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Le lendemain, c’est un dimanche, pour une fois ensoleillé, qui se lève sur Berlin, et sur une petite maison de banlieue..

Elsa est aux anges ce matin : se réveiller dans les bras de celui qu’on aime est ce à quoi aspirent toutes les femmes au monde.
Cette nuit a été bien remplie, ils ont fait l’amour longuement, avant de s’endormir l’un sur l’autre, épuisé, à même le sol, sur la moquette du salon.

— Je t’aime, lui murmure-t-elle tendrement en lui embrassant sensuellement le torse, — je t’aime, je t’aime, je t’aime..

Ces mots sont magnifiques... Mais ils ne l’atteignent pas ce matin ; il s’est réveillé en sueur, après de nombreux cauchemars, et il réalise à présent l’ampleur de sa lâcheté, de sa nullité, et de son manque de personnalité.

— On grignote quelque chose ? Reprends Elsa, tout sourire, malgré un pincement au cœur de constater le visage fermé de son compagnon.
— Non merci... J’ai pas faim, se contente-t-il de laisser tomber.
— Qu’est-ce qu’il y’a.. ? ose-t-elle enfin demander, en retenant ses larmes. —Tu regrettes, c’est ça ?

— Oui, répond-il avec une franchise qui perfore le cœur de la jeune fille allongée à ses côtés.

— Tout est ma faute.. Reprend-il en changeant de position pour se mettre en tailleur devant elle.

— Je veux me sevrer de toi, moi ! poursuit-il a nouveau, — je veux qu’on arrête tout ça... Que tu n’aies plus besoin de moi pour vivre... termine-t-il d’une voix de plus en plus faible.

— Mais toi et moi on est lié, je, je ne saurais jamais vivre sans toi... Et toi non plus au fond ! fait Elsa, les yeux humides, — qu’est-ce qu’il me manque pour te plaire Kurt ? Dis-le-moi...

— Rien Elsa, il ne te manque rien, soupire-t-il en se redressant, — le problème vient de moi, tout simplement. Toi, tu es parfaite, vraiment parfaite..
— Alors, aime-moi ! Aime-moi comme je t’aime Kurt ! Aime-moi ! Aime-moi... Aime-moi, mon amour...
— Tu es si mignonne... à penser que c’est si facile... lui sourit-il tendrement, avant de se reprendre, — je vais devoir y aller, j’ai plein de choses a faire aujourd’hui, alors je te dis a demain, au lycée... laisse-t-il tomber en se relevant doucement.

— Comment est-ce que je dois le prendre, ça ? Prononce difficilement la jeune fille, au bord de la crise de larmes.
— J’ai plein de choses a faire a la maison Elsa, tente-t-il de la rassurer en lui caressant les cheveux, avant de commencer a s’éloigner.

— À demain alors... réussit-elle a souffler, avec un désespoir évident dans la voix, — je.. Je t’aime.
Il continue son chemin, se baisse pour récupérer ses vêtements, éparpillés un peu partout dans la pièce, avant de s’habiller le plus rapidement possible. À croire qu’il prend le train, songe tristement Elsa.
La porte d’entrée claque doucement, il s’en va. Sans un mot, sans un sourire.
Il regrette amèrement cette nuit, c’est évident.
Le cœur en miette, la jeune fille se relève péniblement du sol pour se laisser tomber sur le canapé du salon.

Elle écoute tristement la musique que la chaîne Hi-Fi diffuse actuellement.
On me dit que nos vies ne valent pas grand-chose,
Elles passent en un instant comme fanent les roses
On me dit que le temps qui glisse est un salaud
Que de nos chagrins il s’en fait des manteaux,
Pourtant quelqu’un m’a dit que...

Que tu m’aimais encore,
C’est quelqu’un qui m’a dit que tu m’aimais encore.
Serait-ce possible alors ?
À croire qu’elle a été écrite pour elle...
On me dit que le destin se moque bien de nous
Qu’il ne nous donne rien et qu’il nous promet tout
Parais que le bonheur est à portée de main,
Alors on tend la main et on se retrouve fou
Pourtant quelqu’un m’a dit...

Les larmes aux yeux, elle se met à chantonner en chœur, avec la chanteuse, Carla Bruni.
Que tu m’aimais encore,
C’est quelqu’un qui m’a dit que tu m’aimais encore.
Serais-ce possible alors ?
Mais qui est-ce qui m’a dit que toujours tu m’aimais ?
Je ne me souviens plus c’était tard dans la nuit,
J’entends encore la voix, mais je ne vois plus les traits
« Il vous aime, c’est secret, lui dites pas que j’vous l’ai dit »
Tu vois quelqu’un m’a dit...
Que tu m’aimais encore, me l’a-t-on vraiment dit...
Que tu m’aimais encore, serait-ce possible alors ?
On me dit que nos vies ne valent pas grand-chose,
Elles passent en un instant comme fanent les roses
On me dit que le temps qui glisse est un salaud
Que de nos tristesses il s’en fait des manteaux,
Pourtant quelqu’un m’a dit que...