• 184

    *

     

    184

    Le lendemain, en pleine après-midi, les deux tourtereaux Berlinois en cavale arrivent enfin dans l'enceinte de la résidence du petit appartement qu'ils ont loué il y'a quelques heures à peine, dans cette petite agence immobilière du centre-ville parisien qui leur a volé presque toutes leurs économie en leur réclamant trois mois de loyer d'un seul coup!

    184

    Alors lorsque le couple arrive devant l'enceinte de cette résidence, plus fauché que jamais et après une lutte contre la difficile langue française, ils sont finalement très heureux d'arriver lentement au bout de leurs peines! 

    184

    Une chance pour eux que le pays dans lequel ils arrivent aujourd'hui soit si compatissant envers les jeunes qui démarrent difficilement dans la vie, avec pour seules et uniques armes, leur courage et leur volonté.

    184

    Des jeunes français ayant vécu depuis leur plus jeune âge sur Berlin, qui sont désormais de retour sur Paris, leur ville natale, qu'ils baragouinaient avec assurance devant le gérant de l'agence immobilière avide de petites aventures de jeunesse :

    - "Que c'est beau d'être jeune! qu'il répétait sans cesse. Moi aussi, vous savez, quand j'avais votre age.. Et blablabla, et blablabla, pouvaient bien avoir envie de lui répondre ses deux interlocuteurs alors qu'ils plissaient frénétiquement les yeux pour tenter de comprendre un minimum le contenu de sa phrase.

    184

    Les Français parlent vite et en machant leurs mots, n'a pas tardé à remarquer Jeffrey ; et cela est des plus désagréable quand à l'école, on n'a jamais dépassé le onze de moyenne en français. Ana a plus de facilité à comprendre la langue que lui, cela dit. Fayotte! Lui a aussitôt rit Jeffrey en découvrant son aisance avec la langue des mangeurs de grenouilles.

    184

    Sans parler de cette obligation de payer d'un coup trois mois de loyer avant même d'avoir mis le premier pied dans son futur logement.. Non mais qu'elle aberration, franchement! Les jeunes allemands le digèrent encore difficilement. Les français sont des voleurs!!!

    Mais l'argent ne fait pas le bonheur et les deux amoureux sont fermement persuadés qu'ils ne mangeront des pâtes au beurre que durant leur premier mois de vie parisienne, puisqu'ensuite, ils auront trouvé tous les deux des emplois qui feront dégringoler avec délice et dans leurs comptes en banque, des salaires bien juteux!

     

     

    *

     

     

    184

    De son coté, Raphaël Bauer, lui, n'a pas de soucis d'argent, nonchalamment assis sur le canapé de la maison familiale, mais plutôt de douloureux de... moralité.

    184

    En effet, être responsable de deux assassinats est dur à vivre, avec le recul, pour ce jeune homme à la droiture habituellement exemplaire. Est-ce qu'il doit se pardonner, est-ce qu'il en a le droit, n'avait-il pas d'autres moyens de régler ce conflit?

    184

    La veille, de sa propre main et de ses propres doigts, il a ôté une vie : celle de Matthias Kayne, quand derrière lui, et avec une placidité à faire peur, son père de substitution en ôtait une autre : celle d'un ami, collègue, de celui qu'il venait d'assassiner...

    184

    Puis, et juste après ces deux et effroyables meurtres, les deux cruels assassins se sont pressés de charger les corps de leurs victimes sur un voilier afin d'aller les enterrer soigneusement sur une petite île non loin d'ici. Une petite île où plus personne ne va aujourd'hui... à part peut-être quelques familles aisées à bord de leurs bateaux de plaisance, pour aller se dorer la pilule sur la petite plage de galets blancs de l'endroit.

    184

    - C'est ouvert, annonce assez fort Raphaël en remarquant soudain que quelqu'un est en train de toquer à la porte de chez lui ;

    184

    ...une vieille amie, qu'il remarquera très vite en la saluant d'un timide sourire,

    - Tiens, salut, toi..

    184

    - Oh, oh, Lydia ne s'était donc pas trompée! Elle t'a donc bel et bien aperçu rentrer chez toi!!

