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    Une longue série de baisers passionés s’enchaîne ensuite; Tenma plonge son regard dans ceux de son partenaire, en lui murmurant, les yeux brillants ; — Je suis très très jalouse, tu sais...

     Évidemment, elle fait allusion au fait que son petit ami ait tendance à flirter un peu partout et qu'il n'a pas intérêt de continuer ce petit cinéma s’il tient a sa vie et a ses bijoux de famille.. 

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    Amusé, Arkan lui répond alors, en faisant glisser son index gauche sur différentes parties de son corps, afin de la rendre cramoisie de gêne ; — On a le même défaut alors...

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     — Ce n’est pas un défaut.... Lui affirme-t-elle dans un murmure, le visage presque collé au sien.

     Leurs lèvres se joignent encore, pour provoquer un nouveau et langoureux baiser et cette fois les caresses d’Arkan se dirigent sous le top de sa partenaire pour lui caresser les seins mais celle-ci portant une brassière de sport, Arkan se sent frustré car bloqué dans son élan, il ne se voit pas déshabiller complètement sa nouvelle petite amie dans la cuisine de l'école de danse... 

    Soudain, et alors Qu'Arkan dirigeait sa main droite vers l'entrejambe de sa brunette, la concernée se recule, l’air apparemment perturbé ; Arkan songe alors qu’il l'a peut-être brusqué en voulant aller trop vite, 

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     — Ça a toqué non ? Lui fait Tenma en dirigeant son regard vers la porte de la cuisine, où ils sont enfermés. — Quelqu’un est entré dans le salon, t’as rien entendu toi ?

     — Eeeuh, non. Avoue franchement Arkan, rassuré de voir qu’elle n’est pas du tout réticente à ses petites caresses osées.

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     — Sisisi, persiste-t-elle en se décollant de lui pour se diriger vers la sortie de la pièce — je vais voir qui c’est, ça m’intrigue !!

     Et elle sort, comme ça, en laissant un Arkan planté bêtement au milieu d’une cuisine.

     

    Intrigué par cette fuite soudaine, Arkan se met alors sur ses pas ; admettons que quelqu’un soit entré, en quoi est-ce que ça la concerne ? Il y’a bien les trois autres filles pour saluer un éventuel visiteur !

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    Une fois devant la porte vitrée, il a brusquement la réponse à son interrogation ; sa brune a déjà quelqu’un dans sa vie, vu qu’il la voit en train de se faire embrasser.

    Les trois autres filles sont tranquillement en train de discuter à quelques mètres d’elle, ce qui veut donc dire qu’il était le seul con a ignorer que Tenma n’était pas célibataire.

    C’est la première fois de sa vie qu’il se prend un tel râteau et qu’il se sent humilié a ce point.

    La garce, elle s’est bien foutu de ma gueule ! songe-t-il avec haine.

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    Kalanam, qui discute avec ses deux amies, a bien remarqué l’adolescent planté derrière la porte de la cuisine ;

    Affectueusement, elle tente de lui adresser un signe de main en essayant de lui faire comprendre, par l’expression de son visage, que ce n’est pas grave, qu’il ne faut pas qu’il soit trop en colère...

     Mais plus facile à conseiller qu’à appliquer ; Arkan est furieux et il retourne vers le fond de la pièce, hors de la vue de toutes les filles

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    De toute façon elle finira pas venir le trouver, quand elle aura fini de rouler des gadins a cette espèce de type bizarre aux cheveux grisâtres.

     Et à ce moment-là, il ne la loupera pas..

    Bien sûr, il pourrait disparaitre immédiatement pour rentrer chez lui, en tournant définitivement la page sur Octavia et ses habitantes trop frivoles, mais il déteste fuir et se faire humilier alors il va plutôt attendre de lui pouvoir lui reparler afin de lui apprendre la vie a cette petite traînée...

    Si elle croit qu’elle peut se moquer ouvertement de lui, et bien elle se plante le doigt dans l’œil ! Et bien profond...

    Tiens, quand on parle du loup, on en voit la queue...

    La voilà justement qui pousse la porte de la cuisine pour rejoindre Arkan qui la dévisage avec mépris et rancoeur ; au moins, l'expression de son visage annonce la couleur... songe Tenma avec effroi  

    Arkan reste muet, car l’indifférence est le pire des mépris et il souhaite la déstabiliser ; de toute façon, son regard en dit long sur ce qu’il pense d’elle à l’heure actuelle.

    Tenma prend alors les devants. Courageusement, elle s’avance vers lui en essayant de ne pas perdre ses moyens.

