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    C'était à prévoir et cinq minutes plus tard, Raphaël se rue à son appartement en appelant sa fiancée comme un dératé, l'air désespéré. Sur place, il trouve sa mère qui n'a pas bougé des lieux depuis tout à l'heure et s'interloque aussitôt de sa présence,

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    — Ma..Maman ? Que fais-tu là ? Où est Éva ?!

    — Je.. Je.. Eh bien, on s'est un peu disputé et elle.. Elle est partie retrouver son amie Ana, je crois..

    — Elle est chez Ana alors ? OK, merci !

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    — Au garage, je crois, enfin, c'est ce qu'elle a dit, et... bref, tant que je te tiens, Raph', s.t.p., j'aurais besoin de te parler un peu, car je.. J'ai l'impression, depuis quelque temps, que vous me reprochez quelque chose... Surtout Éva, et je me demandais ce que...

    — Tain elle est infernale ! Qu'est-ce qu'elle branle là-bas, dans son étât ? Ça fait combien de temps qu'elle est allée rejoindre Ana?! Elle est où maintenant ?! S'excite Raphaël en ignorant les propos de sa mère et en cherchant nerveusement son trousseau de clefs pour ressortir.

    — Un quart d'heure peut-être, je ne pense pas plus.. Lui répond toutefois sa mère avec timidité et anxiété.

    — OK merci maman, et au revoir, fait immédiatement Raphaël avec empressement avant de filer sonner à l'appartement Beckers en espérant y trouver sa moitié. Bien entendu personne ne lui répond, et pour cause la demeure est vide ; Raphaël se met donc en chemin vers l'ascenseur avec l'idée de se rendre au garage. Sur place, il s'agace évidemment de constater l'apparente panne de la cabine et beugle avec dépit sur ce fait, tout en se précipitant vers l'escalier de secours.

     

     

     

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    — Éva ?!? Tu es là ?!! appelle Raphaël en déboulant dans le garage et en trébuchant à moitié sur une marche à cause de son empressement.

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    Son estomac est plus noué que jamais et sa gorge le brûle étrangement ; c'est la première fois de sa vie qu'il ressent une terreur d'une telle intensité l'envahir. Une sorte de pressentiment l'assaille, mais sans qu'il n'en sache réellement la cause.

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    Sa respiration s'accélère alors qu'il descend la dernière marche de l'escalier, en même temps qu'une sensation terrible lui tord les boyaux ; l'impression d'avoir manqué quelque chose, le sentiment d'être en train de perdre une pièce vitale à son existence, voire de l'avoir carrément déjà perdue.... Et quelques secondes plus tard, son souffle se coupe alors que son regard se porte enfin vers cette silhouette à l'autre bout garage.

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    Celle d'un homme.. Quel le jeune Bauer à aussitôt reconnu.

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    Très vite, le concerné tourne alors avec hâte la tête dans toutes les directions afin de chercher celle qu'il est venu chercher ici, pour la trouver très vite ensanglantée et inerte, au sol.

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    A cet instant, le jeune homme réalise ses craintes les plus profondes devenir réalités.

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    Comment cela pouvait-il être possible ? De passer si vite du bonheur ultime au désespoir le plus intense ?

    Et dire qu'il y a moins d'une heure, la date de son mariage était en train d'être fixée...

    Ce n'est que ce souvenir-là que Raphaël se remémore en cet instant, alors que son corps tout entier reste figé sur place. Il en blêmit. Il a été rare dans sa vie qu'il se mette à trembler pour quelque chose, à ressentir un quelconque sentiment de peur, mais aujourd'hui, ce jour-là semble arrivé. Pour la toute première fois de son existence, Raphaël est terrifié. Paniqué. Pratiquement axsfyxié de terreur. Un gouffre s'ouvre lentement sous ses pieds et commence à l'engloutir.

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    Samuel, à l'autre bout du garage, constate son arrivée sans surprise. il l'attendait avec impatience et en serre déjà les poings de toutes ses forces tout en fixant son plus grand rival droit dans les yeux. Enfin ! Le moment était arrivé. Enfin ! L'affrontement final allait débuter. Dieu qu'il en avait rêvé, de ce moment. Celui où il l'écraserait à son tour, le rabaisserait et l'humilierait comme jamais. Celui où il le verrait souffrir comme il n'a encore jamais souffert. Celui où il graverait dans le calendrier la date de son éradication, de sa perte.

