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    *

      

    Menouthis - Posthumus ♪

     

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    — Putain d’enfoiré ! J’vais t’arracher les tripes !! menace avec violence Kylian a son agresseur qui l’a attaqué par surprise, dans le dos, tel le gros lâche qu’il a toujours été. Iwan. Son pire ennemi dans le squat » où il se rend régulièrement pour retrouver Franz lorsque celui-ci n’est pas chez lui. 

    — Ah ouais ? Ah ouais ? Se moque ensuite et ouvertement cet interlocuteur qu’il méprise plus que tout — alors, viens mon mignon ! Viens ! On est seuls ce soir, alors n’hésite pas ! Je t’en prie ! Viens donc prendre ta branlée ! 

    — T’es vraiment qu’un malade Iwan, tu le sais ça au moins ? Un malade fou de jalousie ! C’est moche ! C’est pitoyable ! 

    — Relève-toi espèce de loque, et viens te battre ! Et quand j’en aurai fini avec toi, plus jamais tu n’oseras remettre un pied ici ! Parce que c’est pas ton squat » cette baraque ! T’as rien à foutre parmi nous !

    — Je t’emmerde Iwan, et je vais tellement te détruire que même ta mère ne sauras plus te reconnaître ! 

    — Je suis orphelin, espèce d’enculé !

     

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    — J’en ai rien à branler de ta vie de merde ! cingle Kylian en envoyant un vif coup de poings à son interlocuteur qui s'écrase au sol sous l'impact.

     

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    — Je.. J’vais t’tuer Kylian... J’vais t’tuer... Vraiment!!!

    Une dernière menace, qu’Iwan prononce dans un souffle glacial et emplit de haine, avant de fondre sur son ennemi pour la mettre à exécution. Il va lui briser les os. Tous. Un a un.. Puis, il le regardera agoniser sous ses yeux, en l’implorant de lui laisser la vie sauve. Là, il l’achèvera. Pour ne plus jamais voir sa petite « gueule » qui est de trop ici.

     

    — Éloigne-toi de lui immédiatement Iwan. Et je me répéterai pas, cingle soudain une voix que les deux combattants reconnaissent sans difficulté : Franz. 

    — C’est lui qui a commencé !! hurle alors le jeune Iwan en fusillant Kylian du regard. Il est furieux de s’être fait interrompre de la sorte : quelques minutes de plus auraient suffi à mettre à genoux son plus grand rival...

    — C’est ça, c’est ça... se contente d’ironiser Kylian avec mépris, — genre il va te croire... 

    — Dégage Iwan, grogne méchamment Franz en direction du concerné, — je veux plus te voir pour ce soir. T’es vraiment trop con décidément !

    — Mais.. Mais... déglutit avec douleur l’accusé, — Franz !! je te jure que...

    — Que ? Trouve-toi une excuse pour être aussi con ? Vas-y ? Je t’attends ! 

    — Je.. Je... 

    — Tu, tu ? Tu vas bégayer comme une pucelle encore longtemps ? PARLE ! 

    — Je... Je...

     

    Parce que je.. je..

    ...Je crois que je... je... suis jaloux de lui !

    Oui... Je.. Je suis jaloux de cet enfoiré !!

    Parce que... parce que... Parce que tu es mon ami...

    À moi !! À moi !!. Et rien qu’à moi !!

    Et puis.. Et puis... Et puis on s’était promis...

    Oui !!! On s’était promis !

     

    .... 

     

    Tu te souviens dis ?

     

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    « Salut ! Qu’est-ce que tu fais ici tout seul ? »

      

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    « Hmmm... T’es qui toi ? Dégage de là.. Tu pollues l’air. »

    « Tu pleures ? Pourquoi tu pleures dis ? Ton papa a été méchant avec toi ? »  

    « Mais va te faire foutre ! »

    « Je peux rester un peu avec toi ? »

    « Non »  

    « Merci. Comme ça, tu pourras tout me raconter ! »

    « Mais j’vais t’buter toi ! Et puis j’irai bruler ton tee-shirt de merde ! »

    « Pourquoi ? Tu n’aimes pas Mickey ? »

    « ...... »

    « Hihi, je plaisantais. Tu n’es pas vraiment drôle dis donc. Il va falloir changer ça ! »

    « ...... »

     

    Alors... Est-ce que tu te souviens...? 