    — Tu me laisses t’expliquer où tu te focalises sur ta première opinion ?

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    — M’expliquer quoi ? Comment il embrasse ? Se moque brutalement Arkan en sortant de son mutisme avec ironie, — c’est bon Tenma, je t’ai vue a l’œuvre hein... Et maintenant je cerne bien le personnage ! Quoique quand on voit ton short presque à ras-la-moule on peut déjà t’analyser, mais bon... Disons que j’avais voulu passer au-dessus de ton look de pute !

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    — Connard ! s’énerve la jeune fille en serrant les poings, — putain tu mériterais un coup de pied au cul, même si t’es sans doute super puissant ! On t’a jamais dit que juger sans savoir c’est toujours délicat ?? Tu sais quoi de moi abruti ?? Rien !!

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    — Je sais pas grand-chose, mais ce que j’ai vu m’en apprend pas mal quand même ! Persiste Arkan sans se démonter ; elle cherche a le faire sortir de ses gonds, mais ça sera une tentative ratée, car lui ferait trop plaisir qu’il s’énerve pour elle !

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    — Ça fait un an qu’on est ensemble avec Angeal, dévoile Tenma en essayant de se calmer — et ça fait trois mois que j’essaie de rompre, mais à chaque fois ça déclenche des crises et puis il a des problèmes personnels alors...

     — De mieux en mieux, tu oses pas rompre pour pas le blesser, mais t’es prête à le tromper, c’est bien ça ? Continue de se moquer Arkan pour essayer de l’enfoncer le plus possible ; il déteste ce genre de filles...

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     — Je... Je veux pas le blesser ! C’est tout.. J’ai déjà essayé de rompre et j’ai vu dans quel état ça l’a plongé alors je suis toujours revenue !

     — T’as l’air de bien l’aimer en tout cas, pour quelqu’un qui essaie de rompre, vu les gadins que tu lui roulais devant l’entrée, persiste Arkan, toujours sur un ton très ironique.

     — La preuve que tu as mal regardé alors ! Le cinglé Tenma — parce que c’est lui qui m’a embrassé, et encore c’était un tout petit smack ! Ensuite je me suis reculé en prétextant qu’il devait partir parce qu’on allait recommencer tôt cet aprèm ! T’es blasé là hein ? Game Over monsieur l’eternien ! 

    — Moué... soupire Arkan en levant les yeux au ciel de dépit — Moi c'que j'en dis, c'est que...

     — Demande aux filles si je suis une pute qui se tape un mec tous les quatre matins ! Va leur demander ! Allez, va donc ! Je l’ai jamais trompé, Angeal... Enfin avant toi, bien sûr...

     — Moué... Moué.. Moué... continue de soupirer Arkan, exprès pour l’agacer.

    Il aime bien la voir se justifier et s’exciter seule ; c’est sa punition...

    — Arrête avec tes « moué » tout le temps, tu me stresses !! marmonne-t-elle en fronçant les sourcils, avant de s’avancer doucement vers lui, avec une nouvelle expression sur le visage : un sourire penaud, qui va murmurer tout bas ;

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    — Je vais rompre avec lui, promis.... Que tu veuilles encore de moi ou pas... lui murmure-t-elle en se rapprochant subtilement pour lui prendre les mains, en esquissant un timide petit sourire qui implore son pardon.

    Il va se contenter de lui rendre son sourire, en l’enlaçant sensuellement pour la rapprocher de lui ; elle a l’air sincère et puis c’est vrai qu’il ne l’a pas vu embrasser ce type comme elle l’embrasse lui..

    De toute façon, elle lui plaît et il ne veut pas la sortir de sa vie pour un vulgaire ex qui ne veut pas se faire plaquer...


  • 019

     

    *

     

    Pendant ce temps, sur Eternia, il fait nuit noire et Jun vient d’apparaître devant la petite maison d'Evaï....

    Comme d’habitude lorsqu’il se téléporte ici, il s'avance ensuite rapidement vers la demeure qu’il connait bien ; pour remarquer que toutes les lumières semblent éteintes.  Apparemment, sa rouquine n'est pas sur place.

    Mais ce n’est pas grave, il va l’attendre à l’intérieur ; cela fait tellement longtemps qu’ils sont ensemble, Evaï et lui, qu’il peut se téléporter entre les murs de la maison sans que l’alarme ne se déclenche.

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    Le salon terriblement  silencieux met rapidement Jun mal à l’aise ; d’habitude, lorsqu'il arrive ici, tout est éclairé et il y’a toujours une musique de fond qui résonne...

