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    Comme promis à son petit ami, ce matin, Eva se décide enfin à rompre avec Terry, afin de pouvoir vivre pleinement -et dans l'honnêteté- une nouvelle idylle avec son Raphaël, son Roméo, la prunelle de ses yeux pour qui elle ferait décidément tout, le plus censé comme le moins compréhensible.

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    Étant désormais handicapée et donc moyennement mobile, elle se fait donc accompagner devant le petit appartement de son blondinet par sa mère, au volant de la voiture personnelle de la famille ; leur chauffeur ayant débuté ses congés annuels il y a peu.

    — Maman stp... J'aimerais le voir seule, alors, est-ce que tu peux m'attendre ici, ou dans la voiture..? Questionne timidement Eva à destination de sa mère, plantée sagement derrière elle.

    — J'attends ici, pas de soucis. Et s'il y a le moindre problème, tu cries! J'arriverais en courant pour le castrer, n'hésite pas à répondre en rappelant -pour rassurer son enfant, ou?!- Vanessa, d'une voix amère.

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    — Ce ne sera pas la peine, lui soupire sa fille, - il n'est ni méchant, ni violent, ni agressif, tu sais! qu'elle tente de lui faire imprégner avant de faire rouler sa chaise vers la porte d'entrée du fameux appartement.

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    Vanessa grommelle derrière elle. "- Mouais, mouais!". Non, décidément, la mère de famille n'a décidément aucune confiance en ce sale blond mal poli, aigri, fourbe et manipulateur. Non, décidément, AUCUNE, AUCUNE, AUCUNE!

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    — Tiens.. Tu es de retour, soupire avec indolence Terry en ouvrant la porte de son appartement. Il a l'air anxieux, peiné, voire désespéré, à tel point qu'il a bien du mal à regarder son interlocutrice dans les yeux? Clairement, oui, qu'il regrette avec douleur de ne pas être une petite souris qui pourrait s'enfuir soudain, et au plus vite, dans un petit terrier dissimulé derrière une commode...

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    — J'avais peur de ne pas te croiser, lui sourit chaleureusement Eva en pénétrant dans la pièce, — j'avais une chance sur deux, en fait! Soit, tu faisais ta fénéasse et étais à l'appart, soit tu avais été courageux et avais filé aux aurores au local! qu'elle continue, toujours sur le même ton pour tenter de le faire lui aussi, esquisser un sourire.

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    — Ne tourne pas autour du pot, stp... a l'air toujours aussi désemparé Terry en refermant la porte d'entrée derrière sa petite amie. Il a bien évidemment eu le temps d'apercevoir Vanessa au bout du couloir, — qu'est-ce qu'elle fait là, elle ? qu'il demande très vite, inquièt, paranoïaque, et une fois seul dans son appartement avec sa blondinette.

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    — Si tu te souviens de ma condition physique, tu dois réaliser que j'ai eu besoin de quelqu'un pour m'accompagner ici, répond celle-ci avec le sourire.

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    — C'est vrai, acquiesce simplement Terry avec nonchalance en s'asseyant ensuite sur son lit, — alors.. ? Que viens-tu faire ici, puisque tu t'es barrée en fourbe ? Car je suppose que tu n'es pas ici pour rester à mes côtés.. Puisque l'autre folle t'attend derrière la porte...

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    — Terry.. Je.. Commence Eva en prenant une longue inspiration, — je ne voulais pas parler de ça au téléphone alors...

    — Alors, c'est donc ça. Tu es bel et bien décidée à rompre, conclut tout seul le blondinet, recevant brusquement une flèche empoisonnée en plein coeur -un poison nommé "Raphaël", — très bien... qu'il tente de déglutir en serrant les dents, — très bien.. Okay...

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    — Dans notre intérêt à tout les deux, je pense que c'est ce qu'il y a de mieux à faire...

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    — Comme si tu savais ce qu'il y avait de mieux pour moi! lance Terry avec écoeurement, — car pour toi,c'est clair, que ça va bien arranger tes affaires! Tu vas ainsi pouvoir aller te faire tirer dans tous les sens par Raph', hein!!

