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     — Je comprends.. semble-t-il tenter de conclure à ma place, en vain, parce que je me hâte de reprendre les rênes de la conversation,

    — Non. Non, tu ne comprends pas Candide. Parce que tu ne l’as pas encore vécu.

    — Sympa pour le « encore »... Je vois que tu ne me souhaites que du bonheur avec mes proches décidément !

    — Elle s’est mise à voir quelqu’un d’autre, seulement deux semaines après mon entrée ici. Et elle n’est jamais venue me voir. Jamais. La rupture, elle me l’a annoncé au téléphone.

    — Ouais.. Horrible. Mais...

    — Arrête de m’interrompre ! Ou je te brise les os !

    — Et toi, arrête alors de me miner le moral pour que j’aille me jeter du haut du toit ! Si tu crois que j’ai pas compris ton petit jeu ! Tu as souffert pour une nana, et maintenant tout ce que tu souhaites, c’est que je suive ton chemin !

    — Non ! Je souhaite seulement que tu n’y croies pas trop ! Parce que sinon tu souffriras comme moi j’ai souffert !

    — Va te faire foutre maintenant ! J’en ai assez entendu !

    — Nous ne sommes que des parias Kylian ! Que des parias ! Pire que des taulards ! Et tu le découvriras bien assez tôt ! Quand tous les gens auxquels tu tiens refuseront de se souvenir de toi !

    — La ferme ! Se met-il brusquement à me crier, en se mettant en boule sur son banc.

    — Fais toi une raison.... je lui laisse finalement tomber en commençant a m’éloigner, — car elle ne t’attendra pas, et elle finira par avoir honte de t’avoir connu... je termine dans un soupir, une fois que je me sais suffisamment loin pour qu’il puisse m’entendre.

     

    Ouais. En effet.

    Je ne tenais pas à ce qu’il entende ces dernières phrases.

    Pour qu’il puisse encore y croire.

    Encore un peu...

     

     

     

    *

     

     

     

     

    — CONNARD !! CONNARD !! CONNARD !! se met a hurler Kylian avec violence, une fois seul, en enchainant de coups de pied la première lampe de jardin qui a croisé son regard. 

    Il aimerait ignorer le récit de son collègue d’infortune, Matthias. Oh oui, qu’il aimerait ne pas assimiler son propre futur au sien.. Parce que leurs histoires sont différentes. Bien différentes !!

     

    — Et bien ? Pauvre petite lampe ! Vient soudain le faire sursauter une voix qu’il pense reconnaître.

    Celle qu’ils appellent Doc', lors des réunions.

     

    — J’suis désolé... s’excuse-t-il sans attendre en arrêtant sa tentative de destruction. 

    — Il n’y a pas de quoi s’excuser. 

    — Eeuh.. Si, quand même. Parce que je crois que l’ai un peu abîmée..

    — Tu veux en parler, Kylian ?

    — De... De quoi ?

    — De n’importe quoi.

    — Non merci.. Ça ira. Je vais remonter dans ma chambre, je pense. 

    — Je m’appelle Nikole. Mais tout le monde ici m’appelle Nicky, ou Doc ».

     Doc', ouais, c’est ce que j’ai cru entendre...

    — Mais je préfère quand même Nicky.

    — OK. 

    — Tu es sûr que tu ne veux pas en parler ? Tu sais, je suis là pour ça. Et je sais garder les secrets, les peines, tout... Alors, n’hésite pas.

    — OK, je m’en souviendrai. Mais je vous promets que je n’ai ni envie, ni besoin, de parler.

    — D’accord, d’accord, je ne vais donc pas insister ! ... Mais n’oublie pas d’accourir vers moi lorsque cela sera le moment. Parce que je te promets, que je serai là.

     

    Moi, je serai là... c’est bien ce que Kylian semble comprendre, dans ces phrases pleines de non-dits.

    Elle, elle sera là...

     

    — Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit... finit-il enfin par conclure en s’éloignant, le cœur gros... parce qu’il vient enfin de faire le lien entre les deux conversations qu’il vient d’avoir ce soir.

     

     

     

    *

     

     

     

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    — Jeudi 16 octobre —

      

    Cher journal, aujourd’hui je vais t’apprendre qu’un nouveau est arrivé au centre !!

    Il s’appelle Kylian et c’est le chanteur des « Apologize ».

    Je crois qu’il est ici parce qu’il est héroïnomane. Comme Matthias en fait. 

     

    Mignon. Mignon. Oui il est vraiment mignon, et pour tout te dire, il me plaît beaucoup !! Mais je ne me fais pas d’illusions. Parce que je suis certaine qu’il a une copine. Ça se voit dans son regard. Il est toujours ailleurs...

    Sûrement en train de penser à elle...

    Et puis si ça se trouve, il est exactement comme Matt ».