    Pourvu qu’elle ne tarde pas à rentrer... seule de préférence.

    Et si Keichi lui avait dit la vérité ? Et si elle l’avait remplacé ?

    Non.. Il ne veut pas y croire.

    Keichi sait peut-être tout, mais il ne connait pas Evaï, qui est une fille fidèle. 

    Pourtant, il faut avouer qu’il n’est pas tranquille, car il sait très bien que sa petite amie, qu’il a délaissée comme une vieille chaussette trouée, peut très bien apparaître soudainement en tenant la main d'un autre homme.

     Comment devrait-t-il réagir si ce scénario machiavélique se réalisait ?

     Il préfère ne pas y penser et attrape vivement la télécommande de la télévision pour chercher une chaîne à visionner, n’importe laquelle ; il doit bien y avoir un navet qui passe à cette heure-ci pour lui permettre de se changer les idées tout de même !

     

    *

     

    Et en effet, a une heure pareille il n’y a que cuisine TV qui diffuse encore ; las, il ferme les yeux pour échapper à la confection de ce qui semble être un homard à la crème.

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    Heureusement pour lui, il n’aura pas à rester longtemps devant cette émission puisqu’une aura de téléportation apparaît enfin en face de lui : Evaï !

    Il pousse un soupir de soulagement en constatant très vite qu'elle est seule.

    — Qu’est-ce que tu fais là ? Le cingle-t-elle d’une voix amère dès qu’elle l’aperçoit ; après ce qu’il lui a fait, il ose encore venir ici pour s’asseoir sur SON canapé...

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    — Attends, attends mon cœur, il faut qu’on parle toi et moi ! Se dépêche-t-il de dire avec un tendre sourire, en se relevant pour rejoindre son interlocutrice en colère.

    — J’ai rien a te dire Jun, poursuit-elle, — enfin si... De quel droit est-ce que tu t’autorises encore à pénétrer chez moi comme ça ? Je vais réactiver l’alarme pour toi... Tu n’as plus à être autorisé d’office désormais.

     — Arrête Evaï, arrête.. Laisse-moi s’expliquer.. Même si c’est un peu compliqué...

     — T’es chou dans la tenue des guerriers d’Octavia, ironise-t-elle ensuite d’une voix glaciale, — pfff tu me dégoûtes, allez dégages et va la retrouver ! Tout de suite, sinon j’appelle la police !

    — Attends laisses moi t’expliquer merde ! Reprend Jun la gorge nouée, — tu peux pas me sortir de ta vie comme ça, sans écouter ce que j’ai a dire !

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    — Comment ça je peux pas ? Continue-t-elle d’ironiser de plus belle, — oh que si je peux te sortir de ma vie comme ça, sans aucun problème ! D’ailleurs c’est déjà fait mon gros ! Suffit de regarder mes cheveux ! Il parait que toutes les héroïnes de Minaya se coupent les cheveux lors d’une peine de cœur, alors pouf moi aussi j’ai voulu respecter la tradition ! Moi aussi je me coupe les cheveux pour tourner la page !

    — Evaï.... laisse tomber Jun en baissant les yeux, puis en ajoutant timidement,  de toute façon tu es sublime comme ça, tu sais...

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    — C’est pas avec des vieux compliments hypocrites que tu me rattraperas Jun ! C’est fini... F.I.N.I !!! Va retrouver ta blondasse aux yeux bleus et fiche moi la paix ! 

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    — Tout d’abord, je sais pas où est-ce que tu as entendu parler d’elle, commence a s’énerver Jun en envoyant une main balayer l’air pour exprimer sa lassitude, — mais imprègnes bien que si j’avais voulu faire quoi que ce soit avec elle, je ne serais pas là, devant toi ce soir !! Je n’ai strictement rien fait avec Isis, la princesse d’Octavia si tu veux savoir !

     — C’est cool, tu l’appelles par son petit nom ! C’est chou ! Grince Evaï en fixant un point fixe en face d’elle, pour éviter le regard de cet homme qui l’agace à lui cacher tant de choses.

     — Je l’appelle par son prénom c’est vrai, continue Jun en essayant de faire retomber sa colère pour rester calme — mais il ne s’est rien passé avec elle et ça je peux te le jurer ! C’est, disons assez compliqué et je sens que cette fille est en danger, alors je suis allé la chercher... OK, OK, j’ai l’air d’un fou quand je parle comme ça, je le conçois ! Je suis sans doute complètement atteint, mais certainement pas infidèle !

