• 158

     

     

    *      *

    *

     

     

    158 

    — Coucou Ness !! salut joyeusement Tania dans le combiné de son téléphone portable. Sa meilleure amie vient de l’appeler pour prendre de ses nouvelles, bien sûr, mais aussi papoter de tout et de rien. Comme d’habitude. Et ce, malgré les désormais longs kilomètres qui les séparent.

    — Salut tête de pioche ! Alors, toujours aussi butée aujourd’hui encore ?

     

    Évidemment, Vanessa fait référence au fait que son amie de toujours refuse toujours de revenir sur Berlin. Pour ne plus avoir à croiser son ex-petit ami. Yann.

     

    — Raah, commence pas Ness, maugrée aussitôt la brunette en réponse — je t’avais demandé de respecter ma décision..

    — Ça va faire deux mois et demi Tania.. Et c’est complètement idiot ce que tu fais. Excuse-moi de te le répéter pour là sans doute, millième fois..

    — Ma décision est sans doute définitive Ness. Je suis bien ici et ce ne sont pas ses SMS qui me feront changer d’avis..

    — Mais tu ne manques pas qu’à Yann... 

    — Je suis désolée Ness.. Toi aussi me manques tu sais, mais je ne veux pas revenir sur Berlin...

    — Tu t’es fait de nouveaux amis dans ta nouvelle fac, c’est ça ?

    — Ah non, je t’interdis de me faire une crise de jalousie ! Et non, je ne me suis fait aucun vrai ami. Juste des copains.. De loin.

    — Et tu es heureuse.. ?

     

    Cette question s’échappe avec un sanglot étouffé. Un sanglot nourri de colère et désespoir. Parce que rien ne devait se dérouler de cette manière. Vanessa en est certaine. Parce que la vie de sa meilleure amie ne se trouve pour l’instant qu’à Berlin ; et nulle part ailleurs...

     

    — Je pense, oui... Que je suis heureuse.. Se contente de soupirer Tania — disons qu’avoir à fréquenter des tas de nouvelles personnes m’empêche de penser à lui.

    — Tu ne viendras donc pas à leur premier concert de l'année ?

    — Vanessa, je..

    — Ça sera leur plus gros concert jamais encore réalisé Tania. Tu ne peux pas lui faire ça. Et je sais qu’au fond de toi, tu le sais..

    — Yann est une star maintenant Ness, ce qui veut dire qu’il aura toujours des tas de femmes a ses pieds... Et ce qu’il a fait au Nouvel An me prouve bien qu’il n’a aucune volonté, puisqu’il n’a besoin que d’un petit cul bien roulé pour s’exciter comme un lapin..

    — Il est tellement mal depuis deux mois et demi que ça m’étonnerait qu’il prenne le risque de recommencer.

    — C’est cet optimisme qui risque de te perdre Vanessa. Tu y crois trop. Même avec Kyle, tu y crois trop... Vraiment, trop.

    — Si tu veux.. Mais toi, tu es pire que tout, parce que tu te révèles indifférente à un point... À nous rejeter tous ainsi, en fuyant a des centaines de kilomètres.. 

    — Il me reste trois jours, avant le concert, pour me décider.. Mais si je viens, Ness, sache que ce sera pour toi ! Et uniquement pour toi. Et je ne vais pas vouloir entendre parler de Yann, c’est compris ?

     

     

    *     *

    *

     

     

     Sa soeur lui manquant terriblement, Kylian est de retour chez lui pour passer une après-midi avec la concernée, aujourd'hui. La concernée est ravie et sautille de joie. Heureuse, elle lui inscrit dans la paume de la main à quel point elle est contente de le voir, un large sourire dessiné sur les lèvres. 

    Peu après, Kylian la constate en train de serrer fort contre elle son ours en peluche, son Teddy qu'elle possède depuis l'enfance et quitte rarement. Au yeux de tous, il ne s'agit qu'un doudou d'enfant, mais pour la jeune adolescente, c'est un porte bonheur qu'elle garde dans ses bras en priant très fort pour les gens qu'elle aime, lorsqu'elle sent un malheur se profiler à l'horizon.

    Et aujourd'hui, c'est pour son frère bien aimé qu'Ophelia prie silencieusement... 

     

     

    *    *

    *

     

     

     

    158

    — Kyle, on va pas faire ça... maintenant ? Tente Vanessa entre deux baisers passionnés de son compagnon, déjà brûlant de désir.