    184

    - Comme tu peux le voir, oui.

    184

    - Et même pas tu te précipites nous passer le bonjour?! C'est moche!! taquine sans attendre la jeune fille en se rapprochant de son interlocuteur et ex-amant afin de se laisser tomber a ses côtés sur ce petit sofa.

    184

    - J'ai eu, disons... quelques petits soucis. Et toi sinon, ça va? En tout cas, tu es radieuse.

    184

    - Hum, merci! Mais de quels ordres, les soucis? n'attend pas pour questionner Jane avec curiosité : après tout, pourquoi serait-elle gênée vis-avis de ce garçon, alors qu'il est presque l'homme de sa vie?

    184

    - Hum.. C'est que j'ai pas vraiment envie d'en parler...

    184

    - Oh.. Hmpff..! Hum.. Des soucis musicaux? Mais à ce que j'ai cru entendre de la part de Tobinette, tout va pour le mieux pour vous, en ce moment!

    184

    - Oui de ce côté-là, tout baigne, on avance doucement, mais surement! Mais HUM...alors comme ça, tu discutes souvent avec Tob', toi? Il s'est bien gardé de me le dire, le saligaud!

    - Ça ne t'intéressait peut-être pas! taquine avec ironie la jeune fille, titillant ainsi la culpabilité de son interlocuteur qui l'a tout de même abandonnée pour une autre, alors que tout les deux étaient déjà, aux yeux de tous, le couple modèle du nouveau millénaire.

    - Tsss, j'avoue que je suis moins téléphone que Tob', se justifie très vite le jeune homme avec honte, - mais cela ne voulais pas dire que je t'avais oublié..

    184

    - Et avec, euh.. Machine, là.. Ça va toujours? met sans attendre un pied énorme dans le plat Jane avec un sourire large de quinze kilomètres qui en dit long sur sa tentative.

    - Fourbe, cette question est terriblement fourbe.. N'est pas dupe Raphaël dans un long soupir, - mais je vais te donner l'occasion de jubiler, puisqu'entre nous c'est fini depuis un petit moment maintenant...

    184

    - Oh, je suis désolée, s'excuse sans franchise la jeune fille, - mais pas attristée, pour être honnête, uh uh.

    - Méchante..

    184

    - J'avoue! Mais que s'est-il passé pour que celle qui t'a volé à moi réussisse ensuite à te perdre ? Elle a dû commettre une énorme.. connerie. Non?

    - Elle n'a rien commis du tout... Mais il y'a peu, j'ai découvert mes origines réelles. Et ça compromet tout.

    - Tes origines? Comment ça?

    - Et bien mon père n'était pas celui que je croyais, puisqu'il était en fait.. Le sien aussi.

    - La vache! Gutter?! s'en étouffe presque la jeune fille en écarquillant grand les yeux, - tu déconnes, non?!

    - Garde ça pour toi, Jane. Je ne veux pas que Lydia soit au courant, c'est mon petit secret, et je te fais confiance... en reste blasé et imperturbable Raphaël, - mais tu as le droit de rigoler, je comprendrais.

    - Je ne vais pas te cacher que c'est atrocement ironique ce qui t'arrive et que je me retiens d'exploser de rire, en effet.

    184

    - Bah ne te retiens pas, moi aussi je trouve ça terriblement...

    184

    - Même avec toute la cruauté du monde, je ne pourrais jamais rire de toi, Raph', alors ne me propose pas ça, idiot. Tu oublies qui je suis, tout de même!

    - Hmmm... Erf.. En effet, j'oubliais.. Ne peut s'empêcher de sourire avec émotion le jeune homme en passant délicatement un bras autour des épaules de son interlocutrice pour la ramener contre lui ; en effet, il oubliait bel et bien ce qu'il représentait pour cette jeune fille et ce qu'elle, elle représentait réellement pour lui...

    184

    Ce premier amour..

    184

    ~ Mais le premier amour n'est-il pas toujours le dernier ...? ~

    184

    "La magie du premier amour est d'ignorer qu'il puisse finir un jour" [Proverbe afhan]


  • 185

     

    *

     

     

    185

    - Sérieux, tu repars avec lui? s'étonne ce matin la jeune Lydia en direction de sa meilleure amie. En effet, celle-ci lui a annoncé son projet de revenir a Berlin avec son ex-petit ami, lorsqu'il sera temps pour celui-ci de quitter de nouveau Klausdorf.

