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    — Coucou, Kyle, fait rapidement Tania en direction du concerné, — Ca va ? Ça boum ? C’est la teuf et ça gazouille ? 

    — Ouais, impec, lui répondra à peine son interlocuteur et intrus, dans ce qui semblait être une « soirée entre amis », — Vanessa ? Je peux te parler en privé, deux minutes ?

    — Je.. Euh, je.. C’est-à-dire que je.. 

    — Vas-y Ness, intervient à nouveau le meilleure amie de celle-ci, avec un soupir qui en dit long sur sa lassitude désormais croissante, « Tu l’attendais tant ce moment, alors vas-y... »

     

    Ulrich est loin d’être idiot et c’est pour cela qu’il préfère ne pas diriger le moindre regard vers son plus grand rival. Blasé, il se contente de fixer le mur d’en face, et de temps en temps, sa voisine de droite.

    La porte d’entrée vient de se refermer. Il en déduit aussitôt que les deux anciens amants viennent de s’isoler, rien que tous les deux, a l’extérieur ; sans doute dans le hall.

    Cette probabilité le fait rapidement déglutir de rage, tout en se mordillant la lèvre inférieure.

     

    Pourrait-elle lui retomber dans les bras ? Après tout ce qu’il semble lui avoir fait ?

    Et lui ? Qu’est-il venu faire ici. Tout seul, dans l’appartement de son ex-petite amuïe ?

    S’excuser ? Se mettre à genoux devant elle ? Lui clamer un amour infini ?

     

    — Arrête de te faire du mal Ulrich, soupire Tania en haussant les épaules en direction du concerné — et quoi qu’il pourrait se passer, ça sera pas la fin du monde pour toi. Si ? À ce que je sache, Vanessa n’est pas la seule femme sur terre...

    — C’est pas du tout ce que tu crois ! Je, je...

    — Ouais, ouais. C’est pas du tout ce que je crois, évidemment !

     

    Un clin d’œil accompagne cette ironie, pour taquiner amicalement un jeune homme qui se met maintenant à rougir de gêne.

    — Mais euhhhh !!!!

     

     

     

    *

     

     

     

    — Alors ? Qu’est-ce qu’il y’a, Kyle ? S’empresse de questionner Vanessa, une fois qu’elle et le concerné se retrouvent seuls sur le pas de sa porte.

    — C’est plutôt à moi de te poser cette question, non ?

    — Pardon ?

    — Qu’est-ce qu’il y’a ? Pourquoi es-tu venue dans mon centre ? Est-ce que c’était pour moi, ou pour l’autre naze ?

    — Ce n’est pas un naze.

    — Tu ne réponds pas à ma question là !

    — Et si j’ai pas envie de te répondre ?

    — Qu’est-ce que tu allais me dire ?? Tu étais venue pour me voir, n’est-ce pas ? Et tu allais me dire quelque chose !

    — Peut-être. Mais ça n’a plus d’importance aujourd’hui.

    — Et pourquoi ça ??

    — Comment elle s’appelle ? Ta toubib.

    — Et toi ? Comment il s’appelle ? Ah, oui, Erwan, c’est vrai !!

    — Personne. Il s’appelle « personne ».

    — Vous avez rompu ?

    — Cela ne te regarde pas. 

    — Pourquoi ? Pourquoi avez-vous rompu ?

    — Recule-toi Kyle.

    — Pourquoi ? Tu as peur de ce que tu pourrais être capable de faire ?

    — Voilà, bingo. T’es pas si bête quand tu veux.

    — Pourquoi avez-vous rompu ? Pourquoi ?

    — Pour toi. Voilà, t’es content ? 

    — Idiote !

    — Merci.

    — Comme si je le méritais !

    — Recule-toi Kyle, je t’en prie...

     

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    — Et si je refuse ? Et si je me rapproche encore, te plaques contre le mur, et t’embrasses à t’en étouffer ?

    — Ça serait idiot..

    — Mais tu es idiote.

    — Comme tu n’es qu’un crétin qui a arrêté prématurément sa cure de désintox...

    — C’est ta faute ça !

    — Ah bon ?

     

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    — Comme si tu en doutais.. Finit-il par lui dégluti avec douleur, tout en lui passant délicatement les mains sur les hanches — tu es l’une des plus belles qui ne me soient jamais arrivées dans ma vie Vanessa... Et je tenais à te le dire.. Et je... je... 

    — Je t’aime Kyle. Si c’est ce que tu veux entendre, oui, je t’aime encore. 

     

     So far away - Staind ♪ & Happy Ending - Avril Lavigne 

     

      

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    — Now that we're here...It's so far way...

    — Je t’aime Kylian...

    — All the mistakes... Our life contained..

    — Dis-moi juste que tu m’aimes, et oublions tout... Je suis si lasse....

    — Je t’aime Vanessa. Je n’ai jamais cessé de t’aimer.

    — Alors, embrasse-moi...

     

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    — Non.

    — P.. Pourquoi.. ?

    — Parce que je ne suis pas venu pour ça. Mais juste pour... 

    — Pour ?

    — M’excuser... M’assurer que tu ne me détestes pas...

    — Je ne comprends pas...

    — Tu es une femme tellement exceptionnelle.. Tu.. Tu mérites tellement mieux que ce que je ne pourrais jamais t’offrir..

    — Arrête. À quoi est-ce que tu joues là ? Si tu me sors les violons pour me faire comprendre que tu as rencontré quelqu’un d’autre dont tu es maintenant amoureux...

    — Idiote !! Je ne suis pas amoureux de Nicky ! Et je ne l’aimerai jamais aussi fort que toi ! Et tu le sais ! Parce que toi, c’est toi ! Mais je ne saurai jamais te rendre heureuse ! Jamais... Je t'aime tellement, mais tu mérites le meilleur... Et je suis le pire...

    — Alors pourquoi es-tu venu ici ?? Pourquoi ??

    — J’en sais rien ! Voilà ! T’es contente ??

    — Non !!

    — Je te l’ai dit.. J’avais peur que tu me détestes...

    — C’est juste ça ton problème en fait ? Tu ne veux pas que je te méprise. Mais tu ne veux pas être avec moi ? D’accord !!

    — Mais il s’est passé tellement de choses... 

    — Une page que l’on peut tourner ! Une page que je suis prête à tourner ! Parce que je t’aime !! Because you were everything, everything, that i wanted !! 

    — These are my words..That i never said before... 

    — Don't leave me hangin'... In a city so dead... 

    — I think i doing ok.. Et pour toi.. My love... Pour toi, je serai toujours là... My true love... 

    — It's nice to know that you were here..Thanks for acting like you care.. And making me feel like i was the only one..

     

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    — I'm so affraid of waking..

    — You are everything, everything, that i wanted!! 

     

     

     

    *

     

     

     

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    — Ness ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Surgit enfin une Tania, alertée par de longs pleurs de désespoir — où est le mongole ? 

    — Parti. Parti ! Il est parti !! l’informe trois fois d’affilée une interlocutrice au visage déjà ravagé par les larmes.

    — Calme-toi Ness, je t’en prie, calme toi...

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