    Il essaie d’arrêter... pour elle.

    Qu’en penses-tu, toi ?

      

    Heeey, j’oubliais !! Pendant la réunion d’accueil, il avait presque tout le temps les yeux rivés sur Ulrich !! Le p’tit Lulu ! Tu sais, je t’en ai déjà parlé !

    Bon, je me trompe peut-être, mais je suis presque sûre qu’ils se connaissent tous les deux.

    J’en ai déjà parlé à Matt', qui pense exactement comme moi. 

    Enfin bref !!!

    Il faudra qu’on tire tout ça au clair !!

    Amoureuse ? Noooon !! Tu sais bien que j’ai jamais eu de chance en amour, alors j’y crois même pas!.

    Si j’avais été jolie, blonde et bien foutue.. Alors là oui, peut-être que...

    Enfin bref, je vais arrêter de chouiner pour ce soir, car ça le fait vraiment pas !!

    Alors je vais t’embrasser, petit journal, et te dire a demain, pour de nouvelles aventures !!

    (Oui, c’est promis, je te ramènerai des nouvelles fraîches sur Kylian !! ^o^)

     

     

     

    *

     

     

     

    Le lendemain matin, Kylian va recevoir une bien agréable visite et cela va le ravir au plus haut point.

    Surtout après le coup de blues que lui a déclenché Matthias la veille.

     

    — Sisi, c’est une sacrée surprise de te voir, je te dis, susurre-t-il affectueusement à sa petite amie du moment, Avril Lavigne. En effet, celle-ci n’a pas attendu longtemps avant de venir le voir et cette attention l’émeut particulièrement.

     — Je t’en prie, c’est normal. Et je tenais à ce que tu saches que je suis très fière de toi. Vraiment.

     

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    — Tu pourras être fière de moi quand je sortirai, lui murmure-t-il avec sensualité, tout en la ramenant doucement contre lui pour l’enfermer dans ses bras possessifs.

    — En fait, je voyais pas ça comme ça, un centre de désintoxication, lui avoue-t-elle ensuite, tout en observant les lieux avec attention, — disons que, tu vas rire... Je voyais plutôt ça comme une sorte de prison ! Avec une grille pour empêcher les gens de fuir et tout le tintouin !

    — Fuir ? Manque de s’esclaffer Kylian, avant de reprendre avec ironie, — ça serait un comble de vouloir fuir d’un endroit où l’on a fait soi-même une demande d’admission !

    — C’est sûr. Mais je n’avais encore jamais vu de centre de désintox de ma vie, alors ça plaide un peu en ma faveur !  

    — Au fait... reprend Kylian avec un sérieux qui intrigue rapidement la jeune femme, — hier soir, dans la salle de repos, j’ai lu une interview de toi, et... 

    — Oui, je sais... En fait, ils ont commencé a me casser les pieds avec des tas de questions sur toi, alors je...

    — Je comprends.

    — Je suis désolée. Tu m’en veux ?

    — Non. Mais je me dis qu’on t’a peut-être suivie jusqu’ici. Alors ils sauront que tu as menti, puisque tu es dans actuellement dans mes bras.

    — C’est pas grave, parce que je rentre ce soir. 

    — De... ?

    — En fait c’était surtout pour te prévenir que je suis venue ce matin. Je.. Je suis désolée, mais je dois rentrer.

    — OK, OK. Hmmm.. Combien de temps ?

    — Je ne pense pas revenir sur Berlin avant la prochaine tournée. Si on passe dans votre ville, évidemment...

    — Ah ouais.. OK. 

    — Je suis désolée Kylian. Mais on pourra toujours s’écrire... Non ?

    — Ouaip. Y’a pas de soucis la miss, tente-t-il de rester indifférent en ramenant ses mains dans ses poches.

    — La voiture est garée juste devant. Elle m’attend, lui fait-elle à nouveau, en évitant désormais de le regarder droit dans les yeux — alors je te dis... À la prochaine. Je.. .

    — OK. Et moi je te souhaite un bon voyage, ne peut-il s’empêcher de lui rétorquer sur un ton glacial, avant de faire demi-tour pour retourner d’où il vient. Le centre. Ces bâtiments de briques blanches aux pièces parfumées d’une désagréable odeur d’hôpitaux. 

     

    — Kylian ? Le ramène soudain a la réalité une voix féminine, tandis qu’il se plaisait a se perdre dans ses souvenirs et sa mauvaise humeur, — on va faire une partie de ping-pong dans la salle de repos, est-ce que ça te dis de te joindre a nous ?

     

    Jeyne. Si ses souvenirs sont bons, cette rouquine s’appelle Jeyne. À moins que ce soit Kayne. Ou Layne..

     

    — Mouais, OK. Pourquoi pas, lui hausse-t-il simplement les épaules en aquieçant de dépit. Il n’a finalement plus rien à faire d’autre que des jeux dans une salle de repos, puisqu’il vient de se faire larguer comme une vieille chaussette. 