    — Tu n'as pas besoin d'être vulgaire.

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    — Tu t'es foutu de moi, peste Terry, fusillant du regard son interlocutrice, — en fait, tu ne m'as jamais aimé.

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    — Je t'interdis, lui rouspète à son tour Eva, — tu n'as pas le droit de sortir une telle connerie car tu sais que c'est totalement faux! Je tiens à toi, et je t'ai aimé, sincèrement! Putain, comment oses-tu en douter, après tout ce qu'on a vécu?!?

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    — Justement, tout ce qu'on a vécu n'a donc aucune signification à tes yeux pour que tu puisses me jeter ainsi? Réfléchis bien, Eva.. Et demande-toi qui était là pour te ramasser à la petite cuillière, lorsqu'il t'a brisé?!

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    — Toi, c'est sur... Seulement, aujourd'hui...

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    — Seulement aujourd'hui il claque des doigts et tu te précipites écarter les cuisses devant lui, devient de plus en plus acerbe Terry.

    — Arrête avec tes allusions au sexe, en déglutit de rancoeur Eva, — car si tu veux jouer à ça, je peux m'y mettre aussi et te dire, par exemple, que Raph' au moins ne m'a jamais forcé à le faire en m'insultant.

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    Un rappel qui réduit douloureusement le blondinet TroubleMaker au silence en lui faisant baisser les yeux de honte.

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    — Bref, je ne veux pas qu'on s'engueule, reprend Eva un peu plus affectueusement, — Tu sais que tu comptes énormément pour moi. Seulement, aujourd'hui, je.. Je dois faire un choix. Et, et.. Même si je sais que je t'aime énormément, je, je... Je pense que ça a toujours été lui. Pardonne-moi...

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    — Tu t'es quand même bien foutu de ma gueule, ronchonne Terry, — lorsqu'il t'a jeté comme une vieille merde, le seul à avoir été là, ce n'était que moi.. C’est ça que je ne digère pas! Excuse-moi l'expression, mais t'es quand même une belle salope.

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    — Je, je... en serre les dents de rage la jeune fille en tentant cependant de garder son calme, — ne me mets pas tous les torts sur le dos non plus, qu'elle poursuit ensuite avec acidité, —, car j'ai une excellente mémoire et je me souviens parfaitement de ton petit jeu de séduction dès que ça s'est terminé entre Raph et moi, hein. Tu as tout fait pour qu'on ressorte ensemble! Rappelle-toi bien que c'est toi qui est venu vers moi!

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    — Tu vas me sortir maintenant que je t'ai mis le couteau sous la gorge pour que tu ressortes avec moi à contrecœur? raille Terry, vert de rage.

    — Je n'ai jamais dit ça. Je l'ai décidé seule car j'en avais envie, de revenir vers toi. Et ce n'était sans doute pas un très bon choix vu ce que je dois faire maintenant, mais en tout cas, je n'ai jamais joué avec toi ! Ce qu'on a vécu était réel et sincère et tu me fais chier à en douter autant.

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    — Ok, mais je ne serais plus là lorsqu'il te brisera une nouvelle fois Eva.. Redeviens très sérieux Terry, — tu le choisis une nouvelle fois, d'accord... mais ça sera la dernière.

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    — Je m'en doute, reste stoïque Eva, irritée, blessée, en forçant un sourire cependant pour reprendre plus affectueusement, — bon... il va falloir que je te laisse moi, je commence ma rééducation aujourd'hui!

    — Très bien, répond froidement Terry, sans le moindre sourire, lui, par contre.

    — Je.. Je pense que j'enverrais quelqu'un pour mes affaires, dans.. Dans la semaine.

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    — Tu ne pourras même pas te déplacer toi-même dans l'appartement que tu as habité avec moi? le prend très mal Terry en sentant le coeur exploser en mille morceaux,

    — Arrête d'être aussi parano !! Et souviens toi que je suis en fauteuil roulant !! Il est pas assez gros et moche pour que tu ne le calcules jamais, ou?! DONC, CQFD, si tu crois que c'est facile de se balader à droite et à gauche comme ça, humpf! tente nerveusement de le rassurer Eva en lui rappelant une vilaine réalité qui la concerne.