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    Mais cette haine effroyable que Samuel ressent pour son pire ennemi lui fait honte. Terriblement honte. Elle l'humilie parce que par sa faute à lui, ce sale blanc-bec prétentieux, il s'apprête peut-être à commettre la plus grosse erreur de sa vie. En effet, lui qui est d'ordinaire si minutieux, si habile, facétieux et discret, lui qui se riait des services de police et qui n'avait jamais été coincé dans aucun état où il avait pourtant sévi, parce qu'il était bien trop intelligent et organisé pour cela, avait enchaîné les erreurs de novices aujourd'hui ! Sa toute première ayant été de se plonger dans ses souvenirs alors que sa victime appelait tranquillement du secours. Cette petite idiote... qui était finalement la cause de tout, car à force d'occuper la presque intégralité de ses pensées, elle finissait par le rendre plus faible que jamais... Et cela le rendait fou de rage ! Car il était tout, sauf faible !

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    Et c'est ce qu'il s'apprêtait à prouver au playboy incestueux qui le narguait droit devant lui, avec sa face de dégénéré malade ! Dans quelques minutes, et il s'en fait la promesse, il ne sera qu'en train de s'acharner sur son petit minois d'asexué pathétique ! Quitte à ce qu'ensuite il doive repartir en cavale pour échapper à la justice, parce qu'il aura pris de gros risques en restant ici bien plus longtemps qu'il n'aurait du ! Tant pis ! Il le démolira de ses mains, ce minable travesti ....

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    De son côté, Raphaël entre peu à peu en transe, et pour la première fois de sa vie, perd lentement pieds avec la réalité. Subitement, et aussi vivement qu'un félin, sa raison l'abandonna et il se rua vers celui qui était la cause de tout. Il n'avait pas besoin de discours, d'explications, ni d'une minute de plus pour observer la scène. En l'espace de quelques secondes, il l'avait déjà analysée. Ana et son fils étaient inertes dans un coin et entre deux voitures. Et sa fiancée se trouvait à quelques mètres de lui, ensanglantée et inerte ; blessée et inanimée. Sûrement déjà morte. Après tout, pourquoi aurait-elle survécu à la cruauté de la vie ? Puisqu'ici-bas, les âmes pures ne gagnent jamais. Puisque dans ce monde noir et cruel, seules les lois des plus forts, injustes et cruels, ne peuvent régner !

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    Cela suffisait. La coupe était pleine. Il fallait que cela cesse. Et Raphaël ferait en sorte que cela arrive. il n'avait de toute manière plus rien à perdre... Ne sommes-nous pas tous des animaux, après tout ? L'être humain n'était-il pas né animal avant d'être régenté par mille lois ?

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    Trop d'interdictions clament à l'homme qu'ôter la vie à autrui est mal ! Que tuer son prochain est interdit et passible de punitions graves ! Qu'à cela ne tienne... Raphaël décide que quitte à être puni pour avoir été loyal dans un monde hypocrite, autant qu'il fasse tomber avant ça et de son socle, une tête malsaine, perverse et psychopathe, avant d'être mené au bûcher des âmes honnêtes.

     

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    De.. De... que, que... bafouille soudainement Samuel en sursautant sur place suite au hurlement strident de sa meilleure amie, la stupeur le fait brusquement émerger d'une sorte d'état second. Il en tremble ensuite d'étonnement et d'incompréhension,

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    — Je, je.. quoi ?! qu'il bégaie en direction d'Éva dans l'espoir d'avoir des réponses,

    — Je t'en supplie ! Je t'en supplie !!! Samuel !! Je t'en supplieeeeeee !!! Pitiéééééééééé ! Ne lui fais pas de mal, je t'en prie, je t'en prie !

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    — Mais ce.. Je n'ai rien... Mais je... Ce n'est pas moi.. Lui geins en retour le jeune assassin avec détresse, — je, je.. mais quoi? Je... qu'il hésite quelques instants avant de se reprendre vivement en retrouvant son intonation brutale,

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    — Les faibles n'ont pas leur place dans ce monde ! De quel droit as-tu osé m'interrompre, toi !!!