    — Allez, sourit le gros, tente de le réconforter son interlocutrice rousse, avec un large sourire qui l’effraie presque, — faut pas te laisser abattre par les connes.

    — Eh, eh, ouais, lui marmonne-t-il à peine en réponse, un peu gêné de constater que son entrevue et sa rupture aient été observées par une tierce personne.


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    *     *

    *

     

     

    — Kylian ? Appelle amicalement Nikole en pénétrant dans la chambre du concerné : elle n’apprécie pas que les petits nouveaux restent cloitrés dans leurs quartiers pendant les premiers temps de leurs cures.

     

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    — Ouais... lui grommelle en réponse son interlocuteur et jeune patient, sans relever la tête du bureau où elle repose.

    — Tu ne descends pas manger un morceau ? Boire ? Prendre l’air ?

    — Non merci.. J’me sens pas bien là. 

    — Je sais, et c’est normal.

    — J’en doute pas, mais j’en chie... n’hésite pas à avouer Kylian dans un soupir de lassitude qui en dit long sur ses éventuelles pensées.

    — Non Kylian, tu ne vas pas abandonner. N’est-ce pas ? Se presse de le contredire son interlocutrice, avant même qu'il ne puisse avoir l’idée de lui annoncer un projet des plus absurdes.

    — Ouais, ouais. J’vais pas abandonner.. Promis. J’crèverai là, comme un cleb. 

    — Viens avec moi à l’infirmerie, je vais te donner un calmant.

    — Nan. J’veux pas me shooter aux calmants. Faut que je fasse quelque chose de mes dix doigts. Ou je vais péter une durite.. Y’a quoi déjà dans la salle de sport ? 

    — Tu n’es pas en état de faire du sport Kylian. Plus tard, oui, mais pas pour le moment. 

    — Gné ? Tu dis n'imp' toubib...

    — Nicky.

    — Nicky. Bref j’pète la forme, Nicky.

    — Non. Tu es en début de cure, alors physiquement tu ne pètes pas la forme. Bien au contraire. Et si tu en veux la preuve, regarde-toi dans le miroir. Tu ferait peur à un fantôme !

    — OK, cool.. Alors tu me conseilles quoi.. Nicky ?

    — De descendre. De prendre l’air.

    — J’suis pas un papy non plus.

    — Papy Kylian ? Ça sonne bien, ne peut s’empêcher de sourire la jeune femme, en lui prenant une main pour l’inciter à se relever, — allez, viens. On descend ensemble à l’infirmerie, et ensuite on va arroser les fleurs du jardin, ensemble. Ça roule ?

    — Nan, rechigne aussitôt le boudeur en récupérant sa main d’un geste vif, — je veux aller a la salle de sport !! Vous avez des sacs de sable ? Parce que j’ai envie de cogner.

    — Oui, on en a, soupire alors la jeune femme avec dépit — mais promets-moi que tu ne forceras pas. Parce que dans ton état, tu as bien 90 % de chances de me faire un malaise et de finir la journée a l’infirmerie.

    — Ça sera cool. Comme ça, je me ferai dorloter par notre jolie toubib.

     

    Heureusement qu’il est de dos, en train d’enfiler un tee-shirt, lorsqu’il prononce cette phrase des plus anodines. Parce que son interlocutrice se sent déjà rougir de gêne, avant de se retourner rapidement, face a la porte, pour ne plus avoir a constater le dos musclé de celui qui n’est censé être que son patient.

     

    — Prêt ? On y va ! le presse-t-elle sans attendre, pour changer de sujet et disparaître avec lui dans les couloirs du centre, en direction de l’infirmerie, puis de la salle de sport.

     

     

     

    *

     

     

     

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    — C’est gentil de rester avec moi, remercie amicalement Kylian entre deux coups de poings lancés sur l’un des sacs de sable de leur salle de sport, — mais si tu as des trucs a...

    — Non, ça va. J’ai rien de particulier à faire pour le moment. 

    — Pourquoi moi ? N’hésite-t-il plus a demander avec sérieux, — je veux dire que.. Qu’on est nombreux à avoir besoin d’aide ici, et donc les autres pourraient me jalouser de te voir tout le temps avec moi. 

    — Les autres ? Les as-tu bien regardés Kylian ?

    — Comment ça ?

    — Les autres, comme tu dis, ils sont presque tous en haut, dans la salle de repos. En train d’enchainer les paquets de cigarettes, devant la télévision.

    — Et ? Je saisis pas...

    — Je veux dire qu’il y’en a peu qui ont déjà eu le déclic pour s’en sortir.

    — Et moi, je l’ai alors, ce déclic ?

    — Je pense, oui.

    — Dis plutôt que tu adores ma compagnie ! Coquine ! 

