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Quelques jours plus tard, et à l'aube de l'entrée en guerre d'Eternia -aux côtés de leur alliée Octavia- pour régler le conflit virusien, Arkan se sent comme obligé de se rendre à la salle d'entraînement de son ex-femme.
Pour la regarder danser et s'épanouir devant ses multiples miroirs.
Pour l'admirer encore et encore, en réalisant qu'il ne peut finalement n'y avoir qu'elle dans sa vie.
Et si...tout n'était pas complètement terminé entre eux?
Et s'il... pouvait encore sauver quelque chose de leur magnifique histoire?
Il ne sait pas. Il ne sait plus. Il hésite et s'en mord les lèvres.
Tout en la regardant danser en duo avec ce type. Ce danseur torse nu qui la prend dans ses bras avec sensualité, tout en la faisant tourner sur elle-même, avant de l'enlacer délicatement.
Puis, et au bout de quelques nouvelles minutes d'entraînement, les voilà qui se mettent à saluer avec grâce une foule imaginaire.
Alors Arkan s'empresse de supposer que leur petit « show » vient de s'achever.

Il était temps...
Que ce type arrête de poser ses sales pattes sur sa femme.
- Arkan! L'appelle-t-elle joyeusement en se rapprochant du banc sur lequel il est assis, au fond de la salle. Dans le coin « repos » et près de l'entrée,
- Mais que fais-tu là? ajoute-t-elle ensuite, - C'est si rare que tu viennes assister à mes entraînements!
- Eh oui, tout arrive! Tu sais bien que je suis un homme plein de surprises!
- Allez, arrête, idiot! Que me voulais-tu réellement? Se moque-t-elle maintenant en s'asseyant à ses côtés.
- Il ne fait pas de pause, lui, indique Arkan du regard en désignant l'autre danseur qui continue de s'échauffer dans son coin, seul.
- Non, puisque nous ne sommes actuellement pas censés être en... pause.
- Oh! Je suis alors très flatté que tu ais interrompu ta séance pour venir me voir.
- C'est normal, Arkan. Mais dis-moi plutôt ce que tu es venu faire ici?
- Rien.. J'avais juste envie de te voir une dernière fois, avant de me rendre sur le...
- Front. Oui, je sais.
- Oui, je me doute bien que tu sois déjà au courant...
- Tu veilleras sur Shishi, n'est-ce pas? Parce que la seule chose qui me console dans le fait qu'elle retourne se battre, c'est que toi, tu sois avec elle...
- Bien sûr, que je veillerai sur elle. Et si tu veux te rassurer encore plus, dis-toi qu'elle est dans mon régiment.
- Parfait alors!
- Oui, tu n'as rien à craindre.
Des sourires qui s'échangent, ainsi que des rires gênés. Pour signifier deux êtres qui meurent d'envie de communiquer, de s'en dire plus.
Voir de peut-être s'avouer des vérités. Des remords. Et peut-être des regrets...
Mais malgré cela, et peu à peu, un lourd silence s'installe.
Parce que les deux anciens amants viennent de se rendre compte, à force de s'observer, qu'ils ont tous les deux l'annulaire nu - et non paré d'un bel anneau doré. Symbole d'une certaine union.
Alors Arkan finit par soupirer, en se relevant du banc qu'il était en train de partager avec cette femme qu'il aime envers et contre tout,
- Je vais devoir y aller.
- Sois prudent, Arkan...
Je t'en prie.. Mon amour. Sois prudent.
- Oui, ne t'en fais pas. Et... enfin.. je..
- Oui?
- Hum.. Non, rien. C'est sans importance.
- Non, dis-moi! Que voulais-tu me dire?!
- Rien, rien! A part bien sûr que tu es très belle aujourd'hui.
- Oh, merci.. se surprend à rougir la flattée en sentant son coeur s'emballer à toute vitesse, puis se serrer lorsqu'elle subit le spectacle de son amour de toujours qui lui disparaît sous le nez.
Maudite téléportation éternienne! Il lui manque déjà.
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- Ca y'est, le grand moment est arrivé, alors? Soupire tristement Nanami en voyant son petit ami la rejoindre dans le salon où elle avait trouvé refuge – assise à même le sol devant le feu qui crépite doucement dans le creux de la cheminée.
