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    — Meurs... laisse froidement tomber Octavia en fixant la jeune fille qui se tortille au sol à cause de nombreux spasmes qui tentent de lui déchirer les muscles un par un. 

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    « Meurs », ce mot a rapidement fait frissonner Keichi. 

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    Isis va mourir, car nul ne peut lui résister.

    Elle est accroupie, là, comme un petit animal faible et mourant.

    Une attaque se précipite dans sa direction.

    Pour l’achever.

    Car elle est si faible qu’Octavia n’a pas besoin de son énergie.

    Elle peut mourir immédiatement, car elle n’est, et ne sert à rien.

     

    The magic of the wizards dreams — Rhapsody ♪

     

     

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    Mais Keichi semble en avoir décidé autrement.

    Il vient d’apparaitre devant sa sœur, par on ne sait quel miracle.

    La déesse écarquille grand les yeux devant la vision du souverain déchu. 

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    Comment cela est-il possible ?

    Comment a t-il plus se relever pour apparaître ici, alors qu’il n’est même plus censé pouvoir cligner des yeux ! 

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    — Isis...  murmure-t-elle faiblement, avant de s’effondrer lourdement sur le sol.

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    — Espèce de loque... se blase alors Octavia devant ce spectacle des plus ridicules — mais par quel miracle es-tu encore conscient, pffft. Enfin... On peut dire que tu viens de mourir héroïquement ! oh, pitoyable héros !

     — Mon frère n’est pas pitoyable espèce de.. Espèce de... hurle Isis agenouillée auprès de la dépouille de son frère jumeau, — réveille-toi Kei !! continue d’elle ensuite de hurler, maintenant à destination de cet être qu’elle chérit tant, — réveille-toi espèce de boulet ! Tout de suite ! Je... Je sais que t’es vivant ! Je le sais ! Tu es fort et résistant ! Tu... Tu... Tu peux pas clamser comme ça ! Pas.. Pas à cause d’une attaque aussi ridicule ! 

    Ses yeux sont inondés de larmes et sa voix faiblit au fil des mots. Sa gorge est désormais trop nouée pour qu’elle puisse continuer de hurler sa rage et son désespoir. 

     

    À bout, elle se laisse alors tomber sur ce corps inerte et sans vie.

     Qu’elle parte avec lui.

    Que les jumeaux s’en aillent ensemble.

    Que désormais plus rien ne les sépare. 

    Qu’ils soient enfin heureux, ensemble, et ailleurs.

    Et de préférence, dans un monde, meilleur. 

     

    Mais Jun n’est pas d’avis à la laisser s’en aller.

    Il revient précipitamment vers elle pour lui tapoter l’épaule.

    Pour lui rappeler que lui, il est encore là et qu’ils ont un combat à gagner, ensemble.

    Elle ne l’écoute pas et refuse de bouger d’un seul millimètre.

    Le torse de son frère est encore chaud et elle aime s’y reposer. Elle est égoïste. Elle se fiche de tout désormais.

    Oui, les Dakémo ne sont finalement que de sales égoïstes.

    Ils sont deux. Uniquement deux. 

     

    Daï revient à la charge pour entrainer Jun dans un nouveau combat.

    Finalement, il aime l’affronter.

    C’est un adversaire de taille.

    Ses coups sont vifs et puissants et la douleur qu’ils procurent est presque exaltante. 

    Octavia a l’intention de s’assurer que le duo Dakémo est bel et bien mort.

    Elle prépare une nouvelle attaque qui va les pulvériser et les faire disparaître à tout jamais, car ce monde n’a pas besoin de souverains faibles !

     L’attaque est vive et lumineuse.

    Elle file droit en atteignant presque la vitesse du son.

    Elle va frapper. 

    Aaron.

     

    Cette fois c’est Aaron qui vient d’apparaitre brusquement, devant Isis, pour encaisser l’attaque.

    Anne, Arkan et Tenma sont derrière lui et ils se précipitent au chevet des deux blonds. 

    J’un retient une larme d’émotion en constatant la scène. 

    Avec un clin d’œil affectueux, il sourit affectueusement en ordonnant, — explosez-la ce pouf ! En direction de son oncle bien-aimé, avant de revenir affronter son fils et ennemi. 

    — C’est comme si c’était fait ! Annoncent en chœur Aaron et Arkan, en se mettant en position de combat pour fondre, ensemble, sur la déesse maléfique. 

    Tenma et Anne préfèrent rester, pour l’instant, auprès d’Isis qui est toujours effondrée sur le corps de son frère.

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    Délicatement, Anne la force à se relever.

    Elles sont désormais à genoux et face à face. 