    — C'est vrai, désolé, reconnait Terry, penaud.

    — Pas de souci, sourit la jeune fille en se rapprochant légèrement pour lui prendre affectueusement la main, — allez, je dois te laisser, ma mère doit commencer à avoir des fourmis dans les pieds, seule dans ce couloir qui pue !!!

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    — Woé, c'est ça... A plus, alors, marmonne de nouveau, Terry en déglutissant avec douleur ; la fin. C'est bel et bien la fin de leur histoire... Une constatation qui lui arrache une nouvelle doit le coeur avant de le lui expédier en Afghanistan.

    — Tu recommences de plus en plus à dire tes "Woé", toi! Ca me manquait! termine avec un clin d'oeil Eva en s'éclipsant enfin de l'appartement, laissant derrière elle un blondinet qu'elle aime pourtant énormément. En espérant que leur amour passé ne finisse pas par se transformer en haine revancharde, qu'elle songe ensuite tristement en déglutissant, alors que sa mère la rejoint très vite, souriante.


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    — Uuuuuhhhh, qu'est-ce qu'il fait là, lui? s'étonne Shawn en arrivant tranquillement chez son boss et ami, Darius Calgonit.

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    En effet, le jeune homme n'a pas pour habitude de voir des types endormis sur le canapé de son supérieur et cette constatation le surprend au plus au point, aujourd'hui.

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    — Quelques effets secondaires, lui répond d'un air tranquille Darius, — tu sais ce que c'est, quand on commence... qu'il reprend avec un clin d'oeil.

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    — Je pensais qu'il "ne toucherait jamais à ça", lui? ironise sans attendre Shawn, presque ravi de l'état du jeune prétentieux qui se sentait si supérieur à eux, il n'y a pas si longtemps de ça.

    — Il a quelques soucis en ce moment, alors il a cédé. Et d'ailleurs, je t'attendais pour que l'on parle de ses problèmes, car on va l'aider. Il s'est mis dans une merde noire.

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    — Et en quoi ça nous regarde ? réplique immédiatement Shawn, irascible,— non, mais attends, Boss, depuis quand est-ce qu'il fait partie "des nôtres", lui?!

    — Il en a toujours fait partie, se contente de faire Darius avec indifférence, — alors, respecte-le et apprends à l'apprécier, car il va rester avec nous un moment désormais.

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    — J'ai du louper un épisode..

    — Je te disais donc, il a quelques soucis en ce moment. Alors, installe toi,que je t'explique. Cela concerne surtout ces gangs venus d'Allemagne.

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    — Un problème avec l'un d'eux particulier, ou tous? Et qu'est-ce qu'il a foutu avec eux, ce connard? Tu sais que je traite avec certains d'entre eux, alors faut pas que ses conneries ternissent notre réputation sinon mes ventes vont chuter! Sans parler de notre nom! Ça craint tout ça, putain! S'il a des soucis avec certains gangs, faut pas qu'on le relie au nôtre! Il va nous foutre dans la merde, ce con! commence à s'emporter Shawn, stressé, sceptique, angoissé.

     

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    Peu après, au petit local qui ne voit jamais la lumière du jour -oui parce qu'il est malheureusement situé au sous-sol de l'immeuble où il se trouve!- et qui est habituellement occupé par un petit groupe de musiciens amateurs, Tobias apprend quelque chose d'important à un collègue, comparse, ex-ami...

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    — Terry s'est fait larguer ce matin, il va donc se retrouver seul dans son appart.

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    — Au moins, il n'a pas dû être surpris, puisqu'il s'y attendait, soupire simplement Wilfrid avec nonchalance et en récupérant une bière dans le réfrigérateur.

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    — C'est sur. Bref, c'était juste pour te dire que je vais aller habiter avec lui.

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    — Bien, marmonne alors Wilfrid avec indifférence, mais avec la gorge atrocement nouée cependant.