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    Ce discours semble terriblement sincère et la jeune Evaï ne sait plus trop sur quels pieds danser avec ce garçon ; c’est vrai qu’il n’a pas l’habitude de lui mentir et que cela ne s’est d’ailleurs jamais produit, mais l’idée qu’il soit parti à la recherche d’une autre fille la démonte complètement.

    — Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? marmonne-t-elle en le dévisageant avec suspicion.

     — J’sais pas, ça dépend de toi. Lui répond-il en haussant les épaules, — si tu m’annonces que tu ne m’aimes plus et que tu m’as remplacé, bah alors j’irai sans doute retrouver Isis voir si y’a moyen de conclure... Ou alors j’irai noyer mon désespoir dans les bars, comme tous les pauvres gars jetés par leurs meufs...

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    — Je parle sérieusement Jun ! Se vexe Evaï dans un soupir — admettons que je te pardonne, qu’est-ce que tu vas faire ? 

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    — C’est pas possible que tu parles sérieusement, ironise Jun en haussant à nouveau les épaules, — car tu connais déjà la réponse.. Enfin je pense !

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    — Je la connais pas non ! Je suis une blonde teinte, alors donne-la-moi ! lui ordonne-t-elle en lui fonçant dessus, 

     — Eh ben... commence Jun — si jamais tu me pardonnes de t’avoir abandonnée quelque temps, je pense que je vais, dans un premier temps, te sauter dessus, t’embrasser, te faire l’amour...

    — Et après tout ça... ? Soupire tristement Evaï, — je veux dire que tu repartirais la protéger, cette espèce de folle ?

     — Avec toi oui, si tu veux bien venir avec moi sur Octavia ? 

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    — Moi..Moi sur Octavia ? S’interloque la jeune fille — j’y ai déjà été avec Arkan pour te chercher et je peux te dire qu’on me regarde bizarrement là-bas, avec mes yeux eterniens...

     — Sauf que là tu n’es pas avec Arkan, mais avec moi, lui sourit tendrement Jun en la prenant dans ses bras, — je connais bien le roi Keichi et sa sœur alors je peux te dire que si y’en a un seul qui ose te regarder de travers...

    — Ah bah, si je suis auprès d’une star octavienne alors, ça change tout ! Le taquin Evaï, — je vais pouvoir faire ma pisseuse avec tous ceux qui haïssent mes yeux, waouh !

    — Je t'aime, Evaï... Merci de croire en moi, car au vu des circonstances, tu n'étais pas obligée...

    — Je t'aime aussi, idiot, murmure Evaï en se jetant sur les lèvres de son petit ami retrouvé ; enfin...

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    Jun est aux anges, ravi de constater que Keichi Dakémo s'était bien trompé au sujet de sa petite amie, car elle ne l'avait absolument pas remplacé. Encore heureux qu'il n'avait écouté que son intuition sur ce coup-là...

     

    *

     

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    Peu après et alors que le couple prend un bain en amoureux, Jun fait une promesse à la rousse de son coeur,

    - Toi et moi, c'est pour l'éternité... Quoiqu'il puisse se passer à l'avenir, ne l'oublies jamais...

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    — Je l'espère, mon coeur, lui répond tendrement Evaï en se laissant retomber sur lui, le sourire aux lèvres et plus heureuse que jamais. Ils ressortent ce soir plus forts que jamais de cette micro-séparation qui les a secoués et elle est certaine que désormais, ils sauront tout affronter...


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    *

     

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    Après une nuit de sommeil plutôt courte ; à cause de leurs retrouvailles que les amoureux ont dû célébrer ; le petit couple se téléporte au palais d’Octavia.

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    Bien sûr, les gardes de l’endroit ont tous esquissé de drôles de grimaces en apercevant la jeune eternienne, mais ils ne peuvent se permettre la moindre réflexion ; ils ont reçu des ordres stricts de leur roi sur le comportement à avoir avec le prince d’Eternia.

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    — J’en ai pour deux minutes mon cœur, promet Jun à sa petite amie qu’il tient par la main ; il va la laisser dans le hall marbré, devant les quartiers de Keichi, afin d’aller prévenir le roi d’Octavia de l’arrivée surprise de la jeune rouquine.

    — Qu’est-ce que je fais si y’en a un qui débarque pour me manger ? Je lui arrache quel œil ? S’amuse Evaï, — non parce que faut pas oublier qu’on est sur Octavia ici... La planète des gens chelous ! 

    — Tu toques a la porte de Keichi, se contente de lui sourire affectueusement Jun, — mais n’aies craintes, y’en a pas un qui osera broncher vu qu’ils t’ont vue à mes côtés !

