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    — P.. Pardon ? Marmonne faiblement Keichi, un peu paniqué. 

    « — Je prendrai possession de l’esprit de cet eternien a ta place, si cela te dérange tant de le faire. Me l’autorises-tu ? »

    La question est bien : « est-ce qu’il serait prêt à accepter que l’on viole sa sœur jumelle ?

    Il a comme un doute en réalisant l’absurdité de la proposition...

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    “— Elle ne se doutera de rien Kei, lui assure alors la déesse mère pour le convaincre, — elle aura juste l’impression de ne faire qu’un avec celui qu’elle aime et elle ne saura jamais que c’est toi qui étais derrière tout ça, je te le jure” 

    — C’est... c’est la seule solution pour rivaliser contre eux hein... ? Laisse tristement tomber Keichi dans un soupir de lassitude.

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    “— Oui Kei... Oui, c’est la seule solution. Sans un nouvel allié surpuissant, nous ne rivalisons pas contre Eternia.

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    — Alors c’est d’accord... Je vous donne mon autorisation. Faites ce que... ce que... ce que vous avez a faire...

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    Dès la fin de sa phrase, l’esprit de la déesse mère s’entoure d’une étrange fumée brune, qui va planer devant la statue mystique d’Octavia pendant quelques secondes, avant de disparaitre complètement pour aller posséder l’esprit d’un jeune eternien...

    Une fois seul, Keichi décide de remonter dans sa chambre ; là-bas il pourra pleurer en paix, parce qu’il a vendu sa propre sœur...

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    Jun ne se doute évidemment de rien, lorsqu’il est allongé dans sa chambre, sur son lit, pour regarder d’un œil une émission télévisée.

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    Comment pourrait-il soupçonner que la déesse mère a été invoquée pour venir s’emparer de son esprit ?

    Le pauvre. Il n’a vraiment aucun moyen de savoir que son esprit va être, pendant quelque temps, contrôlé par un autre.

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    Lui, il pense être encore devant son poste de télévision ; il ne se doute pas que son corps commence à se lever doucement de son lit...

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    Finalement, Keichi n’est pas allé s’enfermer dans sa chambre pour pleurer : il n’a pas la force de l’abandonner.

    Alors il attend sagement ici, dans le couloir ; pour arrêter le corps de Jun, sûrement déjà possédé par Octavia. 

    Il n’est pas trop tard ! 

    Il peut encore faire quelque chose pour la sauver !

     

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    Ca y’est, le voilà : il n’est vêtu que d’un pyjama.. C’est bien la preuve que Jun est sous l’emprise de la déesse mère, car le prince d’Eternia ne sort jamais de sa chambre si peu habillée.

    Il veut émettre des sons, lui crier d’arrêter toute cette mascarade, de faire demi-tour, de laisser tranquille sa sœur.... Mais ses lèvres semblent cousues par une peur infinie.

    Est-ce vraiment de la peur qu’il éprouve devant elle ? 

    Sans doute oui : la peur de se faire abandonner par son dernier espoir.

    Sans la déesse Octavia, que sont-ils ? Rien. C’est elle qui leur donne leur force, leurs pouvoirs, leur prestige. Sans elle, ils ne sont rien.

    Non. Il ne peut décidément rien tenter contre elle.

    Il ne peut vraiment pas prendre le risque de la perdre, il mettrait alors les siens en danger et ça il ne peut le supporter.

    Elle est leur mère à tous. Ils sont.. Octavia.

    Il lui a toujours fait confiance jusqu’à maintenant... Alors il doit continuer.

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    Désespéré, il ferme alors les yeux en inspirant profondément et pendant ce temps, la marionnette Jun pénètre à l’intérieur des appartements de sa sœur.

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    — Tu as cinq minutes pour faire demi-tour ! Attaque immédiatement Isis, dès qu’elle a senti la présence de ce garçon qui l’agace tant.

