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À quelques kilomètres de là, Shawn Trayen effectue une livraison d'héroïne à un certain gang avec qui il traite souvent.
Dès son arrivée, on le salue amicalement et pendant que certains s'en vont récupérer sa rémunération pour la lui rapporter, deux comparses alimentent avec lui une conversation. Les sujets varient, comment les affaires vont-elles de leur coté, comment Darius, son chef, se porte-il, voire encore, comment prennent-ils l'augmentation récente des forces de police dans les quartiers voisins, etcétéra, etcétéra.
— Il va mettre un peu plus de temps que prévu, revient l'un des hommes vers l'attroupement de commères bavardes, - Niklas doit aller récupérer l'argent chez un de nos client. Il devrait en avoir pour une petite demi-heure. Si tu n'es pas trop pressé, Trayen.

— Rah putain, vous faites chier. J'avais prévenu de mon heure de passage! soupire Shawn, dépité.
— Ouais je sais, désolé. Bah, si tu veux, on peut te faire patienter avec une de nos filles en attendant?

— Non merci, en soupire de dépit Shawn, plus qu'agacé de devoir poireauter entre ces murs où la morale n'est pas reine ; en effet, d'ici, le jeune brun entend bien certaines filles hurler et il n'est pas assez idiot pour ne pas réaliser les raisons de ces nombreux cris.
— Emmène là lui, ça va l'occuper!! ordonne tout de même l'interlocuteur du jeune brun en direction de l'un de ses acolytes qui va se presser de disparaitre en moins de deux dans la pièce à coté.

— T'es bouché, ou quoi? reprend alors Shawn dans un cinglement amer, — je t'ai dit que j'en ai rien à foutre de tes pu...

— Attend de voir le morceau, eheh! l'interrompt en insistant le Martyrium, alors que son comparse lui jette presque dessus une certaine blondinette...

...Qu'il se dépêche de réceptionner habilement ; avant de lui déglutir avec gêne que,

— Euuuh... mais..., le coeur bien évidemment plutôt serré,
...devant l'air terrifié de la demoiselle qui tremble désormais dans ses bras, les yeux pleins de larmes.
Délicatement, il la décolle alors de lui en mimant un sévère geste de refus en direction de son hôte,

— Magnez vous de ramener le fric au lieu de ces conneries! qu'il grogne avec irritation, croisant ensuite les bras, tandis qu'on ramène déjà dans l'autre pièce la poupée dont il aurait pu abuser pleinement.

Eh oui.. Qu'il était dommage, ce soir-là, que le jeune Shawn ignorait tout du physique de la blondinette que son collègue Jeffrey recherche ardemment.

Etait-ce une farce du destin. Un coup de chance. Un coup de malchance. Qu'il tombe sur elle par hasard cette nuit-là...

Lui qui aurait pu tout révéler avec hâte à son chef dès son retour au bercail, ne sera d'aucune aide à la jeune allemande retenue de force dans l'un des pires réseau de prostitution parisien.

Il ne pouvait pas savoir.