• 018

    L’amour est aveugle.

    Vanessa se sent comme une adolescente en fleur à l’idée de revoir son ex, mais la culpabilité la rattrape très vite.

    Elle meurt de honte. Vis-à-vis de Kylian, sa façon de se comporter lui fait horreur.

    Mais on n’oublie jamais.... On apprend simplement à vivre avec.

    Tourner la page sur Ulrich, elle a essayé, mais la tâche lui semble plus dure que prévue.

    Il lui manque tellement...

     

    *

     

    Ses regrets sont réciproques. Ulrich pensera à elle jusqu’au moment de sombrer dans les bras de morphée.

    Elle lui manque tellement...

    Il veut la récupérer. Ils sont faits l’un pour l’autre...

     

    *

     

    018

    — On rentre ? Propose Kylian avec un doux sourire et les yeux débordants de tendresse.

    Le couple s’est éloigné de la foule puis isolé vers l’entrée de la boîte de nuit.

    — Déjà ? s’étonne Vanessa en lui rendant son affection, — tu es fatigué ?

    — Je... Euuuh.. Disons que je ne pensais pas à « rentrer » dans le sens de « dormir », mais plutôt dans le sens de « finir la nuit rien que tous les deux » !

    Sans gêneurs et loin de ce type qui lui a procuré de désagréables frissons dans le dos.

    018

    — Et tes amis ? Ils sont encore là ? Interroge Vanessa avant de jeter un œil vers sa meilleure amie qui est appuyée contre le mur, à quelques mètres d’eux — on peut pas laisser Tania seule... On avait prévu de passer la soirée ensemble et...

    — Bah on peut la laisser avec le groupe ! Propose alors Kylian pour venir à la rescousse de sa dulcinée en manque d’idées.

    — Hummm, je ne pense pas qu’elle apprécierait de rester trop longtemps aux côtés de Yann... lui soupire celle-ci en réponse à sa proposition.

    018

    — Tania, on avait pensé à faire l’after tous les trois chez moi, ça te dit ? Propose gentiment Vanessa en arrivant vers la concernée, accompagnée de son petit ami.

    018

    — Humm, non merci, se contente de répondre Tania avec une grimace en direction des deux tourtereaux, — y’a pas encore marqué « chandelier » sur mon front !

    — Tsssss, arrêtes de dire n’imp', rougit Vanessa en se mordillant la lèvre inférieure, — on va juste regarder un DVD tous les trois, rien de plus..

    — Non merci... C’est gentil, mais je ne suis pas le toutou qui suit le couple. Je vais rentrer chez moi je pense, de toutes il commence a se faire tard et je suis crevée.

    Menteuse. Menteuse.

    « People think, that it's allright... when ur face, had too much lies... »

    018

    — Alors on va rester ici tous les trois ! Décide alors fermement Kylian — on va rejoindre le groupe ? Ils sont tous assis à une table là-bas derrière !

    — À quoi vous jouez les boulets ? Marmonne avec ironie Tania, sans prendre la peine de regarder ce couple trop solliciteux.

    — On joue à ceux qui te laisseront pas chouiner dans ta barbe ! Reprend vivement Kylian pour taquiner la brunette, — tu crois qu’on te capte pas dis ? Tu penses vraiment qu’il y’a écrit « bouffon » sur nos fronts décidément !

    — Tu m’énerves Pikachu ! Grogne la concernée, a court d’arguments pour se défendre devant ces dernières répliques trop véridiques.

    — Allez, viens avec nous râleuse, on va rejoindre les autres, termine-t-il avec un sourire et en lui prenant la main de force.

    — Raah.. Tu... Tu... essaies de grogner, en vain, la jeune fille émue.

    — Je ne suis qu’un sale Pikachu chiant ? Je sais ! Reprends une dernière fois Kylian avant de la trainer derrière lui pour l’emmener de force vers son groupe.

    Vanessa les suit en les regardant d’un air amusé.

    Amusé, mais elle reste aussi un peu honteuse.

    Kylian aurai-il découvert chez sa meilleure amie quelque chose qu’elle a elle-même ignoré ?

    018

    La fusion des deux petits groupes est un succès.

