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Trois mois de chute de neige plus tard…

La terre est désormais revêtue de son plus beau manteau blanc.

 

Tous ont serré les dents en attendant sagement le grand jour.

 

Qui est enfin arrivé !

Demain…

 

 

 

 

Nous sommes donc la veille de la grande bataille…

 

 Cette nuit, les rues du monde entier sont vides. Muettes.


Tous se préparent à se battre pour leur avenir.

Tout commencera au lever du soleil.

Ils devront se rendre, par petits groupes déjà définis, sur Eternia.
L’espoir est là, ils ont toutes les cartes en main pour réussir : le nombre et l’effet de surprise.

 

 

 

 

 

Dans la petite caserne habituelle, tout le monde a rejoint ses quartiers après le repas.

Sans doute pour se préparer psychologiquement, une dernière fois, à ce grand jour. Tous savent que ce ne sera pas une petite bataille et que beaucoup d’entre eux vont y laisser la vie.

 

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 — Tu as peur ? demande Hikague à son épouse

 

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— Non, sourit Evy, — et toi ?

— Honnêtement, je ne sais pas.

— Toi, le grand Hikague, tu doutes ? Alors c’est la fin des haricots ! On peut tous aller s’enterrer sous la neige ! rit Evy d’un air taquin.

— Ce n’est pas drôle ! boude Hikague en haussant les épaules. 

 

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— Je sais mon cœur.. Sourit-elle tendrement en serrant fort sa main dans la sienne, — mais ta peur est inutile, car on est déjà sortis de la bataille contre le Chojin. Ce n’est donc pas notre bébé qui pourrait nous vaincre !

— C’est vrai, reconnaît Hikague, riant avec ironie, — pffiiiouuu, tu as réponse a tous décidément, tu es bien une nana !

— Oh oui, et une nana folle de toi ! minaude-t-elle en lui jetant des regards plus que coquins.

 

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Immédiatement, il a compris le message et la ramène, en un mouvement, sur ses genoux, pour l’enlacer de ses bras protecteurs et amoureux.

 — Je t’aime tellement, murmure-t-il de sa voix la plus tendre.

 

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— Ensemble, on peut tout affronter, sourit-elle — alors demain, on va vaincre notre fils et on le ramènera a la maison, après une bonne fessée bien entendu ! Parce que le coup du froid éternel c’était fort tout de même, il sera privé de console ! Qu’est-ce que tu en penses ?

 

Pour réponse, il éclate de rire, avant de jeter sur ses lèvres avec passion.

Si seulement tout pouvait se passer comme dans ce pronostic idyllique…

 

 

*

 

  

C’est donc la dernière nuit de paix sur terre.  

 

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Dans toutes les chambres, chaque invocateur occupe son temps, en essayant de ne pas penser a ce qui va se passer le lendemain.
 

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Il y aura des morts, c’est sûr. 

 Surement beaucoup.

 

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Combien d’entre eux ne reverront jamais la terre, après cette bataille ?

 

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Combien d’entre eux laisseront leur vie sur Eternia ?

Beaucoup préfèrent rejoindre Morphée rapidement afin de ne pas avoir à y songer trop longtemps.

 

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 Mickaël n’est pas de ceux-là.

Plein de haine et de rage, il s’acharne sur son sac de sable.

 

Il le haï. Il le méprise tellement…

Pour l’intégralité de son être. Pour la noirceur de son âme.

Il est la définition de l’horreur et de l’immondice.

 

Pourtant, à l’époque, Maxime était son meilleur ami.

Ils étaient unis comme les doigts de la main.

 

À ce souvenir, Mickaël en a la nausée et donne un nouveau coup de poing, cette fois plus violent, dans son sac.

 

Ce chien va payer !

Il s’en fait le serment.

 

 

*

 

 

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Dans la chambre d’Aaron et Anne, l’ambiance n’est pas à la haine, mais plutôt a l’amour.

Ne sachant pas de quoi demain sera fait, ils profitent de cette soirée au maximum en s’aimant plus que jamais.

 

Optimistes, ils continuent de parler d’avenir ensemble.

De projets.

Ils veulent y croire.

