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Désespérée, Tiphanie rejoint un vieil ami pour pleurer sur son épaule, elle a besoin de quelqu’un, d’une oreille chaleureuse..
Elle passe une heure à lui raconter ses déboires et lui chouiner dans les bras.
— Excuse-moi d’avoir débarqué comme ça, Hanz... termine-t-elle de sangloter, maintenant qu’ils sont tous les deux assis sur le canapé vert pistache de la pièce.
— Y’a pas de mal, les amis c’est fait pour ça, lui rappelle simplement Hanz, avant de chercher à s’informer plus sérieusement, — il est où maintenant, Kurt ?
— J’en sais rien, lui déglutit difficilement la jeune femme en retenant un nouveau flot de larmes, — je me suis enfermée dans la chambre un petit moment, et quand je suis enfin sortie, il avait disparu de l’appart...
— Il a dû aller faire un tour à moto pour se calmer, t’en fais pas.
— En effet, quand je suis sortie pour venir ici, sa moto n’était pas à sa place..
— Tu vois. Je le connais le loustic !
— Alors qu’est-ce que tu penses de tout ça.. ? Honnêtement... ? Moi je ne sais plus quoi penser ni comment réagir, aide moi, donne moi ton avis...

— Pour être honnête, j’en sais rien, avoue franchement Hanz — je sais que Kurt t’aime comme un taré, n’en doute jamais, mais c’est sur qu’il est si imprévisible qu’on a parfois du mal à comprendre ses réactions...
— Qu’est-ce que je dois faire Hanz... Aide-moi, je t’en prie... Guide-moi... parce que là, je sais plus...
— Je ne le pense pas capable de pouvoir divorcer déjà. Il t’aime trop pour ça..... Et puis laissez faire le temps... Vous n’êtes pas à plaindre quand même ! Vous vous aimez tout les deux à la folie et vous trouvez encore le moyen de faire les cons.. Merde alors !
— Hanz... ? Qu’est-ce que tu insinues là ? ...
Elle a évidemment compris que son ami tente de lui dissimuler qu’il est actuellement en train de souffrir le martyre, et cette vaine tentative la surprend plus que tout, car lui et son épouse sont censés former un couple des plus irréprochables.

— J’en sais rien... Mais je pense que tu as compris mon message sans que je n’aie à le détailler.
— Hanz !!! Explique-moi !!!!
Hanz se lève et commence à s’éloigner de son amie, qui va se dépêcher de l’interpeler :
— HANZ !!
— Je reviens dans deux secondes, bouge pas. Lui ordonne-t-il alors en réponse, en disparaissant dans la chambre qu’il occupe avec sa compagne, pour en revenir avec une boite de cachets.
— Qu’est-ce que c’est ? Lui demande Tiphanie en essayant d’analyser l’objet qu’il tient d’une main fébrile.
— Une boîte de pilules, se contente-t-il de lui apprendre avec un petit rire des plus faux, qui a pour but de camoufler une douleur grandissante qui commence à naître entre ses côtes.
— Que... Que... Je ne comprends pas, balbutie Tiphanie en le voyant revenir s’asseoir à ses côtés.
Il a jeté la boite de pilules à terre avant de la rejoindre et soupire désormais en fermant les yeux. Sa tête repose en arrière sur le haut du canapé. Il semble épuisé et las.
— Hanz... ? Reprend alors timidement Tiphanie en sentant son cœur se serrer, parce qu’elle est terrifiée a l’idée de découvrir la raison pour laquelle son ami semble souffrir autant, voir plus, qu’elle.
— J’ai vraiment besoin de te faire un dessin ?... Lui marmonne alors Hanz, en se redressant légèrement — je te pensais plus intuitive que ça...
— C’est une ancienne plaquette, forcément...
— Non, non, puisqu’elle est entamée.
— Où est-elle maintenant ?
— Chez ses parents. Tu sais bien qu’elle retourne de temps en temps à Mannheim.
— Tu es sûr que.. ?
— Oui, là-dessus je suis sûr, puisque je l’ai appelée ce soir même et j’ai eu Cédric et Sonia au téléphone.
— Cette plaquette ne prouve rien du tout Hanz. Tu lui en as parlé ?
— Non bien sûr, ces pilules ne me prouvent rien, sauf qu’elle m’annonce le désir de faire un enfant et en même temps, elle n’arrête pas sa pilule ! Alors moi, je trouve ça plutôt drôle.
— Bah, ma cousine aime le sexe... C’est tout.
— Arrête, ce n’est pas drôle !
— Oui, c’est vrai, désolée, s’excuse immédiatement Tiphanie, avant de redevenir sérieuse face a ce sujet des plus délicats, — et est-ce qu’elle sait que... ? Enfin je veux dire que...
— Non, elle ignore que j’ai trouvé ses plaquettes. Elles étaient enfouies dans le fond de son tiroir, sur sa table de nuit, et elle sait très bien que je fouille jamais dans ses affaires, alors elle n’avait rien à craindre...
— Et cette fois tu as fouillé.
— J’avoue.. Mais ça faisait déjà une semaine qu’elle était aussi chez ses parents... Et moi je m’ennuyais d’elle alors...
— Ça fait donc une semaine qu’elle pense jouer un petit jeu que toi tu as déjà démasqué ?
— Non. Enfin plus vraiment.. Parce que maintenant que je sais, bah je peux plus rien faire, je suis comme bloqué. J’ose pas le lui dire et j’arriverai plus à lui faire l’amour en sachant qu’elle joue.
— C’est pas le genre d’Elo de jouer.
— Alors, explique-moi ! Pourquoi est-ce qu’elle me dit qu’elle veut un enfant, si c’est pour ?
— Je n’en sais rien, l’interromps sans attendre Tiphanie — mais il doit y avoir une explication...
— Elle me trompe, forcément.
— Dis pas de conneries !

— Elle voulait un enfant, et puis tout d’un coup elle a flippé parce qu’elle s’est dit brusquement que finalement, c’était pas avec moi qu’elle voulait faire un môme !
— Tu dis n’importe quoi !! Tu deviens complètement paranoïaque mon grand !