    185

    - Bah.. En hausse alors les épaules Jane avec malice, - c'est Raphaël, hein.. Et je suis Jane! Il y'a des choses qui ne s'expliquent pas!

    185

    - Mais vous n'êtes pas revenus ensemble, non?

    185

    - Hum.. Non.

    - Dans ce cas, où est-ce que tu vas dormir?! Au local des garçons? Avec Wilfrid et Tobias?

    - Non, bien sûr que non.. Sourit de nouveau Jane avec ce petit air coquin qui en dit long sur ses pensées actuelles.

    185

    - Uh uh uuh! Et bien.. Je suis heureuse pour toi, alors! Même si ça me fait un peu peur, tout ça. En espérant qu'il ne se fiche pas de toi! Et le lycée? Tu penses que le sien, sur Berlin, te reprendras de nouveau? Tu es sûre d'y avoir encore une place?

    185

    - Du tout, j'y vais à l'arrache! Au pire, je termine mon année au mc Do.

    185

    - Putain, ça serait quelqu'un d'autre et je tomberais des nues, mais venant de toi, parce qu'il est question de Raph', je crois que ça ne m'étonne même pas, en fait! Mais sinon, ta mère, elle est d'accord avec tout ça? Ou pas encore au courant?

    - Oh, elle.. Bah, je lui laisserais un petit mot lui annonçant que je remonte sur Berlin, et elle le lira en souriant, persuadée que je suis toujours cet enfant sage et responsable!

    - T'as de la chance qu'elle soit aussi space, décidément, se retient d'en rire Lydia dans un soupir, - car moi je ne pense pas que je pourrais te rejoindre avant au moins, cet été, VDM..

    - Ça a en effet quelques avantages d'avoir une mère à l'ouest de la vie, et ça m'arrange, je dois bien l'avouer.

    - Mouais.. Mais en tout cas, prends bien soin de toi là-bas, hein, car c'est moyennement "sain" d'aller vivre rien qu'avec lui, sans avoir la moindre certitude sur...

    185

    - Je suis certaine d'avoir ma chance aujourd'hui, Lydia, ne t'en fais pas pour moi! De toute manière, je n'arrive pas a rester loin de son sillage, donc il faut que je remonte avec lui! Car Raphaël et moi, c'est, disons..

    185

    - Pour la vie, je sais.


  • 186

    *        *

    *

     

    186

    - C'est la deuxième fois qu'il nous fait le coup! bougonne aujourd'hui Terry à ses compagnons, accusant ainsi l'absence de leur comparse Raphael, une nouvelle fois enfuit dans son village natal.

    - Il a de nouveau des problèmes... persos, défend comme d'habitude Tobias, dans un long soupir, - ce sont des choses que tout le monde peut comprendre, je pense..

    186

    - Il parait que tu vois beaucoup Eva, toi, en ce moment, intervient soudain et sans aucune retenue Wilfrid, en direction du jeune blond de la bande, - tu n'as pas l'impression de.. ramasser les restes, en agissant ainsi, dit?

    Ouch. Que le malheureux n'a-t-il pas osé faire en balançant une telle taquinerie, ouch.

    La réaction du bassiste de la bande est immédiate : en moins de deux, sa main gauche agrippe avec fureur le cou de celui qui vient de se moquer de lui ouvertement,

    186

    - Je ne ramasse pas les restes, connard! Je récupère ce qui m'appartient! qu'il hurle.

    186

    - TERRY! gronde Tobias dans la seconde en jaillissant hors de sa batterie, un peu effrayé d'un éventuel pétage du câble du blondinet ; la colère pourrait-elle déclencher une furieuse bagarre entre ses deux amis musiciens? Il le craint terriblement. Cela serait peut-être la goutte d'eau qui finirait de faire exploser le vase de la cohésion de leur groupe...

    186

    - Oh la la, j'ai touché un point sensible! se plaît a provoquer Wilfrid avec ironie en ne se débattant même pas : à croire qu'il ne pense pas son ami bassiste capable de lui faire le moindre mal.

