• 064

     

    *     *

    *

     

    064

    - Je suis contente d'avoir confirmation sur cette histoire, car en effet, j'avais vraiment beaucoup de mal à croire que Daï avait agressé l'un des chefs d'escadrille pour lui voler un vaisseau!Soupire de soulagement Sayuri ce soir, pendant une conversation des plus enrichissantes qu'elle partage avec Nanami et Aiko, dans leur petite cabane.

    064

    - Shiro s'en tire bien avec cette histoire, oui, peste avec rancoeur la jeune chanteuse en se mordillant les lèvres de rage.

    - Oui, enfin.. rien ne serait arrivé si l'amour n'était pas un sentiment si compliqué! Reprend la blondinette avec une ironie des plus palpables, - parce-qu'à mon avis, il y'a quelqu'un ici, qui aurait pu les empêcher de rentrer chez eux!

    064

    - Arrête! S'agace immédiatement Nanami en fusillant du regard cette nouvelle camarade déjà agaçante, -  arrête de retourner le couteau dans la plaie, c'est cruel!!!

    064

    - C'est vraiment dommage que ça soit interdit de faire monter des gens dans les chasseurs,intervient tranquillement Aiko dans la conversation, - parce-que sinon Sayu aurait punous amener sur Octavia! Qu'est-ce que tu en penses, Nanami?

    064

    - N'y pense même pas, l'arrête aussitôt la jeune femme blonde et élève pilote, - parce-que quand on commence a balancer des trucs comme ça dans l'air, c'est qu'on a une idée derrière la tête! Et c'est nièt! Nièt! Et re-nièt!

    064

    - Qu'est-ce que vous risquez si vous tentez de sortir des civiles du vaisseau? Interroge avec intérêt Nanami.

    064

    - Déjà, le retrait de ton permis de pilote et l'interdiction définitive de remonter à bord d'un chasseur à l'avenir. Puis, une amende corsée, et souvent un emprisonnement ferme, si tu n'as pas le meilleur avocat qui soit.

    - Ah ouais, quand même.. hausse les épaules de dépit la jeune chanteuse, en laissant échapper un long soupir de lassitude.

    064

    - Eeuhhh.. Nanami? S'inquiète soudain Aiko, les yeux terrifiés, en fixant la porte d'entrée - car quelqu'un vient de toquer. Elle en est certaine.

    064

    - Qui est là?! Crie alors Nanami d'une voix suffisamment forte pour que celui qui se trouve à l'extèrieur puisse l'entendre et lui répondre - peut-être est-ce simplement un passant. Un égaré. Un pauvre malheureux qui ne recherche que le gîte et le couvert pour la nuit.

    064

    Ou peut-être pas..

    064

    - Oh oh...Mais que vois-je..?

    - P..papa?!? M..mais que fais-tu là?? hurle aussitôt de frayeur Nanami, en direction de l'invité surprise – il semblerait qu'il l'ai suivie jusqu'ici ce soir et cette constatation lui glace aussitôt le sang dans les veines : et s'il la reconnaissait.. ?

    - Ces yeux, Nanami, ces yeux.. lui fait-il en réponse et avec un calme terrifiant, tout en s'adossant contre le mur près de l'entrée, le regard figé sur la jeune Aïko qui tremble désormais de tous ses membres,

    - Na..Nanami.. Nanami.. Que..que.. balbutie Aïko, terrifiée.

    Qu'est-ce qu'on fait, maintenant? se demande intèrieurement et avec terreur, la midinette rose en cherchant du regard sa meilleure amie, tandis que le père de celle-ci reprend avec dépit, presque en déglutissant – si cet homme n'était pas connu pour avoir été conçu sans coeur ni sentiments, l'on pourrait presque penser qu'il est en train de souffrir,

    - Ce n'était donc pas ta mère qui me l'avait enlevée, mais toi, Nanami... Toi..  Ma propre fille. C'est toi, qui l'a kidnappée puis cachée ici pendant tout ce temps. Oh mon dieu.. Quelle garce tu peux bien être..

    - Sayuri, emmène-là, partez, courrez!

    Cet ordre jaillissant de la bouche de la tignasse violette de la pièce fait brusquement sursauter la concernée, qui se fige d'abord quelques secondes - avant de comprendre que les larmes naissantes dans les yeux d'Aiko, ainsi que la terreur visible dans ceux de sa meilleure amie, ont une raison concrète et sans doutes des plus valables.

    - Ne me dis pas que tu t'es imaginé une seule seconde qu'elle pourrait m'échapper de nouveau?Soupire le seul homme de l'endroit, désormais accoudé contre le mur du bras gauche ; et titillant une arme - qu'il vient de dégainer tranquillement - de la main droite.

    - Si, parce-qu'en tant que bonne garce que je suis, je vais te neutraliser pendant qu'elles détaleront!

    - Eh eh, c'est ce qu'on va voir alors, se moque t-il en réponse, tandis que Sayuri vient de se lever brusquement de son siège pour attraper avec fermeté la main d'Aiko, - Tututu, personne ne va aller nulle part, poursuit-il alors pour calmer cette bien pitoyable tentative de fuite, alors que les deux jeunes filles arrivent devant lui en grimaçant de colère – enfin, surtout de frayeur pour Aiko.

    - COURREZ! Leur ordonne a nouveau Nanami en se jetant de toutes ses forces sur son père - qui lui pointe aussitôt son arme devant le visage – et parce-que celui-ci n'ose pas encore tirer sur son enfant, Nanami va gagner de précieuses secondes pour lui asséner un violent coup de tête, avant de lui sourire avec cruauté, parce-qu'elle vient de constater que les deux fuyardes ont bien profité de ce début de bagarre pour se précipiter a l'extèrieur,

    - Eh eh eh! Nous voilà seuls pour jouer désormais!

    Et c'est avec terreur que son père reconnaît cette voix glaciale et impitoyablet.

    Parce-qu'il sait ce n'est plus sa fille qui le tient désormais avec fermeté contre le mur, mais son étât second. De transe. Celui où elle n'est plus elle même, mais juste ses sentiments du moment.