     

    « Je comprends. Et maintenant, tu préfères fuir parce que tu as peur. »

      

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    « Parce que je n’ai pas le choix Mickey ! J’ai tué quelqu’un, tu le réalises ? »

    « Oui, j’ai entendu, mais.. »

    « C’était un ami. Un grand ami, et... »

    « ‘Comment s’appelait-il ? »  

    « ‘Hugo. Il rêvait de devenir un peintre célèbre.. Il avait énormément de talent...»

    « ‘Les rêves entretiennent l’espoir. Nous en avons tous. Et toi ? De quoi rêves-tu ? »

    « ‘Je... Je ne sais pas. »

    « ‘Tu mens. Tu es obligé d’avoir un rêve. »

    « ‘Tu m’énerves maintenant Mickey. Alors tu vas me faire le plaisir de dégager. »

    « ‘Je m’appelle Iwan. »

    « ‘Je m’en fous. »

    « ‘Moi aussi, j’ai tué de sang-froid. »

    « ‘À d’autres... »

    « ‘Mes parents. »  

    « Qu... Quoi ?’ »  

    « ‘Mais je ne regrette rien. Parce qu’ils étaient méchants.’ »

    ‘Tu... Tu...?’

    « ‘Mon père buvait beaucoup et la frappait. Et elle, elle attendait qu’il ne soit plus là pour ramener des hommes à la maison. Alors ce soir j’ai attendu sagement qu’ils soient couchés, tous les deux, pour attraper la grosse lampe du salon...’ »

    « ‘Ça suffit, n’en dit pas plus...’ »

    « ‘... Et je leur ai fracassé le crâne.’ »

    « ‘OK, t’es un psycho et tu as buté tes parents. Ravi de l’apprendre.’ »

    « ‘Peut-être. Mais tu penses que ce que j’ai fait est pire que de frapper son meilleur ami dans le dos avec un sabre ?’ »

    « ‘Ta gueule !’ »

    « ‘Et moi, je ne vais pas fuir.’ »

    « ‘Parce que tu t’imagines peut-être que les flics ne vont pas te soupçonner ?’ »

    « ‘J’avais laissé un petit mot qui laissait supposer que je partais en fugue. Alors les policiers vont simplement penser que mes parents se sont entretués après une violente dispute.’ »

    « ‘Ouais, OK. En conclusion, t’es un gros malade. Alors si tu veux bien m’excuser, il faut qu...’ »

    « ‘Et toi ? Est-ce que tu as de la famille ?’ »

    « ‘Ouais... Mon père.’ »

    « ‘Et est-ce qu’il est gentil ?’ »

    « ‘J’en sais rien. Je vivais chez ma tante et je ne lui ai presque jamais parlé’ »

    « ‘Pourquoi ?’ »

    « ‘Parce qu’il fait des choses pas claires’ »

    « ‘Et toi, tu penses que ce que tu as fait c’est ‘clair’ ?’  »

    « ‘Ça suffit maintenant. Je m’en vais.’  »

    « ‘Ce n’est pas la fuite qui te fera oublier’  »

    « ‘Ouais c’est sûr, mais elle me permettra au moins de ne plus te voir ! T’es un malade Mickey ! Et je me demande ce que tu es en train de t’imaginer là, tout de suite ! Peut-être m’égorger et me jeter ensuite dans une benne à ordures ?’ »

    « ‘Je ne te ferai jamais rien, à toi.’ »

    « ‘Waah, ravi de l’entendre !’ »

    « ‘Alors, reste avec moi. S’il... S’il te plaît.’ »

    « ‘Hein ? Ouais.. Ouais.. Ouais, mais non. Parce que moi je ne suis pas assez fou pour rester dans cette ville !’ »

    « ‘S’il... S’il... S’il te plaît...’ »

    « ‘Hey, tu vas pas te mettre à chialer quand même ! Y’a encore vingt minutes, tu connaissais même pas mon existence ! Alors, fais un saut dans le passé, et oublie-moi ! Merci !’ »

    « ‘Est-ce que tu crois au destin ?’ »

    « ‘Non’ »

    « ‘Pourquoi ?’ »

    « ‘Parce que rien n’est jamais écrit à l’avance.’ »

    « ‘Moi, j’y crois.’

    « ‘Ravi de l’apprendre’

    « ‘Et c’est pour ça que tu étais assis ici cette nuit.’ 

    « ‘Ouais, c’est ça, ça devait être mon destin de croiser le chemin d’un psycho....’ 