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    — Je prend la salle de bain, reprend Tobias en se dirigeant d'un pas rapide vers cette dernière, rappelant ensuite et dans un soupir que, — on a sans doute besoin de ça, hein...

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    Wilfrid ne lui répond rien de plus et le laisse disparaitre dans la salle d'eau comme si cela lui était complètement égal de ne plus l'avoir H24 dans ses basques, à l'avenir...

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    Parce qu'en effet, entre eux, ce n'est plus la grande amitié, certes... Mais de là à se retrouver seul, sans lui, dans ce petit local, brise tout de même le coeur du jeune guitariste qui réalise qu'il va bientôt se retrouver abandonné entre ces murs.

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    Oh, bien sur, ses amis continueront de revenir tous les jours pour répéter, mais tout de même... Rien ne sera plus jamais pareil, ici.

    Il s'en mord les lèvres avec amertume. Déglutis. Tout en s'en allant balancer à la poubelle sa canette vide.

    "Et si venir sur Berlin tenter de percer dans la musique avait été la plus belle erreure de leurs vies, à tous?" Car il ne faut plus se leurrer aujourd'hui : cette année a été l'une des pires de toutes leurs existences, à tous... Une année qui a fait voler en éclats la magnifique amitié qui les unissait, à l'époque où ils n'étaient encore que cinq crétins, amis d'enfance, qui répétaient en s'amusant dans un grenier, avec pour seule et unique spectatrice, Lydia Schmitt.

     

     

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    — Oui, bonjour Yann.. Fait timidement dans le combiné de son téléphone Raphaël en marchant d'un pas pressé vers son appartement, parce qu'il a bien l'impression d'avoir aperçu un ou deux blaireaux le prendre en photos ; ce qui ne le dérange pas tant que ça, en fait. Puisque tant que l'on ne vient pas le gonfler avec une caméra sur l'épaule, il peut tolérer.

    — Salut p'tit gars, ça va ? répond sans attendre le guitariste Memories, ex-Apologize, — tu as un soucis, quelque chose qui ne va pas ? qu'il s'intrigue très vite.

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    — C'est à propos du fameux concert pour révéler ce que tu sais, marmonne Raphaël, angoissé, — c'est-à-dire qu'en fait, je.. je pense que je ne vais pas vouloir que vous fassiez cela. Je suis désolé. J'y ai énormément réfléchi et je..

    — Tu plaisantes, j'espère ? La salle de concert est déjà réservée, tu ne peux pas te défiler. C'est dans moins d'un mois !

    — Et bien on fera un concert si vous y tenez, mais pas pour ce que tu sais.. Je suis désolé, mais je suis en droit de refuser ce que vous voulez faire. Il s'agit de moi, tout de même !

    — Il s'agit aussi de notre ancien pote, je te signale, deviens de plus en plus froid Yann Leiner, — franchement il est où ton problème, Raphaël ? Cite-moi une seule bonne raison de refuser que l'on te révèle... Sachant que le faire changera ta vie, tu ne te rends pas compte de ce que tu vas devenir ! Kyle n'était pas n'importe qui, je te le rappelles...

    — Justement, je n'ai pas envie que ma vie change, Yann.

    — Je comprends totalement tes appréhensions, p'tit gars, mais on te révèlera, que tu le veuilles ou non -si ce n'est pas au cours du concert, on ira voir la presse avec ton test d'ADN, eheh!-. Parce que c'est ce qu'il ya de mieux a faire pour toi, ainsi que ton avenir. Et croit moi, mon petit, un jour, tu nous remercieras.

    — Mais merde ! s'emporte d'un coup Raphaël, — il s'agit tout de même de mon cul, de mon nom, de MOI, MERDE !

    — Si tu savais me citer une seule bonne raison de rester dans l'ombre, Raphaël, on y réfléchirait à deux fois, tu sais.

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    — Qu'est-ce que vous attendez comme "bonne raison", à part ma propre volonté ? en reste sceptique le jeune homme.

    — J'en sais rien, mon petit, j'en sais rien... réponds sur une touche d'ironie pleine de sous-entendus Yann Leiner ; une touche qui angoisse soudain et terriblement Raphaël, se demandant bien entendu qu'est-ce que le guitariste à la retraite peut bien insinuer dans une telle sois disante ignorance.