    Alors il se souvient brusquement qu'il ne doit plus hésiter a se défendre, voir a user de son arme – même si a la base il ne la dégainait que pour l'effrayer. Parce-qu'elle, de son côté, et il en a pleinement conscience : elle sera sans pitié. Comme a l'époque – où elle l'avait envoyé aux urgences.

     

     

    *

     

     

    - Il faut retourner aider Nanami!! pleure a chaudes larmes Aiko en forçant Sayuri a stopperr leur course effrénée – elle est épuisée et n'a plus la volonté de continuer a courir ainsi, comme la plus ridicule des lâches.

    - Ecoute, je ne sais pas ce que ce type te veux miss, lui fait son interlocutrice pour la convaincre de continuer a s'éloigner, - mais une chose est sûre, Nanami veut que tu partes le plus loin possible d'ici.

    - Mais si je ne suis pas là pour l'apaiser, elle pourrait faire quelque chose d'horrible!

    - Comme?

    - A ton avis?

    - Non, je ne pense pas. Parce-que même si elle a mauvais caractère, je ne la vois pas en meurtrière!

    - Tu ne sais rien d'elle!

    - Peut-être, mais je me souviens qu'elle nous a ordonné de courir. Tu ne te souviens pas? Ou tu n'as pas confiance en elle?!

    - En elle, si.. mais pas vraiment en ce qu'elle peut devenir parfois. Enfin.. Je veux dire..

    - Vous êtes des nanas bizarres toutes les deux et faut pas être flippé pour vous fréquenter. Pfiouh!

    - J'espère qu'elle saura nous retrouver, même si on s'est un peu trop enfoncées dans la forêt a mon goût..

    - Boarf tu déconnes? La forêt de sapins fait des centaines de kilomètres et on a courus dedans qu'un quart d'heure! Alors si tu veux mon avis, on devrait continuer encore un peu. Parce-que là c'est à peine si on aperçoit plus le toit de votre cabane!

    - Non. On est bien ici, persiste avec volonté Aiko en s'asseyant sur une pierre recouverte de mousse, - Et on va l'attendre.

    - Hmm.. Grmblbl.. Mouais.. Boarf.. Bon.. Bah.. Après tout.... Boarfff, grommelle, hésite, puis trépigne Sayuri avant de s'asseoir à son tour sur une autre pierre, tout en se demandant ce qu'elle pourrait bien faire d'autre de toutes manières.

     

     

    *

     

     

    - Ne m'oblige pas à commettre l'irréparable petite garce, car tu sais que je n'hésiterai plus à tirer,prévient avec sagesse un père qui a maintenant le dessus sur son enfant – puisqu'il a enfin réussit à la plaquer au sol et que celle-ci ne bouge étrangement plus d'un pouce, désormais allongée sur le dos – peut-être est-ce sa façon de capituler, pense t-il alors rapidement.

    - Alors vas-y. Qu'est-ce que tu attends? le provoque t-elle avec ironie, - de toutes manières, tu ne la retrouveras jamais.

    - Sachant que maintenant, je sais a quoi elle ressemble, adulte! Mais si tu penses que je n'ai vraiment aucunes chances de lui remettre la main dessus, je vais te laisser espérer ma belle! Car rien n'est plus beau que l'utopie..!

    - Tu ne la retrouveras jamais.. J'ai dis!

    - Et pourquoi ça?

    - A ton avis?

    - Tu tentes quoi que ce soit, et je tire. Je n'aurai aucune pitié Nanami, alors n'y pense même p..

    Et pourtant si. C'était bien au fait de lui faire déferler une vague d'énergie dessus auquel elle faisait allusion, puisqu'il se retrouve brusquement propulsé en arrière avec violence, avant de la voir lui arriver dessus de nouveau pour le maintenir fermement au sol en tentant de l'étrangler avec fermeté,

    064

    - Eh eh eh! Que c'est amusant de voir les rôles s'échanger. Tu ne trouves pas?

    - Non.

    - Arrête de chercher ton arme! Je l'ai vue glisser sous le canapé.

    - Lâche-moi Nanami. Avant de faire une bêtise..

    - Et pourquoi est-ce que ce serait une bêtise??? HEIN?? POURQUOI??

    - Parce-que tu ne veux pas me tuer.

    - Ah bon?

    - Inconsciemment, tu as contrôlé ta vague d'énergie pour ne pas qu'elle me transperce tout a l'heure. Parce-que tu es faible Nanami! Parce-que tu ne pourras jamais me tuer. JAMAIS!

    - Tu.. tu veux parier?

    - A.. A l'époque déjà.. tu..tu n'avais pas sû! Commence a suffoquer l'agressé en sentant les doigts de sa fille unique lui serrer de plus en plus la gorge ; lui procurant ainsi une effroyable douleur - qui ne l'empêchera pas de tenter à nouveau de sauver sa peau, - tu.. tu.. tu ne te le pardonneras jamais Nanami.. si..si..si jamais..

    - Y'a pas de soucis, je prends le risque, l'interrompt-elle avec ironie en continuant de lui serrer la gorge – a une vitesse modérée cependant, pour qu'il quitte ce monde lentement et dans la plus grande des souffrances.

     

    Musique : Set me Free ♪

     

    064

    - Na..na..nanami... commence t-il a lui gémir entre deux giclées de sang et bave, - tu..tu...

    It hasn't always been this way
    I remember brighter days

    Ce n'était pas toujours comme ça
    Car je me souviens de jours ensoleillés

    « Tu ne peux pas. Tu ne dois pas.

    Non. Je t'en pries. Non.. Je t'en prie.

    Tu ne peux pas. Tu n'oserais pas. »

    Before the dark ones came
    Stole my mind
    Wrapped my soul in chains

    Avant que le côté obscur n'arrive
    Pour voler mon esprit
    Et emprisonner mon âme

    Aimerait-il la supplier, en vain car la vie commence déjà a le quitter peu à peu. Maudite douleur insoutenable. Maudit sang qui lui coule déjà et en abondance dans le cou - et qui provient tout droit de sa bouche.

