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    — Et j'espère que ça te servira de leçon! Ici c'est moi, le chef, et c'est la dernière fois que je te le dis! Alors la prochaine fois que tu te permets de juger qu'une fille "en a fini pour aujourd'hui", je te descends, je te préviens !

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    — Putain, mais elle est en cloque...

    — Rien à branler, Stefan ! Cette garce a tenté de se foutre de nous, et aujourd'hui elle va payer pour avoir fait sa belle ! Et attends seulement qu'on mette la main sur son petit connard, là... Je peux te dire que lui, c'est le pneu direct ! Et sous les yeux de sa pute, en plus ! Je te le dis, j'ai hâte d'y être ! On va lui apprendre la vie à ce petit con !

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    Le pneu... : La torture, l'assassinat préféré de ce gang ; les "Martyrium".

    Mettre la victime, pieds et poignets liés, assise sur une chaise, un pneu autour du cou, pour ensuite l'inonder d'essence...

    Avant de l'allumer, bien entendu.

    Le plus beau des feux de joie! Selon ces hommes à la morale inexistante.

     

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    — Tiens, un monsieur Raphael ici ! Bonsoir, jeune homme, fait poliment et avec un petit sourire taquin Vanessa en ouvrant la porte de chez elle au concerné venu apparemment rendre visite à sa fille.

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    — Bonjour madame, répond très poliment le jeune homme en jetant un regard complice à sa petite amie derrière qui lui sourit en rougissant déjà.

    — Allez entre, petit sacripant! Tu es tellement beau que j'ai vu des Bokeh voler autour de toi quand tu es apparu derrière la porte, notre histoire va devenir un shojo par ta faute ! reprend Vanessa, riant et en refermant derrière son jeune invité-surprise, tandis que sa fille lui demande subtilement et avec timidité,

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    — Maman, est-ce qu'il peut rester là pour la nuit..?

    — Humpf! lui écarquille en grand les yeux Vanessa, presque choquée, Eeeuuuh... qu'elle déglutit ensuite avec suspicion, scrutant les regards de ses deux jeunes et malins interlocuteurs.

    — Pour... discuter... ose timidement Raphaël avec son plus beau sourire.

    — Prends-moi pour une bille aussi, je te dirais rien! rétorque aussitôt Vanessa avec ironie en direction du jeune homme, — mais j'accepte. MAIS, qu'elle reprend dans la seconde, sévère, en fixant sa fille, — je ne le fais que pour toi, EVA!, avant de revenir s'adresser à son interlocuteur masculin pour le pointer du doigt et lui tapoter sur le front avec son index, pour lui faire dans un ordre strict, — et toi le beau gosse, tu dors dans le lit de Jeff ! C'est compris ?!? Et pas en tenue d'Adam !!

    — Y a pas de soucis, madame ! répond sagement Raphaël en arborant son plus innocent sourire.

     

     

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    — Heeeeey, saluuut ! fais joyeusement Dozen en français et en croisant Jeffrey qui traverse leur résidence d'un pas rapide en direction de son appartement,

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    — Putain t'es de retour ! Ça fait plaisiiiiiiiir !! On commençait à s'inquiéter, nous !! qu'il continue d'enchainer en allant taper dans la main de son ami et voisin pour le saluer.

    — Il s'est... passé... pas mal de choses, ces derniers jours, résume en quelques mots Jeffrey, en français lui aussi -il parle couramment désormais et depuis un moment- la gorge nouée, ne voulant pas trop s'étendre sur de douloureux détails.

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    — Avec Ana?... Enfin, Julie, je veux dire, eh eh.. mets les pieds dans le plat Dozen, — parce que je l'ai vu il y a quelques jours, et..

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    — Hein? Tu l'as vu?! Où? réagit aussitôt Jeffrey avec surprise.

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    — Ben là, ici, enfin, devant la résidence, de l'autre côté de la rue! apprend Dozen, — mais juste de loin, en fait, car moi, j'étais ici, à l'intérieur de la cour. Mais je l'ai bien vue, elle, de l'autre coté, et ça, j'en suis sûr! Elle tentait de traverser la route, mais deux hommes l'ont interpellée. Alors, elle a fait demi-tour et après je l'ai perdue de vue... Je suis désolé...

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    — C'était quand, ça?!? passe en mode Sherlock Holmes Jeffrey.