    018

    Nul ne rechigne. Nul n’est désagréable.

    Tous s’amusent et rient, ensemble.

    Tania serre les dents.

    018

    Il ne la regarde pas.

    Il l’ignore et ne parle qu’à ses amis.

    018

    Il fait toujours ses grimaces stupides ainsi que ses blagues de comptoir qui ne font rire que lui.

    Plus naze, on meurt, mais pourtant, Tania ne peux s'empêcher de l'observer furtivement.

    Manquerait plus qu'il ne réalise l'effet qu'il peut lui faire...

    Entre attirance et dégoût, les sentiments de la brunette sont mitigés pour ce crétin des alpes.

    018

    Mais qu’importe, ce soir, elle n’a pas envie de le mépriser.

    Elle va tenter d'enterrer la hache de guerre. Ou du moins, tenter d'oublier son existence.

    018

    Parce que nous avons tous un secret, un fardeau, des peines ainsi que des déchirures profondes.

    018

    Parfois c'est de succomber aux charmes d'un crétin aveugle et d'autres à ceux d'une fille déjà en couple avec un ami.

     

     

    *

     

     

    Quelques heures plus tard, la célèbre question de fin de soirée « qui ramènera qui ? » se pose enfin au sein du petit groupe, maintenant à l’extérieur de la boîte de nuit.

    — Bon alors, déjà Kylian.... on sait qui il va ramener ! informe Gérald avec un petit rire idiot qui trahit rapidement son manque de sobriété ce soir : ils ont évidemment fêté leur premier « concert » comme il se doit et l’alcool a coulé abondamment dans tout les gosiers.

    — C’est bien Gégé, tu comprends vite, rit à son tour Kylian en gardant tendrement sa petite amie dans ses bras.

    018

    — Qui ramène Tania ? intervient Erwan pour amener sur le tapis le vrai problème de fin de soirée : Tania ! Il faut que quelqu’un se dévoue pour ramener la brunette.

    — Yann ? Demande Gérald en posant ses yeux sur la jeune fille que la conversation concerne.

    018

    — Non, se dépêche de marmonner celui-ci, d’une voix glaciale.

    018

    Au moins il annonce la couleur, songe Tania en déglutissant avec douleur et en se triturant les mains pour évacuer son stress.

    018

    — Je sais encore rentrer chez moi tout seule, ne vous en faites pas, ah ah...

    Quelle honte.

    Quelle désagréable sensation que celle de n’être, une fois de plus, qu’un pot de fleurs décoratif.

    018

    — La confrérie des « types bien » interdit aux mecs de laisser une jeune et jolie demoiselle rentrer seule la nuit, se dépêche de rappeler Erwan à ses compagnons — que quelqu’un se dévoue, tout de suite, ou on la tire a la courte paille !

    — Moi, moi, moi ! S’empresse de chantonner Gérald en ne retenant que le verbe « tirer » de la phrase de son camarade.

    — Idiot va, reprend alors Erwan dans un soupir : il a évidemment compris la blague a deux euros de son ami roux, — je parlais sérieusement en plus.. Yann ?

    — J’ai dit, NON, reprend l’appelé en fusillant son compagnon du regard.

    018

    — Yann, c’est pas la galanterie qui l’étouffe, se moque maintenant Kylian en lançant au concerné son rire acerbe, — c’est bon, je vais ramener les deux, y’a pas de problèmes ! Moi ça me dérange pas de marcher un peu plus, surtout quand je suis accompagné par des canons !

    018

    — Non, ça sera moi, intervient enfin Romuald pour mettre fin à toute cette mascarade qu’il trouve ridicule et inconcevable — faire un détour me fera le plus grand bien ; vu que j’ai besoin de cuver un peu...

    Sur cette dernière phrase, le groupe se divise enfin.

    Kylian pour ramener sa petite amie, Romuald pour raccompagner la jeune Tania, et le reste des étudiants pour rentrer a la cité universitaire.

     


  • 019

     

     

    *

     

     

    019

     

    — On est bientôt arrivé, t’en fais pas ! informe Tania en marchant aux côtés de celui qui la ramène, ce brave Romuald !