    — Je venais m’excuser ma puce, lui susurrent sensuellement les lèvres d’un Jun trop charmeur pour être honnête.

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    — Tu n’as pas à t’excuser, se contente de soupirer Isis sans se retourner ; elle tisonne son feu et n’a pas le temps de lui accorder un seul regard. Qu’il aille au diable ! 

    — Il est tard, tu ne dors pas encore ? 

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    — Tu vois bien que non, mais j’allais pas tarder. Alors si tu pouvais décamper.. Ça serait vraiment très aimable !

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    — J’aimerai rester un peu avec toi... continue de susurrer Jun en venant se plaquer contre le dos de la jeune princesse ; cela va lui donner des bouffées de chaleur ; Octavia le sait. Octavia sait tout de ses enfants.

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    — Jun.... J’en ai marre. À quoi est-ce que tu joues.. ? J’ai quelqu’un dans ma vie désormais alors... 

    — Menteuse. 

    Elle ne peut pas lui mentir. Pas à elle. 

    — Comment ça menteuse ?! Commence à s’énerver la blondinette — je..Je suis avec Denzel. Voilà ! 

    — Tu aimerais te donner à Denzel, mais ton cœur n’appartient qu’à moi. Et ce depuis le premier jour... C’est ce que l’on appelle le coup de foudre. Et regarde-moi quand je te parle...

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    Il lui empoigne vivement les bras pour le ramener face à lui.

    Cela va la perturber et la faire rougir. Son coeur bat déjà la chamade. Octavia le sait.

    — Tu es trop prétentieux Jun Daemon... souffle Isis d’une voix glaciale — mais tu as tort... Je ne suis plus du tout attachée à toi. Tu n’es qu’un soldat a mes yeux, rien de plus. Un simple soldat... Un soldat pénible et collant !

     Menteuse ! Décidément, elle ne fait que mentir...

    Alors il va l’empoigner brusquement pour s’emparer de ses lèvres ; tant pis si elle doit parvenir à ses fins en utilisant la force ; cette blonde idiote n'aurait pas dû sa mijaurée... Tout aurait été si simple si elle s’était contentée d’écouter son cœur... Mais non. La princesse crétine préfère nier. Alors qu’elle subisse donc les conséquences de sa grande bêtise!

    Et ce n’est pas parce qu’elle tente désormais de se débattre en essayant de l’empêcher de la déshabiller que cela la sauvera.

    Il est trop tard petite fille...

     


  • 044

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    Tenma entrouvre rapidement les lèvres pour qu’il n’hésite pas à s’en emparer ; tous ces baisers la rendent folle et elle en veut évidemment beaucoup plus. Sans parler de cette main qui lui caresse discrètement les seins ; décidément, ce garçon est terriblement coquin... Mais elle ne va pas se plaindre vu la sensation de bien-être que ces petits doigts habiles lui procurent...

    Arkan ne se fait pas prier pour prendre possession de ces lèvres qu’il adore ; et dans la fièvre d’un flot de baisers passionnés, il termine de grimper sur sa partenaire, pour se placer entre ses cuisses qui se plient et s’écartent sous lui.

    Ils sont seuls dans cette plaine ; rien ne pourrait les gêner ni les perturber... Et puis il doit bien avouer qu’il la désire terriblement...

    Les caresses deviennent de plus en plus osées et Tenma se sent plutôt mal lorsqu’elle réalise qu’il commence à lui déboutonner sa veste.

     Elle se dépêche alors de lui murmurer en rougissant — non... pas ici !! Enfin... pas dans une plaine où ça caille... J’suis pas prête...

     — Pourquoi « pas ici »..? Lui souffle Arkan, les yeux embués de désir en continuant de déboutonner cette veste énorme qui semble posséder mille et une attaches — personne ne nous dérangera... On est très loin de la ville la plus proche...