    — Euuuh, il y'a cinq, six jours... par là.

    — Ok, merci beaucoup! Bon, on se voit plus tard, moi je dois rentrer passer un coup de téléphone à l'oncle de Pierre!

    — Prends soin de toi, conseille chaleureusement Dozen en suivant du regard son ami qui s'éloigne vers son appartement, — ces mecs avaient vraiment l'air flippants... Je sais pas trop ce que ça signifie, mais moi je dis que ça pue la merde...

    — T'inquiète pas pour moi ! Et merci encore pour tout, termine Jeffrey en disparaissant chez lui.

     

     

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    — Qu'est-ce que tu attends ?! Viiiienns iciiiii !!! ordonne Eva à destination de son Roméo qui est sagement assis en tailleur sur le lit de son frère jumeau, comme il le lui a été imposé, tandis qu'elle se languit de ses lèvres, sur son propre lit.

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    — Bah non, je suis un enfant sage, moi... répond Raphaël d'une -fausse- voix abattue et désespérée ; mais en retenant cependant quelques rires d'amusement.

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    — C'est fourbe ce que tu fais, là ! fait semblant de s'outrer Eva, — tu profites du fait que je ne puisse pas te sauter dessus ! On ne t'a jamais dit que c'était mal de se moquer des handicapés ?! qu'elle taquine en tirant la langue.

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    — Aaaaaah, en effet, pas faux !!! en profite immédiatement Raphaël pour se relever d'un bond et se précipiter sur le lit de son interlocutrice -et sur elle aussi, par la même occasion-. Sans attendre, il la plaque amoureusement contre son lit pour entamer avec elle une longue série de baisers ; entremêlant sensuellement ses doigts avec les siens, lui susurrant ensuite et dans un souffle brulant de désir, tandis que son coeur bat à l'unisson avec le sien, — raaaaaah, dis-moi que la porte de ta chambre ferme à clefs, pitiééééé!!!

    — Malheureusement, non..! lui sourit son interlocutrice, amusée.

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    — Arrrrrrgh! en mime la syncope Raphaël en se laissant tomber soudainement sur sa Juliette, avant de reprendre d'une voix chevrotante,

    — Cit giiiiit, Raaaaphaaaëël Bauuuer, assassiné fourbement par la femme de sa vie...!!

    Eva ne peut s'empêcher de rire, 

    — Je t'aime tellement mon idiot, rougit-elle, heureuse et en attrapant tendrement son Roméo par les joues, — c'est pas humain d'aimer à ce point!!!

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    — Dis-moi que tu vas rompre avec qui tu sais, demain!!! rappelle furtivement Raphaël pour ramener sur le tapis un bien sombre sujet, tout en glissant délicatement ses doigts dans les cheveux de son interlocutrice pour les lui caresser avec tendresse, — c'est trop dur de te partager, je peux pas, ça me hante!! Ca me ronge, ça me tue!!! qu'il enchaine, poursuit, tout en embrassant sensuellement le cou de sa petite amie.

    — Raph', je t'ai déjà dit que je le ferais, mais... laisse moi du temps, pour, pour.. Pour le faire en douceur, Pa-parce que..

    — Mais merde, tu saoules ! s'en mord les lèvres d'agacement Raphaël devant les constantes hésitations de sa moitié, — c'est pas difficile à dire pourtant, : "c'est fini, entre nous, bye-bye!". Tu n'as que quatre mots à lui dire! Et aucune excuse pour ne pas le faire, la crainte pour ce que tu sais n'étant plus une excuse valable...!!!!!!!

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    — Oui, mais je n'aime pas faire du mal aux gens, MOI, grommelle Eva en tournant le dors à son interlocuteur et en attrapant son porcinet qu'elle va serrer fort contre elle ; un antistress naturel celui-là... s'il pouvait parler il porterait aussitôt plainte pour coup et blessures, vu le nombre de fois où il a pu être jeté en l'air, contre les murs, et sur le sol, par les deux jumeaux Beckers. "Save Porcinet!!" Criait Jeffrey à six ans, en le jetant par la fenêtre de la chambre, tandis que sa soeur lui hurlait qu'elle irait tout répéter à wawane et qu'il serait aussitôt privé de console!

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    — Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?! le prend mal Raphael, vexé, boudeur.

    — De la façon dont tu as joué avec Jane.

