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Pendant ce temps, dans la petite caserne habituelle, l’ambiance n’est pas morose, grâce a Dylan qui détend l’atmosphère de ses pitreries…

— Oyeaah, dance, dance, dance babyyy, danceee ! chante t-il a tue-tête, — Evy vient danser !
— Non merci, ça ira ! rit-elle — je ne sais pas comment tu fais pour avoir toujours le moral comme ça toi !
— C’est la « Dylan attitude » ! s’esclaffe-t-il en continuant de se dandiner, — je sais que vous êtes jaloux de mon swag, mais remettez-vous en 8)
— Et modeste en plus ! pouffe Aaron entre deux flexions.
Soudain la porte d’entrée s’ouvre ; Dylan réagit immédiatement,
— Enfin te voilà !
— Alors ? s’empresse de demander Evy, inquiète, — tout s’est bien passé ?
— À merveilles oui, je vous ai ramené deux invitées ! répond Hikague avec un clin d’œil en faisant signe aux concernées d’entrer dans la pièce.

— Caro ! s’exclame Aaron en se jetant sur son amie d’enfance.
— Tu m’as manqué petite tête, manque de pleurer Caroline en le serrant dans ses bras.
— Mais toi aussi !! Tu as changé dis donc !! Tu es devenue une vraie feeeeemme !!

— Tu sais jouer à « Pique si tu l’oses » ?? Demande Dylan à la petite Yuki. — On fait une partie, celui qui gagne, il tire les cheveux d’Aaron, OK ??
— OK !! éclate de rire la fillette.
— Hey !! riposte Aaron en remarquant qu’on se moque de sa petite personne.
— Ils n’ont pas changé tu as vus, Caro ? sourit Evy, l’air amusé, en se rapprochant.

— C’est ce qui fait votre force… soupire tristement la concernée.
— Et les invocations au fait, ça avance ? Lui demande Evy..

— Non… Même ton GunRoZis je l’ai jamais maitrisé..
— Tu vas le maitriser, sourit Evy — ici, avec nous, tu vas le maitriser ! T’en fais pas.
— Et puis faut que tu arrêtes de parler en soupirant hein ! dit sévèrement Hikague, — ici tu ne fais pas la tête malheureuse, ici tu redeviens la Caro qu’on a connue ! Même si elle est loin, nous on veut la voir revenir !

« La Caro qu’on a connue »…
C’est sur cette phrase que la jeune femme réalise, avec effroi et douleur, à quel point ces six années l’ont fait changer..
Elle est si loin aujourd’hui, « La Caro qu’ils ont connue »..
Une heure plus tard, après de nombreuses discussions, rires, chants idiots en tout genre, la majorité des invocateurs vont se coucher… tandis que les autres restent au salon discuter de tout et de rien.

— Hey Caro ! appelle Evy en arrivant dans la pièce – j’ai couché ta fille dans la chambre numéro seize et elle est tombée comme une pierre !
— Oh merci beaucoup Evy !! Mon dieu j’étais en train d’oublier l’heure avec tout ça, je suis complètement a l’ouest…
— De rien, c’est normal ! Je prends mon rôle de grand-mère à cœur pour te décharger ! rit la jeune femme.
— Oh, oh, oh.. Fais soudain Hikague en fixant l’entrée de la caserne — on a de la visite, je crois…
— Oh oui tiens… fait Evy en se retournant, avant de poursuivre, — mais on le connait lui non ? Ça ne serait pas… ?
— Si. Réponds Hikague. — C’est lui…
Le cœur de Caroline un bond dans sa poitrine lorsque sa tête pivote sur la gauche pour chercher du regard celui qui se présente a la porte…
— C’est un ami !! Se contente-t-elle de s’exclamer en se levant précipitamment du canapé pour aller a sa rencontre.
— Un ami, mais on le connait, le sbire de Maxime, donc s’il bronche, il va tâter de l’invoc ! taquine Evy en voyant Caroline s’isoler à l'extèrieur avec l’intrus.
— Oui ma chérie, oui… soupire Hikague, — allez, viens t’asseoir avec nous. Si c’est un ami de Caro, on a rien a craindre.