    Now I live among the dead
    Fighting voices in my head

    Et maintenant je vis parmis les morts
    Combattant ces voix dans ma tête

    Quelle mort atroce pour ce père.

    Atroce et presque honteuse.

    Hoping someone hears me crying in the night
    And carries me away

    Je souhaite que quelqu'un m'entende pleurer dans la nuit
    Pour qu'il m'enlève et m'emmène avec lui

    Par sa propre fille. Son propre enfant. Qu'il a certes parfois malmené, mais qu'il aimait aussi plus que et par-dessus tout. Parce-qu'elle était tout ce qu'il lui restait finalement : sa femme l'ayant déjà quitté comme la pire des traînées, en ne lui laissant qu'un mot ridicule sur le buffet de la cuisine « je ne t'aime plus, adieu ».

    Set me free of the chains holding me

    Libère moi de ces chaîne qui m'emprisonne!!

    Et pourtant, ce soir..

    Is anybody out there hearing me?
    Set me free

    Y'a t-il quelqu'un ici qui peut m'entendre?
    Libère-moi!!!

    C'est bien elle qui le tue - à petit feu et en jubilant de le voir ainsi, les yeux exorbités et emplis de sang – et non son « autre » elle.

    Oui, parce-qu'il reconnaît bien le regard de son enfant - son unique enfant - et celui de l'animal terrifié et indompté qui n'agit plus par réflexion mais par instinct.

    - Adieu.. Papa.

    Vient-elle de lui souffler avant de lui serrer une dernière fois la gorge, pour qu'il laisse échapper un dernier gémissement avant de fermer les yeux...Définitivement.

    064

    Morning breaks another day
    Finds me crying in the rain

    Les matins détruisent un autre jour
    Trouve moi en larmes sous la pluie

    All alone with my demons I am
    Who is this man that comes my way?

    Si seule que je suis, avec mes démons
    Mais quel est donc et homme, qui vient sur mon chemin?

    The dark ones shriek
    They scream His name

    Le cri de l'ombre
    Il hurle son nom

    Is this the One they say will set the captives free?

    Est-il celui qui devait libérer le captif?

    Jesus, rescue me

    Jesus, sauve-moi

    As the God man passes by
    He looks straight through my eyes
    And darkness cannot hide

    Et l'homme de dieu passe là
    Pour observer a travers mes yeux
    Et désormais l'obscurité ne peut plus se cacher

    Do you want to be free?

    Veux-tu être libre?

    Lift your chains

    Alors soulève tes chaînes

    I hold the key

     Je détiens la clef

    All power on Heaven and Earth belong to me

    Tout les pouvoirs de la terre et du ciel sont derrière moi

    You are free

    Tu es libre


  • 065

     

    *      *

    *

     

    - Je suis sincèrement désolé, Daï, mais je ne peux pas t'aider, vient de refuser Aaron a son interlocuteur venu le visiter aujourd'hui sur son lieu de travail, pour lui faire une bien embarrassante demande : celle de lui prêter main forte sur Virusia.

    - Tu savais pour Virusia et la terre Aaron, avoues! Le gronde brusquement le jeune adolescent en le pointant du doigt, comme pour l'accuser et le traiter d'ignoble lâche.

    - De quoi? Feint d'abord d'ignorer le souverain d'Eternia en se retournant pour faire face a son interlocuteur, - qu'est-ce que tu veux dire?

    - Que tu as toujours sû que ce sont les Virusiens qui ont finalement détruit la terre! N'est-ce pas?

    - Comment as-tu...

    - Je le découvrais après seulement deux livres ouverts a la bibliothèque! Ce qui prouve bien que l'information est très loin d'être ignorée!

    - Et que veux-tu que je te dise, Daï? Que « oui, nous savions pour Virusia » ? Et ? Est-ce que savoir cela changerait le fait que la terre ait été détruite?

    - Tu les as donc abandonnés à leur triste sort!!!

    065

    - Nous avons été négligents Daï, je l'admets. La situation sur terre a très vite empiré et on a perdu pied. Voilà. C'est ce que tu voulais entendre ? Pour me blâmer ensuite? M'insulter?

    - Fais-toi pardonner en m'aidant à annexer Virusia alors! Sinon je révèle a tous ceux qui l'ignorent encore que le souverain d'Eternia a dissimulé une bien honteuse information pendant de nombreuses années!

    - Fais ce que tu veux, mais je ne peux envoyer de troupes là-bas.

    - Et pourquoi donc?! Bordel!! Non mais tu ne te sens pas mal vis-avis des terriens qui ont tout perdu à cause d'un manque de protection de ta part?! Non?! Tu n'as aucune envie de te racheter pour..

    - LA FERME DAI! Putain, LA FERME un peu! Tu te prends pour qui à me parler ainsi, dis?! Toi qui n'es roi que depuis quelques mois a peine?! Toi qui envoies tes troupes à la mort pour une cause qu'ils ignorent eux-mêmes?!

    - C'est une belle cause! Une noble cause, des plus honorables!!

    - Tu es un bien pitoyable souverain! Mais que cela te plaise ou non, moi je n'enverrai jamais mes hommes sur ce front, car je sais de quoi sont capables les Virusiens!

    - Et ?! Mais bordel de merde! Notre union pourrait raser Virusia Aaron! Tu ne t'en rends pas compte?!

    - Je me rends surtout compte que tu n'es qu'un gamin aveugle qui mène les siens tout droit a leur perte! Parce-que non, nos unions ne raseraient jamais Virusia! Et il faut être bien idiot pour le croire! Idiot, et imbu de soi-même!

    - Ok! Donc tu penses que c'est mieux de rester bien au chaud ici, en essayant de ne pas se souvenir de ce qu'ont subi les terriens? Que c'est doux à entendre des lèvres du grand Aaron, souverain de la grande et noble Eternia!

    - Pense ce que tu veux de moi Daï, je m'en contrefiche ! Parce-qu'avant d'être le soutien de la terre, je suis avant tout le dirigeant d'Eternia - et c'est pour cette raison que je veille au salut de mon peuple. A son bien, et à son bonheur!

