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    *

     

    De son côté, Jun se remet douloureusement de ses émotions.

    Il renifle encore, n'a pas vraiment les idées claires, mais il tente cependant de relever la tête. De penser à l'après en songean que la vie n’est faite que d’une succession de chutes et qu'il fallait l'accepter.

    Peut-être n'étaient-ils pas faits l'un pour l'autre finalement.

    Peut-être que l'amour avec un grand A n'existait pas, tout compte fait.

    Le coeur gros, l'estomac toujours en vrac, il soupire, haussant les épaules. Chienne de vie, elle ne lui aura décidément rien apporté de bien trop longtemps. Mais peut-être était-ce mérité. Peut-être n'avait-il plus droit au bonheur après l'acte infâme qu'il avait osé faire contre son propre père.

    Mérité, mérité. Il ne méritait que celui qui lui arrive.

     

     Quelqu’un toque soudain à la porte, faisant ainsi sursauter le jeune homme à peine relevé ; Jun marmonne rapidement ;

    Moui ? 

     — Coucou Jun.. C’est moi. 

     

    La princesse ?

    Jun a bien reconnu sa voix et lève un sourcil, avant de rougir lorsqu'il se souvient qu'il n'est actuellement vêtu que d'un caleçon.

     

    — Eeeeeuh, oui ? Qu’est-ce que tu veux ? reprend Jun en se précipitant vers l’armoire pour en tirer des vêtements ; les premiers qui tombent sous son regard, encore embué par les nombreuses larmes qu’il vient de verser.

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    — Je... Je... balbutie Isis, un peu gênée de me trouver là, devant sa chambre personnelle, « — je..Je.. Je pensais vous faire visiter le château ! Ça vous dit ? » Se reprend-elle vivement ; pas question de lui montrer sa gêne ! Et puis il n’est pas seul... Alors il ne faudrait pas qu’elle paraisse idiote devant l'eternienne...

     — D'accord, j'arrive dans cinq minutes ?? Mais tu n’entres pas !! la prévient vivement Jun en enfilant avec hâte une espèce de Jean apparemment trop serré. 

    — Il y’a des vêtements dans l’armoire, l’informée Isis, heureuse qu’il n’ait pas refusé sa proposition pour préférer rester avec sa petite amie. — Il doit y en avoir pas mal, aussi bien féminins que masculins...

     

     — C’est bon, j’ai trouvé !! l’interrompt Jun en finissant de boutonner une chemise qu'il a récupéré entre des jupes de femmes.

     Des jupes qu’elle aurait pu porter... songent-il avec tristesse... 

    — Jun ? Reprends Isis, toujours derrière sa porte — est-ce que ça va ?

     — Hein ? Pourquoi tu me demandes ça... Marmonne le concerné en finissant de s’essuyer les yeux ; il ne faudrait pas qu’elle se rende compte qu’un solide gaillard comme lui a pleuré comme une fillette à cause d’une ridicule petite peine de cœur...

    Derrière la porte, le cœur de la jeune Octavienne se serre, car au vu de ce qui émane de cette pièce, elle pense avoir compris les tourments du jeune homme.

     Oui, la douleur des gens est l’une des choses qu’elle perçoit le mieux...

     Pourtant, même si elle est certaine qu’il est seul dans cette chambre et qu’il souffre énormément, elle se met a sourire bêtement parce que...

     Parce qu’elle n’est apparemment plus là.

     Elle qui avait pourtant la chance de pouvoir être dans ses bras... 

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    — C’est bon, tu peux entrer, lui annonce enfin Jun dans un soupir.

    Alors la jeune princesse pousse enfin la porte pour pénétrer dans la pièce et apercevoir un jeune homme qui semble essayer d’afficher un air fièr mais aussi.... terriblement désespéré.

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    — Alors on va... visiter le... le château ? lui fait maintenant Jun avec un sourire crispé et forcé.

    Ses dents sont désormais tellement serrées qu’il a bien du mal à laisser échapper les mots.

    Pourtant, il essaie.

    Pour lui parler et avoir l’air bien, normal et naturel... 

    — On commence... par quelle.. Pièce, alors ? continue-t-il sur le même ton à la fois enjoué, mais aussi tellement faux...  

