Pendant ce temps, et à l’autre bout de la salle, Erwan retrouve sa sœur pour la remercier de s’être portée présente à ce concert.
— C’est super sympa, mais je m’y attendais vraiment pas !! Tu aurais pu m’envoyer un texto pour me prévenir que tu venais !
— Je voulais te faire une surprise ! Lui rit affectueusement celle-ci, — pour que tu te sentes abandonné et tout, avant de te rendre ensuite compte que non en fait ! Parce que SUPER-ALICIA est lààà !
— Carrément ! Super-Alicia !
— Bah ouaip, super-Alicia, la sœur du pianiste sublime des Apologize, eheheh !
— Tsss, arrête, tu me gênes, banane ! Surtout que c’est pas vraiment moi qui fais le succès du groupe.
— Tu déconnes ? C’est toi le plus talentueux et sublime dans le lot !
— Tu crois ? Moi j’aurai plutôt dit que c’est celui dont on hurle le nom ! Tu sais, celui qui crache ses poumons devant son micro !
— Kylian ? Naaan ! Il est pas beau. Et puis en plus il est maqué, et mal habillé ! Le style grunge/rock... Beurk ! Rien ne vaut un brun aux yeux bleus en costard j’te dis !
— Tsss ! T’as pas changé poulette. Et c’est tant mieux. Tu m’as manqué ! Qu’est-ce que tu deviens toi sinon ?
— C’est plutôt à toi de répondre à cette question Erwan... Tu as mauvaise mine. Ça va pas ? Les amours, la santé, le... moral ?
— Euh non, tout va très bien Alicia. Pourquoi est-ce que tu me dis ça ?
— Parce que je connais ce regard. Et je suis presque sûre de mon coup en affirmant que..
— Toi, tu as appris pour mon Single, non ?
— Je l’ai vu dans les bacs, oui. Avec ses gros titres « Le pianiste au cœur d’or », « La perle des Apologize », personne peut le louper !
— Ils en font beaucoup pour attirer l’œil oui.
— Elle est magnifique cette chanson Erwan... Mais elle n’est pas complètement dédiée qu’à mamie, n’est-ce pas ?
— On ne peut rien te cacher décidément.
— Alors c’est qui ? Cette affreuse qui brise le cœur de mon grand frère chéri ?
— C’est le passé Alicia ! Y’a eu un moment où j’avais un peu espéré, c’est vrai, mais maintenant c’est fini. En fait c’est juste une amie, rien de plus.
— Hummmm...
— Je te le jure, soeurette !
*

— Merci Kyle, sourit Kurt, après qu’il se soit isolé à une table avec le concerné, — merci d’être là.

— Y’a pas de quoi. Maintenant tu sais que votre couple est bancal et les cartes sont dans ton camp.
— Je sais. Et je te promets que je vais faire attention à ce type ! Il ne m’a jamais inspiré confiance de toute manière... Il a un vieux regard lubrique et une tête a claque qui..
— Je me fiche de sa tête Kurt. Tout ce qui m’importe moi, c’est ma sœur. Alors s’il assure plus que toi, ou Hanz, je saurai retourner ma veste et ne serai plus de ton côté !
— De quoi, Hanz ? s’étonne brusquement Kurt avec effroi — ne mêle pas mon frère a ça ! C’est bien le dernier qui..
— Et mon cul c’est du poulet... T’es vraiment naïf mon pauvre.
— Crois ce que tu veux, mais moi je...
— Il a été son premier, il est en train de se séparer d’Elo, et....
— J’ai confiance en mon frère Kyle, et je ne te permettrai pas de...
— Tiens regarde, y’a le pédiatre qui s’en va, en baissant la tête style il est blasé de la vie !
— Hummm....
— Qu’est-ce que t’attends pour foncer ?

En effet, Peter est en train de quitter le Cotton’s Factory d’un pas rapide.
Il en a vraiment assez de cette soirée, et surtout, de la présence constante de ce type auprès d’elle. Cet Hanz. Cette mouche pénible et gênante.

— HEP ! Le fait soudain sursauter cette voix qu’il déteste.
Kurt Cobain. L’époux et rival.
— Salut Kurt, lui marmonne-t-il à peine sans se retourner ni ralentir sa course.
— Ça va Pete ? Ca fait longtemps dis moi ! Tu ne voudrais pas qu’on s’assoie tous les deux pour discuter, dis ?

— Non merci. Je suis pressé.
— Tiens donc ! Tu es pressé au point de refuser de discuter avec celui que tu aimerais rendre cocu ?
— Pardon ? Tu dis n’importe quoi...
— Ne te fous pas de ma gueule Pete, ou ça pourrait très mal aller.
— Et tu vas me faire quoi, espèce de malade ? Me buter ? Juste parce que je suis le collègue et ami de ta femme ?
— Tant que tu restes à ta place de collègue Pete... Tant que tu restes à ta place de collègue...
— J’ai jamais eu l’intention de prendre une autre place. Espèce de malade ! Et puis pourquoi as-tu si peur tout d’un coup ? Serais-tu par hasard en train de réaliser que tu es en train de la perdre ??
— Je... Je.. Je vais te...
— Aurai-je touché la corde sensible ?!
— Tente quoi que ce soit qui sorte du registre amical, avec ma femme, et tu es un homme mort Peter. Je t’aurai prévenu.
— Des menaces ! Des menaces ! C’est pas joli dans la bouche d’un futur chirurgien ça.
— Le futur chirurgien pourrait tout plaquer pour t’en caler une entre les deux yeux, tocard !
— Je suis mort de rire Kurt. Et tu sais pourquoi ?

— Va te faire f...
—... Parce que tu ne sais même pas où se trouve réellement ta cible.
*
Au même moment, au premier étage du Cotton’s Factory et plus précisément dans les toilettes pour hommes, un petit couple de l’ombre est en train de donner tout ce qu’il a pour tenter d’atteindre le septième ciel.
Évidemment, il ne peut s’agir là que de Tania et Yann qui ont filé ici le plus discrètement possible, pour ne pas se faire questionner par leurs nombreux amis.
— Plus vite, plus vite, halète la jeune fille d’une voix faible et en transpirant à grosses gouttes — c’est le concert qui t’a ramolli comme ça, macaque d’amour ? Parce que je t’ai connu plus vif.. aaah...
— Eh, l’autre, eh ! C’est à peine si elle arrive à parler et elle ose faire sa maligne, fait semblant de s’offusquer Yann en accélérant la cadence de ses vas-et-viens et en caressant sensuellement ces deux petits seins fermes et ronds qu’il aime plus que tout.
— Tssss.. Mon macaque, il préfère mes seins au septième ciel... revient le taquiner son petit démon châtain, qui continue de se tortiller sous ses coups de bassin.
— OK, tu l’auras voulu !!! lui répond-il alors avec un faux air sérieux — mais après tu viendras pas te plaindre si tu peux plus mettre un pied devant l’autre !
— Hmmm... mais je n’attends que ça... lui susurre en réponse sa tigresse, en refermant fermement ses cuisses autour de lui.
Véritablement mis à l’épreuve, Yann n’hésite désormais plus à tout donner, avec fermeté et douceur, pour faire gémir et haleter sans interruption sa partenaire.
— Yann ? Appelle soudain une voix masculine, accompagnée d’un bruit de porte qui s’ouvre.
Le concerné, trop concentré dans ses efforts pour satisfaire sa belle, n’entend pas cet appel et continue sa besogne avec assiduité.