    - Je gagnerai seul sur Virusia alors! Et ça, je peux te le jurer!

    - Tu vois, tu n'es qu'un gamin. Parce-qu'après mon discours tu aurais dû méditer intérieurement et penser au bien-être des octaviens! Mais au lieu de ça, tu restes borné et campes sur tes positions! Exactement comme ton oncle!

    - C'est ça, c'est ça!

    Je lui grommelle de dépit avant de me téléporter pour retourner sur le champ de bataille. J'ai déjà perdu assez de temps ici et mon taux de stress commence à grimper en flèche à cause de ce bouffon.

    A cet instant, je ne sais désormais plus comment je vais gagner cette guerre, même si je reste persuadé que je la remporterai.

    Coûte que coûte.

    Moi, borné ? Peut-être.

    Mais certainement pas lâche!!

     

    *     *

    *

     

    - Ca va? Nanami? Ca va? S'inquiète Aïko peu après que la concernée l'ai rejointe dans la forêt de sapins, où elle trônait fièrement toujours sur la même pierre, non loin de celle de Sayuri.

    - Oui, oui, ça va, la rassure alors celle-ci en arrivant près d'elle pour s'asseoir a ses côtés, - mais je.. je..

    - Comment savais-tu qu'on serait dans cette forêt?! N'attend pas pour s'intriguer Sayuri en tombant décidément des nues : et il y'a de quoi! La jeune chanteuse a débarqué soudain en ayant l'air de savoir qu'elle les trouverait ici!

    - Je connais trop bien Aiko et savais donc qu'elle ne ferait pas plus de deux kilomètres sans moi,lui justifie simplement Nanami en haussant les épaules d'un air las, - mais là n'est pas le problème, parce-que..

    - Ce n'est pas ta faute, sourit affectueusement Aiko en passant son bras autour des épaules de sa meilleure amie, - tu n'as fait que te défendre.

    Comme si elle avait deviné ce que les larmes naissantes – dans les yeux de son interlocutrice – voulaient dire.

    - Ce n'était pas que de la défense Aiko.. je..je..

    - Oh piting les filles, vous savez que vous me faites flipper? Moi je crois que je vais rentrer,grommelle en déglutissant Sayuri en se relevant de sa pierre, - merci pour le café, les petits biscuits, et tout et tout, mais..

    - Ce n'est pas de sa faute, défend avec hargne Aiko sans avoir même entendu les faits, - et.. et..

    - Ca finira par se savoir, commence a se parler a elle-même Nanami en tremblant de tout ses membres, - et.. et.. qu'est-ce que je vais devenir? Je...je..j'ai tué mon propre père!!.. je..j'ai..

    - On restera cachées ici! Ne t'en fais pas! Continue de rassurer Aiko sans vraiment savoir de quoi elle parle, - ne t'en fais pas! Parce-qu'on est deux! Et ensemble, on peut tout vaincre!

    - Vous me faites sacrément confiance pour balancer tout ça en ma présence, s'étonne en soupirant Sayuri, - alors que je pourrais très bien vous faire maintenant une terrible crasse.. enfin, surtout a vous, Hopkins.

    - Me dénoncer? C'est de ça que tu parles? Et bien vas-y! La cingle avec colère la concernée,- de toute manière, ce n'est qu'une question d'heures avant que les autorités ne le retrouvent et analysent les empreintes que j'ai dû laisser!

    - C'est pour ça qu'on restera cachées ici!! continue de plus belle Aiko en pensant réconforter ainsi son amie au visage déjà dévasté par les larmes.

    - Et c'est là que moi, je peux intervenir, reprend avec calme Sayuri, - même si je me demande encore si j'ai vraiment raison d'oser penser à une chose pareille...

    - De.. de quoi veux-tu parler? Lui fait Nanami avec suspicion.

    - Mais en même temps, j'ai toujours été fan de tes chansons Hopkins. Et puis j'appréciais beaucoup Daï. Alors..

    - Appèle-moi Nanami, maintenant que ma carrière est plus que fichue – ainsi que sans doute mon avenir tout entier..

    - Alors il serait très moche de te laisser te faire embarquer par les poulets... Quand je sais que je pourrais sans doute faire quelque chose pour toi.

    - Quelque chose? S'intrigue a haute voix Aiko en écarquillant grand les yeux, - mais qu'est-ce que tu veux dire?

    - Piting Aiko, je t'en prie, tais-toi un peu! Parce-que c'est pas à toi que je parle là! Alors tu es mignonne et polie, et tu la boucles. Thanks! S'agace Sayuri avec lassitude.

    - Je pense comprendre ce que tu veux dire Sayuri, reprend Nanami d'un air las, - et je te remercie d'y avoir pensé... mais je ne peux accepter...

    - Mais si, tu peux, la contredit sans attendre la blondinette, - parce-que si tu refuses, tu finiras tes jours en taule ma belle.

    - Et c'est ce que je mérite.

    - Il fait nuit noire et nous, élèves pilotes, avons les clefs de l'entrée de service de la base... Alors nous ne devrions pas traîner.

    - Hiyaaaaa!!!!! ne peut s'empêcher de piailler Aiko en comprenant enfin vers quoi la conversation semble se diriger, - ça veut dire qu'on va aller sur Octa...

    - Chut toi!! lui fronce sévèrement les sourcils Sayuri pour la faire taire, - parce-que si j'entends encore ta voix stridente, je retire ma proposition! Alors que c'est la seule chance qu'a ta grande amie de se tirer du guêpier dans lequel elle s'est elle-même fourrée!

    - Tu pourrais? Toi? Nous faire quitter le vaisseau? N'arrive sans doutes pas a croire Nanami en cherchant à sonder le regard de son interlocutrice blonde, - cela serait vraiment possible? Où tu nous fais marcher?

    - Vous me laisserez quelques minutes à la base, pour que je recherche les coordonnées de la fameuse Octavia, et je nous emmène là-bas. Y'a pas de soucis Hopkins. Si je te le propose c'est que je penses bien pouvoir le faire.

    - Mais.. et toi?

