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    Elle s’appelle Lee. Elle est blonde comme les blés, avec des yeux d’un bleu aussi ensorcelant que captivant. Elle a les cheveux mi-longs et délicatement ondulés. Elle était ma petite princesse, mon trésor, mon ange à moi, et rien qu’à moi.

    On s’est rencontrés sur les bancs de la fac et on est très vite tombés amoureux. Un coup de foudre presque immédiat. Des centres d’intérêt commun, des goûts similaires. Le même humour... 

    Alors on a pas traîné et on s’est mariés dès la fin de nos études respectives.

    Quelques mois de grand bonheur, jusqu’à ce que l’on me propose de passer professionnel et que j’accepte.

    Là, ce fut vraiment le début de la fin. 

    Elle devenait folle de me voir revenir si souvent ensanglanté.

    Un jour, elle a même tenté de me supplier d’abandonner. Que je pourrai commencer une formation quelconque, pour trouver un métier sain. Un métier de « monsieur Tout-le-Monde ». Un métier d’homme à marier. De père de famille.

    Oui, elle était enceinte à ce moment-là. De jumeaux.

    Et moi, je crois bien que j’étais le pire égoïste que la terre ait jamais porté.

    La boxe. La boxe était ma vie et je ne me réveillais le matin que pour cogner. Il m’était impensable d’abandonner mon rêve. Ce pour quoi je m’étais toujours battu.

    Alors je l’ai envoyée se faire voir. Gentiment bien sûr.

    Au début, elle l’a bien pris, voulant sans doute préserver notre couple par tous les moyens possibles.

    Puis nos bouts de choux sont venus au monde. Deux adorables faux jumeaux. Les amours de ma vie. J’étais absent lors de l’accouchement. Un tournoi. Il m’était impossible de me dérober. Même pour un événement pareil. Mais je ne me faisais pas de soucis. Elle ne m’en tiendrait pas rigueur. Elle comprendrait. Et puis, je saurai me faire pardonner. Non, vraiment, je n’avais pas à m’inquiéter. Ma femme était compréhensive... Et plus j’essayais de trouver les mots pour justifier mon absence, plus les coups de mon adversaire fusaient. J’étais sur le ring, mais totalement ailleurs. Plus un boxeur, pas vraiment un père accompli. Ni un mari exemplaire. Un minable en quelque sorte.

    Ce combat-là, je l’ai perdu. Plusieurs côtes cassées et quelques nuits à l’hôpital sont venues s’ajouter fourbement à mon addition, déjà bien cruellement salée.

    Lee était là. À mon chevet. Chambre 313. Elle pleurait. Me cognait sur la poitrine que je n’étais qu’un tocard. Que j’aurai pu y laisser la vie. Le jour de la naissance de nos enfants. Qu’elle me méprisait pour ça. Que si je n’abandonnais pas définitivement la boxe, elle me quitterait. Que désormais, c’était elle ou ma passion. Et qu’elle se fichait de mon avis et de mes opinions.

    Alors en réponse, et pour une nouvelle fois, je l’ai à nouveau envoyée se faire voir. Que la boxe était ma vie et qu’elle n’y changerait jamais rien. Qu’elle savait où se trouvait la porte si elle n’était pas satisfaite de mon rôle d’époux et père.

    Et a ma grande surprise, elle m’a obéit. D’un pas lent, elle est ressortie de ma chambre pour s’en aller, en me laissant seul avec mon égoïsme.

    Dès le lendemain, elle m’a demandé le divorce et a entamé la procédure. Toute seule. Comme une grande. Tandis que moi je la regardais agir sans vraiment m’inquiéter. Tout cela ne pouvait être réfléchi et elle le regretterait bien vite. J’en étais plus que persuadé.

    Pourtant, une semaine plus tard, elle avait déjà déménagé de notre maison et son doigt n’affichait plus son alliance. Les papiers avaient été remplis, signés, et totalement approuvés. Oui, même pas moi. Je te l’ai dis, a l’époque j’étais plus fièr et égoïste que n’importe quel connard de cette planète. À mes yeux, j’étais unique, et elle allait vite s’en souvenir, en revenant ramper devant ma porte.