— Mon Dieu merci, tu es venu !! s’exclame Caroline en atterrissant de tout son poids sur son ami.

— J’ai fait aussi vite que j’ai pu, désolé.
— Ne sois pas désolé, merci d’être là… sourit la jeune femme.
— Tu dois m’expliquer, maintenant…
— Oui bien sûr !
Dix minutes plus tard…

— Voilà, tu sais tout… soupire péniblement Caroline : expliquer à son ami comment ses fils ont préféré rebrousser chemin, au lieu de la suivre, a été très douloureux…
— C’est franchement génial Caro, sourit étrangement Séto — tu t’es enfuie au bon moment. Je n’aurais pas pu rêver mieux..
— Pardon ? s’interloque la jeune femme en dévisageant son ami avec incompréhension.
— Caro… Il faut que je te dise la vérité… Sur Eternia, on a réuni toutes les forces résistantes et on s’est organisés pendant de nombreux mois, tout ensemble, pour lancer un grand assaut sur le château… Et ce jour approche.
— De.. De quoi… ??? Balbutie avec terreur Caroline — tu… tu as rejoins la résistance ? Toi ?
— Tu en doutais ? Si je suis resté à ses côtés, sans faire de vagues, c’est pour toi et tes enfants… Mais j’ai toujours rêvé de le faire tomber… On attendait juste la bonne date, qui est dans exactement trois mois.. J’avais prévu de m’arranger pour te faire fuir, toi et les enfants, avant, mais tu m’as clairement devancé. Donc c’est parfait !

— Tu as monté un complot contre mon Maxime ?!! Je n’y crois pas Séto !! Pendant tout ce temps, tu as monté un énorme complot contre mon époux ?! Oh mon dieu, je les ai abandonnés… sanglote Caroline, — alors que tout Eternia va se soulever contre eux… Max... Mash.. Jun… Non.. Non.. Comment as-tu pu Séto... Comment as-tu pu...
— Quoi ? Comment est-ce que j’ai pu aider à organiser une résistance solide contre un tyran ? Et bien, j’ai simplement écouté mes valeurs…
— Ramène-moi à la maison !!! Supplie Caroline, au bord des larmes — je t’en prie, ramène-moi !! Séto, ramène-moi !!! Je ne l’abandonnerai pas !
— Non… se contente de répondre l’ex-soldat, — non… Ici tu es en sécurité.. Je préfèrerais mourir plutôt que de te ramener auprès de lui, qui va t’entraîner dans sa chute…
— Mais je me fiche de mourir avec lui !!! Crie la jeune femme — c’est ça que tu ne comprends pas Séto !! J’ai… J’ai promis de ne jamais l’abandonner… !!!!
— Il ne mérite pas que tu donnes ta vie pour lui Caro.. Soupire Séto, en se rapprochant pour lui offrir ses bras. — Si tu veux pleurer, tu peux.. Je serai là pour te consoler..Je serai toujours là pour toi… Par contre, ne compte pas sur moi pour te ramener là où tu ne dois plus être..

De nombreuses larmes coulent sur les joues de la jeune femme, pendant ces longues minutes…
Elle est désespérée. Elle a laissé derrière elle l’homme de sa vie ainsi que deux de ses enfants, alors que le pire se prépare à leur arriver.
— On rentre à l’intérieur ? Propose Séto de sa voix la plus douce en réalisant qu’il commence à pluvioter.
— Qu’est-ce que tu vas devenir ? sanglote Caroline, — je veux dire que.. Tu ne peux pas revenir au château… Max te tuerait en pensant que tu es responsable de notre fuite…
— Oui c’est clair, sourit Séto, si je retourne là-bas, je ne donne pas cher de ma peau !
— Tu vas rester ici alors ? Fais timidement la jeune femme — tu ne m’abandonnes pas toi au moins, hein ?
— Tu crois qu’ils vont m’accepter ? demande Seto, un peu perplexe.
— Ce sont mes amis, sourit Caroline. — Ils t’accepteront sans problèmes..