    - Euh.. moi?.. Et bien.. J'espère qu'Octavia me plaira! Parce-que je ne vais pas pouvoir revenir chez nous de sitôt.

    Evidemment. Quel pilote prendrait un risque pareil, en revenant ensuite fièrement au bercail? Aucun. Et ce, même si celui-ci laisse une famille aimante derrière lui.

    « Une vie à sauver, contre une famille a abandonner. »

    Mais il semblerait que Sayuri ait déjà fait son choix. Peut-être inconsciemment, voir sans doute. Mais une chose est sûre, c'est qu'elle l'a fait – et qu'elle ne semble pas vraiment hésiter dessus lorsqu'elle prend le chemin de la base, avec ses deux nouvelles amies sur ses talons.

     

    *       *

    *

     

    065

    La situation sur Virusia étant de plus en plus critique au fil des jours - pour les octaviens, évidemment - Daï finit par accepter de réunir son conseil tout entier pour débattre avec lui d'une éventuelle grande stratégie. Peut-être d'une dernière et ultime chance de remporter ce combat qui semble déjà perdu. Il le sait. Qu'il doit désormais tenter le tout pour le tout. Pour essayer, une nouvelle et sans doute dernière fois, de l'emporter.

    C'est donc la gorge nouée et la rage au ventre qu'il quitte le champ de bataille aujourd'hui, pour se rendre sur ses terres lorsque l'heure de la grande réunion approche.

    065

    Hideki l'imitera quelques minutes plus tard, même sous les protestations de ses troupes qui brailleront que les guérisseurs sont les pièces maîtresses sur le front! Certes, leur répondra t-il alors, avant de leur rappeler que la réunion du grand conseil est aussi d'une importance capitale - vu que c'est pendant son déroulement qu'il pourrait bien être décidé de l'arrêt définitif de cette guerre insensée.

    065

    De son côté, Shika restera vaillante et fière sur le front. Etant de sang éternien, cette jeune fille ne saurait tolérer la défaite, ni l'abandon – alors évidemment, elle espère intérieurement que de cette réunion des chefs, naîtra une ultime et infaillible stratégie.

     

     

    *      *

    *

     

    - Attention les filles, accrochez-vous! On va traverser le bouclier du vaisseau! Préviens Sayuri avec assurance, au volant du chasseur qu'elle à discrètement dérobé a la base. Ses deux nouvelles amies, recroquevillées l'une sur l'autre au fond de l'appareil, lui déclencheraient bien un profond fou rire, si elle n'était pas déjà bien occupée à manier ce fichu engin – oui, la jeune femme n'était pas l'une des meilleures élèves aux cours de pilotage.

    - AAAAAAHHHH!!!

    - HIYAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!

    - SAYURIIII, ATTENTIONNNN!!! NE NOUS TUES PAS, PITIEEE!!

    - HIYAAAHHHH, NANAMIII, CA TANGUEEE!!! JE CROIS QUE J'AI ENVIE DE VOMIIIR!!

    - ALORS TOURNE TOI DANS LA DIRECTION DE SAYU!! TOUT DE SUITE!!

    - Heyyyy!! Spice di counasse!!! Comment oses-tu lui dire de dégueuler sur celle qui va t'emmener dans les bras de ton homme??

    - MAIS ce n'est pas mon homme!! 

    - A d'autres! Purple-mytho!

    - Blondasse!

    - HIIIYAAAAAAHH!! NANAMIIII!! HIYAAAAHHHH!!

    - Hopkins, fais taire ta naine tout de suite, ou je la jette par la fenêtre!

    - AAHHHHHHHHHHHHHHHH!!

    - HIYAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

    - AAAAAHHHHHH!! MES YEUX, JE SUIS AVEUGLEEEE!!! CEST QUOIC ETTE LUMIIIEREEEE BLANCHHHE??? ESTCE QUON VA MOURIIIR???

    - On est en train de foncer vers Octavia, ne paniquez pas bande de gueulardes! Seigneur dieu, si je perd pas au moins 80% d'audition avec ce voyage moi, on pourra dire que j'ai de la chance! Ou carrément que je suis une miraculée!

    - C'EST ENCORE LOIN?

    - TU N'ES PAS OBLIGEE DE GUEULER HOPKINS! JE NE SUIS PAS ENCORE SOURDE! Et non, ce n'est plus très loin! ENFIN! ON A BIEN ENCORE UNE BONNE HEURE DE VOYAGE! ALORS SI VOUS VOULEZ PIQUER UN SOMME, SURTOUT, VOUS GENEZ PAS! OH TIENS, JE ME MET A HURLER MOI AUSSI? COMME C'EST ETRANGE, ME DIREZ-VOUS!

    Et en effet - exactement comme le prédisait la jeune pilote - un peu plus d'une heure plus tard, voilà que le petit chasseur neptanien entame une vive descente vers Octavia.

    Une vive descente qui fera hurler a nouveau les deux hystériques roulées en boule au fond de l'appareil,

    - AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHH!!

    - HIYAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!!

    - AAAAHHHHH AAAAHHHHHHHHHH AAAAAAAHHHHHHHHH!!!

    - HIYAAAHHHHH HIYAAAAHHHHHHHHHH HIIIIIYAAAAAAAAAAAAAAHHHH!!

     

     

    *      *

    *

     

     

    - On va marcher encore longtemps? Se plaint Aiko en traînant la patte derrière ses amies – les trois jeunes femmes se sont posées en plein milieu d'une plaine avec leur chasseur, pour préférer rejoindre à pieds la civilisation la plus proche.

    - Ouais, encore quelques semaines de marche, ironise Sayuri, excédée par ces questions sans queue ni tête.

    - On approche, regardez! Il y'a des bâtiments là-bas devant! Se joint a la conversation Nanami en pointant du doigt l'horizon, pour que Sayuri en hausse les épaules,

    - Bah tu vois la naine bleue, on est arrivées, dans moins d'un quart d'heure on sera mêlées aux octaviens!

    - Et comment est-ce qu'on va les retrouver? Hideki et Daï.. ? Se demande désormais à haute voix – et plutôt intelligemment – la concernée, - voilà un petit détail auquel on à même pas pensé!