    — On pourrait en avoir encore pour une heure que ça ne me dérangerait pas ! J’aime bien marcher, moi, surtout quand je suis aussi bien accompagné !

    019

    Le blondinet sourit. Comme presque tout le temps, d’ailleurs. Tania réalise de plus en plus à quel point son caractère doux et calme peut être reposant pour ceux qui l’entourent. Il est aux antipodes de Yann, cette pile électrique vraiment agaçante et épuisante...

    — Faut pas que tu t’en fasses, il est comme ça avec tout le monde tu sais, ajoute le blondinet en tournant la tête vers son interlocutrice.

    La demoiselle rougit aussitôt, pétrifiée de honte.

    — Eeeeuuuh, qu’est-ce que tu veux insinuer là ?

    — Que tu es une fille très expressive et qu’on a tous compris que Yann te plaît.

    — Au moins t’es cash comme mec toi ! T’y vas franco !

    — Toujours, oui ! Ça évite de perdre son temps !

    — Tu m’étonnes !

    — Il ne t’a pas quitté des yeux de la soirée, tu sais, alors ça prouve que tu lui plais aussi, précise Romuald pour recentrer la conversation sur son ami — par contre, c’est vrai qu’il a un vieux caractère de chien et parfois de sales réactions...

    — Tu crois ? Que... que..

    — Que tu lui plais ? Oui. Y’a aucun doute là-dessus !

    — Mouy.... Enfin, en tout cas je voulais te remercier de t’être proposé pour me ramener ! C’était super sympa !

    — Je t’en prie, c’est normal, si on a joué au jeu de « qui la ramène », c’était surtout pour embêter Yann, tu sais !

    — Comment ça ?

    — Parce qu’actuellement, il a la haine que je sois avec toi pardi ! Il aurait vraiment préféré que Kylian te ramène, vu qu'il n'a rien à craindre de lui puisqu'il est en couple !

    — Oh, tu crois ?

    — À fond, je connais bien Yann !

    — N’empêche, c’est gentil de me dire tout ça, mais... Et si j’en avais rien a fiche de ce sauvage sans éducation ? Admettons que... Que j’ai subitement succombé aux charmes d’un gentil blond ! Qu’est-ce que tu en dirais ?

    — Ne me cherche pas ou je te prends direct ici, sur un banc ! A l’arrache ! Comme un sauvage, comme un « Yann » !

    Les deux adolescents éclatent joyeusement de rire en s’imaginant cette scène qui serait vraiment des plus burlesques.

     

     

     

    *

     

     

    019

    Après une courte marche, Kylian est enfin arrivé devant le domicile de sa dulcinée.

    — Alors je te laisse, comme ça ? marmonne-t-il en faisant la moue. Il aurait évidemment apprécié une prolongation de soirée.... mais sa petite amie semblait réfractaire a l’idée.

    — Comme je te l’ai dit, je ne vis pas seule Kyle...

    Cette grande maison est à ses parents. Ici, elle ne possède qu’une grande chambre, aménagée tel un studio, au premier étage. Cet hébergement, offert par les siens, lui permet d’être logée sans avoir à débourser le moindre centime pour un éventuel loyer.

    — Je comprends, lui souffle Kylian, sans un sourire.

    Il est loin d’être idiot et il comprend rapidement qu’elle ne veut pas de lui chez elle.

    019

    — Je t’appelle demain ? Tente-t-elle doucement, pour tenter de dérider son compagnon

    — Comme tu veux.

    — Hey, arrête de bouder ! Déglutit-elle en se rapprochant sensuellement jusqu’à se coller contre lui — ne doute pas de moi, car je suis sincère, je te le jure...

    Il ramène alors ses bras autour de sa taille pour l’enserrer tendrement.

    019

    Cet acte fait naître un doux sourire sur le visage de la jeune fille, qui se dépêche de lui murmurer les yeux brillants

    — Tu me manques déjà ! À demain alors ? Je t’appelle dès que possible...

    Elle termine sa phrase en se hissant sur la pointe des pieds pour l’embrasser délicatement.

    019

    Ensuite, et après s’être échangé les derniers mots doux de circonstances, ils se séparent enfin pour partir chacun dans une direction différente.

