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Blue christmas — The Platters ♪
Le soir de Noël est habituellement une nuit inoubliable, car souvent saupoudrée d’une forte dose de bonheur.
Pourtant, cette année là, Kylian n’a pas vraiment le cœur à s’amuser avec sa famille, à l’intérieur... Parce qu’il se sent toujours coupable pour l’arrêt prématuré de sa cure, même si ses parents ne semblent déjà plus lui en tenir rigueur. Ce qui l’étonne terriblement d’ailleurs : il ne fait que décevoir les gens qui tiennent a lui, mais malgré tout, ceux-ci continuent de l’aimer, encore et encore...
Bref.. Si cette nuit est des plus douloureuses pour ce jeune homme stationné sous la neige, devant la maison familiale, ce n’est pas uniquement à cause de ce qu’il se reproche d’avoir fait subir à sa famille bien-aimée ; mais aussi de se souvenir qu’il y’a un an tout juste, il passait Noël chez son ex-petite amie.
Elle lui manque tellement...
Que fait-elle en ce moment précis ? C’est ce qu’il n’arrête plus de se demander.
Peut-être est-elle en train de passer à table, auprès de ses parents, et d'Ulrich.
Le coeur gros et chargé de regrets, il souffle tout bas, d’une voix à peine audible, en levant les yeux vers un ciel où tombent de fins flocons,
— Joyeux Noel, mon amour...
— YOUHOUUUUUUHHHHH C’EST LE KIKIII, LE KIKIIII DE TOUS LES KIKIIIIS !!! le fait brusquement sursauter ; et frôler la crise cardiaque ; une voix qu’il a immédiatement replacée sur le visage de sa sœur aînée. Des confettis lui dégringolent doucement sur le visage entre deux flocons de neige ; il en déduit aussitôt que cette tête de linotte est sortie précipitamment pour s’amuser, sans penser à se couvrir un minimum ;
— Tu vas choper la mort, crétine qui vient d’essayer de me tuer !
— Alors, dépêche-toi de rentrer si tu veux pas avoir ma future pneumonie sur la conscience ! lui ordonne-t-elle en réponse.
— Je t’aime Tiph', va-t-il alors lui sourire affectueusement sans attendre, — même si je suis le plus putride des frères du monde, ne doutes jamais que je t’aime...
— Je le sais banane. Et moi aussi je t’aime, même si tu es, en effet, le plus naze des frangins du monde !
— Oh putain, j’vais t’buter toi !!! feint-il alors de la menacer, en se retournant pour grimper les marches de la maison, — t’es une femme morte !
— Tue-moi à l’intérieur alors, parce qu’ici ça meule !! Mais attention, parce que je me défendrai, et je pense pas que tu puisses avoir le dessus !
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Ainsi, la soirée peut reprendre de plus belle dans la petite maison du bonheur, à la grande joie de Sacha et Claire qui ne peuvent qu’être ravis de voir leurs enfants aussi heureux.
Le fait que Kylian ne leur ait pas présenté sa petite amie du moment, la sois-disant Nikole, ne les perturbe finalement pas tant que ça, même si l’an dernier il leur avait présenté, à l’occasion de cette même fête, sa Vanessa.
Leur fils est pudique en amour et ils ne l’ignorent pas. En plus, sa relation avec sa psychiatre est plus que récente, alors il ne doit pas avoir envie de mettre la charrue avec les bœufs.
Ou alors, il se pourrait qu’il y ait une autre raison à ce désir de cacher sa nouvelle petite amie à ses parents bien-aimés.
Peut-être l’aime- t-il encore, sa Vanessa, tout simplement.
Et cela n’étonnerait absolument pas ces deux parents comblés, malgré le nombre de cheveux blancs que leur fils leur fait pousser !
Soit, le temps fera son affaire. Peut-être rencontreront-ils un jour la fameuse Nicky.
Ou, peut-être, reverront-ils la jeune chanteuse de variétés.
Dans les deux cas, ils seront heureux qu’une femme participe à l’épanouissement de leur rejeton, puisqu’ils savent bien qu’un Kylian qui sombre, c’est un Kylian qui replonge dans la drogue.
Et ça, c’est bien le plus grand de leurs soucis... et la plus grosse ombre au tableau de leur idyllique famille.
