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Plus d'une heure de calins réconfortants plus tard avec son Roméo retrouvé, -parce que son chéri en avait bien besoin, parce que son moral était au plus bas et qu'il n'a fait que lui pleurer dans les bras pendant plus d'une demi-heure, en gémissant et s'agrippant à elle avec désespoir-,

Eva finit par lui demander timidement de l'accompagner dans la salle de bain, qu'elle prendrait bien un bain chaud. En effet, depuis sa libération la jeune fille n'a plus pris la moindre douche et elle se sent des plus crasseuses en ce moment, elle doit bien l'avouer...
— Pas de soucis, se relève très vite son interlocuteur pour l'attraper tendrement et la prendre dans ses bras pour la porter en moins de deux jusqu'à la salle d'eau.
— Tu peux me poser sur le rebord de la baignoire, je vais me débrouiller!! sourit timidement la jeune fille rougissante une fois arrivée à destination.
— Je sais que tu es une grande fille qui fait des pieds et des mains pour tout faire comme une grande, toute seule! Hausse les épaules Raphaël en obtempérant affectueusement, déposant sa moitié comme demandé,

— mais je peux t'aider si tu le désires.. Ou alors, je t'abandonne ici, comme d'hab, avec ta chaise roulante!

— Abandonne-moi, oui, lui tire la langue avec malice son interlocutrice, — comme tu le dis, je suis une grande fille!

— Nia nia nia.. Mais j'y pense, ça fait longtemps qu'on a plus pris de bains ensemble, toi et moi...répond Raphaël avec un petit sourire en coin plus que pervers, — alooors ? Ça te dis pas ?!

— Euh.... Non merci.. En perd sourire Eva en déglutissant péniblement, — excuse-moi, Raph'...qu'elle bougonne ensuite, timide et honteuse, tandis que le concerné se contente de se rapprocher d'elle pour lui déposer un doux baiser sur les lèvres avant de filer au plus vite de la pièce en lui souriant simplement que, — c'est pas grave, ma puce!

« Le pauvre.. Il n'a pas dû comprendre.. » a ensuite bien honte la jeune fille en se déshabillant avec hâte tandis que son bain se remplit doucement, laissant échapper des floppées de bulles de savon.

Ses yeux s'humidifient à vitesse grand V alors qu'elle se laisse glisser dans l'eau tel un sac. Le niveau du liquide monte lentement, lentement.. Et peu à peu, elle se surprend à vouloir rester immobile et en apnée. Et si un simple bain mettait fin à toutes ses souffrances? Qu'elle songe en relevant malheureusement la tête.

Trop lâche pour mourir... Mais pas désireuse de vivre. En moins de deux, elle fond en larmes. En silence, elle fond en larmes. Que va-t-elle devenir. Sera-t-elle encore quelqu'un désormais. Saura-t-elle encore capable de se regarder dans un miroir après tout ça? Après avoir vécu et subi tout cela...?

Impossible. Puisque rien que ces souvenirs la forçent à se prendre furieusement la tête entre les mains pour la secouer vivement. Impossible! Impossible qu'elle soit encore quelqu'un à l'avenir! Comment le pourrait-elle?! Comment saurait-elle assumer?! Oublier?! Elle n'est plus rien de respectable aujourd'hui! Son corps la répugnant tellement depuis peu que sa seule vision lui est bien souvent insoutenable...
— Eva? Ça va? Tu en mets, du temps! La fait soudain sursauter la voix de son amour à travers la porte.

Zut, depuis combien de temps est-elle en train de tremper dans cette eau mousseuse? Ses doigts fripés lui révèlent que cela doit bien faire plus de trente minutes.. Au moins.
— Ça va, oui! Qu'elle tente alors de rassurer son interlocuteur d'une voix faible en réprimant un nouveau sanglot.
Mais Raphaël n'est pas dupe et malheureusement pour sa moitié, la porte de sa salle de bain ne ferme pas à clefs. D'ordinaire, le jeune homme est très poli et n'entre jamais si on ne lui en donne pas l'autorisation, mais ce soir... Mais pour ce soir uniquement... Tant pis. Il fera une entorse à son éducation.

— Pourquoi me mens-tu ? Qu'il lui grogne sitôt qu'il pénètre dans la pièce, — si ça ne va pas, je suis là, et tu le sais... qu'il reprend, agacé, vexé que sa petite amie lui cache son évident désespoir.
— Raph', stp.. Je.. Je voudrais rester seule..
— Pourquoi?
— Parce que je..je..
— Requête refusée, désolé, grommelle encore Raphaël en se rapprochant de la baignoire pour s'asseoir sur le rebord et tendre une main en direction de son interlocutrice, — je t'aide à sortir? Tu as assez trempé là je crois!
— Raph'...arrête, je.. Marmonne la jeune fille en détournant le regard, honteuse, — je, je..
— Allez hop, fini le bain! Insiste Raphaël en se relevant pour attraper sa moitié par la taille afin de la tirer vers le haut pour la forcer à sortir de son bain et s'asseoir sur ses genoux alors qu'il s'assoit, lui, sur le rebord de la baignoire.