    - C'est moi, ou tu es carrément idiote, toi? Se moque à nouveau Sayuri en pouffant de rire, - parce-que Daï étant prince de ce peuple, il ne sera à mon avis pas difficile de lui mettre la main dessus!

    - PRINCE?! Piaillent aussitôt - et en choeur - Nanami et sa comparse de toujours, - TU AS BIEN DIS, PRINCE?!

    - Ne me dites pas que vous n'étiez pas au courant?

    - NON!

    - Ouh putain..... l'autre elle est amoureuse d'un mec, dont elle ne sait quasiment rien!

     

     

    *      *

    *

     

     

    - Nous devons nous rendre! Cette guerre a assez duré!

    - Non! Nous devons élaborer une nouvelle stratégie! Car nous pouvons vaincre!

    - Non! Parce-que si nous nous rendons sans faire d'histoires, nous pouvons peut-être limiter les dégâts et sauver des vies!

    - Non! C'est hors de question!

    - Majesté!

    - J'ai dit non!

    - Et si nous votions?! A mains levées?!

    - Quedalle! Parce-que je sais vers quelle ineptie tend la majorité, et c'est nièt!

    - Mais majesté!

    - J'ai dit non!

    C'était a prévoir, la réunion du grand conseil d'Octavia est des plus animées aujourd'hui, au palais royal.

    - Ok, soyons malins et rappelons les fronts sur lesquels ont les a repoussés, pour nous souvenir de leurs faiblesses.

    - Voilà! Voilà une idée qu'elle est belle! Bravo Hide, toi au moins tu n'as pas laissé ton cerveau sur le paillasson avant d'entrer dans cette salle!

    - Eh eh.. merci Daï.. euh, majesté.

    - Bon, vous répondez a votre président oui? Bande de truffes?

    - Le front Est. C'est le seul où on les a fait battre en retraite.

    - Et bien voilà. Vous voyez, que quand vous voulez, vous pouvez!

    - Mais que voulez-vous faire? Attaquer de nouveau a l'est?

    - Faire diversion à l'est, bande de moules anémiques. Tout en attaquant au sud, avec le plus gros des troupes.

    - Mais au sud c'est leur capitale majesté!

    - Et bien justement, abruti! Et c'est pour ça que la masse ira dans cette direction, pour les surprendre! Parce-que eux nous auraient plutôt vus arriver de nouveau à l'est!

    - Ca ne marchera pas...

    - Toi, tu sors.

    - Pardon?

    - Tu sors! Allez hop. Tu prends la porte. T'es viré! Ouste! Du balai! Bon vent

    - Mais, je..

    - J'AI DIT, DEHORS!

    - Oui, tout de suite, majesté..

    - Et referme bien derrière toi. Y'a de ces courants d'air dans ce couloir, pfiouh!

    Pendant ce temps, les trois neptaniennes se retrouvent à traverser ce qui semble être un marché aux légumes – l'endroit rêvé pour croiser des octaviens en grand nombre, et en questionner un, voire deux, sur la possibilité de rencontrer leur prince.

    - Bonjour, engage en premier la conversation Nanami - en langue internationale -auprès d'une jeune fille qui porte péniblement un lourd sac de pommes de terre.

    - Oui? Lui répond celle-ci en souriant, dans cette langue que la grande majorité des peuples de l'univers utilisent pour converser.

    - Nous cherchons à rencontrer.. le prince. Et euh.. enfin, ce n'est pas que nous ne savons pas où il est, hein.. mais euh.. enfin..

    - Le prince? Hmm, je suppose que vous êtes nouveaux chez nous, pour ignorer que nous n'avons plus un prince, mais un roi. La jeune octavienne sourit en disant cela. On perçoit beaucoup de fierté dans l'intonation de sa voix.

    Et évidemment, la nouvelle fait immédiatement tomber trois mâchoires neptaniennes, dans un silence de cathédrales.

    - Accompagnez-moi chez moi, que je dépose mes pommes de terre, et je vous emmène au palais, reprend la jeune octavienne avec toujours ce même sourire amical dessiné sur le visage, - c'est toujours un plaisir de voir des nouveaux rejoindre la grande et belle Octavia, hihi!

    Chauvins et prétentieux? Les octaviens seraient-ils un peu imbûs de leur peuple? Ne pourront s'empêcher de se demander les trois ex-habitantes du Neptania, en suivant leur nouveau guide.

     

     

    *      *

    *

     

     

    - Alors on va faire ça, conclut fièrement Daï pour clore doucement cette réunion exceptionnelle, - après-demain, nous lancerons notre attaque-surprise. Et vous verrez qu'ils tomberont tous comme des mouches!

    - Que dieu nous garde, soupire l'un des conseillers, en ne pouvant s'empêcher de faire son signe de croix.

    - Dieu n'a rien à voir là-dedans. Mais la volonté et la témérité, si, par contre, le fusille aussitôt du regard son souverain.

    - Majesté? L'appèle soudain l'un des gardes royaux en entrant timidement dans la salle de réunion, - quelques personnes vous demandent..

    - D'où tu entres ici sans frapper toi?? l'incendie sans attendre le jeune roi en sentant la moutarde lui monter au nez, - non mais je rêve! C'est le club méditerranéen ici! On entre et on sort, comme dans un moulin!

    - Excusez-moi, majesté... c'était juste pour vous prévenir que trois jeunes femmes demandent a vous voir et attendent dans le hall.

    - Trois jeunes femmes dis-tu?

    - Oui, majesté.

    - Ok, j'arrive. Et les autres, vous pouvez disposer. On se retrouve demain, pour la dernière mise au point.


  • 066

    - Vous pensez qu'ils ont changés?! demande Sayuri a ses amies, en faisant référence au fait qu'elles vont bientôt revoir deux certains jeunes hommes, - je me demande si Daï a toujours sa bouille de bébé!

    - J'espère! Se dépêche de lui faire Aïko avec un petit sourire malicieux, - parce-qu'un Daï sans la bouille de bébé, ce n'est pas un Daï!