    — Tsss, mais quel idiot ! Qui devrait faire une pause d’ailleurs.

    — Nan, ça va là. Plus je lui défonce la tronche, à cet enfoiré de sac que je viens de nommer Erwan, et plus ça va.

    — Si tu le dis. 

    — Hey, il est bizarre Jakob, je trouve. Non ? Et puis il met de ces droites. Ça fout les jetons.

    — C’est un boxeur professionnel. Enfin, c’était. 

    — Et ça fait longtemps qu’il est là ? Il parle pas beaucoup lors des réunions. Je crois que je sais rien de lui. 

    — Six mois. Mais c’est un type bien. Si tu dois te faire un ami ici, autant que ce soit lui. À la place de Matthias ou Jeyne, par exemple. 

    — Matthias ? Aucun risque. Il me gonfle. Jeyne par contre, elle a l’air sympa.

    — Jeyne est très gentille, oui. Bien qu’un petit peu trop sous l’influence de Matt » à mon goût.

    — Tu veux dire que Matt » la tire vers le fond, avec lui ?

    — Matt » ne croit plus en rien ni en personne. Et il prend, en effet, plaisir à entrainer les nouveaux dans sa chute. 

    — Je sais. J’ai déjà eu un petit aperçu de sa vision de la vie, fini par soupirer Kylian en s’essuyant le front d’une main tremblante. Geste qui fait immédiatement réagir la jeune femme assise derrière lui — viens t’asseoir. Ou dans moins de cinq minutes tu vas me faire un malaise. 

    — Ouais, ouais, se presse d’obtempérer Kylian en s’asseyant aux côtés de son interlocutrice — c’est horrible, j’ai jamais été aussi misérable. On dirait une loque..

    — Pourquoi es-tu entré ici ? Quel a été ton déclic ? Vu que tu ne me l’as pas dit aux réunions, je me permets de te le demander à part. 

    — Pour ma famille. Et mes amis.

    — Ton groupe ?

    — Voilà. Vu que ce sont eux, mes amis... 

    — Au début, je pensais que toi aussi, tu étais là pour une femme.

    — Ah, je suis content de constater que tu ne lis pas les journaux alors !

    — Les people tu veux dire ? Eh bien petite star ! Je ne m’intéresse pas à la vie des gens sous les projecteurs. 

    — C’était une fille bien, que je ne méritais vraiment pas.

    — Ton ex ?

    — Bah oui, pas le pape !

    — Je pense que tu mérites beaucoup plus que tu ne le penses. Et que tu devrais aller prendre une douche, parce que tu pues.

    — Heeeey ! Comment tu me dis ça toi !!

    — Quoi ? Oui, je sais, je suis franche !

     

     

     

    *      *

    *

     

     

     

    — Merde, Vanessa, ça suffit maintenant !! braille Tania devant sa meilleure amie qu’elle est venue voir à l’improviste aujourd’hui — tu m’avais promis que tu arrêtais ça ! Tu m’avais promis !

    En effet, la jeune chanteuse avait bel et bien promis à son interlocutrice qu’elle cesserait de boire. Que l’alcool n’était pas une solution et qu’elle ne s’y réfugierait plus jamais.

     

    — J’suis désolée, s’excuse-t-elle alors sans franchise, en haussant les épaules — j’fais que des conneries, je sais.

    — T’es complètement bourrée. Putain tu m’énerves ! Mais regarde-toi ! Va te voir dans le miroir ! 

    — Je sais, j’ai une sale gueule et je fais rien de bien. Je sais. Merci de me le rappeler. 

    — En plus, quand l’autre va rappliquer, tu crois qu’il va comprendre que tu sois défoncée en plein aprèm ??

    — L’autre il s’appelle Erwan...

    — Ouais, Erwan. Si tu veux. On s’est comprises de toute manière !

    — Il vient pas ce soir, et Tiph a emmenagé ce matin dans son appart, alors j’ai rien à craindre... J’peux me défoncer en paix, voir me bu...

     Ta gueule Vanessa. Ta gueule ! Parce que là tu vas t’en prendre une ! 

    — Ai... Aide-moi alors... finit par sangloter l’enguirlandée d’une voix tremblotante, — dis-moi ce que je dois faire... 

    — Tu connais déjà mon avis que le sujet. Il faut que tu rompes avec l’autre ! 

    — Mais comment ?? Et pourquoi ?? Il est parfait, adorable, gentil, présent.. Il a tout pour lui et... enfin.. Quel prétexte je vais bien pou...

    — Tu lui dis simplement que tu ne sais plus trop où tu en es et que tu as besoin de solitude. Il comprendra.

    — Et pourquoi au fait...? Pour un salaud qui a déjà oublié mon existence... ?