 

 

*

 

 

De son côté, Yuki s’est endormie comme une pierre et très vite. L’approche de la grande bataille ne lui a pas titillé le pistil ne serait-ce qu’une seule seconde.

 

 

*

 

 

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Quant à Séto, il rumine. Il marmonne. Il est mal à l’aise, voir mal tout court.  

Malheureux. Angoissé. Triste. Désespéré. Désemparé.

 

Il y’a de grandes chances pour que cette bataille soit sa dernière et ça lui fait peur, car il n’a pas l’impression d’avoir accompli tout ce qu’il aurait aimé faire dans sa vie.

 

Il n’a vraiment pas envie de passer l’arme à gauche…

Du moins pas avant d’avoir libéré son cœur.

 

Ne tenant plus, il sort de sa chambre. Il faut qu’il la voie. Qu’il lui parle. Qu’il lui avoue tout.

De toute façon, il n’a rien à perdre : demain, il se fera sans doute tuer dans une guerre sans merci.

 

 

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Il n’aura pas à la chercher longtemps : dès qu’il arrive dans le couloir des dortoirs, il l’aperçoit.

 

Elle qui se retourne aussitôt vers lui, l’air intrigué,

  — Toi aussi tu n’arrives pas à dormir ? sourit-elle.

— Bien vu, lui répond-il en lui rendant son sourire.

— Tu as peur pour demain toi aussi hein… souffle Caroline en revenant regarder les flocons qui tombent inlassablement sur le paysage déjà trop blanc…

  — Un peu, répond immédiatement Séto, en se rapprochant discrètement.

— Il s’en est passé des choses en trois mois mine de rien.. 

— Oui, tu maîtrises deux invocations maintenant, taquine Seto en lui caressant tendrement le dos de sa main droite..

— Sé..Séto… frissonne-t-elle, — qu’est-ce que tu fais... 

 

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— Tu t’en doutes pas ? Souffle celui-ci, en se rapprochant encore, jusqu’à ce qu’il soit complètement collé à elle.
 

Elle ne répond rien, mais ses joues se colorent rapidement, trahissant ainsi son trouble.

 

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 — Ça m’étonnerait que tu ne t’en sois jamais douté… poursuit Séto.

— N.. Non… bafouille Caroline — jamais… enfin, pas sérieusement…

— On va mourir demain Caro… Enfin non, JE vais mourir demain.. Demain, ou dans les jours qui suivront…

— Ne dis pas de bêtises..

— Je suis SA cible… souffle-t-il en lui caressant à nouveau le dos, du bout des doigts — alors je suis préparé… Et je m’en fiche…

— Arrêtes ! cingle Caroline en se retournant brusquement vers lui, – ça t’amuse de tenter de me miner le moral ? Pourquoi est-ce que tu prends un malin plaisir à être défaitiste comme ça ? 

— Serais-tu inquiète pour la vie de ton fidèle Séto ? fait-il semblant de s’étonner.

— Tu veux vraiment que je t’arrache les yeux décidément ! rit-elle en feignant la colère.

 

Il se rapproche encore, la fixe tendrement, et pose sa main droite sur la sienne, avant de passer vivement ses bras derrière elle pour la ramener contre lui et la serrer fort entre ses bras. 

Elle tremble de tous ses membres et son visage rougit de plus en plus : elle n’est pas indifférente à ce changement de comportement ; et sans doute l’apprécie-t-elle… Son cœur bat la chamade. Le réalisant, Seto se sent soudain pousser des ailes et ramène ses mains au milieu de son dos, afin de l’encercler le plus tendrement possible, lui montrer qu’elle est a lui…

 

— Tu es un petit démon.. Sourit-elle avec un air étrangement triste.

— Je suis fou amoureux de toi, depuis le premier jour, lui déclare-t-il soudain, — je veux que tu sois a moi, je veux te rendre heureuse, je veux t’offrir tout ce que tu n’as pas eu, je veux t’aimer et te chérir… 

 

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Caroline frissonne et sent une immense vague de chaleur monter en elle, surtout lorsqu’il commence a vouloir passer le barrage de ses lèvres, solidement fermées… Non ! Elle ne doit pas accepter ce baiser, car elle craquerait ensuite et s’abandonnerait ensuite complètement… 

Habile, doux, tendre, sentant son trouble, Seto continue de plus belle, collant désormais son bassin contre le sien, afin que leurs sexes se touchent à travers leurs habits..

