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    Eternia, la grande et fameuse Eternia. Sans doute la planète la plus enviée et convoitée de toute la galaxie. Et pour cause, elle est clairement la plus belle et prospère.

    Et ce malgré son passé difficile.

    Difficile parce que la belle Eternia a souvent été remuée par de violentes batailles...

    Attaquée par un démon millénaire, elle a survécu.

    Perturbée par un conflit de succession, elle a survécu.

    Eternia a sans doute connu les pires bains de sang, mais elle s’est toujours relevée, trouvant à chaque fois, de nouveaux souverains forts et ambitieux, pour lui redonner éclat et prestige.

    Oui Eternia fait des envieux.

    Oui Eternia est belle.

    Oui Eternia est la fierté de tous les Eterniens.

    Oui, ceux-ci ont tendance à devenir de plus en plus chauvins avec le temps.. Mais cela est compréhensible, lorsque l’ont vit dans une planète admirée de tous, ont est forcément fier de ce que l'on a, de son peuple.

    Aaron Daemon, le souverain bien-aimé de cette planète, est ainsi, fier de sa planète et de son peuple.

    Bien-aimé parce que ce roi est bon.

    Oui, il égale bien son défunt père, Hikague Daemon, en grandeur d’âme.

    Son frère ? L’ancien souverain Maxime Daemon ? Une raclure assassinée par son propre fils. Tous les Eterniens le haïssent et bénissent cet enfant de six ans qui a su porter le coup de grâce à ce monstre...

    Cet enfant... Ce petit bout de chou. À six ans, il a su voir et comprendre l’horreur qu’était son paternel. Mais cela n’était pas difficile à comprendre, car cet homme était une ignominie vivante.. Beaucoup d’Eterniens se demandent encore comment un homme aussi merveilleux qu’Hikague Daemon avait pu donner vie à un être aussi méprisable...

    Mais aujourd’hui, cela fait quatorze ans que la haine et la rancœur ont été mises de côté ; on ne pense plus à Maxime Daemon.

    On ne veut plus se souvenir de celui qui a failli faire sombrer la belle Eternia.

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    Sur les hauteurs de la capitale d’Eternia, Stehn, une maison des plus coquettes semble trôner fièrement ; celle du souverain et de sa famille.

    Une maison coquette, tout simplement. Aaron Daemon est un homme simple ; il ne voulait pas de palais, mais seulement un nid douillet pour sa famille. Une demeure qui reflète la simplicité que son âme. 

    Entre ces murs, une jeune fille à la chevelure rouge apparaît soudain entourée d'une aura bleutée et lumineuse. La téléportation Eternienne. Tous apprennent, dès leur plus jeune âge, à la maîtriser. Et cela leur est bien pratique, dans la vie de tous les jours !

    La demoiselle marche rapidement ; elle a l’air de savoir où elle va. 

    C’est une habituée des lieux et elle n’a pas besoin de sonner avant de pénétrer dans le hall ; tout le monde la connait, ici. 

    Arrivée devant la porte d'une certaine chambre, elle prend tout de même la peine de toquer, par politesse. 

    La pièce semble vide ; dans le cas contraire, elle aurait entendu la voix de l’un des deux princes.

    Ce n’est pas grave, il ne doit pas être loin, celui qu'elle a hâte de retrouver. Soit au rez-de-chaussée, soit à la plaine. 

    Elle le connait par cœur.

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    Quelques pas plus tard, elle arrive dans le salon pour le trouver là, apparemment avachi sur le canapé de la pièce ; sans doute en train de regarder d’un œil une série télévisée. 

    Immédiatement, elle sourit et s’adresse à lui d’un air taquin ;

    — Hey toi ! Tu as pas oublié quelque chose aujourd’hui ?

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    — Hein ? Marmonne l’interpellé en ouvrant un œil pour constater l’invitée surprise, — oh coucou ma puce, ça va ?

    — Non, ça ne va pas, rit la jeune fille en faisant semblant d’être profondément vexée, — tu devais me rejoindre après mon cours de théâtre ! Tu m’as oubliée !

    — Merde ! En effet, j’ai complètement zappé, laisse honteusement échapper l’adolescent en se rasseyant correctement sur le canapé, — je te jure que je vais finir par l’imprégner un jour ton fichu cours de théâtre !

    — Jun ? Semble s’étonner la jeune fille en se rapprochant, — tu es allé t’entrainer à la plaine avec Arkan, c’est ça ?

    — Non, pourquoi ?

    — Ah, on dirait pourtant... Tu as l’air épuisé.

    — Baaaah, pouffe Jun en s’extirpant de son canapé pour la rejoindre, — y’avais « Mon incroyable fiancé » qui passait alors tu comprends que je me sois assoupit...