    — Non. Mais plutôt parce que tu n’es pas amoureuse de lui et que plus le temps passe et plus tu as honte d’être a ses côtés. Mais si tu veux te mettre à parler de Kyle, alors...

    — Ma plus grande honte actuellement, c’est surtout d’aimer ce salaud, alors que lui, je suis certaine qu’il en a rien a foutre de ma gueule.

    — En tout cas une chose est sûre, c’est que là il est célibataire et qu’il est en train de se faire chier dans un centre de désintoxication.

    — Ça lui fera les pieds, tient...

    — Et il aura plein de temps libre pour réfléchir et penser a toi.

    — De toutes les manières je ne peux pas aller vers lui. Pas après tout ça. Je vais quand même pas m’abaisser a revenir vers ce...

    —. Vers ce type que tu aimes! 

    — Haut les mains, c’est la police, menace soudain et d’un air amusé un Yann qui fait brusquement irruption dans la pièce par la porte principale. Il est venu chercher sa petite amie qui campe ici depuis maintenant une demi-heure. 

    — J’en ai pour cinq minutes Yann, lui fait sans attendre sa belle dès qu’elle le remarque — si tu peux m’attendre dehors, merci.

    — Cinq minutes fois combien ? Vingt ? Cent ?

    — Non. Vraiment, cinq minutes. Promis. Allez file !

    — Non mais t’es lourde. C’est plus l’été maintenant et j’ai pas envie d’attendre deux heures dehors. Alors go ! 

    — Vas-y Tania, intervient alors Vanessa pour encourager sa meilleure amie à décamper avec son homme, — on s’appèle plus tard et on se voit demain de toutes. 

    — D’accord, mais alors... commence à prévenir Tania avec sérieux, — tu vas faire ce qu’on a dit !

    — Je vais essayer....

    — Non, tu le fais Vanessa. Vraiment ! Dès ce soir. Car le plus tôt sera le mieux.

    — OK. OK...

    — Goooooooooooooo, appelle à nouveau Yann en attrapant la main de sa compagne pour la ramener de force vers la sortie de cet appartement où elle a déjà passé trop de temps. Ça suffit les discussions sans fin entre filles. Surtout qu’il connait très bien leurs sujets de conversations a toutes les deux : Erwan. Kylian. Erwan. Kylian...

    Agacé ? Non. Disons juste qu’il préférerait éviter que la blondinette revienne dans la vie du chanteur de son groupe. Parce qu’il considère qu’elle a déjà suffisamment semé la zizanie parmi les siens.

     

     

     

    *      *

    *

     

     

     

     

    — Merci infiniment Tiph'.. Merci.. Merci... répète sans cesse Hanz malgré une gorge qui se noue de plus en plus au fil des secondes. En effet, son interlocutrice et meilleure amie est enfin venue le voir. Alors qu’il se plaisait à s’isoler dans sa maison, loin de tout. Loin du monde. Ne désirant plus rien, ni personne.

    — C’est normal mon grand. Je me fais du souci pour toi.

     

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    — Tu es forte toi.. Tellement forte.. Donne-moi ton secret. Donne-le-moi !!

    — Tu piques Hanz. Qu’est-ce qu’il y’a ? Ton rasoir s’est mis en grève ou quoi ?

    — Très drôle, espèce de moqueuse, se renfrogne le concerné en se reculant de celle qu’il tenait amicalement dans ses bras.

     

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    — Est-ce que je me laisse aller, moi ? Non, il me semble. Alors tu vas désormais en faire autant, toi aussi. 

    — Toi tu es radieuse, et moi je suis à gerber, moche et puant. On joue pas dans la même catégorie, c’est clair. Le lâche et la courageuse...

    — Tu cherches à m’impressionner avec ton discours de dépressif ? Que je me mette à pleurer avec toi, avant de te proposer de me mettre à picoler à tes côtés ?

    — J’ai un peu bu, c’est vrai..

    — Un peu ? Humm, moi j’aurai dit énormément, vu à quel point tu pues de la gueule !

    — Merci, c’est sympa...

    — Tu veux des nouvelles d’Elo au fait ?

    — Non...

    — Et pourquoi ça ?

    — Parce que je m’en fous. Ça te va comme réponse ? Commence a s’agacer Hanz avec une soudaine envie s’enfermer, seul, dans une pièce isolée.

    — Parce que le monde s’est arrêté de tourner ? Parce que tu es trop lâche pour rebondir ?

    — Oui. Parce que je n’ai pas ta force. Parce que moi, je ne sais pas vivre sans lui et avec son souvenir. À la différence de toi, qui t’es apparemment très bien remise de son départ.. 

    — Tu devrais te taire maintenant Hanz. Parce qu’entre nous deux, celui qui a le plus perdu, ce n’est pas toi. Tu veux que je t’agite ma bague devant les yeux peut-être ?

    — Tu la portes encore ?