    - Tu peux parler toi, question bouille de bébé, la taquine alors la blondinette en pensant ainsi a haute voix, que la barbie du groupe a tout sauf un visage mature, - Et toi, Nanami? Ca va? Je te sens stressée!

    066

    En effet, la concernée n'a jamais été aussi stressée qu'aujourd'hui, et ses doigts qui s'excitent dans ses cheveux en sont la preuve flagrante.

    - Je.. je.. oui, oui, ça va très bien! Eh eh! Et vous? Ca va?

    - Mais oui, il sera ravi de te revoir Nanami, ironise amicalement Aïko en direction de sa meilleure amie, - et puis d'ailleurs, ce ne sont pas des pas qu'on entend là?

    - Sisi! Exact, lui confirme immédiatement Sayuri, les yeux rivés vers l'entrée de la porte du petit salon où on leur a demandé d'attendre, - allez Nanami, stress! Stress! Stress!!!!

    066

    - Je ne stresse absolument pas, tente de mentir désespérément l'ex-chanteuse neptanienne, morte de honte.

    - Tu ne penses pas que je devrais venir avec toi, fait Hideki a son meilleur ami et souverain, tandis que les deux jeunes hommes pénètrent enfin dans la pièce qui sert à accueillir les invités – leur conversation portant encore sur l'élaboration de leur ultime stratégie pour remporter cette guerre qu'ils mènent sur Virusia.

    - Non. Tu seras beaucoup plus utile sur le front Est, comme on l'a déjà...Commence a répondre le jeune roi, avant de s'interrompre brusquement devant le spectacle de trois visages qu'il connaît bien.

    066

    Trois jeunes et jolies filles, assises sur le canapé de ce coquet petit salon. Trois neptaniennes qu'il a rencontré il y'a quatorze mois de cela que le vaisseau-terre « Neptania ».

    - Aïko? Nanami? S'étonne en premier Hideki en laissant ainsi sa surprise s'exprimer a haute voix, - mais, que.. que.. ?

    - Et ouiii, c'est nous!! se relève joyeusement du canapé la jeune fille en observant affectueusement les deux hommes.

    Puis Sayuri se dépêche d'enchaîner, sur le même ton amical et joyeux,

    - purée, vous avez changé! Purée, Daï, que t'es canon en chemise-cravate! J'en redeviendrai presque hétéro!

    - Sa.. yu.. ri? Mais comment? Balbutie timidement le flatté en se pinçant fermement l'avant-bras pour réussir a croire a cet évènement des plus surprenants.

    - Vous n'avez pas changé les filles, se met a sourire Hideki en direction de leurs invitées surprises, - Et c'est vraiment.. une.. drôle de surprise de vous revoir chez nous! Hein, Daï? Hein.. que c'est une surprise?

    - Eeeuh... benn euhhh...

    - Alors comme ça on est roi mon mignon? Taquine rapidement la jeune lesbienne en direction de son vieil ami, - puréééé mon Daïchou!! Toi, roi!! Non mais comment ça pète la classe ça!

    De son côté, Nanami écoute sagement les diverses conversations et rires fuser, sans pouvoir y prendre part pour autant.

    Parce-qu'elle est mal a l'aise.

    Terriblement.. mal a l'aise.

    Le regard de Daï - a moitié perdu par ces retrouvailles inattendues - fuyant dans toutes les directions possibles, la met affreusement mal a l'aise : il est certain que la jeune femme n'a pas sa place ici, se met-elle alors a penser avec douleur, en regrettant déjà de s'être précipitée sur cette planète qui n'est pas la sienne.

    - Roi ou pas roi, tu as toujours ta bouille de six ans et demi en tout cas, continue d'embêter affectueusement Sayuri en se relevant a son tour pour rejoindre son vieux camarade ; qui lui tire maintenant la langue en feignant de s'offusquer,

    - Six ans et demi?! J't'en foutrai, du six ans et demi, moi!!

    066

    - Allez sept ans, si ça peut te faire plaisir, chéri! Le taquine-t-elle toujours en lui tapant dans la main avec virilité, avant de se jeter sur ses joues pour lui faire deux énormes bises des plus baveuses, - putain je fais la bise a un roi, comment je pète la classeeee!!

    Pendant ce temps là : Nanami, désormais la dernière encore assise sur le canapé du salon, continue d'observer ce qui se passe autour d'elle – en se sentant évidemment de plus en plus cruche au fil des secondes.

    Cruche, et peut-être aussi... profondément jalouse.

    De Sayuri.

    Qui est décidément incroyablement proche de « son » Daï.

    - On en vient aux explications?! Fais soudain celui-ci à cette assemblée majoritairement féminine, - comment êtes-vous venues ici? Toutes les trois?!

    - Bah grâce a bibi, mon biquet! Lui répond immédiatement sa blondinette d'amie, - Et c'est une lonnngue histoire! Qui conclut sur le fait que nous nous retrouvons désormais, toutes les trois, totalement expatriées – demandant presque l'asile politique à un sexy roi!

    - Asile politique? Ne peut s'empêcher de répéter Hideki d'un air intrigué, - comment ça?

    - Sayuri a volé un vaisseau pour nous ramener, lui dévoile immédiatement Aiko sans hésiter, - alors tu comprends qu'elle ne peut plus rentrer, sous peine de subir les sanctions qui vont avec ce crime..

    - Gné? Vous vouliez tellement venir ici que tu en es arrivée à voler un vaisseau Sayu?!S'étonne a son tour Daï en tombant des nues, pour provoquer la réponse immédiatement de son ancienne camarade pilote,

    - Disons que tes deux copines chéries allaient avoir quelques petits soucis avec la justice, et que je me suis brusquement senti l'âme d'un saint-bernard en décidant de leur faire quitter le vaisseau!

    - Quelques soucis avec.. reprend en réponse Daï, rapidement interrompu par Aiko qui semble désormais s'inquiéter de leur avenir ici, sur cette planète qui leur est totalement inconnue,

    - Est-ce que c'est grave qu'on soit ici, Daï? Est-ce qu'on a le droit d'être ici d'abord? Et est-ce qu'on va nous faire du mal??