    — Il... Il est grand ce château en plus... Il.. Il doit y avoir tellement de pièces... C’est vraiment... vraiment génial... J’suis vraiment ravi de... de... de.. De le visiter... J’en... J’en.. Rêves..

    — JUN !! l’interrompt brusquement Isis en hurlant presque.

    — P.. Pourquoi tu... pourquoi tu cries...? Lui fait le concerné en essayant d’afficher un air surpris ; alors qu’en fait il a l’air de venir d’ailleurs, comme si on venait de le réveiller d’un sommeil millénaire...

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       — Espèce d’idiot !! Lui crie à nouvelle Isis en se précipitant sur lui, pour s’agripper solidement à son cou. Évidemment le jeune homme titube sous le poids de la jeune fille, mais cela ne réussit pas à le sortir de son état larvesque. Ses yeux sont toujours rouge sang, pleins de larmes, et pour cette raison, il a d’ailleurs bien du mal à distinguer les traits de sa camarade...

     — Espèce de crétin... reprend Isis, la voix tremblante, — il ne... il ne faut pas avoir honte de souffrir... Tu sais, même les plus grands ont parfois leurs moments de solitude... 

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    — Mais.. Mais je vais bien... tente de marmonner Jun, dans un restant de fierté, — je... je te jure que je vais bien...

     — Non... non tu ne vas pas bien... Et c’est ça le pire parce que... parce que..

     

    Parce que tu es trop bon pour avoir le droit de souffrir...

    Parce que les êtres de lumières tels que toi ne devraient jamais verser la moindre larme...

     

    — Parce que quoi.. ? s’étonne Jun en sortant peu à peu de sa léthargie, — et puis.. Et puis...

     

     Et puis que fais-tu là, pendue à mon cou ?

    Est-ce que... est-ce que...?

     

    Maintenant que Jun a l’air d’avoir repris ses esprits, la jeune princesse se sent terriblement mal.

     Comment a-t-elle pu lui sauter dessus de cette façon ?

     Cette situation est horriblement gênante et elle voudrait disparaître dans un trou de souris tant elle a honte de s’être comportée comme une adolescente excitée par un beau garçon.. 

     — C’est pas ce que tu crois !! tente-t-elle vivement pour laver son honneur qu’elle vient de traîner dans la boue, — je... Je t’apprécie et ça me fait terriblement mal de te voir dans cet état !! On est amis, non ? Alors... alors.. 

    — Ça va mieux Isis, t’en fais pas, tente de lui sourire Jun dans un soupir, avant de ramener ses mains le long de son corps, gêné par la proximité de la jeune fille.

     — Tes yeux... essuie-les, lui ordonne amicalement Isis avec un petit sourire timide, — regarde-toi dans le miroir... T’es affreux !!

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    — Oh je crains... marmonne Jun en se frottant vivement les paupières pour faire disparaître les dernières larmes rebelles, — tu n’as rien vu hein ? Hein que tu vas garder tout ça pour toi hein ?? Hein ??

     Si fier, mais si attachant... songe la jeune fille, les yeux brillants d’admiration et... d’amour. Malheureusement. Parce qu'elle a du mal à admettre qu’elle est en train de succomber au charme du jeune prince d’Eternia.

    — Heeeeeeeeeeeiiiin ? Reprends Jun pour réveiller sa jeune amie qui semble préférer rester silencieuse lorsqu’il lui demande quelque chose de vital !

     — Oui.. Lui fait-elle enfin, avec un sourire affectueux. — Ça restera entre nous ! Promis, juré... mais pas craché !

     

     Il a esquissé un petit sourire quand elle a fini de formuler sa phrase et elle en est heureuse : ce n’est pas grave s’il ne l’aime pas, car l’essentiel c’est qu’il l’apprécie et qu’ils soient amis.

     Amis.. Cela fait tellement longtemps qu’elle n’a plus eu d’amis comme lui.

     Denzel... Oui, elle a Denzel, c’est vrai... Mais avec lui, ce n’est pas pareil.

     Denzel n’est qu’un guerrier impitoyable, froid et pas vraiment sensible.

     Jun, lui, à l’inverse, c’est un être qui dégage tant de bonté qu'il a le pouvoir de faire se sentir mieux quiconque traverse une mauvaise passe. C'est comme s'il possédait quelque chose d'addictif... Et Isiis se sent déjà sous l'emprise de cette drogue dure.