    — T’en as l’air d’un incroyable fiancé toi tiens, lui sourit-elle affectueusement.

    Et pour cause, il est son petit ami depuis maintenant huit mois. 

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    — Moiii ? Incroyable ? Se gonfle-t-il de fierté, en l’attrapant vivement, les yeux pleins de malice.

    — Oui, oui, lui répond-elle en étouffant un petit rire — il faut être incroyable pour oublier sa chérie et rentrer pépère chez soi, hein !!

    Il lui tire la langue avec un petit air gêné, en riant ; — Mais Euhhhhh... !! 

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    .. Avant de fondre sur ses lèvres, pour un baiser des plus passionnés.

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    Ses doigts, ses lèvres, dieu qu’elle en est friande.

    Huit mois de couple, huit mois de bonheur.

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    Elle est folle de lui et il est tout ce qu’elle a toujours espéré et attendu. Car ce jeune homme est à ses yeux ce qu'on peut qualifier d'idéal masculin, aussi bien physiquement que moralement.

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    — Tu t'embellis chaque jour un peu plus... Lui susurre-t-il tout bas, après une longue série de baisers.

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    — Je te renvoies le compliment.

    — Juuuuuuuuuuun !! appelle soudain une voix que le concerné connait bien : Anne, la femme de son oncle Aaron. 

    — Ouiii ? Se dépêche de répondre le concerné en gardant sa dulcinée au chaud dans ses bras.

    — Tu peux lâcher Evaï* deux minutes et aller me chercher Arkan s’il te plaît ? Poursuis Anne, de la cuisine où elle est occupée à confectionner des cupcakes.

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    Ensemble, les deux amoureux se retournent vers la provenance de la voix, Evaï adossée sensuellement contre son adorable petit ami.

    — Il doit être à la plaine, répond Jun à sa belle-mère.

    Arkan est toujours à la plaine après les cours ; une trentaine de kilomètres de terrain vierge. L’endroit rêvé pour s’entrainer. 

    — Justement Jun, justement ! Reprend Anne en rejoignant les adolescents dans le salon, avant de poursuivre — j’ai pas envie qu’il reste là-bas jusqu’à ce soir, sinon après il sera trop crevé pour faire ses devoirs ! Alors s’il te plaît, va me le chercher et tu seras un amour !

    — Quand on parle du loup, on en voit la queue, rit Evaï en remarquant qu’une présence vient de se téléporter tout près... — C’est pas l’énergie d’Arkan qu'on ressent, ça?

    — Sisi, sourit Jun sans se retourner ; il l’a senti aussi, cette énergie qu’il connait trop bien.

     En effet, le jeune Arkan vient de se téléporter devant chez lui.

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    Comme d’habitude, il va grimper les marches quatre à quatre, pour rentrer rapidement à l’intérieur ; comme s’il avait le feu aux trousses ! 

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    Arkan est un éternel pressé.. Les seuls moments où il ne court pas, c’est lorsqu’il joue de la basse. 

    La musique est sa deuxième passion après le combat.

    Deux passions et une famille qu'il aime plus que tout. 

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    Jun est son aîné de six ans mais cela ne les empêche pas de s’entendre à merveilles ; et ce même s'ils ne sont pas frère de coeur mais juste cousins.

    Ils ont grandi ensemble et Ariakn ne voit pas ce grand dadais autrement que comme un grand frère.

     

     

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    Une maison simple et coquette, une famille adorable : voilà ce que retrouve tous les soirs Aaron Daemon lorsqu’il rentre chez lui.

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    Que demander de plus pour être heureux ?

    Rien.

    Pourtant, et même s’il possède tout ce qu’il faut pour avoir la vie la plus épanouie et heureuse au monde, il arrive parfois qu'Aaron soit prit de nostalgie...

    Son père. Hikague Daemon.

    Son grand frère, Maxime Daemon.. dont tout le monde méprise la mémoire.

    Alors que lui continue de l'aimer. Il ne pourra jamais l'oublier.

    Il lui manque tant...

     

     

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    Dans la chambre que les deux garçons de la maison partagent, les concernés s'adonnent à ces activités qu'ils adorent.

    Jun peint et son cadet joue de la basse.

    La peinture... La grande passion de Jun.

    Sur ses toiles, il peut livrer ses pensées et sentiments du moment. Parfois ses pinceaux trahissent sa peine ; parce qu’il est orphelin, parce qu’il a tué de ses propres mains son père bien-aimé, parce qu’ils étaient trois triplés et que désormais il est tout seul... 

    Mais ces moments noirs sont rares dans l’existence du jeune homme qui s’accommode généralement très bien de la famille de son oncle dont il a hérité...

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