Tendrement, il vient lui caresser la joue pour l’essuyer un peu, tellement elle a été salie par le maquillage qui y a coulé.
En réponse, elle lui sourit timidement : le geste est adorable, mais quand même assez gênant..
— Tu veux peut-être aller te coucher ? demande-t-elle en rougissant : il faudrait qu’ils s’éloignent un peu l’un de l’autre, car ses yeux rouges, plongés dans les siens la mettent vraiment mal à l’aise…
— Il y’a des chambres de libres il parait, au dernier étage, tu veux en prendre une ? reprend-elle en reprenant son assurance.

Seto sourit, avec un air des plus charmeurs et lui prend la main, sur laquelle il remarque quelque chose qui lui fait transperce le cœur : sa bague de mariage…
Il sait bien qu’elle n’est la femme que d’un seul homme…
Mais il fera tout pour l’aider à ouvrir les yeux sur la monstruosité de son époux.
— Je t’accompagne pour te montrer où c’est ? lui propose-t-elle, gênée par son silence.
— Désolé, j’étais en train de rêvasser ! s’excuse-t-il, — je trouverai le chemin, ne t’en fais pas, je suis crevé. Tu restes ici, toi ?
— Je vais manger quelque chose et y aller aussi, oui, sourit-elle — la nuit sera courte ce soir, c’est bientôt l’aube..
Il lui sourit tendrement et se rapproche pour lui déposer une bise sur la joue, avant de rentrer dans la caserne endormie, à la recherche d’une chambre vacante.

Mais les minutes défilent, la nuit finit doucement sa course, et Caroline est toujours là, seule, à l’extérieur de la caserne, pleurant encore et toujours, au milieu d’un nuage de lucioles…
Elle lui a promis de toujours être à ses côtés..
Elle lui a juré fidélité éternelle..
Elle lui a juré de l’aimer encore et toujours, jusqu’à ce que la mort le sépare..
Tous ces souvenirs merveilleux qui refont soudain surface..
Pourtant, tout n’a pas toujours été rose à ses côtés…
Loin de là…
Mais elle l’aimera toujours plus que sa propre vie..
Caro & Max, pour l’éternité…
Pourtant, aujourd’hui, tout est fini ; elle doit oublier.
Oublier cet amour infini qui a eu tant de mal à s’installer, mais qui est aujourd’hui plus fort que tout..

Oublier cet amour infini qui a donné naissance à trois adorables enfants…

— Caro ? appèle soudain Aaron en sortant de la caserne, — hum qu’est-ce que tu fais là, toute seule ?!
— Rien !! Sursaute celle-ci, honteuse de se faire surprendre dans pareil moment de faiblesse.
— Pourquoi tu me dis « rien » alors que je t’entends pleurer ? Marmonne Aaron, vexé qu’elle refuse de se confier a lui, alors qu’ils sont censés être les meilleurs amis du monde..
— Tu ne peux pas comprendre Aaron.. Sanglote Caroline, pour toi, tout est si facile… La petite copine, les copains invocateurs, les délires, les entraînements pour être « les meilleurs », tout n’est qu’amusement et joie pour toi.. Alors que moi.. Moi… non, mais regarde-moi…
— Tu es injuste Caro, marmonne Aaron — très injuste.
— Quoi ? Ose dire que j’ai tort ! reprend la jeune femme. — Tu n’as pas de difficulté à haïr Max, parce que tu lui as collé l’image affreuse et stéréotypée de « méchant » ! Max c’est le « méchant » de l’histoire, il faut le punir et le détester ! Voilà ! Tu ne cherches pas plus…
— Stop, l’interrompt le rouquin en se rapprochant plus vite.

— Caro… souffle difficilement Aaron en prenant son amie dans ses bras — tu oublies que Max est mon frère.. Mon grand frère… Comment est-ce que tu peux penser que je le haï ?
— Mais c’est votre ennemi.. Sanglote Caroline, — c’est l’ennemi de tout le monde d’ailleurs, et je n’arrive même pas à comprendre comment on a pu en arriver là..