     

     

     

    *

     

     

     

    Cette nuit, Isis veut que Jun s’amuse ; alors elle lui a proposé de venir se détendre au premier étage ; l’immense salle où tous les habitants du château se relaxent, à la nuit tombée.

    Pour l’occasion, elle s’est mise sur son 31 en enfilant une petite robe blanche, très courte et terriblement sexy.

    Elle aimerait tant lui plaire...

     

     Pourtant, même si ce soir elle met tout en œuvre pour être jolie et séduisante, elle se sent toujours un peu mal ; parce qu’il y’a de grandes chances pour qu’elle se prenne un râteau phénoménal.

    Parce qu’il n’a sans doute pas encore oublié son ex-petite amie...

     Ex-petite amie qui l’a apparemment laissé tomber...

     

    Pour quelles raisons d’ailleurs ?

    Avait-elle un sale caractère ?

    Où est-ce Jun qui serait insupportable en amour ?

    Bien sûr, tout cela ne la regarde pas, mais elle ne peut s’empêcher d’être curieuse car tout en lui l’obsède et elle aimerait tout savoir à son sujet.

     Par exemple... Quel est le genre de filles qu’il apprécie ?

    Fait-elle partie de la bonne catégorie pour pouvoir espérer lui plaire ?

     

     Finalement fatiguée de se poser toutes ces questions, pas vraiment existentielles en plus, elle hausse les épaules et se dit qu’il vaut mieux arrêter de chercher la petite bête ; ce soir, ils vont s’amuser tous les deux et elle va tenter de le dérider ; en tant qu’amie. Et voilà. Uniquement en tant qu’amie... 

     

    Vingt minutes plus tard, les deux comparses sont assis sur une banquette, dans l'un des coins de la salle de réception. Ils discutent de tout et de rien mais Jun ne semble pas vraiment s'amuser, ni même être de bonne humeur.

     

    — On remonte ? Propose t-il soudain après une longue minute de silence.

    — Si tu veux, lui répond Isis en se mordant la lèvre infèrieure.

    Qu’espérait-elle de lui ce soir, de toute manière ? Le pauvre sort tout juste d’une peine de cœur, alors il est évident qu’il n’a pas la tête à s’amuser..

     

     Mais voilà que Keichi arrive pile au moment où les deux amis se préparent à extirper leurs fesses du canapé ;

     — Vous ne dansez pas ? Pourtant, ce sont les slows... fait-il remarquer avec un petit sourire en coin, avant de reprendre, dans un éclat de rire ;

    — Jun ! Espèce de faux gars !

    — Maaais Euhhhhh... réplique le jeune eternien en esquivant le regard taquin de son ami.

     — Kei... intervient Isis en laissant échapper un petit rire gêné — Fous lui la paix.

     — Jun, faux gaux ! Ça va te poursuivre ! Reprends Keichi sur le même ton que précédemment, pour frustrer et faire réagir son camarade qui commence à bouillonner sur son fauteuil.

    — Ok... Tu danses Isis ? Propose enfin le jeune prince d’Eternia en dévisageant le blondinet qui est en train de rigoler à gorge déployée, — Et toi Keichi, si tu as rien de mieux à faire, tu peux circuler !!!

    — Je m’en vais, je m’en vais ! Laisse échapper Keichi en tournant les talons, à la fin de son fou rire, — y’a pleins de filles là-bas, je vais aller les occuper ! Car moi je suis pas un faux gars !

     — Ça suffit !!! le cingle Jun en fulminant.

     

     Mais le jeune roi est déjà loin ; mais encore en train de rire en constatant la gêne du jeune eternien.

     Décidément, tout se déroule décidément comme prévu.

     Il est vraiment ravi ! Le scénario est idéal et il semble se réaliser encore mieux que dans ses prédictions...

    — Ne te force pas Jun, soupire Isis en regardant son frère disparaître dans un autre petit salon — Kei, c’est un lourdaud.

    — Debout, on danse ! Fausse-nana va ! ironise Jun en se plantant droit devant la jeune fille encore assise — debout !

     — Fausse-nana ? Se vexe Isis en le foudroyant du regard — et bien si je suis une fausse-nana, tu peux aller voir ailleurs mon gros !