     — Parce que ça sera ma première fois, lui révèle timidement Tenma en refermant sa veste, — et je veux pas le faire ici... Pas dans une plaine. Pas comme ça... S’il te plaît...

    — Ta première fois ? lui sourit affectueusement Arkan — c’est vrai ?! Je serai ton premier alors ?!

     — Bah oui, bien sûr, s’interloque la jeune fille en rougissant, — tu me prends pour quoi ?!

     — Pour ma chérie ! Rit joyeusement l’adolescent — Waas, ça me fait trop plaisir que tu aies jamais rien fait avec l’autre boulet !!

     — Et toi ?? Prend soudain peur Tenma, en plongeant son regard dans celui de ce garçon qu’elle aime tant, — toi.. Toi tu l’as déjà fait ?

     Il rougit rapidement et semble terriblement gêné ; la jeune fille en déduit donc qu’il l’a déjà fait. Son cœur se serre et sa mine s’assombrit rapidement... Elle aurait tant aimé être sa première fois,

    — Tu l’aimais beaucoup..? lui souffle-t-elle tristement en déglutissant péniblement.

     — Mais crétine ! L’interrompt vivement Arkan en rougissant de plus belles, — si tu vois que je tire la tronche c’est parce que j’ai aucune expérience dans ce domaine !

    Ravie, Tenma affiche alors un immense sourire en le prenant dans ses bras pour le ramener tendrement contre elle.

     

     

    *

     

     

    Pendant ce temps, dans la maison « Daemon », l’ambiance est tout autre : beaucoup plus morose...

     

    Aaron est rentré depuis quelques minutes maintenant et il est rapidement allé s’allonger au bord de sa piscine pour méditer sur les récents évènements qui ont chamboulé sa vie autrefois si paisible.

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    — Chou ! L’appelé soudain sa femme en le rejoignant sur la terrasse, — qu’est-ce que tu fais ici tout seul ? Tu n’étais pas censé t’entraîner avec Arkan ?

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    — Si, si, lui soupire Aaron sans se retourner, — mais on s’est accrochés et je l’ai laissé à la plaine.

    — Tiens donc, mes deux hommes se disputent ? lui sourit quand même son épouse en se rapprochant, — et pourquoi donc ?

    — Il hésitait à se battre... Il ne donnait pas tout quoi... Enfin pas comme d’habitude, disons. C’était pas le garçon que je connaissais. Il avait peur.... et il m’a fait peur.

     — Peur ? Mais peur de quoi chou ?

    — Peur qu’il me lâche lui aussi, souffle tristement Aaron en retenant un sanglot — il aime tellement Jun qu’il ne saura pas l’affronter, et finalement c’est la même pour moi aussi... Je me vois pas me battre contre Jun. Ça sera impossible... Et puis si jamais cela se produisait, qu’est-ce que Max penserait de moi ? Moi qui lui ai juré de veiller sur son fils...

     — Max est très fier de toi Aaron, le console gentiment Anne, maintenant plantée à côté de lui, — tu as été un tuteur exemplaire pour son petit Jun, il n’a sûrement rien a te reprocher.

     — J’ai peur de le décevoir... Je sens qu’il me déteste de là-haut, j’ai peur qu’il juge mal mes actes... Je me sens mal Anne... J’ai l’impression de tout faire de travers.

     — Ne dis pas de sottises Aaron voyons, tu es un souverain exemplaire et tout le monde t’aimes. Ne fais pas semblant de l’ignorer...

     — J’ai peur chérie. J’ai peur du dénouement final de toute cette histoire. J’ai peur de devoir lever la main sur Jun, j’ai peur de le voir lever la main sur moi ou Arkan. Cette vision me hante. C’est Jun quoi... Notre petit Jun... Comment est-ce que l’on a pu en arriver là, dis moi.. ?

    — Je n’en sais rien Aaron, je n’en sais rien... mais tout ce que je sais c’est qu’on doit y croire. Comme à l’époque. Tu te souviens ? On y avait crû à l’époque. Au happy end. On y avait crû oui... Rappelle-toi...