    — Évidemment. Et c’est pour elle que je me bats ! Parce que Kurt aurait les boules de me voir pleine de poils et avachie entre deux canettes de bière !

    — J’avoue... Bravo, tu as le chic pour me rappeler que je ne suis qu’une merde...

    — Ouais, si tu veux. Mais la merde que tu es, et bien moi je l’aime. Et donc je vais te donner ma nouvelle adresse, pour que tu viennes toquer à ma porte dès que tu te sens mal ou seul. Parce qu’on est ensemble dans cette bataille.

    — Ouais.. Bon.. OK.. Merci.. Encore une fois, merci... Pfff, je ne mérite même pas ton amitié..

    — Ça, ce n’est qu’à moi d’en juger, lui rappelle la jeune femme en finissant d’inscrire l’adresse de son nouvel appartement sur un post-it jaune, avant de revenir l’agiter sous le nez de son vieil ami — voilà mon grand. Et si tu dois m’appeler, tu as déjà mon portable.

    — Tu repars tout de suite ? Ou tu restes un peu.. ?

    — Je serai bien restée, mais je suis attendue là. Je suis désolée. Demain par contre, si tu veux tu peux passer à l’appart.

    — Attendue.. ? Par... un homme ? 

    — Hmm, par un « ami » j’aurai plutôt dit. Parce qu’aujourd’hui je ne vois plus d’« hommes » nulle part.

    — Laisse-moi deviner... Peter ?

    — Je vais y aller. Parce que dans cinq minutes, tu vas me commencer une crise d’amitié.

    — Peter ?

    — A demain Hanz. Je compte sur toi ! Et si tu me poses un lapin, je viendrai t’arracher les deux yeux pour m’en faire des boucles d’oreilles, je te préviens.

    — Ouais, ouais, c’est ça. À demain.

     

    Elle est déjà dehors lorsqu’il finit de grogner ces derniers mots et cela l’horripile au plus haut point.

     

    Ce type.. 

    Ce Peter.

     

    Dieu qu’il le hait.

    Et une chose est sûre, c’est qu’il ne se contentera pas de rester à le haïr dans l’ombre.


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    *      *

    *

     

     

    — Je pense que ça vaux mieux, vraiment... et je suis franchement désolée... s’excuse honteusement Vanessa devant le petit-ami a qui elle vient d’annoncer avec douleur, une rupture. 

    — Si tu penses que ça vaux mieux, alors je n’ai rien a dire, se contente de réagir sagement un homme qui vient de se faire poignarder par une femme dont il commençait a tomber sévèrement amoureux. De toute manière, il s’y attendait. Parce que les femmes finissent toujours par revenir vers les salauds, même lorsqu’un autre peut leur apporter un avenir radieux. 

    — Tu m’en veux. Tu me détestesi. Tu m’en veux.

    — Mais non.

    — Ne me mens pas. Parce que tu sais bien que je lis en toi comme dans un livre ouvert... 

    — Et bien il faut croire que tu t’es suffisamment éloignée de moi pour ne plus savoir rien lire, lui répond t-il a nouveau et avec un sourire en coin, avant de se mettre en chemin vers la sortie de cet appartement où il ne pense pas remettre les pieds de sitôt.

     

    Il s’éloigne d’un pas rapide et c’est le cœur gros que Vanessa le suit du regard. Sans dire un mot cependant, à cause de cette honte qui grandit en elle a une vitesse fulgurante. Elle ne réalise même pas encore ce qu’elle vient de faire à l’instant, tant cela lui semblait absurde hier encore.

    Parce que cet homme pouvait tout lui apporter. Parce qu’il est comme elle. Sa réplique exacte au masculin. L’homme parfait. L’homme idéal des contes de fées. Le prince charmant.

    Et pour un salaud... Elle vient de lui indiquer le chemin de la sortie.

     

     

     

    *      *

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    « Chèr journal ! devine quoi ? Et bien aujourd’hui, j’ai passé une matinée géniale avec.. Avec.. Avec devine qui ?? Avec Kylian !! »  

    « Eh oui !! C’était au bord du bassin chinois. Il est venu me rejoindre, pendant que je nourrissais les poissons, et on a parlé, parlés, parlés, comme encore jamais ! »  

    « Et maintenant je vais te le répéter pour la millième fois : il me plaît !! »  

    « Parce que je suis bien avec lui et qu’à ses côtés je ris, avec l’impression de ne plus être une alcoolo sans avenir. »  

    « Et c’est là que tu es censé penser : mais où est le problème alors ? Pourquoi te retiens-tu de pleurer ? »  

    « Et c’est donc là que je vais te répondre, que je suis consciente de n’avoir aucune chance avec lui. »  

    « ....Parce que tout le monde ici sait déjà qu’il a un gros béguin pour Nicky. »

      

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    « C’est bien simple, ils sont tous le temps ensemble... Même ce matin, lorsqu’on était tous les deux autour du bassin, elle est venue le chercher pour me l’arracher, en prétextant qu’il avait des cachets ou je sais pas quoi a prendre. Des calmants, je crois. Bref... Mon œil oui. Des calmants ?