     — S’il-vous plaît, oh grande reine d’Octavia, veuillez accorder une danse à un pauvre petit prince désespéré... se reprend Jun en arborant la mine de circonstances : celle a laquelle personne ne peut résister tant il a l’air adorable et angélique ainsi...

     — C'est mieux ! S'exclame Isiis, ravie, en se levant pour le rejoindre, alors qu’il lui tend déjà la main pour qu’elle la saisisse.

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    Seigneur qu’il est beau ce soir... songe-t-elle ensuite, complètement noyée sous charme, avant de se détester elle-même d'être ainsi charmée par un homme alors qu'elle est une guerrière fière et impitoyable qui ne doit pas se  comporter comme jeune fille en Ruth !!!

    Stressée, elle réalise que depuis qu’elle le connait, elle devient de plus en plus femme... C’est mauvais signe. Il faut qu’elle se reprenne rapidement et arrête de se laisser charmer par les airs de prince charmant de cet homme addictif...

     

    Un prince charmant... Oh oui.. Voilà l’appellation qui lui convient...

    Totalement.. Et encore, même les princes des contes de fées ont moins de charme que lui.

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    — Isis ? Ça va ? lui fait soudain Jun tout bas, un peu inquiète de la voir aussi mal a l’aise dans ses bras.

     — Oui..Oui !! Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ? Bien sûr que ça va ! Et puis pourquoi est-ce que ça n’irait pas ?!? Ca va toujours, moi ! Et toi ?! Tu es sur que ça va, toi ?!?

     

    Mon dieu... Quelle cruche.. Songe-t-elle avec effroi : elle est en train de se ridiculiser dans les bras du prince d’Eternia...

    Son nom est fichu ! Une corde, vite, une corde !

     

    — Je... Je vais remonter, je pense, je me sens pas très bien... balbutie t-elle honteusement, l'air désespéré, — Je.. J’ai dû prendre froid... Tu.. Tu peux me lâcher dis ??

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    — Non.. Se contente-t-il de lui répondre de sa voix la plus douce — notre slow n’est pas fini, alors tu n’as pas le droit de t’en aller.

     

     Ses yeux.. Pourquoi la dévisagent-il désormais ?!

    Elle va finir par devenir folle... Seigneur, que lui arrive-t-il...

    On dirait qu’il tente de la séduire, mais sans le vouloir réellement.

     

     — Lâche-moi Jun, tente-t-elle de le gronder, les mains tremblantes — tu n’as aucun ordre à me donner alors.. Lâche-moi, tout de suite !!!

    — Non... lui fait-il à nouveau, dans un souffle qu’elle peut désormais ressentir sur sa peau.

     Délicatement, il la force à se rapprocher de lui pour la plaquer avec sensualité contre son torse.

    Sale fourbe ! Qu’est-il en train d’essayer de faire ? Commence à prendre peur la jeune fille.

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    — Lâche-moi tout de suite, lui lance t-elle en essayant de lui asséner son regard impitoyable : celui qui rappelle son statut au palais ! — Je... Je.. Je ne suis pas une poupée de substitution !! Alors... alors...

     

    Elle s'interrompt toute seule, brusquement très gênée par sa propre phrase.

    Seigneur dieu... Quelle idiote.

     

    Désormais au comble de la honte, elle tente de se débattre avec pour unique but de s’enfuir en courant jusqu’à sa chambre.

     Mais il refuse de la laisser s’échapper, préférant la garder prisonnière dans ses bras.

     

    — Une danse... lui murmure t-il tout bas, — calme-toi et arrête de me prendre pour un ennemi... Nous sommes amis, n’est-ce pas ? C’est toi qui me l’as dit... Alors, ne me laisse pas...

     Son timbre de voix a changé et la jeune princesse ressent à nouveau l’étendue de son désespoir.

     Quelle idiote décidément. Comment a-t-elle s’imaginer qu’il essayait de la séduire alors qu’en fait, il recherchait juste en elle une épaule amicale pour s’appuyer.

     Quelle idiote.. Quelle cruche de ne pas savoir être une amie quand elle le doit...

     Tendrement, elle se rapproche alors de lui pour se remettre à danser en silence, en lui murmurant un bref ; — au fait... c’est normal la chemise ouverte ?... Espèce de playboy !