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    — Ok.. Bon, sur ce.. Marmonne en retour le jeune guitariste, perturbé, pour se préparer à raccrocher son combiné, l'estomac noué ; la sensation d'être totalement pris au piège le saisissant brusquement...

    — Rendez-vous à la salle, demain, pour une répétition du concert, p'tit père, reprend Yann sur un ton plus enjoué : il le tient, ce petit sacripant. Il le tient...! Et ils le révèleront. Coute que coute. Parce qu'il faut couper l'herbe sous le pied de ces maudites rumeurs plutôt malsaines...

     

     

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    Quelques heures plus tard, sur Klausdorf, deux vieux amis se rapprochent étrangement... après avoir échangé de vieux souvenirs et une longue conversation, entre quelques verres de vin, sur leur chérubin préféré parti sur Berlin pour percer dans le monde de la musique.

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    Evidemment Jakob Eiche et Jeyne Bauer.

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    Un homme d'un certain âge maintenant, ex-boxeur professionnel, qui passe délicatement -et furtivement- son bras autour des épaules d'une très, très, vieille amie... D'une amie avec qui il a beaucoup partagé. D'une amie qu'il a si souvent protégée. D'une amie, mère d'un enfant qu'il a toujours considéré comme le sien. L'éduquant lui aussi avec tout l'amour du monde, remplaçant ainsi un défunt père...

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    — Jakob..? Rougit étrangement Jeyne en sentant le souffle chaud et empli de désir de son interlocuteur s'écraser sur son visage, — je, je..

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    Elle déglutit. Telle une adolescente prise en flag, la rouquine déglutit.

    Prise en flag? Mais prise en flag de quoi?

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    Peut-être s'intéresser de nouveau à un homme...

    Cela fait si longtemps.

    Si.. Longtemps.

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    C'est vrai. Depuis cet homme-là, celui qui lui a fait un enfant, arraché le coeur, puis fait perdre foi en l'amour, il n'y a plus eu personne dans sa vie.

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    Vingt longues années. Vingt, longues.. Années.

    Elle a passé, vingt longues années à se contenter de son état de célibataire. À se consacrer uniquement à son fils. L'amour de sa vie. La prunelle de ses yeux.

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    Et voilà qu'aujourd'hui, elle, la rejetée de l'amour, la mère célibataire brisée, elle accepte enfin, en rougissant comme une gamine, le baiser d'un nouvel homme.

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    Mais pas n'importe lequel, cela dit. Puisqu'il s'agit tout de même là de son Jakob.

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    L'homme qui a toujours été présent dans sa vie finalement. Jouant tellement au papa et a la maman avec elle que ça en surprenait plus d'un. "- Sont-ils en couple?" "- Couchent-ils ensemble?" que ça marmonnait souvent, à droite et à gauche. Les gens étant tellement sceptiques devant cet évident portrait de famille, père, mère, fils, qu'ils ne pouvaient se contenter de se dire qu'il ne s'agissait là que du simple dévouement d'un homme trop bon.

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    Et peut-être avaient-ils tous raison, finalement.

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    Peut-être que dans les yeux de cet homme, il y a toujours eu plus que de l'amitié, lorsqu'il posait son regard sur cette femme qui traversait la vie à ses côtés.

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    Parce qu'une chose est sûre, ce soir, et alors que le concerné fait pleinement l'amour à cette rouquine qui compte tant à ses yeux, ce n'est pas qu'une amitié sans faille qui fait battre son coeur, tandis qu'il la pénètre en l'enchainant de baisers tous aussi passionnés les uns que les autres.

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    Oooh, non. Que ce n'est pas qu'une amitié sans faille qui le fait ainsi transpirer à chaque nouveau coup de bassin donné.

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    Et du côté de Jeyne, oooh, que non, que ce n'est pas non plus qu'une simple amitié qui la fait ainsi vibrer sous ce corps masculin pourtant des plus imposants. Cela faisait si longtemps... Qu'elle avait presque commencé à oublier à quel point c'était bon de gémir de plaisir. De se cambrer en jouissant et haletant. Tout en embrassant un homme avec un coeur qui bat la chamade.