    Risible, n’est-ce pas ?

    Mais attend, le meilleur reste a venir.

    Environ un mois plus tard, elle a commencé à fréquenter quelqu’un d’autre.

    Un collègue. Un ami. Un vautour qui lui rôdait autour depuis bien longtemps. Un bouffon qui savait prendre soin de mes enfants encore mieux que moi même. Oui, parce que leur garde a été confiée à leur mère, évidemment. Comme si les juges pouvaient hésiter dix secondes entre une commerciale et un boxeur professionnel...

    Bref. Je n’étais plus maître de rien et toute ma vie me filait entre les doigts. Même sur le ring, je j’arrivais plus a rien. J’enchainais les défaites. Ma fierté laissant peu à peu la place a un profond défaitisme, qui m’a rapidement fait sombrer dans l’alcool. Quelques mois plus tard, je n’étais plus qu’une épave vivante, tandis que mon ex-femme coulait des jours heureux, dans une jolie maison de campagne, avec un homme qui lui apportait tout ce dont elle avait toujours manqué à mes côtés.

    À cette descente aux enfers, est ensuite venue s’ajouter la décision de mon club, qui allait terminer de m’assassiner. J’étais renvoyé. Les sponsors en avaient plus qu’assez de payer pour n’assister qu’a des défaites et plus personne ne croyait en moi. Je n’étais plus rien. Qu’un pauvre alcoolique digne d’un clodo errant.

    Fini les beaux jours. Fini la fierté de s’annoncer en tant que boxeur professionnel.

    Fini. Fini. Fini. J’étais fini.

     

    — Et c’est là que tu as décidé d’entrer ici ? Au centre ?

    — C’est mon meilleur ami qui me l’a conseillé, oui. Que je n’avais plus d’autres solutions. Parce que je ne saurai pas m’en sortir seul. L’alcool étant devenu un recours quotidien, je ne pouvais espérer une cure en solitaire. J’avais besoin d’aide. D’entourage.

    — Je comprends.. Mais aujourd’hui, tu ne bois plus du tout, n’est-ce pas ?

    — Depuis un moment, oui. Et cela ne me manque pas du tout.

    — Tu ressembles à Jeyne en fait. Tu as peur de sortir d’ici pour te retrouver seul dehors. Tu as peur de la revoir vivre heureuse avec l’autre, qui élève tes gosses.

    — Je ne savais pas pour Jeyne, mais oui.. En gros, tu as bien résumé mes craintes.

    — Il y’a des choses qui font mal, mais que l’on ne saura jamais changer. On est comme on est Jakob. Parfois cons, parfois misérables, voire encore pitoyables... Mais malgré tout, rien n’est jamais tracé à l’avance et le soleil peut briller encore. Je pense qu’il suffit d’y croire... Et puis toi, tu restes un excellent boxeur, tu n’as fait que t’entrainer ici alors tu as pas du perdre grand-chose de tes capacités. Il te suffira de te trouver un autre club, et...

    — Tu as raison Kyle. Je sais que tu as raison... Seulement, je pense que j’essayais surtout de me détruire pour tenter de me punir, le plus sévèrement possible, de la facilité avec laquelle j’ai ruiné mon couple. Ma famille...

    — Je crois que tu t’es assez puni aujourd’hui et que tu peux désormais avoir le droit de te relever. La tête haute...

    — Tourner la page.. Oublier.. Redevenir quelqu’un.. Mais un homme, ou un boxeur ?

    — Pourquoi vis-tu ? Pourquoi te lèves-tu tous les matins ?

    — Pour boxer !!

    — Alors tu viens de répondre toi-même à ta question.

    — Je t’adore gamin. Si seulement mon fils pouvait être aussi con et génial que toi plus tard, je serais un père comblé !

    — Con toi-même ! Gorille ! 