- Mais qu'est-ce que tu fous par terre? Le canapé ne te convient plus? S'étonne immédiatement le jeune roi, déjà en tenue de combat - dagues en main.
Dans quelques minutes, ses amis viendront le chercher pour l'emmener, avec eux, sur le champ de bataille.
Dans quelques minutes à peine... il devra donc la quitter, pour il ne sait combien de temps.
- Je suis bien là. Et toi.. ça va? Se force à déglutir sNanami en détaillant attentivement cette silhouette qu'elle n'aura peut-être plus jamais l'occasion d'observer dans un futur proche.
- Je vais revenir, Nanami. Lui apprend alors son fiancé avec certitude, bien conscient des doutes de sa moitié, - Je te le jure. Que je vais revenir!
- Moui.. moui.. évidemment... toi, tu veux revenir.. bien sûr.. mais malheureusement, tout ne se passe pas toujours comme on le voudrait, sur un front!
- Cette fois-ci je suis beaucoup plus entouré, puisque nous y allons avec Eternia. Alors arrête de te faire du mauvais sang! Et viens plutôt m'embrasser une dernière fois, non?
- Tu es la cible à abattre Daï, et tu le sais.. se relève alors du sol la jeune fille, avec une soudaine et furieuse envie de fondre en larmes, - En plus, les virusiens ont sûrement du avoir vent de ta perte de pouvoirs, alors il est certain que...
- Qu'ils essaieront de m'atteindre en priorité, c'est sûr et certain, oui! Mais cette fois-ci, j'y suis préparé!
- Je ne sais pas ce que je supporterai que tu m'abandonnes à nouveau, Daï.. alors je t'en prie, je t'en conjure, ne va pas au-delà de tes limites... jure-moi que tu sauras tout arrêter et rentrer si tout va mal..
- Je te le jure, oui. Promis! Lui assure-t-il sans la moindre hésitation, en la prenant tendrement dans ses bras, - mais tout ira bien, ma puce. Et ça, je peux aussi te le jurer!
Et ce sont sur ces dernières paroles encourageantes que les deux amoureux vont entamer leur dernier baiser.
Un doux et langoureux baiser. Riche en émotions et sentiments, afin qu'ils puissent, tous les deux, le garder en mémoire lorsqu'ils seront séparés par cette stupide guerre sans fin.
- Ooooh que c'est mignon!! taquine soudain une intruse, accompagnée d'un intrus : Shika - et son amour de guérisseur, venu ici pour partir en même temps que le jeune roi sur le champ de bataille.
- Plus choubachou, tu meurs! Se joint a la moquerie Hideki en se délectant du spectacle de son meilleur ami en mode « bisounours ».
- D'oh mais allez crever, vous, leur grogne amicalement Daï en retour, tout en se décollant lentement des lèvres de sa belle - qui va s'empresser d'ajouter,
- Shika, Hideki.. Vous veillerez sur lui, n'est-ce pas? Même lorsqu'il sera pénible et qu'il fera son malin, parce qu'il ne voudra pas rentrer! Parce qu'il prétendra être le meilleur et que jamais, il ne fera demi-tour! Hein? Que dans ces moments-là, vous saurez l'assommer pour le ramener de force?
- Heeey!! en feint de s'effrayer le concerné des multiples craintes, avant de se faire couper par Shika, toujours plantée derrière lui,
- Ouèp, promit Nanami, on va le surveiller, ce gros nul!! Qui nous a déjà bien assez faits chialer comme ça! Non mais oh, et puis quoi encore! Comme s'il allait pouvoir se permettre de mourir deux fois, tss!
- Ouais, ouais, c'est ça! Se moque en retour et pour défense, Daï en se retournant vers ses affreux amis pour enchaîner, - bon, on y va? C'est l'heure d'aller bouffer du Virusiens!
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Musique - If I gave you my life (Justin Nozuka) ♫

Les jours qui vont suivre ne vont pas être des plus joyeux pour la jeune Aiko, qui va plonger peu à peu dans une lente et impitoyable dépression.

« I fall in love... »

En effet, la remarque que lui a fait sa colocataire la dernière fois -a propos de ses sentiments pour le jeune Dai- la travaille tout les jours un peu plus, jusqu'à lui donner -et de manière bien souvent incontrôlable- de brusques et soudaines envies de pleurer.