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    Oui, s'il y a bien une chose qui est sure, ce soir, c'est que ces deux coeurs meurtris par la vie, ne s'unissent dans ces ébats passionnés et charnels qu'avec de réels sentiments. Qu'ils se sont cachés trop longtemps...

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    Ainsi, et une demie-heure plus tard, les deux nouveaux amants se retrouvent tous les deux lovés l'un contre l'autre, couchés à même le sol sur le moelleux tapis du salon, à se murmurer de tendres et affectueux mots d'amour. Ils sont si bien, en ce moment.. Qu'ils préfèreraient mourir plutôt que d'être arrachés l'un à l'autre.

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    — J'ai envie de remonter sur le ring, annonce Jakob en caressant du bout des doigts le bras de de sa partenaire amoureusement blottie contre lui, — qu'est-ce que tu en penses ? Tu crois que je suis encore bon a quelque chose ? qu'il questionne ensuite, angoissé.

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    — Hum, mais tu es a la retraite. Et tu ne m'en avais jamais parlé, de ça... s'intrigue Jeyne, presque déçue, mais surtout inquiète, — et pourquoi ce désir soudain... ? En plus, tu m'annonces ça juste après que l'on ait fait l'am...

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    — On m'a proposé un contrat il y a deux semaines et je n'ai pas encore répondu. En fait, je n'osais pas encore t'en parler, car je doute un petit peu de mes capacités à pouvoir remonter sur un ring aujourd'hui... Mais j'avoue que cela me tente. Alors, je me demandais si tu pouvais me donner ton avis. Tu te doutes que c'est celui que je vais suivre, termine l'ex-boxeur en déposant un chaste baiser sur le front de sa nouvelle moitié.

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    — Je, je... réagit Jeyne, la gorge atrocement nouée, — égoïstement, je suis obligée de te répondre que cela me fait peur et que je ne veux pas... Puisque tu sais bien dans quel état tu revenais après tes combats..

    — Très bien, alors dans ce cas je refuserais le contrat, acquiesce sans hésiter Jakob.

    — Pour me le reprocher ensuite tout le restant de tes jours? soupire Jeyne.

    — Non, bien sûr que non.. Je comprends ton refus. Bon, bien sur, je le comprends plus ce soir après ce que l'on vient de faire, que si tu me l'avais envoyé en plein visage hier, par exemple! fait l'ex-boxeur avec amusement.

    — Arrête, en rougit de gêne la rouquine, — mais je note qu'il faut que je couche avec toi pour que tu prennes sérieusement mon avis en considération, chacal! qu'elle reprend en pinçant son nouvel amant.

    — Aiiiiieuh!!! se plaint aussitôt Jakob en riant, — mais je plaisante, ma belle, tu sais bien que de toute manière je n'aurais rien fait pour aller à l'encontre de tes voeux et désirs!!

    — Rattrape-toi, oui!

    — Alors, sujet clot, sourit pour finir Jakob, — je refuse ce contrat et reste intact pour tes beaux yeux!!

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    — Je.. en déglutit de gêne la rouquine, — non, tu.. Tu fais ce que tu désires réellement, Jakob... Je sais que ça te tiens réellement a coeur et que tu rêvais qu'un jour on te rappelles sur les rings, alors..

    — Ton avis et ton bonheur me tiennent plus à coeur, rappelle avec beaucoup de sérieux l'ex-boxeur.

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    — Alors, je veux que tu acceptes ce contrat que tu as tant attendu. Histoire que tu n'aies pas continué à t'entrainer durant toutes ces années, pour rien... ! J'ai confiance en toi, tu es toujours le grand Jakob Eiche !

    — Tu le penses vraiment..? Je me sens gêné, j'ai l'impression de t'imposer cela.. Et que tu te sens obligée de me pousser à le faire pour me faire plaisir.

    — J'ai bien laissé Raph' poursuivre son rêve, il serait donc affreux que je bride le deuxième homme de ma vie, non?