    Espèce de psychopathe... gémit Raphaël avec difficulté et en peinant à se redresser,t'es un malade, un grand malade... 

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    — Regarde le bien, Éva ! Car dans moins de deux minutes, tu n'auras plus que son souvenir !! prévient Samuel avec impassibilité et en fixant son interlocutrice droit dans les yeux. Tuer son rival sous le regard de sa belle sera pour lui délicieux,

    — Samuel, je t'en supplies, ne fais pas ça, l'implore Éva avec désespoir, — ce n'est pas toi, Sam, je le sais, ce n'est pas toi ! Alors, reprends toi, je t'en prie. Le vrai Samuel ne peut être capable de cruauté ! Et tu le sais, toi ! Tu le sais, n'est-ce pas !! Hein, que tu le sais ?! Que ce n'est pas toi, tout ça.. 

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    — Ne t'inquiète pas, il ne te fera plus jamais de.. de mal... renvoie Samuel d'une voix désormais  abattue et désespérée, tout en levant lentement son couteau en l'air.

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    Sam...? Questionne sans attendre Éva avec suspicion et inquiétude ; la lame de l'arme blanche ne se dirige pas vers son homme et cela la rassure en un sens, tout en l'intriguant énormément. Cela serait-il une ruse ? Ou quelque chose d'incensé?

    — C'est dans la logique des choses, n'est-ce pas ? J'ai vu captain Obvious passer en fond de décor... Le méchant doit sauver les gentils ! l'informe Samuel dans un rire nerveux en se plantant vivement et de toutes ses forces, son propre couteau dans l'abdomen, se poignardant ainsi profondément en tournant sa lame dans sa plaie afin de s'éventrer avec gravité, avant de tomber en avant et sur les genoux pour se tordre de douleur au sol en laissant échapper de ses lèvres une giclée de sang.

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    Tu.. Tu... n'en revient pas Éva en fixant, l'air ahuri, son ami qui se vide de son sang sous ses yeux,  — tu, tu... tu t'es...

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    — Je ne voulais pas m'en prendre à toi, tu sais... gémit péniblement Samuel en se tenant fermement sa plaie béante qui continue de déverser abondemment son propre sang.

    — Raph' ?! Se dépêche de faire Éva en ramenant son regard vers son fiancé plutôt que vers celui qui la terrifie au plus haut point au vu de ses changements de personnalités étranges et anormaux. Péniblement et avec difficulté, elle se traine sur les fesses jusqu'à son petit ami malgré son corps tout entier qui la fait terriblement souffrir, en le rappelant plusieurs fois, d'une petite voix inquiète et faibleRaph.. ? dis moi quelque chose...Je t'en pries...

    — Et toi, est-ce que.. Est-ce ça va.. E..Éva... ? Lui renvoie le concerné d'une petit voix, tout en s'accrochant pour ne pas perdre connaissance suite à la quantité de sang pourtant importante qu'il a perdu ; Samuel lui a asséné de nombreux coup de couteaux et désormais le jeune Bauer lutte de toutes ses forces pour ne pas fermer les yeux, pas vraiment certain d'être en mesure de les réouvrir un jour s'il se laissait ainsi aller.

    — ça va, oui... répond Éva à son petit ami, avec angoisse et inquiétude en réalisant qu'ils n'ont que les escaliers de secours, à l'autre bout du garage pour sortir de leur garage pour chercher de l'aide ; et vu leurs états à tout les deux, autant dire que cela ne sera pas une mince affaire...

    Éloigne-toi de lui, Éva.. Grogne faiblement Raphaël à moitié conscient, mais terriblement inquiet du fait que le psychopathe des lieux soit encore en vie, éloigne toi de lui, il est ma..Malade!

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    — Je ne voulais pas.. Gémis de nouveau Samuel les yeux embués de larmes, — ce n'est pas de ma faute, je le jure...Arrête de me traiter comme ça, connard!!!

    Tu ne voulais pas, mais tu l'as fait, sale psychopathe... rage péniblement, mais avec toujours autant de haine, Raphaël,

    — Arrête Raph', il.. il est malade, déglutit douloureusement Éva en dévisageant son ex-ami avec inquiétude — ce n'était pas toi, n'est-ce pas..Sam... Il y a quelqu'un d'autre en toi, comme une autre personnalité, c'est ça..?