     Immédiatement, le jeune homme rougit et se recule pour reboutonner sa chemise, honteux. Isis rit aux éclats en constatant sa bouille cramoisie, avant de revenir se scotcher à lui pour continuer leur danse.


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    *

     

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    À quelques mètres de là et plus précisément à l’extérieur du château, Arkan est en train d’affirmer à sa petite amie qu’il sait que son cousin est ici. 

    Évidemment, celle-ci ne le croit pas et boude car il a tenu venir ici alors qu'ils étaient tous les deux en train de passer une agréable soirée en amoureux. Goujat. Comment osait-il songer à venir courir après son cousin lorsqu'il était en pleine soirée avec sa chérie !

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    — Je vais voir de plus près, persiste Arkan sans écouter les soupirs de sa petite amie. — Jun est là je te dis ! Mon père avait raison en disant qu’il cherchait la princesse d’Octavia, car en effet, je ressens bien sa présence ici ! Mon cousin est là, Tenma !

     — Tu peux me dire ce que ton cousin ficherait ici avec la princesse ? Tu sais, c’est vraiment pas son genre d’aller draguer les petits eterniens... Ton père se trompe Arkan, vous faites fausse route...

    Mais l’adolescent ne l’écoute plus et commence à s’avancer vers l’enceinte du palais, tandis que Tenma continue de plus belle ; — Tu vas avoir des problèmes avec les gardes !

    — Arkan ! Reviens ! 

    — Moi ? Moi je vais avoir des problèmes avec des petits octaviens tout faibles ? Rit le concerné en continuant son chemin, — alors là, j’aimerai bien voir ça tiens... Tu ne sais pas qui je suis !!

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    Blasée, Tenma le regarde s’éloigner en soupirant. Il est si sûr de lui...

    Enfin, il a de quoi ; c’est vrai qu’on prétend qu’il est très fort... 

    Très fort et très attachant... Adorable... Mais doté d'un sale caractère plutôt agaçant.

    Pourtant, ce type de garçons insupporte Tenma d’habitude. 

    Mais lui... Lui...

    Lui, il a quelque chose en plus.

     

    Finalement vaincue par l’affection qu’elle lui porte, elle décide de le suivre, en l’appelant vivement ; — Arkannnn Attennnds !!

     

    — Tiens, le comité d’accueil est arrivé ! Fais le concerné, les yeux rivés sur un soldat adossé sous le porche du palais.

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    Tenma sent un frisson lui parcourir l’échine et elle arrête brusquement ses pas, en essayant de le prévenir, d’une voix tremblante ; — Arkan.. Viens, on rentre... Lui... Lui il est super fort... 

     

    Denzel. Oui c’est bien Denzel qui fixe le jeune prince d’Eternia. 

    Quel bien ça va lui faire de le réduire en miettes... Ce gosse va subir ce qu’il n’a pas plus faire à Jun et cette fois Isis ne bronchera sûrement pas vu qu’elle est bien occupée au premier à se dandiner contre sa lopette... 

     

    — Hey ! « Men in black ! », commence à se moquer Arkan en continuant son chemin, les mains dans les poches, comme s’il était dans un centre de vacances, — tu m’emmènes à l’intérieur en me faisant la visite guidée ? 

    La visite guidée....? se répète Denzel, outré, en commençant à voir rouge. 

    — Arkan, s’il-te plaît... le supplie Tenma en lui prenant la main pour lui faire comprendre qu’il faut qu’ils s’en aillent... 

    Agacé, le jeune eternien se retourne vivement vers sa petite amie pour lui lancer quelques paroles acerbes, quand Denzel, de son côté, se prépare à lancer une attaque pour calmer ce sale gamin un peu trop arrogant a son goût...

     

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    Menouthis ~ Posthumus ♪

     

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    — Attentioooooooon !! hurle brusquement Tenma en apercevant l’attaque qui se précipite sur elle et son petit ami.

     

    Arkan l’a sentie aussi. Cette attaque. Mais à ce moment précis, il n’a que deux choix qui s’offrent a lui ; soit il esquive, en laissant la jeune fille encaisser seule, ou soit il reste sur place pour tenter de parer.