    « ‘Tu as autant peur que moi, Franz. Voir plus.. »

    « ‘Je n’ai pas...’ »

    « ‘... Alors, restons ensemble.’ »

     

     

     

    *      *

    *

     

     

    « ‘Oui papa ? Tu voulais me parler ?’ »

    « ‘Bonjour Franz. Oui, je voulais te parler de quelque chose. Ou plutôt, de quelqu’un...’ »

    « ‘Vas-y. Je t’écoute.’ »

    « ‘Éloigne-toi d’Iwan. Il n’est pas sain.’ »

    « ‘C’est une blague ? Parce que si oui, et bien c’est la meilleure de l’année !’ »

    « ‘Tu fais allusion à mon travail ?’ »

    « ‘Ouais. Parce qu’excuse moi, mais parrain de la mafia, et bien c’est pas ce qu’il y’a de plus sain !’ »

    « ‘Mais cela ne t’a pas empêché de me retrouver pour reprendre contact avec moi.’ »

    « ‘Je sais.’ »

    « ‘Ne lui accorde pas une confiance trop aveugle Franz. C’est tout ce que je te demande.’ »

    « ‘Il a déjà toute ma confiance papa. Iwan est mon ami le plus sincère.’ »

    « ‘Mais certainement pas le plus loyal.’ »

    « ‘Ça, excuse-moi, mais ce n’est pas à toi d’en juger.’ »

     



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    — Tu peux sortir un instant, Kyle, s’il te plaît ? Il faut qu’on parle avec Iwan quelques minutes, seuls à seuls...

    — C’est moi qui gicle et c’est sa version que tu vas écouter ? Grogne avec mécontentement l’interpellé, les sourcils froncés par la colère.

    — Non. Maintenant, si tu veux bien...

    — OK, OK, je me casse. Je vais allez attendre dehors comme un bon paria !

    — Tu sais que t’es con quand tu t’y mets ?

     

    Kylian est déjà à l’extérieur lorsque ces mots taquins s’échappent dans l’air. Franz en soupire avec un haussement d’épaules.

     

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    — Je suis désolé... s’excuse tout bas Iwan, en direction de son meilleur ami ; et unique famille ; maintenant qu’ils se retrouvent seuls dans ce grand local poussiéreux.

     

    — Au moins tu reconnais tes torts. C’est bien.

    — Il m’énerve. Je ne le supporte plus Franz...

    — Et bien il va falloir apprendre a mettre de l’eau dans ton vin. 

    — Je.. Je.. OK, je vais essayer. Je te le promets...

    — Et essuie-toi les yeux. Tu chiales vraiment pour rien Mickey, tain...

    — Je... Je suis désolé...

    — J’accepte tes excuses, ne t’en fais pas. Mais imprègnes bien que si jamais tu t’avises de tenter une connerie contre lui, je te tuerai. Sans la moindre hésitation. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?

    — O...Oui.... 

    — Alors c’est parfait.

    — Fr.. Franz... ? Dis-moi.. Est-ce que tu.. Est-ce que tu... Est-ce que tu l’ai...

    — Kyle ? Ramène ton cul. On a terminé, appelle doucement Franz en ouvrant la porte de la bâtisse. Il a préféré interrompre la dernière question d’Iwan. Par simple pudeur, et peut-être aussi, par légère honte.

     

    — Et sinon ? Quoi de neuf dans l’poulailler ? Fais sereinement Kylian en revenant alors vers le seul ami qu’il possède ici.

    — J’ai pas reçu de Coke. Par contre, il me reste un peu d’Héro, si ça peut te dépanner, lui répond simplement son interlocuteur pour en venir directement a la raison de la visite de son vieux camarade ami d’enfance.

    — Humpf.. Bon, OK.. Ça fera l’affaire, soupire Kylian dans un haussement d’épaules.

    — Troisième tiroir en partant de la droite, l’informe sans attendre Franz en se dirigeant vers l’unique canapé de la pièce où s’est déjà affalé Iwan. 

    — Y’a vraiment rien a la TV a cette heure-ci... tente de meubler Iwan, en essayant d’oublier l’humiliante leçon de morale qu’il a reçue pour le sermonner d’avoir osé lever la main sur cette espèce de larve prénommée Kylian.

    — Tu devrais aller te passer de l’eau sur le visage, lui conseille Franz avec sympathie, tout en suivant Kylian du regard : celui-ci revient s’asseoir autour de la table devant eux, avec un petit sachet d’héroïne en main. 

    — Ouais... J’y vais, lui grommelle-t-il alors en réponse, avant de se relever pour rejoindre le premier étage : la salle de repos où sont installés quelques lits de camp, ainsi qu’un lavabo et des toilettes. 

     

    — J’suis désolé, s’excuse à son tour Kylian, quelques minutes plus tard, une fois que l’indésirable a disparu de la pièce — J’aurai pas dû répondre ni l’inciter à devenir de plus en plus taré.