    — Ton ex était sûrement venue te voir aujourd’hui pour essayer de sauver quelque chose Kylian. Alors s’il te plaît, écoute là toi et évite d’être aussi con que je l’ai été, moi, par le passé.

    — J’avais l’intention d’écourter mon séjour pour aller lui parler, justement. Mettre les choses au point et réfléchir a l’avenir.

    — Tu vas sortir ? Quand ça ?

    — Demain, ou après-demain.

    — C’est pas sérieux ça Kyle. Tu étais cocaïnomane je te rappelés.

    — Et c’est pas ce centre qui me fera arrêter. Tout est dans la tête Jakob et j’ai déjà pris ma décision. Je ne toucherai plus à la drogue. C’est décidé.

    — Tout n’est pas que dans la tête Kyle.

    — Je ferai des efforts et je ne rechuterai pas.

    — OK, dans ce cas je sors aussi. Avec toi.

    — Gné ?

    — Pour te coller des beignes si tu oses retoucher à tes merdes.

    — Sérieux ?? Tu sortirais d’ici, toi ? Enfin ??

    — Ouais.

    Parce que je crois bien que j’ai finalement besoin de jouer mon rôle du père.

     

    — Coucouuu, salue joyeusement une rouquine en pénétrant dans la salle, pour faire brusquement sursauter les deux amis du canapé — qu’est-ce que vous faites ?

    — Bah là, rien, on papote, l’informe tranquillement Kylian en s’enfonçant un peu plus dans son dossier, — mais tu peux te joindre a nous si ça te dis.

    — Je suis désolée pour hier Kylian... s’excuse sans attendre la jeune fille, avant d’aller s’asseoir entre les deux hommes.

    — Y’a pas de soucis.

    — Si. Y’en a un. Intervient brutalement Jakob pour accuser avec sévérité la demoiselle qu’il a toujours jugé des plus impolies — Matthias. Matthias est ton problème Jeyne. 

    — Arrête king-kong, tu vois pas que tu la gênes ? Se dépêche de défendre Kylian.

    — Depuis quand est-ce que tu t’intéresses à moi, toi ? Fait mine d’ironiser la jeune fille en direction de son voisin gauche, tout en se rapprochant discrètement de celui de droite.

    — Tu devrais lui dire Kyle. Pour ce que tu as l’intention de faire, demain, ou après-demain, reprend alors Jakob à destination du concerné qui se gratte maintenant la tête de gêne,

    — Ah, ouais... hmmm..

    — De quoi, demain, ou après-demain ? s’inquiète rapidement Jeyne.

    — Bah j’ai décidé de sortir d’ici. Voilà.

    — Co.. Comment ? Déjà ?

    — Bah ouais, j’ai des trucs a faire a l’extérieur, et.. Bah.. Voilà quoi!

    — Je veux venir avec toi !!! ne peut-elle s’empêcher de lui lancer dans un sursaut de panique, a l’idée de se retrouver de nouveau seule ici, sans vrai allié.

    — Tu perds ton temps petite, viens lui asséner Jakob avec cruauté — car il est déjà fiancé, il me semble. Fiancé et amoureux. Et s’il veut sortir, c’est pour elle.

    — Mais tu dis de la merde toi !! rougit aussitôt la rouquine en se mordillant les lèvres de rage : Dieu que ce type l’énerve ! — C’est juste qu’il m’avait promis, que.. Que...

    — Exact, et la proposition tient toujours, confirme amicalement Kylian en haussant les épaules — si tu veux sortir et as besoin de quelqu’un dehors, je suis là pour t’aider. Y’a pas de soucis.

    — Tu es trop bon, Idefix. Ça te perdra, soupire Jakob en levant un sourcil lorsqu’il constate que la jeune fille a joyeusement sauté au cou du concerné.

    — Comment tu m’as appelé ?? Fait mine de se choquer Kylian en se dépêtrant de l’emprise de la pieuvre rousse, — répète pour voir ??

    — Quoi ? Idefix ?

    — Tu me traites de clébard !!

    — Un tout petit chien, tout gentil, affectueux et docile !