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    [ Flashback ]

    — Hey Caros, t’y crois toi, au « Happy End » ? Lance soudain Aaron, assez fort pour que son amie derrière lui puisse l’entendre. 

    Ce mot, « end », qui signifie « fin, vient de faire frissonner Caroline. Elle préfère garder le silence, ne trouvant rien à répondre à cette question trop perturbante...

    — Et toi Anne, t’y crois ? demande alors Aaron, voyant qu’il n’aura pas de réponse de son amie.

    — Ca dépend... hésite a répondre celle-ci, qu’est-ce que c’est le “Happy End” pour toi ?

    — Qu’il redevienne un Daemon ! annonce alors fièrement Aaron. — Qu’il ne puisse pas aller au bout de sa folie, parce que c’est d’abord un Daemon ! Qu’il nous revienne... Voilà en quoi je veux croire moi ! Et vous ??

    — Oui, sourit soudain Caroline — oui je veux y croire, à ton “Happy End”... 

     

    — Mais c’est que tu as raison ! Sourit enfin Aaron, en essayant de se sortir le moral des chaussettes, — oui chérie, on va y croire ! Une nouvelle fois ! 

    — Voilà. Lui fait son épouse en lui rendant son sourire — on va donc y croire, et ils seront fillers de nous !

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    — Ouép... laisse tomber tout bas Aaron en songeant tristement, tout en jetant un œil vers le ciel, “— ouaip... j’espère que tu es fier de moi Max.. En tout cas, quoi que tu penses, je t’en prie, ne me lâche pas... J’ai tant besoin de toi....”

     

     

    *

     

     

    Sur Octavia, la peur plane aussi dans les cœurs et surtout dans celui de Keichi. 

    En effet, cette guerre avec Eternia l’effraie terriblement et il craint vraiment le pire pour sa planète, son peuple, les siens.

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    Ne sachant plus vraiment où trouver de l’aide, du soutien et du réconfort, il décide finalement de se tourner vers elle. Leur mère a tout. Celle qui est là pour eux. Toujours.

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    Il la prie, l’invoque et la supplie de l’aider, le conseiller.

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    Et comme à chaque fois qu’il l’appelle, elle se presse de lui répondre, pour l’apaiser, le soutenir et le guider.

    “— Il y’a bien un moyen Keichi...”

    — O.. Oui. ? Frémit immédiatement celui-ci, en fixant la statue d’Octavia.

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    “— Un éternien peut donner la vie rien qu’en le désirant... Le savais-tu Keï ?” 

    — Eeeuh. Oui, marmonne Keichi — mais je vois pas le rapport...

     “— Kei... Il est si puissant. On va se faire un allié de taille en se servant de lui... et d’elle.

     — De quoi ?!? De qui ?! 

    ‘— On a pas d’autres solutions Kei. Tu vas prendre possession de son esprit et la mettre enceinte. J’aiderai à l’évolution de cet être et en ferai un guerrier noir. Il sera notre plus précieux allié. »

    — Mais c’est ma sœur !! sursaute brusquement le souverain d’Octavia — non ! Je ne peux pas... c’est de l’inceste ! Non. C’est répugnant, je ne peux pas...

     ‘— Ca ne sera pas ton corps, mais le sien Kei... »

    — Peut-être, mais mon esprit sera là lui tout de même !! 

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    ‘— Alors je le ferai, moi’


  • 043

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    Cet entrainement entre ce père et son fils est rude, mais Tenma n’est pas vraiment surprise : on lui a toujours dit que les eterniens sont guerriers dès leur plus tendre enfance. Alors Arkan doit avoir l’habitude.

    En tout cas, elle remarque vite une chose : le souverain d’Eternia est vraiment puissant : il plie son fils avec une telle facilité que ça en est presque effrayant, sachant qu’Arkan s’était déjà révélé très fort lors de son combat contre la garde royale d’Octavia...