     Sans hésiter, c’est la deuxième solution qu’il choisit.

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    Il reste donc figé devant l’attaque, en l’atténuant le plus possible grâce à son énergie combative.

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    Ce soldat est vraiment faible comparé à lui.

    C’est vraiment sans la moindre difficulté qu’il arrête ce rayon ridicule.

    Il aurai pu le lui renvoyer tiens... songe-t-il une fois que l’attaque à complètement été absorbée par son aura devenue maintenant plus scintillante que jamais.

    — Quelle faible.. Le provoque soudain Denzel de la manière la plus ironique qu’il soit, — t’auras pu esquiver, mais t’as préféré rester pour ta copine... C’est ce qui te perdra !

     

     Immédiatement, le cœur de la jeune Tenma fait un bond soudain dans sa poitrine : il... il est resté pour elle ?...

    C’est bien la première fois que quelqu’un fait un tel geste pour sa personne et elle en a les mains qui tremblent en se souvenant de la fois où elle et Angeal s’étaient faits agressé dans la rue... ; son ex petit-ami lui a brusquement crié de courir le plus vite possible, en lui montrant l’exemple... Sans réaliser qu’elle était encerclée et qu’elle ne pouvait donc pas l’imiter !

    Cette sombre soirée s’était donc soldée, pour elle, par deux côtes cassées et la perte de son porte-feuille. Évidemment, le lendemain, Angeal est venu la voir à l’hôpital avec un gigantesque bouquet de fleurs et des yeux pleins de larmes. Attendrie, elle lui a alors souri puis pardonné... Après tout, cela devait être normal qu’il ait peur face à quatre types qui faisaient trois fois sa taille... 

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    — Espèce de bouffon... se met à cingler froidement Arkan avec un petit rire glacé — parce que tu crois vraiment que je vais me donner la peine d’esquiver les attaques d’une larve ?? Non, mais tu rêves ! Rien qu’avec un doigt, j’arrête tout de toi ! Ouvre les yeux, bon à rien et rappele toi bien qui je suis !!

    Gonflé à bloc, il termine sa phrase en se dépêchant de préparer une de ses attaques préférées... 

    Ce misérable petit Octavien ne va pas s’en relever.

    Comment ce moins que rien a pu croire un seul instant qu’il le blesserait... Lui, Arkan...

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    En effet, ce prénom n’est pas banal et Denzel découvre ce soir que ce jeune adolescent est vraiment un adversaire de taille, puisqu’il se fait violemment projeter en arrière sous l’impact de cette violente attaque eternienne.

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    D’un bond et le plus vite possible, il se relève fièrement, en ravalant un filet de sang qui voudrait s’échapper de sa bouche ; cela ferait trop plaisir à son ennemi de constater qu’il a pu le toucher. Il ne donnera pas cette satisfaction à ce sale eternien de pacotille !

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    Malheureusement pour le courageux soldat octavien, voilà qu’à peine s’est-il remis debout en titubant, que ce sale gosse réapparaît sous ses yeux en une fraction seconde ; son sang se glace dans ses veines et tout son corps se paralyse sous l’effet de surprise.

    L’attaque est trop rapide, trop vive, trop puissante... pour qu’il puisse avoir le temps de penser à une éventuelle parade. 

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    À nouveau, il se retrouve projeté en arrière, jusqu’aux escaliers du château, où il s’écrase violemment.

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    Son égo vient de prendre une douloureuse et cruelle claque ; il réalise enfin qu’il ne gagnera pas seul contre ce gamin qui est bien plus vif et habile que lui.

     Soudain, il se remémore son enseignement de guerriers ; nul n’est immortel, nul n’est invincible ; tout ennemi a une faille ; même les plus grands ; lorsque seuls vous n’êtes plus rien, rappelez-vous le nom de vos compagnons.

     « — Asuka... » se met-il alors à appeler, par la pensée ; le lien le plus fort qui unit tous les guerriers.

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     Arkan se raidit brusquement et se prépare à se relever ; il l’a sentie. Cette présence agressive qui vient d’apparaître dans son dos. Malheur ! Il s’est fait surprendre ! Et dans cette position, il n’a aucun moyen de défense ; tout va se passer trop vite ; pendant moins d’une seconde ; moins d’un centième de seconde...