— Raph'.. Je vais bien, ne t'en fais pas.. déglutit timidement Eva en tremblant et dissimulant tant bien que mal sa poitrine, toujours enserrée par les bras de son interlocuteur qui la tiennent tendrement.

— Non tu ne vas pas bien, mais à chacun son tour d'avoir besoin de l'autre, alors que tu le veuilles ou non... Je suis là.

— Je..Je... Merci...

— Uhuhhhh! Qu'est-ce que j'aime quand tu es toute nue dans mes bras!!
— Tssss, idiot, va!! se surprend à sourire la jeune fille en reprenant ensuite d'une voix plus triste, la tête posée contre le torse de son amant, — je crois que tu avais raison, la dernière fois... Je..Je.. J'ai besoin de voir quelqu'un...
— Je te l'avais dit, mon ange.. Mais je suis content que tu en reparles... sourit tendrement Raphaël, — demain si tu veux, on te cherche ensemble le meilleur psychiatre! En attendant, tu veux que je t'habille?
— Nan, c'est bon, tu t'es déjà assez rincé l'oeil comme ça, pervers! Tire la langue la jeune fille, soudainement apaisée et plutôt de joyeuse humeur, — si tu peux me passer mes vêtements?!
— Une voix me parle?! Feins d'ignorer Raphaël, pas vraiment désireux de laisser s'échapper de ses bras sa poupée nue comme un ver.
— Tsss! ça m'est égal moi que tu me gardes sur tes genoux, mais tu fatigueras avant moi, car 55 kilos sur les couilles, au bout d'un moment, ça va commencer à peser!
— Oléééé, la grâce incarnée!!! fait semblant de se choquer Raphaël en étouffant un petit rire amusé devant le langage des plus soutenus de sa belle.
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Quelques heures plus tard, le lendemain très exactement, Vanessa reçoit la visite impromptue d'un visage connu et pas spécialement aimé de sa personne..
— Qu'est-ce tu fais là? Qu'elle se presse alors de lui grogner, à ce sale con. Ce maudit Franz qu'elle aimerait tant voir rôtir dans les flammes de l'enfer!
— T'annoncer ce que je pense être une bonne nouvelle! Lui fait sans attendre son interlocuteur avec un clin d'oeil, — parce que j'ai eu vent de certains évènements qui se seraient passés sur Paris, et.. Oui, j'ai de nombreux contacts, ne cherche pas à comprendre, tout cela serait bien trop compliqué pour ta petite tête de blonde !

— La ferme et accouche, abruti !

— Eh eh ! Une réplique digne de la connasse que tu es, j'aime ! Je reprend donc : alors d'après ce dont j'aurais eu vent, je suis en mesure de t'affirmer aujourd'hui avec certitude, pour te rassurer -oui, tu constates à quel point je suis gentil, tout de même?- que ton fiston semble désormais tiré d'affaire. Ça doit t'enlever une épine du pied, n'est-ce pas? Je suis trop bon. Je savais que cela te ferait plaisir de l'apprendre.
— Parce que tu crois que tes conneries m'intéressent? Ronchonne Vanessa, en cherchant cependant un lien entre son fils et son interlocuteur. Que pouvait bien faire son fiston malpoli sur Paris...? Connaissant la bestiole, elle craint évidemment le pire. Connaissant la tête de mule, la tête de linotte, l'inconscient toujours prêt à se jeter la tête la première dans le premier danger qui pointe le bout de son nez... ; exactement comme son père, en fait. À ce souvenir, la mère de famille soupire en silence.

— Je sais qu'elles t'intéressnte au fond et que même si tu ne le dis pas, tu es ravie de ce que je viens de t'apprendre! Que ton fifils est un bon petit, assez impressionnant même, avec ses amis. Sur ce, ma belle, mais toute ridée cela dit, je vais devoir te laisser. Je suis un homme très occupé !
— Dégage ! Et plus vite que ça!
—A la prochaine, Satan !
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Les jours s'écoulent lentement et Eva Beckers reprend sagement ses cours de rééducation à l'hôpital Tartalazoie, tout en continuant de vivre chez son Raphaël. La jeune fille est redevenue brune aux cheveux mi-longs entre temps! Vive les teintures et les rajouts! Son demi-frère ne supportait vraiment plus ce blond qui lui rappelait de bien fâcheux souvenirs... : leur rupture... et surtout, cet abruti de Terry et l'influence plutôt néfaste qu'il a eu sur la femme de sa vie..

Alors depuis leurs merveilleuses retrouvailles, et tel un vrai petit couple modèle, les deux jeunes gens vivent ensemble et sont presque tout le temps collés l'un à l'autre.