    Et pour cause, ce jeune blond n'est habituellement pas de nature violente, préférant souvent les coups discrets dans le dos, les attaques subtiles et recherchées, aux attaques de front.

    186

    - Terry, lâche-le, allez, reprend une nouvelle fois Tobias avec anxiété, - et toi, Wil', arrête de chercher la merde sans arrêt... Vous faites autant pitié l'un que l'autre, c'est pathétique!

    - Pourquoi est-ce que le fait qu'elle revienne vers moi serait aussitôt assimilé comme un ramassage de restes de ma part? questionne tout de même le blondinet exaspéré, en laissant tomber sa victime au sol pour serrer furieusement les poings, - expliquez-moi les raisons de ce favoritisme envers Raphaël... Sachant que c'est lui qui me l'a..

    186

    - Ce n'est pas lui, c'est elle est repartie deux fois vers lui, Terry, rappelle Wilfrid avec toujours autant d'ironie que précédemment, - alors, je ne veux pas être méchant, mais si tu ne comprends pas ce que cela veut dire réellement...

    - Je sais ce que cela veut dire. Mais cette fois, il l'a larguée, et..

    - Et toi tu te précipites la ramasser à la petite cuillère! Pour la troisième fois! Non mais tu ne te trouves pas un peu naze, des fois?! Un peu déficitaire d'honneur?! De fierté?!

    - J'vais t'buter!! Taaaaa gueule!

    186

    - Vos gueules a tous les deux, s'agace soudain le batteur de la bande avec virulence, excédé par les comportements puérils de ses deux amis,

    - Wilfrid arrête de la ramener sans arrêt pour juger les faits des uns et des autres, c'est insupportable à la fin! Et toi, Terry... Euh.. Te demander d'arrêter d'être l'opportunisme incarné serait vain, c'est sûr, alors fait ce que tu crois être bon pour toi! L'essentiel étant que l'on soit tous les quatre heureux et épanouis, pour pouvoir nous donner à fond dans le groupe, sans tenter de nous arracher les tripes au premier dérapage! En plus, vu la majorité des échos que j'ai eu sur l'histoire Eva/Raph', c'est, entre eux, et à mon humble avis... Définitivement terminé!

    186

    - Des échos? Quels échos?! n'attend pas pour revenir Wilfrid a la charge, les yeux brillants de curiosité.

    - WIL' ! gronde à nouveau le jeune batteur avec un agacement palpable, en se retenant d'emplâtrer le concerné, - tu vas te mêler de tes fesses, un jour, OUI ?!

    186

    - Pfffft, mais comment t'es pas drôle, toi!! Rohh, et puis ne dis rien, va! Pffft, je finirais bien par les avoir, tes échos! Puisque tu oublies qui est ma copine, pour Eva, niah-ah-ah!

    - Si tu le dis, se désespère Tobias dans un soupir en levant les yeux au plafond, plus que blasé.

     

     

    *        *

    *

     

     

    186

    Deux jours plus tard à peine, Raphaël est de retour sur Berlin.

    Il n'aura pas trainé, sur Klausdorf, bien conscient des nombreuses inquiétudes qui ont tiraillé son groupe de musique à son sujet.

    Et puis sa mère va un peu mieux, aujourd'hui.. À part bien sûr, de nombreuses séquelles morales, qu'il en reste persuadé, même si celle-ci ne veut absolument pas l'admettre devant lui.

    186

    Mais il l'a confié à Jakob... Protecteur désormais invétéré qui a décidé, la veille, de vendre son appartement pour s'en aller vivre avec sa vieille amie. Cela sera mieux ainsi, pour la protéger. Et du coup, cela rassure terriblement le rejeton de la concernée.

    186

    Rejeton qui, ce soir, est assaillit par de nombreux doutes et angoisses, alors qu'il est pourtant allongé comme un vieux sac sur son lit, mains derrière la tête et regard dans le vague. Avec une ex-petite amie qui bouquine un magazine féminin à ses côtés.