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— Nous sommes là pour t’aider a tourner la page, ma chérie, réconforte affectueusement une mère vers sa fille, redevenue récemment célibataire, — Ne l’oublie jamais ! Et si tu veux revenir vivre à la maison, tu sais que tu peux récupérer ta chambre au premier...
— Ça ira maman, sourit en réponse Vanessa, émue par tant de sollicitude.
Avec le temps, la jeune femme avait fini par s’imaginer être orpheline de parents ; a tort, apparemment. Comme quoi... Il semblerait qu’il ne suffit que d’une nuit de Noël pour resserrer les liens et consolider les sentiments.
— Et puis penses à Lulu, reprend la jeune mère avec sérieux, — tu te rends compte de tout ce qu’il a fait pour toi ? Cette cure, tous ces efforts... Et bien je peux t’assurer que peu d’hommes sur terre feront tout cela pour tes beaux yeux ma chérie ! Ulrich est une perle rare !
— Oui maman, oui. Je te promets d’y penser...
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— Je t’avais prévenue, ne manque pas de rouspéter un père furieux de voir le cœur de sa fille réduit en miettes par une rockstar en couches-culottes.
— Ah, le sermon du papa ! Je l’attendais, tente de sourire Vanessa à son paternel, tout en triturant son anti-stress.
— Et le pire, c’est que tu l’aimes encore, ce gros nul !
— Mais non, mais non.
— Pense à Lulu princesse, pense à Lulu ! Je sais que tu peux lui en reprocher des millions, mais aujourd’hui il a changé ! Tellement changé !!!
— Il faut croire que je n’arrête pas d’éloigner les princes charmants à force de penser au gros nul... Oui, je suis irrécupérable ! N’est-ce pas ?
— Un autre prince charmant ? Qui est-ce ? Et pourquoi ne me l’as-tu jamais présenté ? À moi ? Ton pèèèère ??
— Tu le connais. C’était le pianiste des Apologize.
— Seigneur dieu !
— N’invoque pas le seigneur aussi facilement voyons, papa.
— Tu nous auras tout fait décidément !
— Je crois bien que oui !
— Tsss, allez file, vilaine fille ! Va tenir compagnie à Lolo tandis que je vais aider ta mère à la cuisine !
— Chef, oui, chef !
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— Hey, toi ! Obtempère alors la jeune chanteuse en direction d’un interlocuteur qu’elle a si souvent détesté, mais toujours profondément respecté. Lothar.
— Ouais, quoi, qu’est-ce qu’il y’a, la Castafiore ?
— Merci pour tout Lolo.
— Merci ? Mais de quoi ? Et depuis quand est-ce que tu te permets de m’appeler « Lolo » ??
— Merci de m’avoir mis tous ces coups de pied au cul. Car ce n’est que grâce à toi que j’ai avancé.
— Oh.. Mais non, idiote va. Tu as du talent et tu aurais aussi bien avancé avec un autre manager, tsss !
— Ah bon ? J’ai du talent moi maintenant ?
— Oui, tu en as énormément. Mais je déteste te l’avouer !
— Pour que je donne toujours le meilleur de moi-même.
— Et ça marche.
— J’espère que ça continuera..
— Puisqu’on en est aux remerciements.. Je dois te dire « merci » à toi aussi.
— Ah bon ? Mais pour quoi ?
— Pour ne jamais avoir changé de manager, malgré tout ce que j’ai pu te mettre dans la gueule.
— Sans toi je ne suis rien voyons. C’est toi même qui me l’as dit.
— Comme si tu ignorais que ce n’était qu’un mensonge !
— Mais ça me plaît d’y croire !
— Je suis touché. Et tu as vu Ness ? C’est la magie de Noël !! On a une conversation, rien que tous les deux, sans s’engueuler !!
— Ta magie s’appèle « ouvrir son cœur », idiot va !
— Comment tu parles à ton manager toi ?? T’es pas folle !! Tu ignores ce dont je pourrais être capable maintenant !! Par exemple, modifier tous tes futurs clips pour te faire une voix de vieille grand-mère aigrie !
Et le voilà qui part dans mille et un délires, en parsemant le tout de rires et bonne humeur. Vanessa ne peut s’empêcher de l’accompagner de quelques sourires amicaux, tout en se perdant dans ses propres pensées.
Parce qu’il y’a quelques minutes, elle s’est souvenue qu’elle ne le lui a pas encore souhaité...
Joyeux Noel... Mon Kylian...