    Elle n’est plus qu’en sous-vêtements entre ces mains avides et s’inquiète de la maturité du fait de faire l’amour comme des bêtes, a quelques heures à peine du grand concert auquel ils doivent rapidement se rendre.

    — On a bien une heure.. Lui susurre doucement Kylian en la faisant doucement tomber sur leur lit, avant de lui grimper dessus pour finir de lui faire glisser son string le long des cuisses — et ce soir, tu vas voir... On va y arriver..

     

     

     

    *      *

    *

     

     

      

    158

    Le concert bat son plein depuis maintenant plus d’une heure. La foule est survoltée et en extase devant le petit groupe du pays, hissé maintenant au rang des plus grands. Toutes les familles, amis, proches, des Apologize sont réunis ici. Dans cette salle immense de plusieurs centaines de personnes.

     

    158

     

    Et même Tania... Qui n’a finalement pas trouvé la force d’ignorer une représentation de cette importance.

     

    Même si le voir, là, sur scène, toujours aussi beau qu’à son habitude, la fait terriblement souffrir.

    Parce qu’elle lui refuse toujours le pardon.

     

    Parce qu’il en est hors de question. Parce qu’une brèche dans un mur n’est que la prémisse d’un futur éboulement.

    Parce qu’il est désormais trop célèbre et convoité ;et qu’elle meurt de jalousie dès qu’il sourit à une fan...

    Parce qu’il vaut peut-être mieux que tout les deux se contentent d’une simple amitié désormais.

    Voilà. Là est la meilleure solution les concernant. Il n’y a pas à chipoter midi à quatorze heures.

    Des amis. Tout simplement.

     

    Tiens, Kylian s’adresse au public. Pour leur demander s’ils sont là, comme d’habitude. À croire que dès qu’il monte sur scène il est brusquement atteint de cécité chronique : ne les voit-il pas lui-même, tous ces fous qui hurlent et dansent devant lui...

     

    — Et la prochaine, c’est une exclue ! De notre macaque national, Yann !

     

    Pardon ? Qu’a-t-il annoncé dans son micro, se fige brusquement Tania en dévisageant tour à tour les membres du groupe.

     

    — Oh, oh, Yann qui a écrit une chanson pour la faire chanter a Kyle, oh oh oh, se met a chantonner Vanessa à l’oreille de sa meilleure amie, — et mon petit doigt me dit que c’est pour toi, ça. Non ? Tu ne penses pas ??

     

    Bien sûr qu’elle le pense. Et ses joues qui s’empourprent en à peine une dizaine de secondes le prouvent bien. Encore heureux pour sa fierté qu’il y’ait ici de nombreux néons colorés qui tapissent la salle de diverses couleurs !


  • 159

    Now you're gone - Basshunter ♪

     

    Now you're gone
    I realize my love for you was strong
    And I miss you here,
    Now you're gone
    I keep waiting here by the phone
    With your pictures hanging on the wall

    Now you're gone
    I realize my love for you was strong
    And I miss you here,
    Now you're gone
    I keep waiting here by the phone
    With your pictures hanging on the wall

    Is this the way it's meant to be
    Only dreaming that you're missing me
    I'm waiting here at home
    I'll go crazy,

    Now you're gone
    There's an empty place in my heart
    Without my Anna it will break apart
    It won't heal it never fades away
    I will think about you everyday

     

    — Je pense que dès la fin du concert.. reprend Vanessa, de nouveau à l’oreille de son amie, — on va voir une Tania se ruer dans les coulisses..

    — Non.. Je.. Je..

    — Heeey Vanessa !! arrive brusquement Claire en se frayant un chemin à travers la foule pour saluer la concernée.

     

    Ouf, sauvée par le gong, songe aussitôt Tania d’un air soulagé.

    L’arrivée surprise de tous les Gutter, les uns après les autres, forceront sa meilleure amie à oublier son précèdent sujet de conversation. Yann.

     

    Et si tous les Gutter sont présents ce soir, Ophélia l’est donc aussi.

    Pourtant, la jeune adolescente ne semble pas d’humeur à profiter de la fête. Et ce, malgré les sourires forcés qu’elle dirige vers son frère.

    Comme souvent, un mauvais pressentiment l’assaille.