    Isis regarde cette femme, le regard embué de larmes d’incompréhension.

    Que fait cette éternienne ici, à ses côtés ? 

    Amicalement, et en douceur, Anne lui essuie les yeux, en esquissant un affectueux sourire. 

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    Le cœur de la jeune princesse vole en éclat sous l’émotion.

    Un nouveau flot de larmes vient lui inonder le visage.

    Elle ne sait plus où elle en est.

    Aujourd’hui son frère meurt et ses ennemis se révèlent amicaux.

    Aucun son n’arrive à passer le barrage de ses lèvres cousues par le désespoir et l’émoi.

    Elle pleure, pleure, et pleure encore. Sans se préoccuper de rien.

    Désormais le monde peut bien changer ou s’effondrer sous ses pieds, elle s’en fiche. 

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    En pleurant toujours, elle baisse les yeux pour apercevoir une nouvelle main étrangère qui vient se poser sur la sienne.

    Quelle est cette jeune fille ? Une octavienne.

    Une très jeune octavienne.

    Peut-être une enfant... 

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    — Que... que faites-vous ici ? se décide-t-elle enfin à leur demander.

    Que de fierté... Même dans les pires moments de nos vies, on cherche encore à argumenter... 

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    — Des amis... se contente de sourire Anne. 

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    Tenma se permet d’ajouter, pour les informer — Je vais aller les aider.

    « Les » désigne bien sûr son petit ami et Aaron, qui semblent avoir quelques difficultés.

      Ceux-ci affrontent actuellement la déesse mère en donnant tout ce qu’ils ont, mais celle-ci repousse presque toutes leurs attaques sans trop de peine.

    Pourtant elle se fait toucher, elle aussi.

    Mais beaucoup moins qu’eux. 

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    Ils devront s’unir pour l’avoir à l’usure.

    C’est leur seule chance de victoire.

    Ils sont ennemis, mais ils devront se battre, ensemble.

    Ils ne se connaissent pas, mais ils devront lutter, main dans la main. 

    — On doit détruire la statue... se décide à  informer Isis à sa comparse, Anne, tandis que Tenma court déjà auprès d’Arkan et Aaron.

     

     

     

    *

     

     

     

    J’un est en position de force sur son fils.

    Ils sont désormais en train de s’affronter a l’extérieur du palais, vu qu’ils ont besoin d’espace pour se battre et esquiver dans les meilleures conditions possibles.

    Daï ne sortira pas vainqueur de ce combat. Il le sait et cela le rend fou de rage de se réaliser plus faible que son ennemi.

    Il continue cependant d’attaquer sans relâche.

    « On ne dévoile jamais ses faiblesses à son ennemi ! » 

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    — Attention ! Elle va nous reapparaitre dessus ! crie Aaron à son fils pour le prévenir que lorsque leur ennemi disparaît subitement comme elle vient de le faire, c’est parce qu’elle va venir les frapper dans la seconde qui suit.

     — Je sais ! Me prends pas pour un noob non plus ! Rétorque un Arkan vexé par la réflexion. Comme s’il ne savait pas prévoir les mouvements d’une déesse trop maquillée...

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    Comme prévu, Octavia reapparait en une fraction de seconde, sur les deux éterniens. 

     Trop occupés à se pester dessus, ils n’ont même pas essayé de percevoir sa présence.

    Il est désormais trop tard pour réagir.

    Elle va frapper. 

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    Les coups sont vifs et rapides. Les deux hommes partent s’écraser quelques mètres en arrière, contre le mur marbré, en poussant des cris où se mêlent la surprise de l’attaque et douleur ressentie pendant et après.

     Tenma arrive en courant près d’eux. Elle attrape la main de son petit ami pour l’aider à se relever. Celui-ci la repousse vivement, vexé qu’elle le considère invalide et nécessiteux d’aide !

     Les trois comparses sont de nouveau face à leur ennemie.

     Cette fois, ils vont attaquer ensemble.

     Des bruits de pas se font entendre.

     Une troupe peut-être.

     Plusieurs personnes en tout cas.

     Tous les regards se dirigent vers la porte béante de la salle mystique.


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    Stand my ground - Within Temptation ♪

     

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    Denzel. 

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    Il est accompagné de tout ce qu’il a pu récupérer de l’armée d’Octavia. 

    Ses amis, ses anciens compagnons de caserne...

     Il n’a pas chômé depuis qu’il a quitté Keichi. Oh que non. 