    186

    Elle est encore plus jolie qu'à l'époque.. Qu'il constate toujours dès qu'il pose un oeil sur sa frimousse et sur ses courbes délicates qu'il connait par coeur et mieux que quiconque.

    186

    Oui parce que lorsqu'il s'avoue que cette demoiselle a été son premier amour, il se rappelle aussi que sexuellement parlant, elle a été sa toute première expérience..

    186

    Un dépucelage magique que cette nuit-là avait été, pour tous les deux!

    Oh, mais purée que oui, qu'il s'en souvient avec émotion, tellement qu'elle était mémorable! Ils avaient beaucoup ris, ensemble, ce soir là. Entre la miss qui riait aux éclats de ses tentatives de cunnilingus -parce qu'il la chatouillait, soi-disant!!- et lui qui avait ensuite du mal à "trouver le trou", l'expérience fut mémorable...

    Mais magique.

     

    ~ Romeo & Juliet ~

     

    186

    Pourtant, et malgré tous ces souvenirs merveilleux qui ne font que lui répéter sans cesse que cette jeune fille qu'il connait si bien -et qu'il a pendant si longtemps considéré comme la femme de sa vie-, il se sent atrocement maussade, ce soir... Voire morose.

    Ou encore, et carrément même, horriblement malheureux.

    186

    Elle lui manque tellement... Sa Juliette.

    186

    Elle qu'il n'arrive décidément pas a considérer comme une soeur, alors qu'elle a, et ça, il devrait pourtant finir par bien se l'imprégner dans le crane, en noir, en blanc, et en couleur, la moitié de ses gênes...

    186

    Ce qui reste énorme, tout de même. La moitié, de ses propres gênes!

    186

    Le même père!

    186

    C'est idiot, mais il ne réalise toujours pas.

    C'est crétin, mais de ce père, il ne se sent toujours pas le fils.

    186

    Kylian Gutter. Le grand, le célèbre, Kylian... Gutter. C'est de lui dont il devrait se vanter d'être l'enfant.

    186

    Boarf! Mais comment pourrait-il finir par l'accepter...? Et ce même s'il a souvent essayé, de réaliser fils de cet homme célèbre, il.. il..

    186

    .. Il a toujours finit par redevenir un Bauer, surtout lorsqu'il repense à cette jeune fille qui hante désormais ses fantasmes les plus fous et pervers. 

    186

    Il n'y a rien à faire. Il ne sera jamais un Gutter dans sa tête. Parce que cette fille, cette brune là qu'il aime à en crever, il ne la considèrera JAMAIS, comme une soeur!

    186

    Il se répugne cependant et mentalement pour l'avoir imaginée une fois de plus en train de se dévétir sous ses yeux en le suppliant de lui faire l'amour. 

    186

    Mais il n'y a pas que cet insoutenable amour impossible qui flingue sans cesse le moral du jeune Bauer, dès qu'il se retrouve enfin seul avec sa conscience et son esprit... Parce que aujourd'hui, il y a plus que ça !

    Puisque comme si le fait d'avoir perdu ce grand amour ne lui suffisait pas, il a fallu qu'il s'en aille tuer un homme de ses propres mains pour se donner encore plus de raisons de se haïr. Mais c'était pour la bonne cause, qu'il tente toujours de se justifier désespérément pour soulager sa propre conscience. En vain....

    - Hey, ça va? le fait soudain sursauter sa voisine de lit, l'air perplexe.

    - Euh, oui, pourquoi?! qu'il lui répond, fébrile, alors qu'une goutte de sueur lui dégringole le long du front.

    - Tu es tout pâle. On devrait se coucher. Tu as surement une grosse journée, demain!

    - Ouais, pas faux.. Excellente proposition.

    - Je sais! Allez, bonne nuit! Fais de beaux rêves..! De moi... ? Uh uh uh!

    Amusé, Raphaël offre un clin d'oeil amical à son interlocutrice, avant de se tourner sagement de son côté du lit. Il espère trouver le sommeil assez vite, pour honteusement pouvoir rêver d'elle de nouveau.

    Puisque ce n'est plus que la dernière chose qu'il ait encore le droit de faire, avec elle...Se souvenir.

    ♪ You and me, Babe... How about it..? ♪