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Un quart d'heure plus tard, les deux amoureux euphoriques d'être ensemble ressortent enfin, main dans la main, de la chambre de Silvia. Ils sont évidemment plutôt pressés, car occuper trop longtemps la chambre de la pauvre Silvia n'est pas leur intention première, des fois que celle-ci rentrerait prématurément à l'appartement pour ensuite vouloir se rendre dans son territoire...

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Revenus dans la pièce principale, la salle à manger, les amants tombent nez à nez sur Eva, accompagnée de son beau Gabriel. Wrilfrid fait aussitôt la grimace, tandis que Paula se dépêche de saluer avec politesse le jeune homme.

Puis la jeune Beckers se précipite à son tour, l'air enthousiaste,

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— Wilfrid ?!! Mais qu'est-ce que tu fiches ici ? Tu es de retour ?!!!

— Il est en touriste, je lui manquais trop, sourit innocemment Paula, le coeur en liesse, pinçant les fesses de son homme, provoquant ainsi un grommellement de celui-ci et les rires des deux autres protagonistes de la pièce.

— Bande de petits cachottiers, rit alors Eva, — tous les deux, vous êtes vraiment des cas!
Évidemment, après que son amie Paula lui ait répété encore et encore, et ce pendant des jours et des jours, que plus jamais elle ne repenserait à ce « sale type », la jeune chanteuse est bien entendu des plus amusées de constater que la bête fière soit retombée entre les griffes de son ex-amour. Mais cela lui fait très plaisir, cela dit. Et elle se met très vite à se demander si le jeune guitariste Troublemaker s'est rendu seul, sur Berlin.

— Tu ne nous présentes, pas, Eva ? Fait sans attendre Wilfrid en dévisageant d'un air froid l'homme en face de lui.

— Euhh si, répond alors Eva, désignant du regard les deux personnages masculins de la pièce, — Wilfrid, guitariste Troublemaker, Gabriel, synthé Maëlstrom!

— Enchanté, se dépêche de sourire poliment Gabriel, ajoutant même ensuite pour flatter son interlocuteur, — même si je n'ai pas besoin de présentation pour savoir qui tu es. Vive les « Troublemaker! »

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— Moi par contre je ne vois pas du tout qui tu peux être. « Maelstrom... » ? Plus putride comme nom de groupe, on fait plus, rétorque froidement Wilfrid, fusillant son interlocuteur du regard.

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— Wil... gromelle en retour Eva, rapidement suivie de Paula qui enchaine, en direction de Gabriel,

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— Il vient de se taper onze heures d'avion, et quelques galipettes! La fatigue l'empêche de réfléchir, excuse-le, Gab'!

— C'est pas grave, le prend très bien Gabriel, avec un sourire stressé cependant, tandis qu'Eva fait, à destination de Wilfrid, pour changer de sujet,

— Et tu es venu seul, Wil' ?

— Je... hésite un instant à répondre le jeune brun en se souvenant des paroles de sa Paula, « son ami Raphaël, avait-il le droit de venir ruiner le bonheur de quelqu'un qui, après avoir énormément souffert de son absence, avait fini par ressortir la tête hors de l'eau? »

— Non, je suis venu avec Raph ', qu'il se décide après une dizaine de secondes de réflexion, choisissant par cette phrase de n'écouter que ses propres convictions. Sévèrement, prononçant cela, il fixe son interlocutrice droit dans les yeux : jeune fille qui se presse de lui répondre avec indifférence, naturel, et enthousiasme,

— D'accord! C'est chouette. En tout cas, tu nous as manqué, face de pine!

— Face de quoi ?!?

Un éclat de rire presque général se répand dans la pièce, tandis que le coeur d'Eva vole en éclat. Mais cela, elle préfèrerait mourir plutôt que de le faire réaliser à quiconque. « Il est venu sur Berlin, et n'a même pas pris la peine de venir la voir. » Elle ne le lui pardonnera jamais... À cet instant, elle le méprise plus que tout. Le pire des salopards. Voilà ce qu'il est... Son Raphaël Bauer. Elle en a la preuve, désormais.

Alors, et le plus tendrement du monde, tout en continuant de discuter avec ses deux amis, elle attrape la main de son Gabriel et entrecroise ses doigts entre les siens. Elle va l'aimer, ce type exceptionnel qu'elle adore déjà. « Oh que oui, qu'elle va l'aimer... » Et ensemble, ils construiront la plus belle des histoires d'amour.