    Un bien mauvais pressentiment... Exactement comme ce jour-là.

    Celui où elle avait dû pleurer toutes les larmes de son corps pour les prévenir, tout en hurlant de toutes ses forces, pour la seule et unique fois de sa vie.

     

     

     

    *

     

     

     

    Le concert est un véritable succès et sa fin le prouve ; par de bruyants applaudissements, saupoudrés d’hystériques hurlements de fans.

    Il est désormais temps pour le groupe de se retrouver en coulisses. Tous sont au comble du bonheur et rient de bon cœur. Tous. Sauf Yann. Qui maugrée seul dans son coin, avant d’aller se laisser tomber sur le premier fauteuil qui croise son regard.

     

    Elle était là. Durant tout le concert, elle était là.

    Mais à aucun moment elle n’a posé le moindre regard sur lui.

    Même lorsque Kylian a interprété son titre devant plusieurs milliers de Berlinois.

    Son titre. Oui. Cette chanson n’est que la sienne. Qu’il a écrit entre deux sanglots étouffés et chute de larmes sur de nombreuses feuilles de papier blanc.

     

    Tout semble donc bel et bien terminé entre eux..

    Sinon, dans le cas contraire, elle aurait montré un minimum d’intérêt pour sa personne.

    Au lieu de préférer ignorer son existence.

    Une larme roule le long de sa joue.

    Vite. Il l’essuie avec hâte. Ses amis ne sont pas loin. Sûrement au distributeur de café, dans la pièce d’a côté. Le comble du ridicule serait qu’on le découvre ; une nouvelle fois ; effondré à cause d’elle.

     

    — Espèce de macaque manipulateur... le fait soudain sursauter une voix qu’il replace rapidement sur une jeune femme qui vient de se planter à quelques mètres. 

     

    Elle est venue!! Elle est finalement venue.. Puisqu’elle se tient là, bien droite, devant l’entrée des coulisses. À quelques mètres à peine de lui qui est encore avachi sur son fauteuil de stars.

    Il voudrait lui prononcer quelques mots. Il voudrait tant, oui.. Mais ses lèvres lui refusent cette faveur, le forçant ainsi à rester muet. Il déglutit alors. En la regardant l'air désespéré. Puis en espérant. Voir en attendant. Mais aussi en craignant...

     

    Qu’elle s’avance.

     

    Parce que maintenant. Oui, elle s’avance vers lui.

    Et son cœur se met brusquement à battre la chamade.

    Pourquoi se rapproche-t-elle donc ?

    Il la regarde d’un air anxieux. Voir terrifié,

    — Je.. Je...

     

    En silence. Elle s’assoit. En amazone. Sur ses genoux. 

    Puis elle lui offre le plus doux des baisers jamais encore partagé.

     

    — Je t’aime, mon macaque...


  • 160

     

     

    *

     

     

    160

     

    — C’était génial, vraiment ! Félicite chaleureusement Sacha en direction de son fils, peu après que celui-ci ai rejoint toute sa petite famille à l’extérieur de la salle de concert. 

    — Pfft, y’a des caméras partout, grommelle tout bas Claire, en inspectant furieusement quelques paparazzis idiots qui ont tort de s’imaginer discrèts — dingue, on peut même plus approcher notre Pokemon sans qu’on nous filme de la tête aux pieds ! 

    — Tire-leur la langue et pète leurs dessus, lui propose alors Tiphanie très sérieusement — comme ça on dira partout que le chanteur des Apologize a une famille de psychopathes !

    — Comme çaaa, comme çaaa ??? grimace aussitôt Sacha en réponse, vers sa fille aînée.

    — Heyy !! Fais immédiatement semblant de craindre Kylian — mais j’vous connais pas moi d’abord !! Vous êtes qui là, tous ?? 

    — Kyle ? L’appèle doucement Vanessa en lui tapotant le bras, — qu’est-ce qu’il fait là, lui ? 

    — Hein, de quoi ? Mais qui ? s’étonne en retour Kylian en dirigeant son regard vers la direction que lui indique sa petite amie.

    Franz ?

    En effet. C’est bien son vieil ami d’enfance qu’il aperçoit là-bas, devant, adossé contre l’un des murs du bâtiment, à presque une centaine de mètres de lui. Et il n’est pas seul. Puisqu’avec lui se tiennent fièrement deux de ses habituels camarades.