— C’est mon ennemi oui… marmonne Aaron en serrant les dents, — mais ça ne m’empêche pas de l’aimer comme avant… Pourtant lui, il se fiche de moi, je sais qu’il peut me crever comme un chien sans même verser une larme… Il a failli le faire d’ailleurs…
— Non.. Non Max ne te ferait jamais de mal Aaron..
— Oh tu crois ça ? Soupire Aaron, — il a failli le faire récemment, de la méthode la plus lâche qui soit, je ne suis en vie que parce que ma mère s’est interposée…
— Non Aaron… continue de pleurer Caroline, — non… il ne t’aurait pas tué… j’en suis persuadée… comme il ne saurait toucher a Hikague ou ta mère… ne le croyez pas aussi mauvais, il n’est qu’un enfant qui souffre…
— Arrêtes Caro… gémit Aaron, — moi ce qui me fait tenir, c’est de penser qu’il est mauvais et qu’on doit l’affronter pour le bien de l’univers… Tu me fais mal Caro… Après, tu vas me redonner l’espoir qu’il arrête ses folies et que tout redevienne comme avant, alors que je sais que c’est impossible…
— Hey… gémit à son tour Caroline, — tu ne vas pas te mettre a pleurer toi aussi hein ? C’est moi qui dois pleurer ici...!! Toi.. Toi tu es fort !!

— Espèce de sexiste !! Boude Aaron en explosant en sanglots — pourquoi je ne peux pas pleurer moi aussi ?? Pfffft !! Toutes les mêmes !!! Les garçons, ça peut chialer aussi !! Moi aussi je pleure sous ma douche, tu sais !!! Moi aussi je souffre du manque de mon grand frère !! Moi aussi je me souviens des délires qu’on se payait devant SSX !!!!! Y a pas un jour où je ne chiale pas comme une gonzesse !!

— Aaron arrête ça tout de suite !!! Ajoute Caroline, soulagée de voir qu’elle n’est pas la seule à souffrir du manque de Maxime - arrête de pleurer, tu es un Daemon, les casse-couilles fiers et durs comme des rocs !
— On n’est pas fiers !! Ou si, peut être un peu !! Rétorque Aaron en pleurant de plus belle, — mais les Daemon ouais, ce ne sont pas des rocs tu vois !! On souffre !! Et sans doute même plus que toi !!! Max me manque encore plus qu’à toi !! Mon grand frère me manque à en crever !! Parce que moi je n’ai pas passé six années de bonheur avec lui !!! Oui parce que je suis sûr que vous avez été heureux ensemble… Et vous m’avez même complètement oubliés pendant tout ce temps-là je suis sûr !!
— Ça c’est du mytho !! Réplique Caroline, - on ne t’a jamais oublié… Et si tu veux savoir, Max et bien il parlait souvent de toi !! Voilàààà monsieur « Parano » !! Tu sais qu’il a même dit aux enfants que s’ils te croisent, ils devaient fuir, car tu es le plus fort des humains ! Mais en fait tu sais pourquoi il a dit ça ?
— Pourquoi ? gémit Aaron, les yeux pleins de larmes d’émotion.
— Parce qu’il était mort de trouille à l’idée que Mash ou Jun puissent te faire du mal.
— Pfiou… finit de sangloter Aaron en s’essuyant les yeux. — M.. Merci Caro… Merci.. Ça m’a fait du bien d’entendre ça…
— Y’a pas de quoi mon chou, finit aussi de sangloter Caroline, en s’essuyant aussi les yeux.
— On ne dira à personne qu’on a chialé comme des larves hein ? Marmonne Aaron.
— Non, non, c’est notre secret ! affirme Caroline, — t’inquiètes pas va, personne saura qu’un grand gaillard comme toi a pleuré comme une fille ce soir !!

— Et t’inquiètes pas toi aussi ma puce, ajoute Aaron — personne ne saura à quel point tu es vilaine avec le maquillage qui coule !! Ça restera entre nous !! Promis juré !!

— Va chier sale con, éclate de rire Caroline en se jetant sur son ami pour lui asséner de nombreuses chatouilles là où il les craint le plus justement… Elle n’a pas oublié ses points sensibles !

Ils rient de bon cœur.
L’espace d’un instant, ils sont redevenus des enfants insouciants…