    019

    019

    Vanessa est rongée par la culpabilité alors qu’elle attend avec impatience ce fameux coup de téléphone qu’elle est censée recevoir.

    Son Ulrich...

    Alors qu’elle est si bien, dans les bras de son Kylian. Elle ne peut pas le nier, qu’elle l’aime déjà énormément...

    « La meilleure façon de résister à la tentation, c’est d’y céder »

    ~ Oscar Wilde ~

     

     

     

    *

     

     

     

    À quelques kilomètres de là, la troupe étudiante est enfin de retour dans leur résidence universitaire.

    019

    — Hey, Yann, taquine ironiquement Gérald — ça sonne bien Romu et Tania, non ? Tu trouves pas ?

    019

    — Pardon ? J’ai pas compris la blague là... grince des dents le concerné en imaginant son camarade rôtir en enfer pour l’affront qu’il est en train de lui faire !

    — La blague c’est qu’elle te plaît grave, mais que tu joues au con, vient résumer tranquillement Erwan dans un soupir.

    — Arrêtez là, vous commencez vraiment a me casser les couilles, tous autant que vous êtes !!! commence maintenant a s’agacer Yann, — c’est bon quoi, je lui ai roulé deux pelles a cette meuf et vous nous croyez mariés. Décoincez-vous !

    — Alors si l’un de nous se la tape, cela ne te fait ni chaud ni froid ? Enchaîne tranquillement Erwan d’une voix trop calme pour être honnête.

    — Absolument, prenez-la en gang-bang si ça vous chante, j’en ai rien à cirer, se contente de répondre Yann en bombant le torse.

    — Intéressant ! vient appuyer Gérald pour tente de faire réagir leur ami trop prétentieux.

    En vain.

    Celui reste silencieux et ne semble plus réagir.

    Lui et Erwan restent tout de même sceptiques sur cette fausse attitude désintéressée.

    Ils ne connaissent trop bien pour se laisser berner aussi facilement...

     

     

    *

     

    019

    Le lendemain, le temps pluvieux imposé par dame nature est en harmonie avec l’humeur d’une jeune fille perdue et noyée dans ses doutes.

    019

    Elle ne peut pas le nier : elle l’attendait avec impatience ce coup de téléphone.

    Dès son réveil, elle s’est dépêchée de s’asseoir autour de la table a manger, devant son portable, pour attendre la sonnerie tant espérée.

    Seulement, l’objet n’a pas retenti pour lui annoncer que cet homme voulait reprendre contact avec elle, mais pour lui afficher un message SMS de sa meilleure amie :

    « Fé pa de conneries. Lui répon pa ! »

    Comment sa meilleure amie peut-elle la connaître à ce point-là ?

    Vanessa en a presque honte, d’être aussi prévisible.

    019

    Alors, à cause de ce SMS, Vanessa va se recroqueviller devant sa cheminée pour ruminer et chouiner en silence.

    Ca y’est.

    La sonnerie tant attendue.

    019

    Vanessa peut enfin l’entendre !

    Mais elle tient bon. Elle ne décrochera pas.

    019

    Elle se l’interdit.


  • 020

    La porte d’entrée s’ouvre soudain.

    Vanessa craint déjà le futur sermon de sa meilleure amie.

    — Salut gorgeous ! Purée, t’as vu c’temps de misère qu’il fait dehors ? s’exclame Tania en pénétrant à l’intérieur, l’air enthousiaste.

    Vanessa envie la joie de vivre de sa meilleure amie. Elle aimerait lui ressembler un peu plus à ce niveau, savoir si aisément laisser la morosité de côté afin de ne pas se laisser affecter par les blessures du quotidien. Tania et sa force restaient ses plus grands modèles.

    — Tu as reçu mon SMS ? Demande énergiquement Tania, l’air curieux et sceptique, levant un sourcil en l’air.

    — Oui... Et ne t’inquiète pas, je n’ai pas fait ce que tu imaginais.

    — C’est bien, je suis fière de toi ! Félicite joyeusement la brunette en se rapprochant de son amie, avant d’enchainer en fronçant les sourcils — Hmm, tu as dormi un petit peu toi, cette nuit ? Parce que tu fais peine à voir, je t’ai jamais vue aussi vilaine ! Tu veux que Kyle fasse un AVC ?