    — J’vais t’m’massacrer face de gorille !! Avant de te pendre avec tes boyaux !! Non, mais j’y crois paaaas !

    — Je t’aurai bien appelé « Lassie, chien fidèle », mais il faut avouer qu’Idefix, ça te va mieux ! Kykychou, la petite peluche qui tient dans la poche !

     

     

     

    *

     

     

     

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    Une folie d’écourter cette cure de désintoxication ? C’est évidemment ce que va rappeler Nikole à son patient préféré, lorsqu’il va se décider à la mettre au parfum, quelques heures plus tard.

    — Je peux le faire Nicky. Fais-moi confiance, va-t-il tenter de la convaincre, en esquissant son sourire le plus enjôleur. 

    — Tu ne peux pas Kyle. Car ce n’est pas qu’une question de volonté.

    — Sisi, tout est question de volonté. Car quand on veut, on peut. Et aujourd’hui je suis certain de le vouloir.

    — C’est Jeyne qui t’a mis ces idées dans la tête, parce qu’elle rêve que de s’enfuir d’ici avec son chevalier servant, n’est-ce pas ?

    — C’est ta jalousie qui parle là, et plus ton métier.

    — Peut-être, mais y’a de quoi, non ? Le coup du « je n’ai plus rien, merci de me prendre a tes côtés le temps que je me refasse », c’est pas un peu gros ?

    — Tu la connais aussi bien que moi Jeyne, voir mieux, puisque c’est ta patiente. Alors tu sais donc qu’en effet, elle n’a rien ni personne, à l’extérieur. 

    — Qu’est-ce que tu veux faire « à l’extérieur », qui ne peut pas attendre le temps d’une cure ? La revoir, n’est-ce pas ? Ait au moins l’honnêteté de me l’avouer...

    — On a déjà eu cette discussion Nicky, et je t’ai déjà dit que je n’étais pas ton ex. Alors pourquoi est-ce que tu persistes ? 

    — P.. Parce que je tiens à toi...

    — Hey, mais moi aussi je tiens a toi Nicky ! Et c’est pour ça que tu peux me faire confiance.

    — Un appart à trois, Jakob, toi et Jeyne... Rien que de l’imaginer, j’en ai la chair de poule...

    — Et bien t’auras qu’a venir à l’appart tous les jours après ton service, comme ça tu verras que je ne fais rien avec ta sois-disante rivale ! Et puis comme ça je te présenterai mes potes.

    — Ton groupe, tu veux dire ?

    — Voilà. Rien que de penser a eux, je suis déjà impatient !!

    — Ta cure aura même pas duré un mois... Le directeur va halluciner..

    — Mais ce court laps de temps aura été suffisant pour que je fasse la connaissance de la plus jolie et sexy des psychiatres !

     

     

     

    *

     

     

      

    — Tiens, coucou toi, s’étonne en saluant Kylian, lorsqu’il aperçoit la une amie rousse pénétrer dans sa chambre à l’improviste, — quand y’a d’la gêne, y’a pas d’plaisir !

     

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    — Qu’est-ce que tu faisais ? lui sourit-elle rapidement en lui sautant dessus pour s’agripper a son cou, de la même manière qu’elle l’avait déjà fait il y’a quelques heures dans la salle de sport.

    — Je faisais mon sac pour demain, avant d’aller voir le directeur. Et toi ? Tente poliment Kylian, cependant un peu gêné par toutes ces soudaines démonstrations d’affection.

    — Je ne veux pas rester toute seule.. Jusqu’à ce qu’on soit partis au moins... Alors s’il te plaît, laisse-moi rester près de toi. Tout le temps. S’il te plaît... 

    — C’est de Matthias que tu as peur comme ça ? Cherche alors à s’informer Kylian, en essayant, en vain, de la faire reculer de son cou où elle s’est maintenant blottie.

    — Je crains sa réaction, oui. J’ai l’impression de le trahir, et..

    — Le trahir, parce que tu sors d’ici ?

    — Je sais que ça paraît insensé, et tu ne comprendrais pas..

