
I'm coming home, I'm coming home

Tell the World that I'm coming ..