    Kyle... Kylian...? 

     Zut, Vanessa réalise qu’elle l’avait un peu oublié.

    Alors qu’il est désormais son petit ami, sans doute le meilleur qu’elle ne pourrait jamais rencontrer !

    Vanessa se sent mal et culpabilise, sans pouvoir néanmoins s’empêcher de comparer en pensées son ex et lui.

    — Oh ? Tu m’écoutes quand je te parle ? Grince Tania en dévisageant sa cible avec suspicion, avant de lui rappeler, — tu m’avais promis d’être forte, souviens-toi.. Tu m’avais juré haut et fort que tu tournais la page.. Et aujourd’hui tu as quelqu’un de génial pour t’aider à le faire !

    — Mais c’est ce que je fais... Tu ne me vois pas ? Je tourne la page. Le téléphone a sonné et je n’ai pas répondu. Je tourne la page Tania, je tourne la page... Je te le jure !

    — Je sais que c’est dur, mais tu ne dois pas craquer.

    — On avait passé de chouettes moments tous les trois quand même, tu te souviens ? Tente de sourire Vanessa en feignant un air naturel et empli de mensonges.

    020

    — Oui, je me souviens.. Lui confirme son amie, avant de s’asseoir à ses côtés, par terre, devant cette cheminée qui leur offre une douce chaleur des plus rassurantes.

    020

    — Est-ce que c’est mal de se souvenir ? demande Vanessa en haussant tristement les épaules,

    020

    — Non... Parce qu’on oublie jamais, on vit avec.

    — Et s’il avait changé ? Et si l’ont pouvait revivre nos chouettes moments ? Et si...

    — On revivra aussi ces sombres soirées Ness, souviens-toi aussi de ces moments-là... Ne te souviens pas que du meilleur, souviens-toi de tout.

    — Tu as raison. Comme d’habitude, reconnaît sans difficulté Vanessa, les yeux rivés dans l’intensité des flammes de la cheminée — je suis vraiment idiote, mais je m’attendais pas du tout à le revoir hier soir... Ça m’a fait un choc. Mince, qu’est-ce qui ne va pas chez moi...

    — Rien, tu es humaine, tu souffres en recroisant ton ex et a se reproduira peut-être vu qu’on vit tous dans la même ville ! Mais surement que la prochaine fois, tu en auras rien à carrer de le revoir, car tu seras trop heureuse avec Kylian pour te souvenir de ce sale con !

    — Tu as surement raison et je ne craquerai plus. Je te le promets.

    — Qui est Ulrich ? Demande Tania avec le sérieux d’un professeur qui pose une question surprise à l’un de ses élèves qui dort sur un banc au fond de la salle,

    — Surement une connaissance lointaine, le prénom ne me dit pas grand-chose ! répond Vanessa sans hésiter et avec assurance.

    — Parfait !!!! Tu vois, quand tu veux ?

    — Je peux, et c’est Grâce à toi !

    — Je sais, je suis formidable !

    Vanessa rit, puis ajoute,

    — Ciombien de mois tu as mis pour arrêter complètement de penser à Markus ?

    — On n’oublie jamais, on vit avec.. Et on remplace pour penser à autre chose...

    — Et tu l’as remplacé par Yann récemment !

    — Heinnnnnn ?!

    — Tania, tu peux me l’avouer, à moi...

    — Arrête ça tout de suite !!!

    — On a pas de secrets l’une pour l’autre, alors ne me le cache pas ! Yann te plait !

    — Tu prononces encore une fois ce prénom et je te fais avaler un oreiller !!!

    — Même pas peur !!! Viens pétasse, je t’attends !!

     

     

    *

     

     

    À quelques kilomètres de là, Kylian était en train de préparer un devoir scolaire dans sa chambre, lorsqu’il entend soudain toquer à sa porte : enfin, une excuse pour faire une pause, après dix longues minutes de labeur !

    Ravi par cette visite impromptue, il s’extrait avec vivacité de sa chaise de bureau en prévenant, 

     — oui ? J’arrive !

    020

    — Coucou Kylian ! Le salue rapidement Loreleï, une fois que la porte s’entrouvre devant son nez.