    Matthias n’en prend jamais, lui.

    Bon d’accord, Matthias n’a jamais arrêté, mais quand même... »    

    « Non.. Moi je sais qu’elle lui plaît. Et que c’est réciproque n plus. »

    « D’ailleurs, tu sais que la majorité des gars l’appellent maintenant “Le Fayot” ? »

    Lol

    « Certains disent même qu’ils couchent déjà ensemble... »  

    « Mais ça, moi j’en sais rien. Et en fait, je pense que je préfère ne pas le savoir. »

     

     

     

    *      *

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    — Hey, mais tu t’arrêtes jamais toi, ou quoi ? s’étonne à haute voix Kylian, en direction d’un boxeur professionnel, aujourd’hui en cure de désintoxication. Cet homme l’intrigue et il a bien l’intention d’en savoir plus sur sa personne. Pour cette raison, il rejoint la salle de sport dès qu’il a su qu’il allait l’y croiser. 

    — Toi par contre, tu fais pas grand-chose, se moque amicalement son interlocuteur emplit de mystères, — mais je salue quand même ta présence a la salle, vu que je t’aurais plutôt imaginé au premier en train de fumer et jouer au ping-pong avec les autres. 

    — J’avoue que je suis une merde là. J’ai jamais été aussi faible de toute ma vie et j’suis même sûr qu’un bébé pourrait me battre au bras de fer ! 

    — Ton corps était habitué à être boosté par la cocaïne, alors c’est clair que lorsque tu décides de te sevrer, il te fait comprendre son mécontentement.

    — Ouais, il me le fait comprendre, et bien comme il faut ! Dans toutes les langues, cet enfoiré.. 

    — Mais tu y arriveras. Tu as la gniac pour.

    — Merci.. Mais, et toi ?

    — De quoi, moi ?

    — Et bien, est-ce que tu as la..

    — Je suis déjà guéri, moi, Kylian. Depuis bien longtemps.

    — Hmm....

    — Quoi ? C’est ma présence dans le centre qui te perturbe ? Comme tout le monde ? Parce que tu considères que je n’ai plus rien à faire ici ? 

    — Non, non, j’ai pas dit ça. T’emballes pas et m’envoies pas de droite, pitié.

    — Humpf.. Se retient d’éclater de rire un homme qui n’avait plus pouffé ainsi depuis bien longtemps, a la grande surprise de Kylian qui est ravie de l’avoir ainsi fait sourire.

    — Tu dois avoir tes raisons pour être là, lui fait-il ensuite pour lui indiquer qu’il n’est pas là pour percer trop vite les secrets de sa vie, — comme Matt » a les siennes pour continuer de se droguer, et..

    — Et comme toi tu as les tiennes pour être toujours scotché à Nikole.

    — Hey ! Rougit aussitôt Kylian en fixant le sol, — mais tu dis n’imp « !!

    — Tout le monde l’a remarqué Kyle, sourit a nouveau son interlocuteur, étrangement apaisé par sa présence, — Hmmm, je peux t’appeler Kyle au fait ?

    — Ouais. Je préfère même, alors te gênes pas !

    — Parfait alors, Kyle.

    — Nickel alors... euh...

    — Jakob.

    — Jakob ! Désolé si je l’avais oublié, mais vu que tu parles jamais aux réunions !

    — Je parle peu parce que je n’ai rien à leur dire, à tous ces mômes.

    — Je suis flatté.

    — Ne le sois pas. Car t’es un môme aussi.

    — Ouais, mais un môme qui parle a un boxeur professionnel ! C’est la classe, ça.

    — Eheh... Comme moi je suis un boxeur retiré qui parle à une star de la musique.

    — Quand j’étais gamin, j’aurai adoré devenir boxeur. Comme Genki. Tu connais ?

    — De quoi ?

    — C’est un dessin animé qu’on a tous suivi. Non ??

    — Ah non, je suis désolé..

    — Pffft, tu sers à rien.

    — Comme toi, starlette.

     

     

     

    *      *

    *

     

     

     

    — Kylian ? Si ça va mieux, tu devrais retourner en salle de repos, rappelle sagement Nicky à son jeune patient qui est une nouvelle fois affalé sur le lit de son infirmerie. Une nouvelle fois et peut-être une de trop a son goût, parce que de nombreux bruits courent désormais dans les couloirs du centre et cela la met terriblement mal à l’aise.

    — OK, je te prends au ping-pong ? On parie quoi cette fois ?

    — Pas maintenant, j’ai du boulot là. Mais vas-y toi, je te rejoindrai sans doute. Au pire on a réunion demain après-mi...