Parce qu'elle ne peut plus le nier désormais. Qu'elle l'aime à en crever, ce type déjà fiancé à une autre. Ce type qui ne lui offre que le rôle d'amie. De barbie. De rigolote et d'amusante camarade.
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- Aïko! l'appèle soudain sa colocataire en pénétrant dans leur grand appartement sur deux étages, - Qu'est-ce que tu fous là?! Tu as oublié l'heure de ton service, ou quoi?!
En effet, la concernée était bien censée embaucher aujourd'hui, dès huit heures du matin, au petit café où elle travaille.
- Je ne me sens pas bien.. Trouve-t-elle comme justification pour expliquer le fait qu'elle soit là, allongée à même le sol, sur le grand tapis du salon, entourée de plusieurs bande dessinées, d'un paquet de chips, et d'une chaîne hi-fi qui passe en boucle toujours ce même titre.
« If I gave you my life.. »
- Non mais je rêve, S'empresse alors de la gronder son interlocutrice en la fusillant du regard, - non mais tu crois que c'est la fête? Que lorsque l'on ne se sent pas « bien », l'on peut se permettre de ne pas aller bosser??
« If I gave you my heart... »
- Tu avais raison Sayu.. Recommence à sangloter la dépressive en se mordant les lèvres de désespoir, - je l'aime... oui.. je l'aime... encore...
- Aïko.. se radoucit alors Sayuri en se rapprochant de son amie et colocataire, bien trop peu vêtue à son goût : en effet, la concernée ne porte qu'un petit tee-shirt moulant, accompagné d'une simple culotte rose, - hmm.. tu pourrais t'habiller un peu plus quand même..
- Bah, on est entre filles, non.. ?
- Certes...
- Je suis pathétique, n'est-ce pas? Je le sais.. que tu me trouves.. pathétique..
« If I gave you my life... would you... let it slip »
- L'amour rend pathétique Aïko.
- J'ai si peur Sayuri... Pour lui... J'arrête pas de me demander ce qu'il peut bien faire à chaque instant de la journée... Je n'arrête pas de penser à lui..Je me demande ce qu'il peut bien être en train de faire...
« Through your fingers.. like water.. in the desert »
- A ça, je peux te répondre! Parce que Dai, là, il est en train de combattre! Il tranche des têtes et répand le sang d'un peuple moche sur leur propre sol!
- Et Nanami... Elle doit se sentir aussi mal que moi, voir pire.. Mais je n'ai même pas la force d'aller passer du temps avec elle. C'est dégoûtant, non? Je suis dégoutante...
- Ton attitude est tout ce qu'il y'a de plus normal, Aïko. Tu as cette petite pointe de jalousie qui te transperces le coeur lorsque tu te souviens que c'est elle qui est avec lui. Voilà tout. C'est tout à fait compréhensible.
- Mais c'est inexcusable et honteux.. Et j'ai honte d'être ainsi...
- Tu n'as pas à avoir honte, lui sourit affectueusement Sayuri, les yeux débordants de tendresse, tout en s'allongeant à ses côtés sur leur épaisse et moelleuse moquette.

- C'est gentil, en rougit d'émotion la concernée en s'étirant de tout son long pour se trouver une nouvelle position plus confortable.
Sayuri en déglutit de gêne face à ce spectacle des plus délicieux : ses deux petits seins fermes qui remuent sous son minuscule petit haut lui donnent une envie folle de diriger habilement ses doigts entre ses deux cuisse.
- Aïko.. tu.. tu..
« If I gave you my heart.. in the deep of the night »
- Oui? Continue de s'agiter innocemment la concernée, sans se douter qu'elle est désormais en train d'exciter terriblement une jeune femme qui à malheureusement le béguin pour elle depuis déjà quelques semaines.
« Would you hold it... like a candle... giving you light »
- Tu devrais aller prendre un bon bain. Cela te ferait du bien, arrive tout de même à rester stoïque la jeune bisexuelle, tout en s'interdisant de poser son regard sur le sexe de sa jeune amie – qui n'est dissimulé que par une fine culotte de coton, rappelons-le.
- Humm.. Tu viens avec moi?
- P.. Pardon? En suffoque de surprise Sayuri en écarquillant grand les yeux.
- Ah ah ah! Mais je plaisante! En rit aussitôt -et avec une innocence des plus touchantes-Aiko en se relevant du sol, avant de taquiner amicalement sa colocataire, - Tu y as cru, hein!! Quoique cela pourrait être marrant, n'empêche, un bain entre copines! Pourquoi est-ce que la morale nous ferait aussitôt penser que cela serait gênant et inapproprié, hein? Je me le demande!!
Et tout en continuant de parler, la petite bavarde emprunte tranquillement l'escalier pour se rendre au premier afin de prendre, seule, le fameux bain.
Tandis qu'au rez-de-chaussée, Sayuri reste allongée sur le sol, plus honteuse et gênée que jamais, parce qu'elle sait bien que sa colocataire ignore -et encore heureux, d'ailleurs-, tout de sa bisexualité.