Wilfrid, de son côté, prends l'indifférence de son amie comme une insulte pour son comparse Raphaël. Il la déteste de changer ainsi de sujet pour se mettre à rire et à parler de la pluie et du beau temps. « Comment peut-elle ? » Ne même pas afficher sur son visage la moindre expression de tristesse ? « Serait-elle donc déjà amoureuse de son pianiste crétin membre d'un groupe inutile sans renommée, prestige, ni avenir ? » Wilfrid hallucine. Et une voix masculine se fait soudain entendre de la chambre où dorment habituellement Paula et Eva...

Jeffrey.

Ce n'est que le jeune Beckers qui se réveille enfin et difficilement d'une courte sieste et qui appelle la présence de sa soeur jumelle. La concernée se presse donc de le rejoindre pour sauter sur le lit à ses côtés afin de se caler dans son dos, pour ensuite le prendre affectueusement dans ses bras,

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— Bien dormi ?!? qu'elle le questionne de façon maternelle en lui caressant la joue.

— Eva, j'ai un ami qui ne va me ramener Noah ici, tu lui ouvriras la porte, s.t.p.?

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— Bien sur! Mais.. Un ami, Noah, ramener ? Kézako ? Tu m'expliques, Jeff ? J'en ai marre de tes cachotteries...

— Je... c'est compliqué.

— Jeff.. ?

— Il va bien, Eva. Tout le monde va bien, c'est l'essentiel. Tout ira toujours bien.. Je ferais toujours tout pour.

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— Jusqu'au jour où...

— Aie confiance en moi un peu!

— Sois sérieux et prends soin de toi, de ta vie, et peut-être que je...

— Je le fais déjà, tout ça, je te le promets.

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— Menteur.

— Arrête. Crois en moi, et ne me juge pas, stp. Toi au moins...

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— Justement! Moi, au moins! Qu'est-ce que je vais devenir s'il t'arrivait malheur?! Est-ce que tu penses à moi, des fois au moins??

— Pffft, tout le temps! Jumeaux for da Win! Beckers Powaaa!

— Humpf, Gutter pour moi, d'abord!

— C'est vrai, sale traitresse!

— D'ailleurs en parlant de Beckers..

— Ouais hein, toi aussi tu te demandes ce qu'elle devient, l'autre? T'as entendu parler d'elle récemment?

— Non, mais en même temps, je ne cherche pas, donc...

— Et Erwan, t'as des nouvelles, je suppose ?!

— Euh.. Oui. Ils ont essayé une nouvelle fois de recoller les morceaux avec maman, tu le savais?

— Non. Et ?

— Et ça a foiré. Mais Erwan n'est pas très bavard sur le sujet, et la presse extrapole toujours au maximum, donc..

— Dommage. Pfiouh, il s'est passé trop de choses en deux ans, je m'y perds, moi.

— Ça me manque, Jeff. On était heureux, quand même.. Parfois, maman me manque. Je me demande si un jour, tout ce gâchis pourra être réparé. Elle me manque, vraiment.

— Elle est comment, la nouvelle copine d'Erwan ? Tu la connais, toi ?

— Pffft, je te parles de maman, et tu me parles de Laur' ! Insensible, va !

— Maman, tu sais ce que j'en pense... Mais Erwan, je l'aime bien, et j'espère que ça roule pour lui avec sa nouvelle copine !

— Il a l'air assez heureux avec Laur, oui. Disons qu'elle est une fille stable avec qui ne pas s'entendre est difficile, c'est le genre de fille sans soucis... Hey, mais tu savais qu'elle était enceinte ?

— Tu déconnes ?!

— Putain, tu vis vraiment sur une autre planète Jeff !

— Fille, gars ?!

— Aucune idée.

— T'imagines si maman tombait en cloque, aussi ?! Elle noue chierait un petit frère ou soeur ! L'apocalypse ?

— On dit "mettre au monde" Jeff ! Et puis moi j'aimerais bien une petite soeur.

— Petit frère, stp. Marre des greluches! Les filles de sang Beckers naissent sans l'option "cerveau".

— Oh oh oh, la bonne blague !

— Imagine un petit Maman/Erwan !

— Gné ?

— Sans rire, Eva ! Ils ont retenté l'aventure ensemble à un moment, non ?! Et on sait tous qu'un accident est si vite arrivé... Hin hin hin !

— C'est pas arrivé en dix-huit ans, je vois pas pourquoi ça arriverait maintenant !