    — Ah, salut Lorele¨¨i ! Ça va ?

    — Très bien, et toi ?

    — Impec ! Hummm, tu as changé quelque chose toi, non ?

    Chouette, il a remarqué sa nouvelle couleur de cheveux.

    La jeune fille est ravie et se dépêche de lui sourire affectueusement, tout en essayant de rester calme : il ne faudrait pas qu’elle se mette à rougir bêtement !

    020

    — Ouiiii, tu aimes ?

    — C’est sympa comme roux, oui. Ça fait plus naturel que le rouge vif, disons !

    — Mais est-ce que tu aimes ?

    020

    — Eeeuh, oui, marmonne Kylian avant de reprendre plus joyeusement, — hey, entre vite, je vais te faire écouter une chanson et tu vas me dire si ça te plaît ! Si tu aimes, je la présente au groupe ! Tu vas être mon cobaye musical !

    Le jeune chanteur termine sa phase en refermant la porte de sa chambre dernière son amie qu’il fait entrer à l’intérieur,

    Lorelei soupire en le fusillant du regard. Saleté ! Il pourrait lui accorder un peu plus d’intérêt quand même ! Surtout lorsqu’elle passe la matinée à changer de look pour ses beaux yeux !

    Passionné, Kylian se dépêche de faire écouter l’instrumental de sa chanson à sa comparse.

    — Aloooors ? Tu trouves ça comment ? lui demande-t-il vivement et avec impatience,

    — C’estsympa... Mais tu m’as pas vraiment répondu Kyle.... Alors que je t’ai posé une question importante !

    — Ah bon ?! Quoi comme question ?

    Elle va le tuer, le découper en petit bout puis le jeter en pâture aux requins.

    — Ma coupe, ma couleur... Est-ce que ça te plaît ? Lui redemande-t-elle tout de même, en conservant un calme olympien — est-ce que tu me trouves jolie ?

    — Bah oui, tu es jolie... Mais je t’ai déjà répondu tout à l’heure, non ?

    — Non Kyle... Car je veux savoir, si tu aimes TOI... Si je TE plais...

    Aujourd’hui, et après une longue nuit de pleurs étouffés dans son oreiller, Lorelei avait pris la décision de prendre les devants. De lui avouer ses sentiments. Elle n’en pouvait plus, de continuer de l’aimer dans l’ombre.

    Et tant pis si elle avait tort de décider aussi brusquement d’agir de la sorte.

    Peut-être allait-il lui rire au nez.

    Peut-être agissait-elle bêtement... Mais elle a pris sa décision : aujourd’hui, elle allait se laisser guider par ce que lui dictait son cœur.

    Un point c’est tout.

    Parce qu’elle l’avait déjà perdu une fois, juste parce qu’elle n’avait pas su prendre les devants. Juste parce qu’elle était jeune, innocente, et sans doute trop timide. À l’époque déjà, elle n’osait pas, pétrifiée par la peur, elle taisait ses sentiments et se mettait a trembler dès qu’il posait son regard sur elle en balbutiant dès qu’il l’entourait de ses bras musclés et protecteurs.

    Puis, voilà qu’il rencontrait cette fille... Cette fille qu’il avait tant aimée. Emma.

    La jolie Emma.

    La gentille et merveilleuse Emma... Qui n’est malheureusement plus de ce monde.

    — Alors ? Est-ce que je te plais ?

    — Où est-ce que tu veux en venir Lore ?

    — Tu peux pas lâcher ta machine deux minutes pour me regarder ?

    — Je me répète, où est-ce que tu veux en venir, Lore ?

    020

    Kylian pivote la tête pour la dévisager : c’est vrai qu’elle est jolie, son interlocutrice... Surtout lorsqu’elle se cambre de cette manière, les mains dans le dos. Cette posture la rend terriblement sexy.

    Brusquement, elle fait trois pas en avant pour venir se coller contre lui.

    Kylian sursaute et se dépêche de lui marmonner,

    — Mais quelle mouche t’as piquée aujourd’hui toi...

    — Je suis amoureuse de toi, Kylian.

    Le concerné déglutit, l’air gêné. Lorelei adore le voir ainsi, penaud devant elle.