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    Quel va être le dénouement final de cette guerre ? Commence à s’inquiéter Tenma, un peu inquiet pour sa planète. Ces deux hommes sont si puissants... Qui pourrait s’opposer a eux ? Jun Daemon ?

    Mais saurait-t-il rivaliser ?

    C’est vrai qu’elle ne sait pas grand-chose sur lui...

    — Debout ! Crie Aaron à son fils qui vient de se prendre de plein fouet l’une de ses attaques, au lieu de l’esquiver correctement — mais qu’est-ce que tu as aujourd’hui ? MOLLUSQUE VA ! Tu vas te réveiller oui ?

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    Vexé, Arkan n’essaie pas de lui répondre, préférant l’attaque à la discussion.

    Qu’il se prenne ce rayon destructeur en pleine tête !

    Ça va lui apprendre à se moquer de lui !

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    — J'ai vu mieux ! Se moque ironiquement Aaron en arrêtant l’attaque de son fils sans même prendre la peine de bouger d’un millimètre : déclencher son aura protectrice lui a suffi à atténuer le rayon de son enfant.

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    à mon tour maintenant ! Essaie d’arrêter ça mon petit mollusque préféré !

    L’égo d’Arkan ne fait que prendre des coups décidément aujourd’hui ; cette nouvelle attaque, ces moqueries incessantes...

    — Le coup de grâce alors ! Cingle maintenant Aaron en fronçant les sourcils — je te préviens que si tu ne te réveilles pas tout de suite, je vais commencer à vraiment devenir méchant !

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    Et apparemment l’adolescent ne semble pas émerger de son état larvesque ; une nouvelle fois, il préfère encaisser au lieu de tenter l’esquive.

    C’est rare que son fils se montre aussi peu combatif et il se demande si cette jeune fille assise là-bas, a les regarder, ne serais pas l’unique responsable de cette incompétence : c’est bien connu que guerre et amour ne font pas bon ménage...

    — On va arrêter pour aujourd’hui hein ? soupire-t-il avec dépit en regardant son garçon se relever malgré ses jambes flageolantes, — t’es mou et je pense que je vais rien pouvoir tirer de toi aujourd’hui ! Tu as encore tellement de progrès à faire pour pouvoir rivaliser avec Jun que ça me fait flipper ! C’est triste à dire, mais je crois que tu vas vraiment servir à rien, dans cette guerre contre lui !

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    — Prends ça !!! hurle un Arkan plus humilié que jamais — prends ça !!!!

    Cette fois, il n’atténuera pas cette nouvelle attaque !!

    Il va lui montrer de quoi il est capable !!!

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    Et non. Finalement il ne va rien pouvoir lui montrer du tout, vu qu’Aaron décide de lui apparaitre subitement dessus, pour lui asséner un violent coup de pied dans la mâchoire. 

    Qu’il aille s’écraser quelques mètres en arrière ce petit mollusque ! Ça lui apprendra qu’en temps de guerre on ne se laisse pas distraire par un regard féminin !

    — Je rentre à la maison, soupire froidement Aaron à son rejeton qui se relève avec la lèvre en sang, — on s’entrainera à nouveau quand tu seras redevenu le guerrier que je connais !

    Sur ce, il disparait sous le regard furieux de son fils qui a bien du mal à retenir ses larmes, tant il se sent humilié et insulté.

    Tenma s’est relevée du sol et elle se prépare à se rapprocher du jeune garçon qui semble abattu, là-bas, devant elle. Le pauvre. C’est vrai que son père n’est vraiment pas tendre avec lui...

    Décidément, ce sont vraiment des sauvages sur cette planète...

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    — Tu t’es quand même bien battu ! Le réconforte t-elle gentiment en se rapprochant de lui ; il est assis par terre avec une détresse infinie dans les yeux.