     — Vous êtes aussi tarés l’un que l’autre, sourit simplement Franz avec amitié, conseillant ensuite, légèrement inquièt, — Et va plus doucement quand tu sniffes. T’es pas aux pièces non plus...

    — Ouais, c’est vrai, lui rit amicalement Kylian en continuant d’humer sa poudre blanche.

    — Tu veux qu’on en parle ? se décide soudain à proposer Franz, — je veux dire.. De ce qui t’est arrivé récemment.

    — Tu lis les journaux ? Alors j’ai rien à ajouter de plus. Ils ont tout déballé, sans exception.

    — J’ai maté quelques gros titres, sans plus.

    — Bah voilà. Tout est aussi dit dans les gros titres.

    — Je pensais que tu l’aimais vraiment. Mais j’ai dû me tromper.

    — Tu ne t’es pas trompé.

    — Alors même Kylian, l’amoureux transi et plus fidèle qu’un saint-bernard, peut fauter ? C’est dingue. Ça veut donc dire que toi aussi, tu n’es finalement qu’un homme ?

    — Arrête de te foutre de ma gueule, c’est pas drôle !

    — Je sais, excuse moi.

    — Pas grave, j’ai l’habitude avec toi, vieux débris.

    — Et avec Avril Lavigne, ça roule ?

    — T’es encore en train de te foutre de ma, de ma... de ma... gueu... 

    — Kyle ?!?

    Ce n’est que le bruit sourd de la tête de Kylian, chutant lourdement sur la table devant laquelle il est assis, qui va lui répondre.

    — KYLE, PUTAINNN ! Reprend alors Franz d’une voix plus forte et avec panique en se précipitant vers son interlocuteur pour lui attraper les épaules et le ramener en arrière alors qu’il commence à convulser en perdant peu à peu connaissance.

    Seigneur ! Il est en train de lui faire une overdose ! Le jeune métissé n’attend alors pas une seconde de plus pour appeler d’une voix forte son autre comparse : 

    IWAN ! DESCENDS TOUT DE SUITE ! J’AI BESOIN DE TOI !

     

    Pour ? Sans doute, amenez aux urgences son pire ennemi ? En rit jaune Iwan de là où il se trouve : juste en haut de l’escalier de colimaçon. Il préfèrerait mourir que d’aider à sauver ce type qu’il méprise plus que tout.

    Des bruits de pas lents lui parviennent aux oreilles. Cela ne peut être que Franz qui traîne Kylian vers l’extérieur. La porte d’entrée s’ouvre et se referme doucement. Ca y’est, ils sont partis. Certainement en direction de l’hôpital le plus proche...

    En espérant que cette overdose lui soit fatale.. Se met alors à espérer Iwan en descendant tranquillement cet escalier. Le même qu’il aurait du dévaler en courant il y’a quelques minutes.

     

     

     

    *      *

    *

     

     

     

    C’est dans une salle de réanimation que Kylian va brusquement sursauter, avant de retomber lourdement sur le lit d’hôpital où il repose maintenant.

    Son regard erre rapidement autour de lui : des hommes en blouses l’entourent, le regardent avec suspicion, marmonnent des mots qu’il a encore du mal à ouïr parfaitement.

     

    — Ça va ? Vous pouvez me dire quelque chose ? Semble lui demander l’un des types, sûrement un médecin, voir réanimateur.

    — J.. Je.. Tente-t-il alors de répondre avec difficultés, dans un gémissement à peine audible.

    — OK, il est conscient, reprend en souriant son interlocuteur, avant de faire un signe de main à l’un des infirmiers ici présents. Sans doute pour que celui-ci l’emmène dans une chambre de repos.

     

     

     

    *      *

    *

     

     

     

    Une overdose.. Merde.. Se met enfin à réaliser Kylian, après un court sommeil réparateur. Il se réveille doucement, en remarquant soudain que quelqu’un pénètre dans la pièce.

    Un infirmier.

    — Vous avez eu de la chance, lui fait celui-ci en se rapprochant, avec un sourire amical dessiné sur le visage.

    — Qui m’a emmené ici ? Cherche rapidement a s’informer Kylian en scrutant le regard du jeune homme.

    — Un homme seul a la peau basanée. Mais il n’est pas resté.

    — D’accord, merci.

     

    Kylian n’est pas étonné que son ami se soit enfui peu après l’avoir déposé aux urgences, puisqu’il n’a pas vraiment pour habitude de s’éterniser trop longtemps dans les lieux publics.