    - Nous sommes une terre d'accueil Aiko, alors vous avez presque « frappé » a la bonne porte, la rassure rapidement le jeune roi, avant d'ajouter que, - par contre, nous sommes actuellement en guerre et donc très occupés... alors ne vous attendez pas a ce qu'on vous fasse les guides touristi...

    Un bruit de téléportation force Daï a s'interrompre pour immédiatement regarder dans la direction de l'aura bleue qui apparaît maintenant sous ses yeux : Shika. Il l'a immédiatement reconnue. Même à travers cette lumière vive et bleutée qui l'entoure.

    - Tiens, Shika? Lui fait-il alors sans attendre, - Ca va?

    Cette question n'est pas sans fondements, puisque le jeune homme sait bien que la jeune fille ne quitte jamais le champ de bataille sans raison valable.

    - D.. Daï.. lui répond elle alors d'une voix faible, avant de s'effondrer lourdement sur le sol en gémissant de douleur.

    - SHIKA! Crie aussitôt de terreur Hideki en s'agenouillant à ses côtés pour la prendre tendrement dans ses bras – tout en lui incantant de doux sorts de guérison.

    - Ca va aller ma puce, ça va aller, lui fait-il ensuite avec calme et douceur, tout en continuant de la soigner.

    - T'en as trop fait encore, je suis sûr, idiote! Ne peux s'empêcher de sermonner Daï en s'accroupissant à son tour pour constater de plus près les plaies qui parsèment le visage de la demoiselle, - Boarf ça va, tu n'as rien de grave, je crois.

    - Va crever, le tocard qui se touche en réunion pendant que moi, j'agonise sur le front!! le gronde amicalement son interlocutrice blessée, en ressentant enfin les effets bénéfiques des incantations de son doux soigneur.

    - Tu peux passer tes bras autour de mon cou? Lui sourit affectueusement celui-ci, en lui ramenant un bras autour de épaules, - je vais te monter dans ta chambre. Tu es toute pâle..

    - Oui, ça devrait aller, lui offre t-elle en réponse ; et avec un doux sourire empli de malice, - mais si tu ne m'embrasses pas tout de suite, je pense que je pourrais brusquement faire une attaque et ne pas m'en relever!!

    - Hey! La gronde aussitôt Dai en se remettant debout, - je te signale qu'on a des invitées là! Alors les mamours et tout le bazar, vous vous les gardez pour l'intimité! Thanks!

    - Toi, on va t'assassiner pendant ton sommeil, espèce de despote! Le menace amicalement Hideki, les yeux toujours plongés dans le regard de celle qui semble être sa petite amie.

    « semble être.. sa petite amie ».

    Voilà une bien douloureuse constatation que commence à faire - avec une douleur inqualifiable - la jeune Aiko.

    Parce-qu'Hideki a apparemment bien continué sa vie depuis son départ du Neptania... Alors que sur le vaisseau humain, c'était elle qu'il courtisait. Elle... Et uniquement elle.. jusqu'à ce qu'elle l'envoie se faire voir lorsqu'il tente – enfin – de l'embrasser.

    - Tu l'emmènes se reposer et lui expliques notre plan? Fait Daï à destination de son meilleur ami, qui tient tendrement la jeune blessée dans ses bras.

    - Oui, oui, lui soupire alors celui-ci en se mettant en chemin vers le couloir qui va le mener tout droit dans la chambre de sa petite protégée.

    - Quel plan? Ne peut s'empêcher de demander Shika, avant d'ajouter en remarquant enfin la présence d'étranges jeunes filles dans la pièce, - et elles? Qui sont-elles?!

    - T'occupes, lui ironise simplement Daï tandis qu'Hideki l'emmène déjà hors de la pièce, avant de se retourner vers ses invitées, une fois qu'il se retrouve seul avec elles ;

    - Bon bon bon, a nous quatre maintenant!

    - C'est ta soeur? Lui demande sans attendre Sayuri en ajoutant vivement, - parce-qu'elle a tes yeux je crois! Non?

    - On est de la même famille, oui. Mais ce n'est pas ma soeur.

    - Et entre elle et Hideki.. ça fait longtemps? Ose timidement questionner Aiko à son tour.

    - Eeeuh.. Y'a pas marqué bureau des renseignements sur mon front Aiko. Alors ce genre de questions, tu vas les lui demander toi-même!

    - Je.. Je suis désolée.. excuse-moi.

    - Bon je vais dire a quelqu'un de vous monter dans une chambre. Vous vous installerez et ferez ce que vous voulez. Et, euh..

    - Waouh, trop la classe mon lapin! Lui crie joyeusement sa blondinette préférée, pour le faire immédiatement râler en retour que,

    - Stop Sayu. Y'a des gens pour qui j'ai de la crédibilité ici, alors tu arrêtes avec les surnoms débiles! Merci!

    - Putain, j'oubliais que t'es roi! C'est vrai! Pardon, mon lapin!

    - SAYU!!!

    - D.. Daï? Ose soudain Nanami en sortant enfin de son mutisme, les joues qui s'empourprent à vue d'oeil et le coeur qui bat a tout rompre.

    - Tiens, tu parles toi maintenant? lui grogne sans attendre l'interpellé en la fusillant du regard, - non parce-que je commençais à m'inquiéter moi. Je me disais qu'on t'avais arraché la langue et tout et tout!

    - Est-ce qu'on peut se parler quelques secondes en privé.. ? S-il-te-plait? Poursuis l'ex-chanteuse en déglutissant de honte  et en ignorant la pénible ironie de son interlocuteur.

    - Hmmm.. Ouais. Ok, lui confirme-t-il sans un sourire, avant de tourner les talons pour appeler le premier subalterne sur lequel tombe son regard,

    - Hey!

    - Oui, majesté?

    - Fais une petite visite guidée aux deux jeunes filles, là, lui désigne-t-il du doigt Sayuri et Aiko en revenant vers elles, avant de lui ordonner a nouveau, - puis prépare-leur une chambre. Ce sont des invitées.

    - Bien majesté.