Oh non... Ce n’est pas un slow qui débute... songe tristement Tiphanie en reconnaissant aisément Staying alive.

Doucement, Kurt lui dépose un léger smack sur le bout des lèvres, avant de lui murmurer
— Je te laisse, je vais boire un coup en bas. J’ai la gorge archisèche !
Un smack... C’est tout. Rien qu’un smack. Il n’a même pas profité du fait qu’elle le rapproche sensuellement pour l’embrasser... Tiphanie est déçue.

Délicatement, il se décolle d'elle, la lâche, lui sourit, avant de s’éloigner tranquillement.

Le rêve est-il déjà terminé ?
Non. Elle ne veut pas que tout se termine maintenant !
Pas comme ça ! Non !

Arrivé en bas, Kurt soupire en haussant les épaules ; Dirk a disparu. Il va encore lui faire la gueule pendant deux jours, parce qu’il a été devancé.
Oh et puis après tout, s’il veut avoir des filles il a qu’à être plus réactif. Las de penser a son ami râleur et pas doué, il s’installe au bar pour commander un verre de whisky coca
Il regrette un peu d’être descendu comme ça, en la laissant seule là-haut, mais elle était si belle et désirable que s’il était resté plus longtemps avec elle, il aurait fait quelque chose qui allait faire fulminer encore plus son ami Dirk.
En plus, il s'abit de Tiphanie Gutter, la paysanne du lycée...
À cette pensée il n’a même plus envie de rire. Comment est-ce qu’une fille aussi banale avait pu se transformer en princesse de cette manière?
Une princesse.. Oui c’est ainsi qu'il la voit, complètement sous le charme. Il soupire en se souvenant de la manière dont elle a dansé contre lui tout à l’heure...
Elle était tellement sensuelle qu’il l’aurait bien prise sur-le-champ, sans hésiter, contre le Disc-Jockey..

— YATAAAAAAAAAAAAA !! lui crie soudain Tiphanie dans le dos, le faisant ainsi sursauter sur son tabouret
— Refais jamais ça !!!!! rétorque-t-il aussitôt, blanc comme un linge, en reposant son verre sur le comptoir, t’as failli me tuer là !! J’aurai pu m’étouffer !
— Y’a encore des slows en haut !! minaude Tiphanie de sa voix la plus mielleuse, alors tu reviens ?
Elle le cherche... Elle veut le forcer à faire quelque chose que Dirk va détester...

Mais il lui est totalement impossible de refuser : il se lève donc de son tabouret en esquissant son plus tendre sourire, avant de lui prendre la main pour la ramener là-haut.

— Eeeeuh... marmonne Kurt, une fois revenu dans le coin disco de l’établissement, c’est ça un slow pour toi ? En réponse, elle lui sourit en se retenant de rire.

— Viens on va s’asseoir alors, parce que si je danse Fawkoju, dès demain j’ai plus d’amis moi !
Cette fois-ci, elle ne se retient plus et éclate de rire, ce qui semble contagieux puisqu’il se met à rire discrètement lui aussi, en se laissant tomber sur le canapé le plus proche.
Elle semble hésiter, le dévisage avec suspicion puis fronce les sourcils. Les Gutters ne reçoivent d'ordres que de papa Sacha...

— Tu m’as mytho pour que je revienne ici alors maintenant t’assumes ! poursuit Kurt en riant a moitié. — Et je déconne pas ! Mitonner un Kurt, ça se paie très cher !
Elle rit encore et s'asseoit finalement à ses côtés.

Ce rire, ces lèvres qui s’entrouvrent sans cesse pour laisser échapper une telle joie de vivre ; il craque et se rapproche subtilement, bras en avant, pour l’attraper et la ramener vers lui.

Elle l’a vu venir, mais elle est ravie ; elle se laisse basculer en arrière et glisse une main dans son dos, tandis que l’autre fait pression sur sa nuque, comme pour l’inciter à l’embrasser, encore, encore, encore et encore...
Et à ce moment-là, la musique du Disk-Jocky change encore ; à croire que le destin souhaite les encourager...

Si c’est un rêve, je ne veux jamais me réveiller... songe Tiphanie, aux anges.

Cette poitrine écrasée contre son torse, ces cuisses qu’il caresse désormais sans retenues... Il va devenir fou. Elle lui plaît trop.
Il la veut, tout de suite, maintenant, vite!!!!.
En plus, elle est douée avec sa langue et répond a ses baisers de la manière la plus douce et sensuelle qui soit ; il va craquer et lui faire l’amour ici même si ça continue!!!.
— Ça te dit qu’on aille chez moi ? lui murmure-t-il entre deux baisers, les yeux enfiévrés de désir, en faisant glisser sa main droite sous cette fine robe tellement excitante...