    — En effet, je ne comprends pas votre amitié ! Mais si c’est important pour toi, tu peux me coller jusqu’à ce qu’on parte, y’a pas de soucis ! Par contre, si tu pouvais éviter de t’agripper à moi comme ça.. Parce que je vais vraiment finir par avoir des problèmes avec Nicky à force ! 

    — Oui, excuse-moi, ne peut-elle s’empêcher de lui sourire affectueusement, en se reculant à contrecœur.

    — Je fais mon sac et je t’accompagne ensuite pour que tu fasses le tien, d’accord ? Puis on ira rejoindre Jakob, avant d’aller dans le bureau du directeur. Ça roule ?

    — Oui ! lui fait-elle à nouveau avec un sourire qu’elle n’avait plus esquissé depuis longtemps.

     

     

     

    *      *

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     Jakob Eiche.

    Pour être honnête, je suis surpris, mais à la fois heureux de votre décision. Un patient exemplaire, sage, calme et discipliné. Des comme vous, j’en redemande.

    En espérant que vous sachiez vous relever désormais. Vraiment. Vous le méritez. Et je vous en crois capable. Car vous êtes tout, sauf faible.

    — Merci encore pour tout monsieur le directeur. Et bonne continuation.

    — Au revoir Jakob. Bonne chance. Et surtout, ne lâchez jamais prise.

      

     

     

    *       *

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    — Jeyne Bauer.

    Tiens donc... Si je m’y attendais. Que vous partiriez dans un lot promo. Trois pour le prix de deux ! Mais je ne vais pas me plaindre. Mais plutôt, pour la énième fois depuis ces nombreux mois, vous encourager. Dans cette nouvelle décision, comme dans les passées. Souvenez-vous. Celles d’arrêter de boire. Celles que vous n’avez fait que promettre, sur tous les tons et de toutes les manières.

    — Je suis désolée, monsieur le directeur... Pour tout.

    — Mais vous n’avez pas à l’être Jeyne. C’est plutôt à moi de vous présenter mes excuses. Pour vous voir repartir, dans le même état que vous étiez à votre arrivée ici.

    — Merci quand même, pour tout...

    — Au revoir Jeyne. Et surtout, bon courage.

      

     

     

    *      *

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    — Kylian Gutter !

    Vous féliciter et taper dans mes mains serait ironique, bien que je sois un grand fan de votre musique. Oui, parce que vous comme moi, savez très bien que vous n’avez été ici que dans un club de vacances, sans réelles intentions de vous en sortir, n’est-ce pas ?

    — Vous vous trompez, monsieur le directeur. Car j’ai beaucoup évolué dans votre centre, et..

    — Et vous avez trouvé l’amour, et vous vous sentez maintenant plus fort que jamais, et gnagnagna, et gnagnagna. Je vous en prie jeune homme, épargnez-moi vos discours idéalistes. Car vous savez très bien que n’avez nul besoin d’argumenter une quelconque théorie foireuse pour vous en aller. Vous n’êtes pas ici en prison et il n’y a personne pour vous dicter votre conduite. Vous avez fait une demande d’admission dans mon centre, parce que vous étiez cocaïnomane, et vous ressortez quelques semaines plus tard, en sachant très bien que vous serez de nouveau cocaïnomane à la sortie. Vous seriez mon fils, je pourrais fondre en larmes à l’idée de vous perdre, dans un futur proche ou lointain. Mais vous ne l’êtes pas. Alors je peux juste avoir une pensée pour vos proches, qui ne pourront qu’être déçus de votre décision.

    — Je ne sais pas quoi vous dire, monsieur le directeur..

    — Alors, ne dites rien. Et sortez fièrement. En essayant de ne pas faillir. Vous m’avez affirmé que vous saurez vous en sortir seul désormais ? Soit. Prouvez-le-moi alors. En m’envoyant une carte dans dix ans, avec écrit dessus que vous êtes désormais marié, père de famille, et n’avez plus touché a la drogue depuis de nombreuses années.

    — Je prends note, monsieur le directeur.

    — Et moi aussi.

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