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    Il va se prendre ce violent coup de pied couplé à cette puissante boule d’énergie qu’il arrive à ressentir pendant sa préparation, tant elle est vive et nourrie de haine.

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    Tenma assiste à la scène, impuissante ; son jeune ami vient de s’éclater contre l’escalier, aux côtés d’un Denzel qui affiche désormais un sourire trop prétentieux, avant de s’élancer près de sa camarade guerrière. 

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    Maintenant, ils sont deux.

    Maintenant, il est seul et isolé.

    Et ce n’est pas cette gamine inutile qui lui sera d’un quelconque soutien, songe Tenma, l'air désespéré.

    Que peut-elle faire pour l’aider ? Rien...

    À moins que... ?

    Octavia est leur mère à tous ; c’est ce qu’on lui a toujours dit.

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    Alors dans ce cas, il n 'y a pas de raison qu'elle, ne puisse pas l’appeler à l'aide.

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    — Une civile ! Hurle Asuka en foudroyant du regard la jeune Tenma, avant d’ordonner à son camarade octavien, toujours sur le même ton, — occupe-toi d’elle et rappelle-lui qui sont ses supérieurs !

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     — Je...Je...Je... me mets à balbutier Tenma en tremblant de tous ses membres ; seigneur qu’à t elle fait ? Quelle folle d’oser lever la main sur la garde royale....

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    — Petite conne... marmonne Denzel, fou de rage d’avoir été touché par une enfant, avant de disparaître subitement pour fondre sur cette gamine un peu trop présomptueuse à son goût...

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    — Ten...Tenma... déglutit Arkan en constatant la jeune fille qui va bientôt avoir de gros problèmes ; vite, il faut qu’il tente quelque chose avant qu’il ne s'en prenne à elle.

    Mais le fait de se déconcentrer pour chercher du regard sa petite amie va coûter cher au jeune prince d’Eternia, qui semble avoir oublié la présence d’une impétueuse guerrière derrière lui...

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    — Prends ça petite garce... souffle froidement Denzel en apparaissant devant sa cible : une jeune fille tremblante, car complètement terrorisée par ce soldat au regard impitoyable.

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    Un violent coup de pied dans la mâchoire va brusquement la propulser et la faire s’écraser plusieurs mètres en arrière.  Ensuite, Denzel va lui fondre dessus à nouveau, avant qu’elle reprenne ses esprits, car la sentence n’a, selon lui, pas été assez lourde...

     

     

     

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    Fou de rage d’avoir subit une attaque-surprise, parce qu’il se préoccupait trop de sa petite amie, Arkan décide d’en finir et commence a amplifier toutes ses forces afin d’exterminer cette idiote en string de cuir qui est en train d’essayer de l’immobiliser au sol par un rayon vif et brûlant.

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    De toute façon, il ne pourra rien faire pour sa camarade tant que son ennemie sera là, à guetter la moindre seconde d’inattention de sa part.. 

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    Les combats à l’extérieur du château sont bruyants et ils réveilleraient un mort ; logiquement, on pourrait penser que tous ceux qui font actuellement la fête au rez-de-chaussée entendraient tout le raffut que font Arkan et ses ennemis...

     Mais une fête n’en est pas une sans musique ni alcool, et ici, la boisson coule à flots et le volume a été monté très haut ce soir.

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    L’alcool. Isiis en a un peu abusé et désormais elle est assise sur les genoux de Jun.

     Galant et serviable, Jun a accepté de jouer le rôle du « fauteuil amical » lorsque la jeune princesse s’est à moitié effondrée sur lui. La position qu’elle adopte maintenant est plutôt provocantes et elle pourrait lui donner envie de poser ses mains sur ce corps si peu vêtu, mais il reste sage et impassible, en se contentant de fixer droit devant lui pour échapper à ses courbes délicieuses qui sont gracieusement posées sur lui.

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     Il ne fait même plus attention à tout ce qu’elle débite car elle est complètement saoule... Ah, les femmes, ça veut boire, mais ça tient même pas deux verres !

     

    Solitude by the window ~ Noir ♪

     

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    Saoule ? Vraiment ? C’est ce que Jun a l’air de penser avec certitude lorsque que la jeune princesse tombe de plus en plus contre son torse, jusqu’à ce qu’elle soit complètement collée à lui.

