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    Il s’avance ensuite vers Caroline.

    Il va la prendre dans ses bras, comme ce matin, pense immédiatement la concernée en lui souriant. 

     

    Mais a sa grande surprise, au lieu de l’enlacer, il l’attrape vivement et la pousse hors de la cuisine, l’air apparemment furieux ; 

    — Tu me fais honte. Vas t’habiller et plus vite que ça. Si tu es venue pour faire ta belle, tu peux repartir immédiatement. Tu auras Aaron pour faire le bébé avec toi. Après tout, tu es peut-être bonne qu’à ça.

     

    Quoi.. Quoi ? Quel choc... La jeune fille n’en revient pas !!

    Mais ce n’est pas le moment de répliquer pour se défendre, l’heure tourne ; et Seto les attend dehors…

     

    Impassible, elle part donc ouvrir la grande armoire pour en tirer sa nouvelle tenue de sport fraichement achetée la veille lors d’une nuit des plus romantiques… Des larmes voudraient couler, pour accompagner les saignements de son cœur et sa honte qui grandit au fil des secondes, mais elle les retient et part s’enfermer dans la salle de bain pour enfiler rapidement son top et son bermuda…

     

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    Peu après, tous les soldats ont regagné leurs entraînements respectifs… 

     Alors que Caroline se préparait à rejoindre un sac de sable, comme elle l’a fait la veille, Seto l’interpelle ;

     

     — Hep fillette. Pas de sac pour toi pour le moment, tu vas venir te battre avec moi.

     — Que… Que.. Moi ? Avec vous ? Bafouille l’adolescente.

     — Je n’aime pas qu’on discute mes ordres, tu sais. Précise Seto en arrivant vers elle.

     — E.. Excusez-moi…

     — Allez, essaie de me frapper. Ordonne le chef des soldats.

     — M...Mais je… Co.. Comment ? bégaie la jeune fille un peu perdue.

     

    Il faut dire qu’elle ne s’est jamais battue jusqu’à aujourd’hui… 

     

     

    Musique, Deine welt, E.nomine

     

     

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    — COMME ÇA !! Hurle Seto en envoyant violemment valser la jeune fille en arrière, par un rapide coup de pied.

     

    Les autres soldats tournent rapidement la tête, surpris.

    Ils ne s’attendaient pas à ce que leur chef se batte avec elle.

    Ce n’est qu’une fille… !

     

    Mais une fille qui a voulu être soldate.

    Pas de raison qu’elle ait de traitement de faveur, après tout. Pensent-ils ensuite.

     

    — Debout ! Poursuit Seto, en préparant un nouveau coup.

     

    L’adolescente est sonnée et ne sait pas vraiment comment riposter : Seto n’est pas vraiment un sac de sable lui…

     

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    Caroline se relève donc péniblement, hésitant un peu.

    Et c’est au moment où elle relève la tête, pour regarder Seto droit dans les yeux, qu’elle voit un nouveau coup de pied la renvoyer mordre la poussière dans un bruit sourd.

     

    — C’est ça la « meilleure » de la caserne ?? se moque Seto. Tu me fais pitié !! Allez debout, montre-moi que tu n’es pas une larve, où tu dégages d’ici dès ce soir !

     

    Profondément vexée, la jeune fille se relève, serre les poings, et réfléchit rapidement.

     

    Comment ?

     

    Un coup de poing ? Elle n’a pas assez de force pour, il l’arrêterait sans problèmes… Un coup de pied ? Elle n’a pas cette agilité… 

     Et si elle lui fonce dessus pour le mordre ? Ou alors elle peut se jeter sur lui, se servant de tout son poids, pour le déséquilibrer…

     

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    — Tu as la haine, et c’est réciproque ! Alors viens et éclate-moi, ou c’est moi qui vais le faire, jusqu’à ce sur tu repartes en chialant sur ta planète de larves. Souffles Seto.

     

     En réponse immédiate, Caroline tente le tout pour le coup, elle lance maladroitement sa jambe vers son adversaire pour tenter de lui asséner un coup de pied qui fera peut-être mouche..

     

    Et oui !

     

    Ce coup semble en effet faire mouche : il surprend le jeune chef de caserne. 

    Mais l’habitué des combats qu’il est ne peut se laisser toucher par ce misérable coup de pied : d’un coup, il attrape au vol la cheville de l’adolescente et s’en sert pour la lancer à quelques mètres, comme un vieux sac.

     

    — Pas mal fillette, mais c’est encore faible. 

    Taquine-t-il pour l’encourager, alors qu’elle se relève déjà pour lui foncer dessus à nouveau.

     

    Mais cette fois, la pauvre Caroline n’a pas le temps d’asséner un ridicule coup de pied, son adversaire a été plus rapide : c’est elle qui retourne s’éclater contre le mur de la caserne, derrière elle.