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    — Pfffft, mais n'imp'! Et puis ça te va bien de dire ça... Comme si ça te déplaisait, au fond!

    — Ça ne me déplait pas, non, mais moi je ne peux pas agir comme ça avec Terry. Je tiens à lui aussi, et..

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    — C'est lui ou moi, Eva, je te préviens, balance avec fermeté Raphaël en sentant son coeur se déchirer en deux, - parce que je veux pas faire dans le ménage à trois et je...

    — STOP ! l'interrompt vivement Eva avec agacement, - je vais rompre demain, c'est bon, alors arrête avec ça.

    — Hey, tu me parles pas comme ça quand ce que je demande est tout à fait LOGIQUE !

    — Sujet clos, je le vois demain pour rompre avec lui, promis. Maintenant, bonne nuit ! grommelle Eva, pressée d'en finir avec ce sujet glissant.

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    — Genre tu me dit bonne nuit comme ça, en me tournant le dos et en ne m’adressant même pas un regard ?!? Tu veux que je me jette par la fenêtre, c'est ça ?!

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    — C'est tout ce que tu mérites quand t'es lourd, continue de bouder la jeune fille, en rajoutant cependant, — mais si tu me répètes encore à quel point tu m'aimes, je pourrais peut-être oublier tout ça... Gnihihihi...

    — Donnant, donnant ! Tu me jures sur la tête de Jeffrey que demain c'est fini entre toi et Terry et je fais tous ce que tu veux!

    — OMG, que t'es pénible quand tu t'y mets ! Mais d'accord, je te le jure!

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    — Je t'aime à la folie et cet amour n'en est même plus rationnel tellement il est intense, déclare en une seule tirade Raphael en attrapant vivement son interlocutrice pour la ramener sous lui, afin de continuer de lui susurrer avec une tendresse infinie dans les yeux, — tu es à moi, et je ne saurais jamais te partager.. Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie.

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    — Aaaaaaaaaaahhh, que j'aime activer le "mode Roméo"!!!! lui sourit en retour Eva avec un grand sourire coquin, avant de l'attraper par la taille afin de le forcer à se lover un peu plus contre elle. Elle l'embrasse ensuite avec toute la tendresse du monde, plus heureuse que jamais.

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    — Mon amour de petit démon blond... Reprends à son tour Raphaël peu après en lui embrassant le cou avec sensualité, — nous deux, c'est pour la vie...

    —Et plus encore, sourit Eva de façon enjôleuse.

    — Fail, ya pas plus grand que l'éternité, I win! rappelle amoureusement Raphaël en l'enlaçant un peu plus, pour plonger ensuite dans ses grands yeux brillants et débordants d'amour qui le dévisagent avec toute la tendresse du monde.

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    — Sinon, Eva, je dois te parler sérieusement, reprend ensuite Raphaël après une nouvelle série de baisers,

    - Tu me fait peur !!!

    - Les Memories veulent faire un concert prochainement pour révéler ce que je suis et je ne sais pas quoi faire.. Qu'est-ce que tu en penses, toi ?

    — Comment ça, révéler ce que tu es ?! Mais pourquoi est-ce qu'ils veulent faire ça ?! se terrifie la blondinette en palissant à vue d'oeil.

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    — Apparemment ils ont vu en moi le moyen de remonter réellement l'ancien groupe de ton père et personnellement, je sais pas trop comment le prendre.. D'un coté je voudrais accepter parce que cette idée les rend vraiment heureux, mais d'un autre je crains que notre vie à tout les deux change un peu tout de même, le regard des autres et tout...

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    — J'arrive pas à croire que tu hésites une seule seconde, se remet à grogner Eva, — alors que ta réaction doit être évidente ! REFUSER !

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    — Il va falloir assumer un jour Eva... Et moi j'assume totalement de t'aimer à la folie. Toi par contre, tu n'assumes pas ce que je suis, j'ai l'impression ? 

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    — Tu es la personne que j'aime, point j'assume aussi sans soucis ! Mais je pense surtout à ma mère ! Je viens de me réconcilier avec et je ne veux pas que cette annonce la brise ! Tu ne te rends pas compte de ce que ça va lui faire d'apprendre que mon père, qu'elle aimait plus que tout, lui a fait un bébé dans le dos ?!? Et puis en plus ils sont pas culottés les Memories à vouloir se servir de toi pour revenir en force dans la musique, y a pas écrit boit@fric sur ton front, alors qu'ils aillent se pendre !! Tu n'es pas leur pute !!

