
— Casanova, au rapport ?! fait Paula avec un sérieux pas réellement crédible, lorsque le concerné arrive enfin dans sa direction, à elle, et à Eva Beckers, apparemment encore dans la lune.
— Ça s'arrange pas tes soucis psychologiques, toi !! se défend Jeffrey en se riant de son amie.

- Eva! Tu as vu ça ? Comment il ose répondre à ses reines, ce mécréant ?
— Oh non ! Y a Scrubs ce soir, putainnnnnn j'vais encore le louper !!
— Eva… tu sers vraiment à rien…
— Gniii ? Mais pourquoi ?!

— Parce que nous vivons un moment important, Eva ! Parce que Jeffrey… Oui, Jeffrey ! LE, Jeffrey ! … Le macaque de ces dames est… est… EST AMOUREUX !!!!!!! Sonnez cloches divines, retentissez, trompettes célestes, aujourd'hui est un grand jour !!!

— GNEEEE !! MAIS ÇA VA, PAS LA TÊTE ?? en bondit de surprise – et de honte – Jeffrey.

— Regarde cet air niais, Eva ! C'est l'air du Jeff « gêné ». Le Jeff qui sait plus où se foutre parce qu'il s'est fait percer à jour par les drôles de dames, gnihihihi !!

— Si je chope la rediff de 14 h, demain, ça devrait le faire.

— Vous êtes vraiment deux psychos, toutes les deux !
• Musique qui passe dans le lecteur MP3 de Raph :p – Tell Me.

— Hey, Raphy ! Alors, on observe les étoiles ? questionne affectueusement le vieux Jakob en arrivant derrière l'interpellé perché sur l'un des piliers mousseux de la promenade du port.

— Non. Il n'y en a pas une seule, ce soir.
— Tu ne rentres pas te coucher ? Ni ne sort avec tes amis ?
— Non. J'avais envie d'être seul. Et toi ?

— Je t'ai vu par la fenêtre, et comme tu le sais bien, Jakob la fripouille s'inquiète toujours pour son gaillard !

— Est-ce que tu savais que les « Apologize » ont débuté de rien ? Comme nous avec les gars ?
— Tu ne digères toujours pas la décision de ta mère, toi…

— Oh si, t'inquiète, je ne suis pas vraiment déçu. Sa réaction était tellement prévisible que je l'attendais et donc m'y étais un peu préparé.
— Et tes amis ? Est-ce que c'était vraiment sérieux, pour eux, cette histoire de…
— Oui. Ils descendent sur Berlin dans cinq jours.

— Ah merde… Alors, ça nous laisse cinq jours pour convaincre ta mère.

— C'est peut-être pas la peine, parce qu'on a peut-être pas les moyens de percer comme les Apologize, finalement.
— Comment ça ? Pourquoi dis-tu ça, voyons !
— Parce qu'eux, ils avaient un chanteur de fous. Ce type qui pondait titre sur titre, c'était un dieu !

– Kylian Gutter. Oui. C'était un sacré petit gars…

— Tu déconnes ? C'était un dieu, un DIEU, oui ! Il avait trop de talent. Peut-être l'un des plus grands artistes de notre siècle.
— Ton idole, oui, oui, je sais !
— L'idole de tous les musiciens, Jakob ! … qui s'est flingué la santé. Moi, sa connerie me dépite.
— Il… Il avait des soucis.
— C'est pas une raison. Quand on est un dieu de la musique, je suis désolé, mais on se flingue pas à petit feu.
— Tu devrais rentrer, Raph'. Ta mère est encore sur les nerfs, et ton absence doit commencer à l'enrager.
— Ouais. Je vais y aller. Bonne nuit, Jakob.
— Bonne nuit, moustique !