    Alors qu'en réalité, elle possède encore tout son esprit.

    — Tu veux que je te ramènes dans ta chambre ? Lui propose soudain Jun — tu as peut-être envie de dormir un peu... Ça te ferait sans doute du bien. Tu penses que tu peux marcher ?

     Bien sûr que oui ! Mais elle n’en a pas vraiment envie.

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    — Hmmm.... lui murmure-t-elle dans le creux de l’oreille — non, je ne peux pas marcher... Je ne peux plus marcher... Plus jamais...

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    Sa voix est tendre, douce et pleine de désir... Il n’en faut pas plus à Jun pour cerner son petit jeu ; 

    Isis ? À quoi tu joues ? On nous regarde je te signale... Qu’est-ce qu’ils vont penser de...

     — J'en ai rien à cirer.

     

    Surprit, Jun lève un sourcil, en silence, pour dévisager, sceptique, cette frimousse adorable qui le fixe les yeux brillants.

     

    — C'est mignon un homme qu rougit ! lui fait-elle pour le taquiner, 

    — Je ne rougis pas ! se défend aussitôt Jun en devenant cramoisi, — Je vais te remonter dans ta chambre, allez, debout !

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    — Non... lui susurre-t-elle dans un souffle en lui caressant les lèvres du bout des doigts, avant de commencer à lui déposer quelques baisers humides sur les joues, avec une douceur et une sensualité qui rendent le jeune homme terriblement mal à l’aise.

    — Isis....Je... Je.. Réussit-il à peine a balbutié, les mains tremblantes, car désireuses de caresser ce corps qui se trémousse contre lui, — arrêtes tes... tes... arrêtes tes conneries !!

     — Un baiser... Juste un baiser... Même si demain tout est fini.. Offre-m’en un... Un seul...

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    À quelques mètres de là, Keichi est ravi de constater, une nouvelle fois, à quel point ses plans semblent fonctionner à merveilles ; elle est tombée dans ses bras encore plus vite qu’il ne l’avait prévu et il en est presque impressionné.

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    Personne, à part lui, n’a encore remarqué que le prince d’Eternia vient de s’emparer des lèvres de la princesse ; parce que les guerrière de Keichi, avec lesquelles il entretient de solides liens d'amitié, sont bien trop occupées à raconter leurs aventures du jour à leur roi bien-aimé.

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    En effet, Keichi est très proche de ses soldats ; car on se bat avec plus de convictions pour un souverain que l’on aime, c’est bien connu.

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    Alors il n’y a que sous le regard amusé du roi d’Octavia que Jun et Isis font monter la température sur leur canapé, a coup de baisers brûlants et caresses langoureuses..

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    Mais Keichi n’a pas l’intention de rester à jouer les voyeurs car il vient de ressentir quelque chose qui le perturbe : les énergies de deux de ses guerriers qui semblent chuter ont une vitesse plutôt inquiétante...

    Il sait bien que ce sale gamin est là. Depuis le début.

     Décidément, à deux ils n’ont pas réussi à venir à bout de ce rat en couche-culotte... Il faut vraiment qu’il fasse tout lui-même, ça devient lassant à la longue...

    — Je vous laisse quelques minutes les filles... marmonne-t-il aux demoiselles qui l’entourent, avant de disparaitre sous leurs yeux attristés. Déjà ? Elles auraient pensé avoir sa compagnie un peu plus longtemps ce soir...

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    Sur leur canapé, Jun et Isis continuent leurs petits jeux de langues et le désir d’en vouloir beaucoup plus commence à se faire réellement sentir. Du moins pour Jun.... Qui reste malgré tout un homme sous ses allures de « prince charmant ».

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     Et puis il faut dire que la jeune princesse ne fait rien pour le refroidir puisqu’elle relance sans arrêt leurs baisers en le plaquant toujours plus contre elle. 

    — Isis.. Arrive-t-il enfin à lui murmurer en se détachant subitement de ses lèvres, — y’a vraiment trop de monde ici...

     En terminant sa phrase, sa main s’est arrêtée sur la généreuse poitrine de sa partenaire, pour la titiller du bout des doigts, mais sans se permettre de l’empoigner ; ce n’est vraiment pas le lieu pour tenter de tels gestes.