    — Pourquoi ces questions... se refroidit à nouveau Samuel, mais avec toujours plus de tristesse dans la voix, — tu ne me croiras pas de toute manière.... Toi qui ne m'as au fond, jamais fait confiance... Je ne sais même pas si tu m'as déjà considéré comme un ami rien qu'une seule fois dans ta vie...

    Agacée par ces dires totalement erronés, Éva s'énerve brusquement et donne un grand coup sur la tête de son bourreau, en le cinglant avec énervement et déception,

     

    Vidéo I

    Video II

    (Les versions youtube ci-dessous si pas accès à Viméo!)

    Video I

    Video II


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    ♪ You raise me up - Secret Garden ♪

    *En souvenir de Kylian, pour les vieux qui ont lu Apo, si vous vous souvenez que cette chanson a illustré le retour de Kylian auprès des siens, alors qu'il était au plus bas, je suis fière de vous xD 

     

     

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    — Salut copain, ça fait un bail... sourit timidement Zell à destination de cette pierre tombale qu'il chérit tant. 

     

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    En effet, cela faisait un moment que les ex-Apologize ne s'étaient plus réunis ainsi autour de leur défunt ami, Kylian Gutter. Mais aujourd'hui, ils avaient un peu de temps avant de quitter provisoirement les terres allemandes, et ils ne voulaient pas le faire sans passer ici le saluer, lui échanger quelques paroles, voire larmes... Yann Leiner avait en effet beaucoup de mal à retenir son émotion aujourd'hui, mais sa pudeur le faisait très vite s'essuyer les yeux d'un revers de manche de costard ! Ce type enterré là devant lui était l'un de ses meilleurs amis, un être qui lui manque encore aujourd'hui énormément, une présence qui fait toujours défaut à son existence même plus de vingt ans plus tard... Il y a des êtres que l'on n’oublie jamais. 

     

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    Kylian était de ceux-là. Et les larmes qui perlaient aux creux des yeux de ces hommes pourtant durcis par la vie le prouvaient bien. 

     

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    — Il s'est vraiment passé des trucs de fous ici, ces dernières années, reprend avec un peu plus d'énergie Yann, souriant même légèrement, — c'était parfois digne d'une série télévisée tellement que c'était... 

    — Incroyable ! le complète Gérald Braun, — tu aurais été fier d'eux, Kyle. 

     

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    — De lui, appuie un peu plus Romuald Gruber, — tu aurais été terriblement fier de Raphaël. L'avoir à nos côtés à l'époque était vraiment un régal, ce gamin était ta réincarnation, avec la sagesse en plus ! Termine le blondinet dans un petit rire. 

    — Éva. N'oublie pas Éva, ajoute Erwan Muller — Éva vaut largement ses frères. À tous les niveaux. N'oubliez jamais Éva ! 

    Les yeux du pianiste s'illuminaient lorsqu'il parlait ainsi. De la prunelle de ses yeux, bien aussi importante voire plus encore, que son propre fils de chair. Il l'avait élevé, et était plus que fier de ce qu'elle avait fini par devenir. Il ne la jugeait que comme sa propre fille !

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     — J'avoue pour Éva, revient Gérald — il en faut en effet du courage pour se dresser ainsi contre le monde et la morale. Pour.. Pour n'écouter que son coeur et faire ce qu'on désire réellement. 

    — Niveau courage, Jeffrey reste mon idole, s'étire en souriant Yann, — Jeffrey est un warrior ! On pourrait écrire un roman de sa vie !

     — Jeff prenait dix ans de maturité quand deux seulement s'écoulaient, appuie Erwan avec émotion, — C'est Jeff, la réincarnation de Kyle, pas Raph'.

     — Mais grave, il sauvait une prostituée de ses maquereaux ! Il adoptait un orphelin battu, il.. Il.. Narre joyeusement Zell, l'air radieux.

     — Il tombait aussi dans la drogue, comme toi Kyle, souffle Erwan en fronçant les sourcils, avant de rajouter en retrouvant le sourire, — mais rassure toi, il a su arrêter.