     

    — J’adore ce que vous faites. Et je me demandais si ça serait abusé que d’oser vous demander...

    — Bien sûr, acquiesce sans attendre Kylian. Un peu gêné cependant d’avoir été si vite reconnu.

    — Merci encore, sourit le jeune infirmier en lui tendant un bout de papier et un stylo pour que la jeune célébrité allemande lui signe un autographe.

    — Est-ce que... qu’il serait possible d’éviter de l’ébruiter ? Ose tout bas Kylian, en s’acquittant de sa tâche.

    — Je.. Je ne suis qu’infirmier moi. Mais je crois avoir entendu l’un des médecins demander que l’accueil contacte vos proches. Je suis désolé...

    — Génial...

    — Kylian !! appèle brusquement Claire en déboulant dans la chambre, suivie du père du concerné qui tire déjà une grimace de quinze kilomètres de long.

    — Je vais vous laisser, sourit timidement l’infirmier en sursautant de surprise, — Et merci encore pour l’autographe. 

    — Bouffon va ! Cingle immédiatement et avec violence Sacha, lorsqu’il n’y a plus que la petite famille Gutter dans la pièce.

    — Sacha, s’il te plaît, tente doucement Claire pour apaiser son époux.

    — Je suis désolé, marmonne discrètement Kylian, en priant pour que son paternel ne vienne pas lui en coller une. Il en serait capable. Pour Sacha, il n’y a pas d’âge pour prendre une claque, lorsque l’on fait « des conneries ».

    — Je te déteste Kyle ! Reprends avec colère le père outré — quand tu es comme ça, con et pitoyable, je te méprise !

    — Tu va aller dans un centre maintenant poussin, se contente d’affirmer Claire en s’asseyant sur le lit aux côtés de son rejeton, — Et ce n’est plus une demande aujourd’hui, mais un ordre.

     

    Étant aujourd’hui majeur et vacciné, le jeune chanteur pourrait se montrer borné et refuser cet ordre qui l’humilie au plus haut point. Bien sûr qu’il pourrait le refuser... Seulement, les regards désespérés de ses deux parents vont l’en empêcher en le forçant à acquiescer.

    Même s’il sait qu’il pourrait être amené, dans un futur proche, à regretter amèrement cette décision.

     

    — Ne l’ébruitez pas, s’il-vous plaît, tente t-il en conclusion, d’une voix faible, et la gorge nouée, — je vous en prie.

    — C’est trop tard, vient le blaser froidement Sacha, — il y’a déjà deux types avec des caméras, devant l’entrée de l’hôpital.

    — Mais comment ont-ils su ?? se paralyse alors d’effroi le jeune chanteur, en cherchant désespérément un moyens d’échapper aux futures critiques médiatiques.

    — Ils nous ont sans doute suivis, tente d’expliquer Claire, — mais tu pourras toujours leur mentir. Par exemple, tu as simplement fait une crise d’appendicite, un truc tout con, je sais pas...

    — Ouais.. Je dirai ça.. Hausse les épaules Kylian, finalement dépité par son manque de chance.

     

     

     

    *      *

    *

     

     

     

    Un manque de chance.. c’est effectivement ce que Kylian va pouvoir constater en chaîne dans les jours qui vont suivre.

    En effet, la rumeur du chanteur héroïnomane va faire son petit bout de chemin, beaucoup plus vite qu'il ne l’imaginait, même dans ses pires cauchemars.

     

    Tout d’abord, et dès sa sortie de l’hôpital, c’est à dire trois jours d’observations plus tard, il devra s’expliquer devant son groupe, puis devant le directeur général de leur maison de disques. Sans succès cependant, puisque celle-ci va rapidement décider d’annuler brusquement leur contrat en cours.

     

    Un coup dur.

    En effet, c’est un coup dur.

     

    Et dire qu’il n’a même pas le temps de sortir « Lemon Tree ».. Pensera-t-il rapidement, en se retenant de fondre en larmes, seul dans la salle de bain de sa chambre d’hôtel.

    Elle n’entendra jamais ce message. Ni cette souffrance. Comme ce manque, qu’elle lui fait endurer.

     

    Tout chavire et tout s’écroule.

    Et c’est sans attendre que se tourne la foule.

    Évidemment. Tous les regards vont se tourner vers ce groupe qui commençait à percer dans le pays.

    Les « Apologize ».

    Certains resteront fidèle, prétendant qu'ils ne s'intéressent qu'à la musique du groupe et non à leurs culs, tandis que d'autres hurleront que ces musiciens sont un très mauvais exemple pour la jeune générations et qu'il faut les oublier !