    — Alors je reste. Je suis bien là. 

    — Non Kylian. J’aimerai que tu t’en ailles maintenant. S-il-te-plais. Merci. 

    — C’est que je me sens pas très bien là en fait. Je crois que j’ai des vertiges....

    — Ça suffit Kylian. À quoi joues-tu à la fin ?

    — Et toi ? Depuis quand est-ce que je te dérange au point que tu veuilles que je gicle ?

    — Parce qu’on parle autour de nous. Et que je ne le supporte plus.

    — Et pourquoi donc ? Parce que moi je trouve ça cool. 

    — Je préfère ne pas comprendre ce que tu insinues. Parce que tu es mon patient, et...

    — Et ?

    — Et j’ai déjà donné avant toi, dans une histoire presque identique, alors tu m’excuseras si je prends désormais mes distances. 

    — Tu me compares à un connard, c’est ça ? 

    — C’était tout sauf un « connard » Kylian. Au contraire même, c’était un type génial. Qui a malheureusement échoué ici à cause d’une rupture amoureuse, parce qu’il devait arrêter de trouver refuge dans l’alcool. 

    — OK, tu me compares à une loque d’alcoolo dépressif si je comprends bien.

    — Il me promettait monts et merveilles, les fiançailles, le mariage, l’amour éternel.. Mais dès qu’il a su sortir d’ici, finito. Pas un coup de tel. Ni une carte. Rien. Et je crois même qu’il est retourné avec son ex, qui l’avait fait sombrer. Chouette histoire non ? Alors, excuse-moi de planter désormais une barrière entre nous. 

    — OK, je me casse. Alors à demain, en réunion... DOCTEUR.

    — Oui. À demain en réunion, KYLIAN.

     

     

     

     

    *

     

     

     

     

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    Ce léger accrochage va perturber Kylian au plus haut point ce soir et c’est pour cela qu’il finira par décider d’aller prendre l’air sur le toit, pour se changer les idées et tenter d’oublier une jeune femme qu’il espérait voir devenir plus qu’une simple amie. 

    Demain, lorsqu’il la retrouvera lors de leur réunion quotidienne, il ne devra plus voir en elle la probable amante, mais uniquement le médecin. Rien que le médecin qui est censé l’aider à s’en sortir.

    À cette pensée, il soupire et se grommelle un gros « merde » à lui-même. 

    — Hey, Kylian, l’appelle soudain une voix masculine, dès qu’il apparaît enfin sur le toit de l’établissement.

    Matthias. Oui, c’est bien Matthias qu’il reconnait, assis en tailleur, là-bas, devant, à quelques mètres. Il est aux côtés de Jeyne, tranquillement installés avec un bon petit nombre de bouteilles d’alcool.

    — Ouais ? leur fait-il alors en faisant la moué. Ce comportement le blase. Comment ces gens peuvent-ils prendre plaisir à rester ici, dans ce centre de désintoxication, alors qu’ils ne font rien pour s’en sortir. À croire qu’ils n’ont plus aucun but dans la vie. 

    — Viens t’asseoir, et peut-être que tu auras droit d’y toucher un peu, semble l’inciter, voir le taquiner, Matthias, sans se retourner cependant.

    De quoi parle-t-il ?

     

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    — Vous venez souvent ici ? Cherche a s’informer Kylian en se rapprochant alors, tout en en scrutant discrètement les faits et gestes du deuxième héroïnomane du centre.

      

    Peut-être était-ce son destin de se retrouver ce soir incrusté dans ce duo de dépravés.

     

    Peut-être était-ce son destin d’accepter sans broncher la petite bourse en plastique pleine d’héroïne, que lui a amicalement tendue son voisin de gauche, quelques minutes après qu’il se soit assis à ses côtés. 

    Peut-être est-ce finalement son destin de ne jamais réussir à s’en sortir, puisque devant chaque issue de secours s’est toujours trouvé un frein à sa propre salvation.

     

    S’il se posait cinq minutes, il pourrait s’insulter et se traiter de tous les noms possibles et inimaginables pour se comporter de la sorte. S’il se posait. Oui, s’il se posait...

    Parce que ce soir, il a envie de tout, sauf de se poser. Et c’est pour cela qu’il rit maintenant aux éclats, assis en tailleur au milieu de ces deux nouveaux et probables amis.

    Probables ? Parce que pourquoi pas finalement. Depuis le début, on lui répète de ne pas les fréquenter. Que ce sont des gens perdus et qu’ils ne s’en sortiront jamais.

    Mais depuis le début, on ignore que lui non plus n’est pas de ceux qui peuvent s’en sortir.

    C’est comme cela.

    Dans la vie il y’a ceux qui réussissent, ceux qui échouent, et ceux qui se résignent en décidant de vivre avec.