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Quelques heures, massages, et bandages plus tard, la nuit tombe doucement et Jeffrey Beckers se tord encore de douleur sous le regard inquiet de sa soeur jumelle qui commence à se demander si cela est normal de souffrir autant pour une simple foulure. Surtout son frère n'avait encore jamais été du genre "douillet" jusqu'à aujourd'hui.
- C'est pas normal, ouais, grommelle son frère en retour, avant de lui demander d'appeler leur mère pour qu'elle le conduise chez leur médecin de famille. Il est désormais plus paniqué que jamais.
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Une initiative que le jeune homme à bien fait de prendre, puisque celui-ci ne va pas tarder à prendre peur devant l'état de sa cheville, en lui criant qu'il aurait dû venir avant, "ce sale gosse!"

- Mais euh, c'est pas si grave quand même, doc? larmonnera timidement Jeffrey avant de questionner avec anxiété, - et ça m'empêchera pas de jouer demain, hein? Est-ce que tu peux me filer des antis-douleur, s.t.p...
Une question qui aura une réaction immédiate de la part du médecin, sur un ton plutôt ironique,

- C'est une blague, Jeff?
- Euh...
- Ce match est important pour lui, Reise, intervient alors Vanessa pour plaider la cause de son fiston, - alors tu ne penses pas que...
- Mais c'est mort, Jeff! C'est mort! revient le médecin en direction du jeune blessé, - oublie ton match de demain, car pour toi c'est repos jusqu'à nouvel ordre. Et ce n'est pas discutable!
- Pour une entorse à la con?? s'offusque avec agacement l'adolescent,

- On va aller aux urgences pour te faire une radio, histoire de vérifier mes dires. Mais moi rien qu'en constatant ton ecchymose et le fait que ton pied ai déjà doublé de volume, je peux te dire que tu t'es fait une bonne grosse entorse!

- J'en ai rien à foutre, je joue demain, s'obstine en maugréant tout bas Jeffrey,
- Allez, debout! lui fait son médecin en l'aidant à se relever de son canapé pour qu'il prenne ensuite appui sur lui pour marcher, - je suis désolé Jeff. On en saura plus avec cette radio, c'est sûr, mais je peux déjà t'assurer que pour demain, c'est mort. Tu ne devras participer jouer sous aucun prétexte! Alors pour une fois, ne joue pas au con. Ne te flingues pas définitivement la cheville pour un simple match. Ca serait vraiment trop bête, non ? D'en payer ensuite le prix pour le reste de ta vie ...
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Le lendemain, c'est un match qui fait fureur - et auquel Jeffrey Beckers a formellement interdiction de participer - qui se déroule au gymnase Berlinocht.

Le score est pour l'instant exaeco, mais Jeffrey, nerveusement assis sur le banc de touche, n'arrête désormais plus de se ronger les ongles.

Son équipe est déstabilisée par son absence et il le sait ; puisqu'il est leur capitaine et que c'est lui qui mène généralement les attaques.

Et voilà. Il s'en serait douté. L'avantage passe soudain à l'ennemi. Par un Dunk magnifique, en plus!

Jeffrey rage, fulmine. Là, assis sur son banc, aux côtés de son entraineur, il n'en peux plus, se triture les doigts et prie le ciel que son équipe remonte le score.

Mais non. Deux nouveaux points s'affichent brusquement au compteur. Et toujours du côté adverse, bien entendu. Jeffrey craque alors et se relève de son banc pour s'adresser à son entraineur - qui a bien sûr reçu l'ordre de ne le laisser entrer sur le terrain sous aucun prétexte -,

- Je vous en prie, laissez moi y aller !!!!!

- Assieds toi, se contente de lui répondre son interlocuteur, toujours assis avec nonchalance et confortablement adossé contre le dossier du banc.

- Mais on va perdre!
- Au prochain quart-temps, on changera de stratégie.

- Au prochain quart-temps, je les rejoindrai!
- Jeffrey, est-ce que tu as bien saisi ce que t'as dit ton médecin? Qu'une prochaine chute serait fatale à ta cheville et que ce match pourrait être ton dernier si tu y participes?
- Je sais, monsieur! Mais je ne suis pas idiot et ne forcerais pas sur mon pied si vous me laissez y aller. Je vous le promets!

- Je ne peux pas prendre le risque de porter la culpabilité de la fin de tes rêves, mon grand. S'il t'arrivait quoi que ce soit et que ce match te flingue définitivement la cheville jusqu'à compromettre une éventuelle carrière sportive plus tard, je ne me le pardonnerais pas. Tu le sais aussi bien que moi que tu es doué, et tu as très certainement un avenir brillant dans ce sport. C'est à ça que l'on doit penser en cette sombre journée.
- M.. Mais...Pitié...
- Il n'y a pas de "mais" qui tienne. Rassieds-toi, maintenant. Et penses à tes projets futurs. Dis toi que ce match n'est rien à coté des prochains que tu gagneras !