    — Ok, patapay, j'envoie le groupe sur les roses pour leur concert et leur révélation, alors, y a pas de soucis !

    — Bien !!

    — Tu es tellement belle quand tu fais ton dragon ! é_è

    — Eh eh merci, il faut dire qu'avec ma mère, j'ai eu un bon professeur ! :3


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    Au même moment, Jeffrey se rend d'un pas rapide chez son ex-employeur et désormais ami, Darius Calgonit. L'angoisse et le malaise se lisant sur son visage, le baron de la drogue va se presser de lui faire,

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    — T'as des petits soucis toi, en ce moment, n'est-ce pas ?

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    — Il faut que tu m'aides. Je suis seul, et dans une merde noire... Ma copine s'est barré il y a peu,et aujourd'hui j'ai un très mauvais pressentiment, apprend sans hésiter Jeffrey, faisant une confiance aveugle à un homme pourtant réputé pour être assez machiavélique et sombre...

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    — Tiens donc ? Dis-m'en plus, s'intéresse Darius.

    — L'un de mes voisins l'a aperçue se faire interpeller alors qu'elle semblait rentrer à la maison, et d'après lui, il s'agissait de deux types à l'allure louche... J'ai pas besoin de te faire un dessin, je crois que tu connais bien notre passé à tous les deux...

    — Hum... Oui, en effet. Il est possible que tu aies de très bonnes raisons de t'inquiéter. Mais je vais me renseigner. Je sais qu'il y a quelques gangs semi-allemands qui font parler d'eux en ce moment dans le Cartel et à mon avis, c'est vers eux qu'il faut se tourner !

    — Eh bien, merci infiniment Darius... Vraiment merci... baisse timidement les yeux Jeffrey, — j'ai un peu hésité à me tourner vers toi, j'espère que je ne te dérange pas avec mes conneries...

    — Non, t'inquiètes. J'ai jamais approuvé ces gangs qui font aussi dans le réseau de prostitution alors ça ne me dérange pas du tout qu'on en frite quelques-uns! Tu as bien fait donc de venir me trouver. En plus s'il s'agit bien de ces bouffons venus d'Allemagne pour tenter de se la jouer dans notre Cartel, je peux te dire que je vais prendre un malin plaisir à les traquer !!

    — Et aussi, je voulais te demander si... reprend Jeffrey pour changer de sujet, tout penaud, honteux,

    — Si ?

    Si, si... si tu pouvais me reprendre en tant que vendeur, j'ai mon appart à payer.. Et puis aussi, si...

    — Tu as été réglo, tu fais donc toujours partie des nôtres, alors il n'y a pas de soucis.

    — D'accord, merci. Et est-ce que... enfin, je veux dire que, ... qu'il me faudrait un truc, là, car je vais pas bien... Si tu avais un truc, quelque chose, n'importe... Si tu vois ce que je veux dire, confesse tout bas Jeffrey avec honte ; tellement de honte de parler implicitement de drogue alors qu'il s'était toujours juré de ne jamais toucher à "ces merdes"...

    — Ok, j'ai ce qu'il te faut, répond simplement Darius en se dirigeant vers une armoire blindée, reprenant ensuite en direction de son interlocuteur pour poursuivre la conversation, — et au fait, tes problèmes de coeur, ça se passe comment ?

    — Fini tout ça, j'ai été opéré il y a peu.

    — Ah bah ça, c'est cool ! reviens l'homme imposant avec un petit sachet de poudre blanche qu'il va tendre a son interlocuteur, — voilà, dix grammes d'héro, ça devrais largement te suffir. Je te prélève le prix sur tes prochaines ventes. Tu sais sniffer, ou?

    — Merci. T'inquiètes, je vais me débrouiller, fait simplement Jeffrey en attrapant son minuscule petit sachet qu'il va ouvrir d'un geste vif pour en humer le contenu sans réfléchir. Pressé de ressentir enfin, ce doux moment d'évasion et de déconnexion avec la réalité que l'héroïne promet à ses adeptes.

    Et tant pis si désormais, il suit clairement les traces de son père. Voire est pire que lui.

    Parce qu'aujourd'hui, il s'en fiche. Il se fiche de tout...

    Sauf de la retrouver !

    Qu'on la lui rende ! C'est tout ce qu'il demande...