Elle fait la moue et semble hésiter ; d’un coup il redescend sur terre et réalise qu’il vient de parler comme un salaud, comme il le fait toujours avec les « salopes » qu’il fréquente d’habitude
— C’était juste.. une idée comme ça... se reprend-il en souriant tendrement,
— L’ambiance boîte me fatigue, c’est tout, ne va pas t’imaginer des trucs pas nets...
Elle ne lui répond rien et revient sensuellement sur ses lèvres, mais il l’arrête après deux baisers,
— Arrêtes, si tu continues a me chauffer comme ça, il va se passer un truc qui va nous faire très honte... si tu vois ce que je veux dire.

— À ce point là ? le taquine-t-elle gentiment.
— Oui.. Tu imagines même pas à quel point tu me rends fou là !
Elle rit encore, avec un petit air taquin,

— Désolée..
— Je vais rentrer, je crois, tu veux que je te ramène ? Avec ma super moto qui a la classe ! fait-il fièrement, et si tu refuses, je m’offusque, je te préviens !!

— Une moto ?? s’exclame-t-elle, tu as une moto ?? — Ben oui.. Tu l’as jamais vue au lycée ?
— Eeuh.. Non ! répond-elle sincèrement.
— Bah ça va être l’occasion de la voir alors ! C’est un bijou, je te dis même pas les démarrages qu’elle fait !
— D’accord on y va alors, mais avant je veux faire des photos souvenirs en bas, d’accord ?? demande-t-elle avec un immense sourire charmeur, je veux garder une trace de cette soirée !!
— Si tu veux, répond-il gentiment ; c’est bien un truc de filles ça, faire des photos tout le temps...
Toujours en riant, les deux amants de la nuit rejoignent le petit photomaton du rez-de-chaussée, Kurt prend les devants et veut entrer en premier, afin qu’elle soit obligée de s’asseoir sur ses genoux.

Il tapote sur ses cuisses en lui chuchotant, — allez, allez, viens si-sit !
Elle obéit et le rejoint dans la cabine : c’est bien elle qui a demandé de faire des photos non ? Alors ça serait bien culotté de faire sa mijaurée maintenant quand même !

Gênée et rougissante, elle s’installe alors sur ses genoux, en essayant de sourire à l’écran de verre en face
— Kurt.. Murmure-t-elle tout bas en fermant les yeux : elle a bien senti ses deux mains qui se précipitent sur ses hanches pour remonter sensuellement jusqu’à sa poitrine...
Il ne lui répond plus et attrape ses deux seins pour les caresser délicatement, tout en déposant de dizaines de baisers sur ses douces épaules si fines... C’est si bon... Elle aurait bien envie de se laisser complètement faire, voire de se retourner pour l’inciter à aller encore plus loin, mais... Mais elle ne veut pas perdre sa virginité ici, dans un photomaton. Surprise, elle sursaute soudain en réalisant que le haut de sa robe vient d’être descendu discrètement par des mains habiles...
Morte de honte, elle remonte vivement sa robe en marmonnant, les sourcils froncés
— Kurt !!!
— Booarrff... quoi ? répond-il, en lui embrassant à nouveau les épaules, le nu c’est de l’art aussi...
— Oui, mais on fait pas du nu là ! Allez, souris et j’appuie sur le bouton !!!

Et les photos s’enchainent... Mais Kurt semble borné : il refuse de sourire à cet objectif qui ne fait que lui flasher les yeux.

— Souris allez... lui fait gentiment Tiphanie, — tu seras encore plus beau comme ça !

— Je supporte pas les photos, se contente-t-il de marmonner, et encore moins de faire le mariole dans un photomaton.
— Oh... Excuse-moi de t’avoir imposé ça alors...
— Pas grave, je survivrai. Se contente-t-il de répondre avant de l’inciter à se lever, pour qu’ils puissent sortir de là et s’en aller.
*

Moins de vingt minutes plus tard, la jeune fille est arrivée devant chez elle, raccompagnée par son amant qui lui offre un dernier baiser avant de remonter, seul cette fois, sur sa moto.
Elle ne veut pas que ce baiser se termine. Elle ne veut pas que cette nuit se termine. Elle ne veut pas que le rêve se termine.

— Fais de beaux rêves, se décide-t-il à murmurer en interrompant leurs baisers fougueux.

— Toi aussi... murmure-t-elle tendrement en essayant de sourire. Elle attend impatiemment deux mots, juste deux... :" à demain ». Mais malheureusement pour elle, il la lâche et remonte sur sa bécane. « À demain ».. Dis-moi « à demain »... le supplie-t-elle intérieurement en le regardant tourner sa clef de contact dans son engin, avant de presser d’un coup de pied l’accélérateur, pour démarrer et s’éloigner rapidement.
Ca y’est, le rêve est terminé.
Demain, il va retrouver ses amis et elle redeviendra « la Gutter », « la paysanne ».
Ses yeux commencent à s’humidifier, mais elle retient ses larmes en serrant les dents.
Demain, il va falloir qu’elle soit forte pour réussir à le regarder naturellement, sans repenser à ses caresses...
Elle soupire une dernière fois avant de tourner les talons pour rentrer chez elle. Aucun rêve n’est éternel...