     — À t-il réellement tout arrêté, t'en es sûr, toi ? Reste sceptique Romuald sur une pointe d'inquiétude.

     — Oui. La naissance de son fils lui a fait prendre dix ans de plus, sérieusement !

     — Il a été chef d'un gang, continue Zell, avec toujours autant de fierté dans le regard d'avoir côtoyé un gamin qui en avait fait plus dans son début de vie que lui même durant une quarantaine d'années pourtant bien remplies !, — il a fait trembler des gens, il en a mis à genoux, tain' Kyle, si t'avais pu voir ça....

     L'ambiance d'euphorie retombe lentement suite à cette phrase et les visages s'assombrissent.

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     Yann prend alors les devants.

     — Vous savez que Kurt remarche ?

     — Sérieux ?! Se précipitent en choeur ses comparses.

     - Certain, c'est Tiphanie qui me l'a dit. Il en est encore aux béquilles et fait peu de mètres, mais ses médecins sont très confiants. Bon il ne galopera jamais comme un cabri, mais il va retrouver un minimum de mobilité avec le temps.

     — C'est une super nouvelle ! J'espère qu'il continuera ses progrès. Mais on oublie de célébrer les TroubleMaker avec tout ça ! Tu as vu leur percée dans le monde de la musique, Kyle? Ces mômes nous ont vengés !!! s'exclame joyeusement Romuald, plein d'estime pour le groupe des gosses qui étaient une sorte de relève pour les «Apologize/Memories».

     — Mais clair, les TroubleMaker étaient terriblement bien partis, t'avais vraiment fait du bon boulot avec eux, Erwan, sourit Yann Leiner.

     — Je n'ai rien fait, moi. Se décharge de toute gloire l'humble pianiste.

     — Si si, tu leur a apporté la maturité d'un adulte, ils en avaient besoin, et tu as été un sacré boost pour eux, alors accepte les félicitations pour tes bonnes actions un peu, couillon ! Lance Yann avec amusement.

     — Ils avaient juste besoin d'un leader sans cependant oser en désigner un parmi eux... Mais le talent, ils l'avaient réellement sans moi. C'est ma plus grande déception, Terry ou Tobias auraient dû avoir plus de couilles pour prendre les commandes de l'un des meilleurs groupes de ces dernières années. Voire Raphaël... Mais il avait tellement à penser à ce moment-là qu'on ne peut pas le blâmer.

     — Ou Wilfrid ? Intervient Zell — il avait la gniac ce petit!

     — Tu rigoles ? Éclate de rire Yann — Wil est pire que moi à l'époque ! Ce môme osait des trucs que même moi dans mes pires délires je ne les aurais jamais imaginés !!

     — Wilfrid regorgeait de talent, mais n'avait en rien l'âme d'un leader, en effet, ajoute sagement Romuald — j'aurais aimé savoir ce qu'il est devenu depuis son départ pour la nouvelle Calédonie.

     — Les copains, j'ai envie de chialer, intervient Gérald d'une petite voix, — alors ça serait cool qu'on s'en aille, parce que tout ces souvenirs, moi, ça me donne envie d'aller me rouler en boule dans un coin pour chialer toutes les larmes de mon corps ! Par..parce que quand on voit tout ce qu'on a traversé, et vu ce que nos petiots ont traversé, bah... Bah ça fait chialer quoi !!! Et la plus grande fierté de ma vie, je dois dire que c'est de les avoir connus...

     — Et aussi d'avoir été l'un des meilleurs amis de leur père, sourit Yann en laissant rouler une larme le long de sa joue — sois fier de tout ça, Kyle. Sois fier, de tout ça !!!

     — Mais il l'est, rassure toi, il l'est... confirme Erwan la gorge nouée par l'émotion, — qui aujourd'hui n'est pas fier d'eux ? Kyle est en train de nous faire un doigt là, au comble de la fierté d'être leur unique père, au fond !

     — Tu es aussi le père des trois boulets, Erwan, rassure toi, sourit Romuald en donnant une tape amicale dans le dos de son ami, reprenant ensuite en direction de ses autres amis, — allez les lopettes, levez vous, la Caroline du Nord nous attend.

     

      

    FIN