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Ainsi, le lendemain dans la matinée, Jeffrey s'en va retrouver Franz au lieu de rendez-vous que les deux hommes se sont fixés : en plein milieu d'une fête foraine ! Parce qu'il n'y a pas plus public, comme lieu...

Le jeune Beckers apprendra donc que son étrange interlocuteur est un martyrium basé sur Berlin et qu'il y a peu, il y a quelques jours, plus précisément, il a pu apercevoir sa soeur jumelle chez ses comparses parisiens.
Évidemment, le choc est rude pour Jeffrey et sur le coup son visage passe par toutes formes d'expressions et grimaces.
— Je ne peux pas faire plus, pour toi, avancera très vite Franz au fils de son vieil ami, — c'est mon gang et je ne donne pas cher de ma peau si je tente quoi que ce soit. Cependant, mes prières t'accompagnent... Je ne te pense pas seul sur Paris, n'est-ce pas? Tu es dans un gang?

Une question qui vient de prouver à Jeffrey que son interlocuteur n'essaie pas de le rouler. L'entuber. Se foutre de lui, voire le piéger...
Puisqu'après la bévue des Shining sur les Phoenix il y a peu, Jeffrey est bien certain que ses « ennemis » savent dans quel gang il est aujourd'hui.
— Les Shining, qu'il soupire alors en observant deux gamins se disputer une barbe à papa au loin ; une scène qui lui rappelle son enfance avec sa soeur, du coup... Lorsque les deux avaient six ans et que sa jumelle riait aux éclats parce que lui s'en mettait sur tout le visage, de la barbe à papa...
— J'aurais presque pu m'en douter, reprend Franz dans un soupir, — nos gangs sont rivaux depuis très longtemps...

— Simple coïncidence, parce que lorsqu'ils ont enlevé Ana je n'étais pas Shining.
— Ah, d'accord.
— Il faut que j'y aille. Merci pour tout.
— J'aimerai pouvoir faire plus, tant ton père comptait pour moi... Je suis vraiment... désolé.
— Il ne faut pas. Vous m'avez déjà bien aidé.

Et ce sont sur ces dernières répliques et remerciements que les deux hommes se serrent chaleureusement la main avant de se quitter.
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Jeffrey n'attend évidemment pas une minute de plus pour se ruer chez son chef de gang, Darius Calgonit, afin de lui annoncer ce qu'il vient s'apprendre des lèvres de ce type, là, ce Martyrium allié basé sur Berlin...

Et c'était à prévoir, Darius grimace aussitôt, se demandant très vite si son petit protégé ne serait décidément pas qu'un pauvre abruti ?! Donner ainsi rendez-vous à un Martyrium quand il sait que son gang est presque en guerre contre cette communauté là!

« En plus, rien ne lui prouve qu'il lui a été dit une quelconque vérité... »

Darius est sur le point de craquer... Ce gosse qui se tient là devant lui semble bien être le plus grand naïf que la terre ait porté depuis longtemps!

Jeffrey proteste. Insiste. Soupire... « Cet homme, ce martyrium-là, connaissait son père... »
Il lui en a un peu parlé et tout ce qu'il lui a sorti sur lui n'a pas pu être inventé... Le jeune homme est donc certain de sa bonne foi.

Darius hallucine encore, complètement blasé. Il aimerait tant croire en la crédibilité des propos de celui qu'il apprécie tant, mais ses choix récents pour le soutenir dans ses folies lui ont causés tellement de soucis récemment qu'il hésite terriblement à lui tendre une oreille attentive lorsqu'il l'écoute lui déblatérer ses ressentiments et désirs d'attaquer par surprise le gang Martyrium....

— Darius.. Ils ne savent pas que l'on sait pour eux! On peut jouer sur la surprise avant qu'eux décident de me tomber dessus, car c'est ce qu'ils finiront à faire! Je t'en prie, Darius! Aide-moi à les sauver! À sauver ma soeur!
Là-dessus, cette saleté de petit naïf n'a pas tort... est bien obligé de reconnaître Darius avec lassitude. Les martyriums ont tout de même capturé une innocente...-une seule, parce que la prostituée était à eux, à la base...- qu'il se déglutit à lui-même de dépit, maugréant ensuite à Jeffrey qu'il verrait avec le reste du gang. Qu'il est hors de question que les Shining réitèrent leur précédente erreur. Foncer tête baissée sans même réfléchir un minimum...
Jeffrey acquiesce, il reconnaît sans broncher que son chef à raison. Qu'ils doivent se préparer!
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Il est donc décidé que Jeffrey ira de façon totalement anonyme, dissimulé derrière des lunettes et une casquette, dans ce véritable repaire à prostituées, en se faisant passer pour un simple client pervers.

Sur place, il devra se débrouiller pour repérer ses deux filles pour ensuite les ramener avec lui à l'extérieur.

Il devra prétexter ce qu'il voudra pour faire tout cela, ses comparses ne vont tout de même pas lui mâcher le boulot, hein. Sachant qu'eux se chargeront déjà d'attaquer la résidence Martyrium de derrière, là où se trouvera sans aucun doute un bon nombre de membres de ce gang-là, armé jusqu'aux dents.

La « mission » de Jeffrey est donc très simple... trouver, puis faire discrètement sortir ses filles du bordel, prétextant n'importe quoi, ce qu'il veut, il se « démerde! », avant de rejoindre ses amis afin de les aider à terminer le boulot qu'eux auront déjà commencé.

Une mission que le Jeune Beckers semble réussir à merveille d'ailleurs, puisqu'on le conduit déjà, quelques secondes à peine qu'il ait pénétré dans la boîte de nuit trompeuse, au sous-sol du bâtiment. Le coquin a su faire un clin d'oeil au premier serveur cul et torse nu sous son tablier qui passait par là -oui cette sorte de boîte de nuit a plus des allures de club échangiste qu'autre chose- en lui souriant ensuite d'un air pervers qu'un ami à lui lui a... « recommandé cet endroit divin ».

Un escalier d'une vingtaine de marches, voilà la seule et unique chose qui sépare la fausse boîte de nuit échangiste du bordel du sous-sol et Jeffrey a bien du mal à s'empêcher de lorgner sur ces jolies filles qui se frottent et se dandinent à moitié nues sur les barres verticales -malgré tout l'amour qu'il porte à son Ana.. Il reste un homme avant tout-.

Arrivés à destination, le serveur qui l'a accompagné remonte les escaliers d'un pas rapide en l'abandonnant ainsi à son sort de pervers, au milieu de cette dizaine de filles en chaleur et de cette sans aucun doute trentaine de vieux pecnots gras et repoussants qui hurlent comme de vieux déchets qui n'ont jamais vu des cuisses féminines dénudées de leur vie... Jeffrey hallucine en les observant.

Puis, il s'avance avec calme et naturel -pour ne pas éveiller les soupçons- au milieu de cette foule agaçante et obscène, quand tout à coup, dans un petit coin reculé, ses yeux lui révèlent...