    Grace a cette attitude, elle réalise qu’il ne lui est pas indifférent !

    La partie n’est peut-être pas perdue d’avance.

    020

    Prenant les devants, elle se dépêche de l’enlacer tendrement, avant de glisser ses mains sur ses hanches en les caressant du bout des doigts.

    Elle espère que le message passe suffisamment entre eux..

    — Je.. Je suis avec quelqu’un... Tu as déjà oublié ? Murmure tout bas Kylian, en ne sachant pas vraiment comment repousser sa jeune amie sans la blesser.

    020

    — Oui, ça fait deux jours que tu es avec la blonde, lui confirme Lorelei, avant de reprendre avec sensualité, — mais avec moi depuis combien d’années ? Nous ne sommes pas plus proches tous les deux que tu ne l’es avec elle ? On a vécu beaucoup de choses tous les deux...

    — Cette situation est plutôt gênante... grommelle Kylian en ramenant ses mains vers ses poches pour y enfouir ses pouces, — je comprends pas grand-chose Lorelei... Pourquoi aujourd’hui ?

    020

    — Parce qu’aujourd’hui j’ai grandi... continue la jeune fille avec assurance — je n’ai plus peur désormais... je n’ai plus peur de te dire que je t’aime...

    — Chut... Ça devient gênant.

    Sensuellement, Lorelei se trémousse contre lui en dirigeant ses lèvres contre les siennes.

    N’osant pas encore l’embrasser, elle préfère lui lécher délicatement le bout des lèvres.

    Une nouvelle fois, il déglutit, en réfléchissant à la qu’il doit avoir dans une telle situation.

    020

    Et puis sans qu’il s’en rende vraiment compte, son pouce s’échappe brusquement de sa poche et sa main se dirige fourbement vers le bassin de cette jeune et sensuelle sangsue. Ses doigts sont maintenant proches d’un endroit qu’il pourrait peut-être explorer dans quelques minutes... À cette pensée, il déglutit une nouvelle fois.

    Décidément, il réalise que sa jeune amie lui fait ravaler beaucoup de salive aujourd’hui.

    De son côté, Lorelei ne perd pas le nord et entrouvre légèrement la bouche pour attendre un baiser... 

    Son compagnon a l’air gêné et il tente de trouver des explications dans son regard — Lore ? Je... Je.. Je suis avec quelqu’un, merde ! Qu’est-ce que tu me fais faire ? Dans pas longtemps je vais te toucher alors que je suis fidèle !

    — Kylian, je t’aime... persiste la jeune fille en revenant lui lécher le bout des lèvres.

    Fidèle ? Mais fidèle à qui ?

    À une très jolie jeune fille qui lui a affiché un air glacial la veille...

    À une très jolie jeune fille qui semble avoir un passé amoureux chargé, et peut-être un futur où il n’a pas sa place...

    — Tu étais plus coquin à l’époque, vient maintenant le taquiner ce petit démon roux, en lui suçant le cou avec gourmandise.

    Il la fait brusquement reculer jusqu’à l’acculer contre le mur de la chambre.

    Cet acte vif et presque brutal empêche la jeune fille de continuer son suçon, mais pas de revenir plonger dans son regard avec une passion non dissimulée.

    — Lore... C’est mal ce qu’on fait... Hmmm... Tu sais que t’es en train de me chauffer là ?

    Elle hoche la tête avec un sourire qui trahit son amusement et son désir d’en avoir toujours plus.

    Fatigué de lutter contre cette profonde envie de la prendre sauvagement, ici et sans réfléchir, il décide enfin de la prendre dans ses bras, pour la ramener fermement contre lui.

    Ses mains ses posent ensuite sur ses fesses pour les caresser sans retenues. Elle ne bronche pas et glisse même ses mains sous son débardeur pour lui caresser le torse.

    Ca y’est.

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    Ses vêtements tombent au sol.

    Elle est désormais en sous-vêtements contre lui et, mais cela ne la gêne absolument pas... bien au contraire, puisque ses jeux érotiques redoublent afin de le rendre complètement fou.

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    Elle le veut.

    Lui et uniquement lui.

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    Maintenant, tout de suite, immédiatement !