    — D’accord, lui sourit à son tour Evaï en le libérant — allez, file! 

    Un dernier échange rapide de baisers, puis ils se séparent à contrecœur ;

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    Jun pour cogner à la porte de son ami Keichi, avant de pousser la porte dès qu’il a entendu un bref « — oui, entre » ; et Evaï pour rester plantée là, immobile devant cette porte de bois qui se referme devant elle.

     — Salut Kei, fait poliment Jun une fois à l’intérieur de la pièce. — J’espère que je ne te dérange pas.. 

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    Curieuse, Evaï se rapproche discrètement de la porte pour écouter la conversation de son petit ami, avec le souverain d’Octavia.

    — Je t’ai déjà dit que tu ne me dérangeais jamais, sourit Keichi, — J'écoutais de la musique... Tu veux boire quelque chose ?

     — Non merci Kei... laisse tomber Jun, un peu honteux par l’objet de sa future requête — en fait, je voudrai te prévenir que...

     — Que ?

     — Qu’Evaï est ici, annonce Jun d’une traite — et je voulais te demander si ça serait possible qu’elle reste avec moi... dans mes quartiers. Je ne me vois pas me séparer d’elle, donc si sa présence ici n’est pas souhaitable, je resterai avec elle sur Eternia. Cela ne m’empêchera pas de revenir veiller sur ta sœur comme prévu....

    — Evaï ? L’interrompt brusquement Keichi en esquissant un rictus amer ; — Ta... ta petite amie, c’est bien ça ?

     — Euhh... Oui, c’est bien ça.

     — Mais en quoi as-tu besoin d’elle ici ? Commencent à stresser le jeune roi en se triturant les doigts — et puis à quoi servirait-elle ? Je veux dire que...

    — À rien sans doute, avoue très honnêtement Jun en haussant les épaules — mais je ne veux pas me séparer d’elle, c’est tout... Et puis tu n’es pas obligé d’accepter si ça te dérange tant que ça Kei.. Je n’ai pas besoin d’habiter ici pour protéger Isis.

     — Est-ce qu’elle est puissante ? se décide à demander Keichi en levant un sourcil.

     Jun est évidemment surpris par cette question et il ne sait pas trop quoi y répondre ; Evaï n’est pas vraiment une guerrière...

     — Je veux dire, reprend Keichi en soupirant, — son aura, quand elle la déclenche, est-ce que tu la ressens puissante ?

     — Je... Je n’en sais rien. Réponds très franchement Jun — elle ne s’est jamais battue, tu sais.. 

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    Derrière la porte, la concernée n’a pas perdu une miette de la conversation et elle s’interloque de plus en plus au fil des secondes ; qu’est-ce que ce type peut bien lui vouloir pour s’intéresser ainsi à sa « puissance » ?

    — C’est d’accord Jun... se décide à accepter Keichi, avant d’émettre rapidement une condition — par contre elle ne sera pas dans ton armée, ça ne te dérange pas au moins. ?

     — Pardon ? S’étonne le jeune prince d’Eternia — mon armée ? De... de quoi ?

     — Ah oui c’est vrai, j’ai oublié de te dire que j’avais fait de toi un chef d’armée... Au vu de ta puissance et surtout de ton rang, j’ai jugé cela tout à fait naturel, car je ne te voyais pas être sous les ordres d’un type plus faible que toi, cela aurait été risible, tu ne trouves pas ?

     — Et bien je.... mais... mais je...

    Lui ?  Jun ? Prince d'Eternia et intrus ici ? Le chef d'une armée octavienne ? Jun ne se fait pas vraiment à l’idée...

     — Ton armée est la 45D, comme Isis dirige la 95C, ou Denzel la 16A. Reprends Keichi pour ne pas laisser son interlocuteur réfléchir, et peut-être, se rétracter brusquement — ta petite amie sera dans la 85A, c’est un groupe de jeunes inexpérimentés qui veulent apprendre à maîtriser des pouvoirs, cela sera l’idéal pour elle. 

    Inexpérimentée en matière de combats, Evaï l’est sûrement ; cependant, la concernée sait très bien percevoir les énergies malfaisantes lorsqu’elle en croise.. Et ce type, ce Keichi, il semble être le mal en personne tant ce qu’il dégage est glacé et terrifiant : il ne cherche qu’à les enrôler. Evaï en est désormais certaine. Ce roi est pourri jusqu'à la moelle et affamé de gloire ! Les octaviens méritent leur réputation !