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    Il prévoyait de renverser son souverain détesté... jusqu’à ce qu’il arrive ici aujourd’hui, pour découvrir un château embrumé par une aura maléfique, un Keichi au sol et apparemment sans vie, une Isis en larmes et un Jun qui combat un peu plus loin dans les jardins.

     Il ne lui en faut pas plus pour comprendre, enfin, d’où vient la seule et unique plaie de cette planète... sa planète.

     Octavia. 

    Oui il aime profondément ces terres et il ne peut décidément pas se résigner à rentrer chez lui.

    Parce qu’il est octavien avant tout. 

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    Armée de guests pawa\o/


  • 069

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    — Bande de traîtres ! hurle la déesse mère en fusillant du retard la troupe qui vient de débarquer, — qu’étiez-vous sans moi ? HEIN ??

    — QU’ÉTIEZ-VOUS SANS MOI BANDE DE LARVES ? RIEN !!

    — VOUS N’ÊTES RIEN SANS MOI ET MON POUVOIR ! 

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    — Et vous ne serez plus jamais rien, finit-elle par conclure le plus calmement possible, — c’est décidé, je reprends tout.

     

     « les huit branches de l’infini se meurent »

     

    Ses pouvoirs. Sa force. Sa puissance.

    Elle leur reprend tout.

     

    « les huit branches de l’infini se meurent »

     

    Sans elle, ils ne sont rien.

    Sans eux, elle n’est rien.  

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    Alors ils mourront tous. 

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    Dans un ultime et dernier combat. 

    Brusquement, tous les octaviens découvrent, en même temps et en poussant des cris d’effroi, qu’ils n’ont plus de pouvoirs.

    Ils ont beau essayer d’invoquer tout ce qu’ils peuvent, aucun d’entre eux n’arrive à déployer la moindre aura.

     — Nous, nous sommes encore là ! Crie brutalement Anne à la déesse mère qui se préparait à fondre sur Aaron.

     — Oui, nous, Eternia, nous sommes encore là pour te vaincre, espèce de folle ! ajoute alors le souverain éternien pour compléter la phrase de son épouse qui vient de le rejoindre pour se battre a ses côtés.

     C’est vrai. La déesse noire n’a pas oublié que les éterniens ont des pouvoirs innés dès la naissance et qu’Anne est une humaine qui maîtrise de nombreuses invocations offensives.

     Mais ils ont beau dire et se vanter, elle sait bien que tous leurs tours de passe-passe ne suffiront pas à la vaincre, elle et son guerrier noir.

     Daï.

    Que fait-il en ce moment ?

    Elle réalise que cela fait maintenant un long moment que celui-ci s’est laissé entrainer à l’extérieur.

    Il doit être en train de vaincre, forcément.

    Elle ne se fait pas de soucis.

    Daï est puissant, mais surtout vil.

    Il ne peut pas perdre.

     

     

    *

     

     

     

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    Pourtant, à quelques mètres de la salle mystique, c’est bien Daï qui est au sol.

    Il a mal partout et ne sent presque plus ses membres.

    Son père et adversaire est bien trop fort pour lui.

    Il doit à tout prix ruser s’il veut l’emporter. 

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     — Debout, Daï, l’encourage froidement Jun en se remettant en position de combat — allez, debout ! Tu vas pas t’écrouler comme ça, oh que non !

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     Mais c’est qu’il le nargue en plus... L’adolescent est fou de rage, mais trop intelligent pour se laisser emporter par la colère.

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     — Debout Daï ! Reprends Jun en le cinglant d’une voix emplie de colère et déception. Cet enfant l’a tellement déçu. Comment a-t-il pu se laisser entrainer de la sorte par cette sorcière maléfique ? Il n’en revient toujours pas et ne pourra sans doute jamais lui pardonner.

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     — Je me rends, se décide à lancer Daï sans bouger d’un millimètre, — vous avez gagné. Je me rends.

     Cet homme est noble et il ne frappera pas un enfant à terre qui vient de se rendre. Daï le sait car il peut lire dans son cœur comme dans un livre ouvert.

     — Quoi ? Semble s’étonner Jun — alors tu serais donc lâche, en plus d’être idiot ? Malheur...

     L’adolescent ne réagit pas à cette provocation gratuite.

    Il est loin d’être stupide, contrairement à ce que lui dit son père..

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     — Allez, je te laisse, lui soupire finalement Jun d’une voix lasse, en commençant à se retourner.

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     Il s’en va sûrement rejoindre les autres, se dit rapidement Daï, satisfait de voir son ennemi tomber dans son piège. 

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    Ca y’est, il est assez loin... Go ! s’encourage-t-il ensuite en se relevant discrètement du sol, avec un sourire glacé et diabolique dessiné sur le visage.