     

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    Encore une fois, elle est au tapis… Elle en cogne le sol de rage…

     

    — Retourne sur ton sac, ça suffit pour aujourd’hui. Dit calmement Seto, les bras croisés.

     

    Elle est vraiment naze et faible, mais elle en a dans le bide. C’est tout ce qu’il voulait voir pour la garder dans sa caserne.

     

    — Chef !! Elle n’a rien à foutre là cette traînée !! La caserne ce n’est pas une garderie !! Piaille Ryo.

     

    Ses prouesses pitoyables vont servir a l’évincer, c’est parfait… Jubile t-il.

     

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    — Tu te crois ou pour faire la causette, toi ? Qui t’as sonné ? S’agace Seto. Occupe-toi de ton sac de sable et lâche la grappe à tes compagnons, tu seras gentil. Merci.

     

    Quoi ?!

    Même leur chef s’est prit d’affection pour cette petite traînée..

    Pense Ryo plus furieux que jamais.

     

    En silence, l’adolescente se relève et se traîne jusqu’au seul sac libre…

     

    Maintenant qu’elle fait le même entraînement que les autres soldats, Seto devrait la quitter du regard…

     Pourtant, il n’y arrive pas, car il vient de découvrir quelque chose…

     

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    Des larmes… À chaque nouveau coup de poing, une nouvelle larme…

     

    Une tristesse infinie dans les yeux…

     

    Il ne comprend pas. Est-ce la faute de ce sale roux infecte ? Peut-être.

    Et puis après tout, ce ne sont pas ses oignons, il n’a pas à s’en mêler…

    Mais il a tout de même un pincement au cœur en voyant ces deux yeux verts pleurer ainsi… 

     

    Oui, le sale roux infecte… C’est bel et bien la cause de ces larmes.

    Mais pas seulement…

     

    L’adolescente a surtout la sensation de ne pas avoir sa place, ici.

     

    Qu’elle ne symbolise rien aux yeux des autres soldats, elle s’en fiche…

     

    Mais que lui se désintéresse totalement de son sort..

    C’est plus douloureux et difficile à supporter. 

     

    Qu’est-ce qu’elle fait là décidément ?

     

    C’est la première fois qu’elle se le demande réellement…

    Et qu’elle souhaiterait avoir Aaron a ses côtés.. 

    Il lui manque tant… Lui qui n’est pas là pour la prendre dans ses bras et lui murmurer que tout va bien..

     

    ..Aaron…

     

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    — Tu veux faire une pause ? demande doucement Seto en se rapprochant de la jeune fille.

     — Hein ? s’étonne rapidement celle-ci.

     

    Oh non !! Voilà que leur chef la prend en pitié désormais… Sa honte est complète…

     De nouvelles larmes se mettent désormais à couler…

     

    — Va te passer un coup d’eau sur le visage.. chuchote Seto.

    — Tout.. Tout va bien !! J’ai juste une poussière dans l’œil.. Murmure-t-elle à son tour, pour ne pas que les autres l’entendent.

    — Il n’y a pas de honte à pleurer, poursuit-il tout bas. Je te laisse cinq minutes, va te rafraichir le visage, ça ira mieux après.

     

    Étonnée et mise en confiance par cette soudaine gentillesse, la jeune fille se tourne vers son chef et essuie ses larmes d’un revers de main, en lui chuchotant, avec un faible sourire..

    — Ça va, c’est fini ! J’ai enlevé la poussière !

     

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    — J’espère que la douleur est partie avec la poussière alors, murmure-t-il en souriant.

    — Vous êtes gentil au fond ! Sous votre air dur et cruel… chuchote l’adolescente, enfin apaisée : elle a enfin trouvé quelqu’un qui a un cœur ici… 

     

      Seto se gratte la tête : il semble gêné.

     

    —  Allez frappe ton sac ! Et plus vite que ça !!! se reprend-il rapidement, avant que les autres soldats le remarquent en train de s’occuper personnellement de cette gamine…

     

     Caroline lui sourit et se tourne vers son punching-ball. 

     Tout le monde n’est pas méprisable sur Eternia apparemment, et ce constat lui remonte, un peu, le moral. 

     

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    À quelques mètres, Maxime n’a pas perdu une miette de cette charmante scène et il est assez surprit de voir avec quelle sollicitude ce cher Seto se préoccupe du bien-être de sa petite amie....

     

    — Heeey !! Lance Naruto pour rappeler à son adversaire qu’ils doivent s’entraîner en duo, alors que ça fait cinq minutes que celui-ci lui tourne le dos en l’ignorant !

     — Minute, minute… Soupire Maxime en se revenant vers cet écervelé…  


     

     

     

     

     

     

     ~ Vidéo OOC ~ I Wish I had an Angel ~

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