     — Nan, je suis une merde Tenma, lui souffle-t-il en retenant ses larmes. — et je pourrai pas faire mieux, je bloque... 

    — Et pourquoi ça ? Pourquoi est-ce que tu... bloques ? s’étonne la jeune fille, le cœur serré par le mal-être de son compagnon.

    — Parce qu’on s’entraîne pour l’affronter... Jun. Se décide à laisser tomber Arkan en clignant des yeux pour s’empêcher de pleurer — je peux pas... C’est Jun quoi... Je peux pas. Je peux vraiment pas.

    — Il te manque tant que ça alors... lui souffle Tenma en s’asseyant à ses côtés, avant de reprendre d’une voix chaleureuse, après avoir marqué une courte pause, — mais moi je pense que tu lui manques aussi ! Et je l’ai bien senti quand je l’ai vu, tu sais !

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    — C’est mon grand frère Tenma. Mais ce qui me fait le plus mal, c’est que moi j’suis pas vraiment un frère à ses yeux, mais rien qu’un cousin... Un putride cousin... Et il hésitera pas à me défoncer. J’en suis certain...

    — Ne dis pas n’importe quoi, le contredit Tenma dans un soupir — je l’ai vu ton Jun, tu sais.. Et j’ai aussi vu son regard briller quand j’ai prononcé ton nom... Il a un air doux et angélique. Ça se voit qu’il est gentil. Tout comme toi. 

    — Mais comment est-ce que ça va se terminer tout ça ? Il reviendra jamais parmi nous, j’en suis sûr... Il a jamais oublié sa vraie famille tu sais, c’est un paumé de la vie et il est vachement instable... 

    — On peut croire au happy end... N’est-ce pas ? Rien ne nous en empêche, non ?  

    — On est dans la saga imlu aussi là, les happy ends sont rares dans nos scènars... 

    — On peut y croire quand même ! Car lorsqu’il n’y a plus l’espoir, il n’y a plus rien ! 

    — On peut y croire oui, en effet... Ça mange pas de pain... 

    — Alors, croyons-y ! Croyons au happy end, Ark ! 

    — Ark ? S’étonne brusquement l’adolescent en grimaçant de dégoût — c’est quoi ce surnom ? C’est super moche ! À la limite tu peux m’appeler « mon cœur », « mon chéri »... 

    — Carrément ! Rougit Tenma en se triturant les doigts, — on verra.... Le jour où toi tu m’appelleras « ma chérie »...

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     « Ma chérie » ! Lui lance vivement Arkan en se jetant sur elle avec un sourire de quinze kilomètres affiché sur le visage.

    Un long silence débute alors ; plusieurs minutes pendant lesquelles les deux adolescents rougissent à vue d’œil en se regardant dans le blanc des yeux, les pupilles dilatées par, sans doute, un désir croissant.

    Comme d’habitude, Arkan décide de prendre les devants ; sensuellement, il monte sur sa partenaire pour commencer à lui embrasser délicatement l'ensemble du visage. 



  • 042

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    — Coucou papa ! lui répond l’adolescent — c’est une amie !

    — Enchantée monsieur... tente timidement la jeune fille en se blottissant dans le dos de son petit ami.

     — Et elle est octavienne, ajoute Aaron dans un soupir, — tu me la vires tout de suite Arkan, je veux pas de ça ici.

    — Non. Répond Arkan, — elle n'a rien a voir avec cette guerre de merde alors tu lui fous la paix, elle est avec moi et elle cherche pas d’embrouilles, elle.

    — Ne me dis pas que tu t’es entiché d’une octavienne ? ironise Aaron en se grattant le menton — mais c’est du délire ! Y’a pas assez de filles sur Eternia pour toi ? Tu te sens obligé d’aller draguer chez ces fous ?

