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Comme la majorité des fins de journées, l'adolescent ex-Beckers s'amuse aujourd'hui encore a entrainer les enfants de sa résidence au basket-ball.

Seulement, en ce jour, il semble manquer l'un des enfants habituels à l'appel : le petit blond. Pierre Blanchard.

Jeffrey est évidemment plus que surpris et se presse d'en demander plus aux deux autres garçonnets du groupe, Paul et Mohammed.
- Pierre, pas là ?
Qu'il baragouine donc, dans un français qui progresse cependant de jour en jour! Une évolution positive et bénéfique dont le jeune allemand n'est pas peur fier. "Dans un mois, je parle couramment!" qu'il clame parfois à sa petite amie, le plus joyeusement possible.

- Il est pas toujours avec nous, révèle avec la franchise de l'enfance le jeune Mohammed, - Pierre il a un papa méchant. Mais ma maman elle dit qu'il faut rien dire. Sinon il va arriver des choses pas bien.

- Comment? s'intrigue bien évidemment Jeffrey en direction du jeune garçon,

- Quoi toi dire? Pourquoi toi dire ça? qu'il continue encore avec une suspicion grandissante, quand tout à coup le sujet de conversation arrive soudain vers l'ensemble du petit groupe, d'un pas lent et lourd, avec un visage décoré de quelques pansements et bleus.

Il n'en faut pas plus au jeune Beckers pour comprendre aussitôt qu'il a devant lui un enfant battu.

Une découverte qu'il ne tardera pas à vouloir révéler à sa petite amie dès qu'il franchira le seuil de son petit appartement pour l'y retrouver : elle vient de rentrer de son petit boulot! Enfin, qu'il a très vite songé, en l'apercevant revenir de loin de son petit pas léger et sexy qu'il aime tant.

- Il faut qu'on parle, qu'elle lui fait sitôt qu'elle l'aperçoit, les sourcils froncés et le visage sombre.

- Gné? ne semble pas comprendre le jeune Beckers, avant de rebondir très vite par un simple et léger, - oui, il faut qu'on parle de Pierre! Tu sais, le petit blond de la cour!

- Je sais pour le shit, Jeff.

- Q-que.. ? en bégaie de surprise Jeffrey, Sylvain. Beckers, Teissier. Brusquement réduit au silence, - mais q-que..

- Comment as-tu pu!! n'attend pas pour s'emporter sa blondinette en se mordant les lèvres de rage, - bordel!! On est en France, presque illégalement!! Et, et toi, tu, tu.. Et toi tu ne trouves rien d'autres à faire que d'aller tremper dans des histoires de drogues!!

- E-écoute, je.. je..
- Non! C'est toi, qui vas m'écouter! Parce que de un, tu me crois assez conne pour ne pas trouver un paquet de shit sous notre matelas, et de deux, parce qu'en commençant un tel trafic, DANS MON DOS, tu m'as menti!!!

- Je ne pensais pas que tu serais vile au point d'aller soulever notre matelas. Il est lourd, en plus.. À l'air de tenter de faire de l'humour Jeffrey.

- J'ai pas envie de rire, là, Jeff. Au cas où tu ne t'en serais pas rendu compte!!
- On a besoin d'argent, Ana. Et je nous en rapporte pas ma..
- TOUT LE MONDE A BESOIN D'ARGENT JEFFREY! Et nous, et bien on a besoin de tout SAUF D'EMMERDES!!
- Baisse le ton, ou alors tu essaies de te faire entendre par toute la résidence?

- "Baisse le ton", c'est tout ce que tu trouves à me dire pour te justifier?
- Oui, parce que là tu n'es pas en état de parler calmement. Et puis je ne vois pas quoi te dire d'autre, je t'ai dit que je voulais gagner de l'argent.. beaucoup d'argent. Pour nous..
- Dans ce cas, braque une banque aussi, tant qu'à faire!
- Oh oh oh! Très drôle!!!
- Aussi drôle que le fait de dealer de la drogue alors qu'on est presque en cavale, grogne froidement pour conclure la jeune femme à son petit ami, avant d'aller s'enfermer dans la salle de bain pour y prendre une longue douche chaude et relaxante. Il vaut mieux, en fait. Qu'elle fasse immédiatement un break-Jeffrey. Il vaut mieux! Qu'elle se presse de disparaitre quelques minutes, loin de lui! Pour éviter de l'attraper sur-le-champ pour tenter de l'énucléer sur place, tout en lui balançant en pleine figure la rage et la déception qu'elle ressent en ce moment.