 

— Séto… souffle Caroline avec difficulté et peine — je tiendrai bon, même si tu es l’homme le plus désirable de toute la galaxie et que tu fais tout pour me faire succomber…

— Alors, succombe… souffle-t-il à son tour — n’hésite pas... Le meilleur reste à venir…

 — Seto… se recule-t-elle en reprenant un air sérieux.

— Je suis impressionné, tu sais… marmonne-t-il, — l’amour que tu lui portes est vraiment incroyable et sans failles… ça me dégoute..

— Séto… gémit-elle les larmes aux yeux.

 

Elle est en train d’hésiter, réalise le brun.

Cet amour stupide n’est peut-être pas si infaillible que ça finalement.. 

 

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— Je ne sais pas… Je ne sais plus… balbutie Caroline, — laisse-moi du temps…

— Du temps ? reprend Seto, l’air intéressé, — tu veux dire que si on s’en sort…
 

Elle rougit et cherche à éviter son regard, alors il poursuit,

— Si on s’en sort, on pourrait être ensemble ?
 

Elle hoche timidement la tête, en essayant de ne pas rougir.

 

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— Je te prends au mot Caro… Tu viens de me donner une raison de tout braver sans mourir ! 

 

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— Encore heureux, sourit-elle — je refuse que mon « fidèle Séto » meure ! 

— Personne ne peut tuer, « ton fidèle Séto » ! Affirme-t-il fièrement, avant de poursuivre, d’une voix plus douce — sur ce, je vais te libérer pour que tu ailles prendre quelques forces avant le lever du soleil...

— Oui, je crois que ça serait plus raisonnable, sourit-elle — tu devrais en faire de même, il ne nous reste plus beaucoup d’heures de repos…

— Je vais y aller aussi oui, confirme-t-il, — et je vais rêver de toi en petite tenue affriolante, ça me motivera !

 

 

*

 

 

Deux minutes plus tard, les deux amis se séparent pour rejoindre leurs chambres respectives, après s’être fait des bises sur les joues. 

 

Séto se couche heureux, car il sait désormais que la jeune femme n’est pas indifférente a ses charmes, alors que Caroline rejoint son lit, qu’elle partage avec sa fille, anxieuse et troublée. 

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 Qu’est-ce qui lui a pris ? Un peu plus et elle s’abandonnait sans ses bras… 

Le cœur serré, elle regarde sa fille qui dort à poings fermés : un peu plus et elle trompait son père…

Mais non. Elle n’aura pas craqué.

Elle l’aime à la folie son Maxime…

Les larmes montent. Elle se sent soudain très sale et honteuse. 

Elle remonte ses jambes jusqu’à son menton, pour y enfouir sa tête et pleurer en silence, en murmurant, tout bas, d’une voix à peine audible, « pardonne-moi mon chéri… pardonne-moi.. » 

 

 

*

 

 

Quelques heures plus tard, c’est l’aube.


Le soleil pointe le bout de son nez et tous les réveils se mettent à sonner, presque à l’unisson…

Il est l’heure.

 

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— Y’a-t-il des questions ? demande Hikague à ses troupes, pour vérifier si le petit monde est prêt.

 

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Tout le monde le regarde, sans broncher.

Parfait, il n’aura pas à se répéter, pense-t-il, assez satisfait. 

 

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— On rejoint donc tous nos destinations, et on se retrouve là où vous savez. Rappèle une dernière fois Hikague — si vous êtes blessés et que vous ne pouvez poursuivre le combat, même avec les guérisseurs, n’oubliez pas de revenir ici. La caserne est désormais protégée par deflepard, ça sera notre endroit de repli pendant la guerre. 

 

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— Donc si vous n’avez rien à me demander, si tout est clair dans vos esprits, reprend une dernière fois Hikague, — téléportez-vous et bonne chance ! Croyez-y, et nous vaincrons !

Tous hochent la tête, avec un sourire, avant de disparaitre en une fraction de seconde, en direction d’Eternia.

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