    — Ça n’a rien à voir, rougit honteusement Arkan — c’est juste que c’est une amie et je veux pas la perdre à cause de votre guerre de merde.

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    — Tu viens de dire deux fois le mot « merde » en moins de dix minutes là Arkan, informes sévèrement Aaron.

     — Je sais, désolé, s’excuse l’adolescent, avant de reprendre rapidement, — mais elle est des nôtres papa, je te le jure. C’est pas une ennemie !

     — C’est Jun version octavia quoi ? Se moque alors Aaron en haussant les épaules — je trouve l’amour ailleurs et je rejoins un autre peuple !

     — Peut-être... souffle Arkan, un peu à court d’arguments pour défendre les intérêts de sa petite amie.

    — Je... Je ne suis pas votre ennemie, je vous le jure... tente timidement Tenma, sans regarder son interlocuteur roux ; il a l’air trop imposant et devant lui elle se sent aussi importante qu’une misérable larve.

    — Comment tu t’appelles ? Soupire Aaron à la jeune fille ; il décide de baisser les bras devant l’obstination de son fils, en acceptant de voir cet enfant autrement que comme un octavien pourri jusqu’à la moelle.

     — Ten... Tenma.

     — Enchanté, moi c’est Aaron. Bienvenue chez nous, mais je te préviens, je n’ai plus de pitié pour les traîtres... J’ai déjà donné à trop accorder ma confiance à ceux qui ne la méritent pas.

     — D’a... D’accord, essaie de sourire timidement la jeune fille.

     — Jun n’est pas un traître papa, tente de défendre Arkan — c’est juste un... un...

    — Un con complète sagement Aaron, avant de changer brusquement de sujet — on va s’entrainer à la plaine ? Tu emmènes ta copine ou tu la laisses ici ?

    — Je veux bien venir.. Murmure tout bas Tenma, pour n’être entendue que par son petit ami.

    — Je l’emmène, réponds alors Arkan — ça la fera visiter !

    — Ouai, si tu veux, lui soupire Aaron en retournant à l’intérieur. 

    Les deux adolescents s’échangent ensuite un dernier baiser, avant d’aller le retrouver au rez-de-chaussée.

     

     

    *

     

     

    Au même moment, au palais d’Octavia, deux amis terminent leur soirée en tête à tête, sur le grand balcon royal. 

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    Il ne s’est rien passé de particulier pendant cette soirée : ils ont dîné, dansé et beaucoup ri. Comme de bons amis. De simples amis.

     Cependant, depuis leur arrivée sur ce balcon, où ils admirent ensemble le ciel étoilé, la situation semble vouloir prendre un tout autre tournant.

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    Denzel se tient sagement derrière Isis, qui s’adosse contre lui d’une manière plus que sensuelle. 

    Pas de mains baladeuses, pas de mots doux murmurés, non, Denzel est sage.

    Trop sage pour sa jeune amie qui commence a se demander si son camarade ne sera pas devenu homosexuel au fil des années.

    Comment un homme peut-il rester aussi impassible lorsqu’une jeune femme lui plaque son généreux postérieur contre son entre-jambes ?

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    — Denzel ? Lui demande-t-elle enfin, d’une voix douce et sensuelle.

     — Oui ? 

    — Es-tu homo ?

    Il rit en dirigeant sensuellement ses mains sur ses hanches frêles et délicates, pour les lui caresser du bout des doigts, avant de lui murmurer dans le creux de l’oreille, — non Isis, je ne suis pas homosexuel. C’est juste que je ne veux rien brusquer. On a le temps, non ? Je ne veux pas mettre la charrue avant les bœufs... Je veux te séduire doucement..Mais surement...

     Pour que tu le rayes complètement de ta vie.

    Pour éviter que tu te mettes à rêver de lui en dormant dans mes bras.

    Alors ce soir ils vont rester sagement là, à se câliner doucement, tout en regardant les étoiles... 

    En toute amitié...  Du moins pour l’instant.