— Ça toque à la porte, non ? Eva va ouvrir s.t.p., ça doit être Stein !

— J'y vais! Se dépêche de sauter du lit la jeune fille pour s'en aller récupérer son petit neveu des bras d'un rouquin plutôt imposant qui ne lui marmonnera qu'un « bonjour », et un « au revoir ».

— Merci beaucoup! Saluera alors poliment la jeune fille alors que son interlocuteur reprend déjà le chemin de l'ascenseur. Très vite, elle ramènera ensuite le poupon à son frère qui se pressera de le prendre dans ses bras, un large sourire de bonheur esquissé sur les lèvres ; son instinct de père enfin rassuré, le jeune Beckers respire à nouveau.

 

 

 

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Il est huit heures et demie du matin sur Wilmington quand Terry arrive dans la pièce principale de l'appartement qu'il occupe avec ses amis. Devant lui, Et occupée à se faire couler un expresso grâce à la machine prévue à cet effet, il remarque très vite, sa colocataire et amie, Jane.

— Coucou! Qu'il lui fait alors en arrivant tranquillement vers elle, alléché par le délicat fumet du café chaud qui s'échappe de la cafetière qui se remplit petit à petit.

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— Coucou Terry! lui renvoie sans attendre la jeune fille, — je te sers une tasse aussi ? Qu'elle lui propose juste après, souriante.

— Avec plaisir! Accepte le blondinet avec envie, — et sinon, bien dormi, toi?

— Comme un bébé! Et toi ?

— Pareil, woé !

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— Et sinon, quels sont tes projets pour aujourd'hui ? Moi j'allais commencer à refaire mes cartons !

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— Déjà ? On a pourtant une semaine pour le faire.

— Oui, mais je n'aime pas attendre le dernier moment, MOI! Ironise amicalement Jane, observant ensuite et un peu plus en détail son interlocuteur, — hmmmm, c'est moi ou tu es drôlement sex aujourd'hui ? C'est le jogging ! C'est un neuf, celui-là, non ? Je l'ai jamais vu avant, il me semble !

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— Rien à voir avec le jogging, j'ai toujours été sex, mate-moi ces biceps! se défend Terry, fier comme un coq, — mais je ne suis pas le seul canon de la pièce, toi aussi, tu es pas mal, je dois bien l'avouer !

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— Arrête, je suis même pas maquillée, là ! Je dois vraiment avoir une sale face.

— Tu es sublime au naturel, Jane !

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— Heeeeey, retire-moi tout de suite ce ton suave de ta bouche ! Si je ne te connaissais pas, je pourrais croire que tu me dragues ! s'amuse la jeune fille, avant de s'interrompre pour réfléchir quelques instants, l'air sceptique.

— N'est-ce pas, hein, lui fait alors Terry de nouveau, l'air très sérieux.

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— Hmmmm...?

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— Tu viens d'y penser, toi aussi, avoue. Au fait que tous les deux, on soit plutôt bien gâtés par la nature, mais que malgré ça, on soit célibataires comme des cons.

— C'est pas une preuve de connerie, le célibat. On attend les bonnes personnes, c'est tout.

— Ou alors, on a toujours attendu après les mauvaises... susurre Terry en se rapprochant soudain de son interlocutrice, la plaquant doucement contre le meuble de la cuisine, les pupilles dilatées par un soudain désir incontrôlé.

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— Hey, mais tu fais quoi, là? Ne peut évidemment pas s'empêcher de rougir légèrement la jeune fille, — t'es en train soit de me draguer, soit de te moquer de moi..

— Carrément la première solution. Sors avec moi, Jane.

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— Ah bah ça au moins, c'est direct! Ris la jeune fille amusée, scrutant le regard des plus sérieux de son interlocuteur, — hey, mais je rêve, ou t'es vraiment sérieux, là ? Qu'elle redemande ensuite, — vraiment, vraiment, sérieux ?

— Pourquoi ? Je ne te plais pas ?

— Ah si, si, tu es très beau, Terry. Mais...

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— Alors, arrête de réfléchir, et sors avec moi. Je suis seul, t'es seule, alors sortons ensemble ! On va faire un couple du tonnerre!

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— Hmmmm... Euhhh... Bon allez, pourquoi pas! Répondra simplement Jane avec un sourire taquin et à la fois provocant, tout en se hissant sur la pointe des pieds pour se lover contre son nouveau petit ami et scotcher voluptueusement ses lèvres aux siennes.

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